Vie du campus

Un premier cycle en banlieue

Encore une fois, la presse nous apprend les projets de développement de notre cher IEP. Cependant, habitude n’étant pas coutume, c’est cette fois Le Figaro qui nous tient au courant de l’avancement du projet d’ouverture d’un premier cycle en banlieue parisienne.

Article complet dans la suite du billet.

Sciences Po veut se délocaliser au-delà du périphérique, par Christine Ducros, publié le 02 avril 2007

Devant l’explosion du nombre de candidats au concours d’entrée, le directeur de Sciences Po veut ouvrir un premier cycle d’études à l’est de Paris.

LA BANLIEUE, c’est décidément son laboratoire favori. Après le succès des promotions ZEP qu’il a créées il y a cinq ans, Richard Descoings, l’iconoclaste directeur de Sciences Po, a l’intention d’ouvrir un premier cycle d’études labellisé Sciences Po en banlieue parisienne. Un projet plutôt audacieux, dans la lignée des premiers cycles d’études spécialisés qui ont vu le jour ces dernières années en Province. Il justifie cette nouvelle initiative par l’incroyable accroissement du nombre de candidats au concours. « Il augmente notoirement plus vite que le nombre de reçus. Le concours d’entrée après le bac est chaque année plus sélectif. On refuse des jeunes qui, il y a quelques années, auraient largement eu leur place dans notre cursus. Les salles d’examen de Cachan ne suffisent plus à l’organisation du concours », déplore-t-il. Les candidats qui étaient 4 000 il y a quatre ans, pourraient être 7 000 cette année et plus de 9 000 en 2010. « Puisqu’il y a un besoin, j’ai proposé à l’État et à la région francilienne d’ouvrir un premier cycle hors de Paris. Ils étudient ma proposition. » Le projet attendra naturellement l’après-présidentielle, mais déjà trois universités, celles de Créteil, Villetaneuse et Marne-la-Vallée sont prêtes à en découdre pour accueillir cette initiative capable de donner des lettres de noblesse à leurs établissements respectifs.

Opération séduction

Richard Descoings se garde bien de livrer sa préférence géographique, mais assure néanmoins qu’il lui semble nécessaire de rééquilibrer l’offre de formation à l’est de Paris. Reste que pour que cette filière ne soit pas la petite soeur dévalorisée de sa prestigieuse aînée de la rue Saint-Guillaume, boudée ou moquée par les étudiants des quartiers chics et observée d’un oeil condescendant par de futurs employeurs, la direction de Sciences Po va devoir réussir un joli coup marketing. En guise d’opération séduction, elle a déjà prévu de doter son futur bébé d’une spécialité pointue, non enseignée au siège historique, rue Saint-Guillaume. Bref, une formation élitiste susceptible de rallier les meilleurs. Trois pistes sont à l’étude : les relations transatlantiques, les relations euro-asiatiques ou même une formation sur l’Afrique. Une façon aussi de compléter la mosaïque des spécialités qui veut qu’à Sciences Po Menton, on se forme à la connaissance du monde arabe, à Poitiers, à l’univers hispanophone, à Nancy aux pays germanophones et à Dijon, à l’Europe centrale et orientale. « Aujourd’hui, les mieux notés au concours choisissent le lieu où ils veulent étudier, affirme le patron de Sciences Po. De plus en plus, les meilleurs se tournent vers ces filières. Ils feront de même demain dans n’importe quelle ville de banlieue. » Une chose est sûre, ces futurs étudiants bénéficieront du même système de droits de scolarité progressif, acquittés en fonction des ressources de l’étudiant et de sa famille.

Un principe auquel la direction de Sciences Po est attachée. « Il y a deux ans, on me prédisait l’échec. Le système a été accepté par tous », confie Descoings. Pour lui, il est normal que ceux qui en ont les moyens participent de façon plus importante au financement de leur formation. Sciences Po contribue elle-même à cette redistribution en versant à ses étudiants boursiers 50 % de plus que la somme qu’ils perçoivent par le Crous.

23 Comments

  • Meiounette

    Je pense qu’il serait judicieux de mettre les 1 et 2A en banlieue (comme ça adieu l’idée d’élite d’entrée de jeu) et le reste à Paris… ce serait plus logique nan ?
    Enfin la banlieue est de Paris.. Ca me tente pas trop.. Créteil, tout ça là c’est trop loin ^^ .. A la limite le Pré Saint Gervais, les Lilas..<= je pense uniquement en terme de transport pour ma poirre donc bon.. lol
    Ensuite pour Paris… je suis desolée mais les 13eme 18 eme 19eme 15eme resistent encore et toujours à l’envahisseur anglo saxon en mal de Paris.. Enfin clair que la banlieue présente des avantages incontestabes (un quatre pièce chauffage inclu à 700 euros / mois et salubre… trouvez moi ça en intra muros..)
    et une ambiance en pleine mutation (café culturels des balieues nord, la pleine commune … )

    Créteil et Villetaneuse c’est pas la loose comme Jousy…machin truc.. ‘desolée trop tard pour chercher’ C’est bien desservi quand même (j’espère la seconde)
    Marne la vallée heu.. bon on pourra toujours faire des soirée sciences po à Disney.

    Enfin, on suivra les directives de notre cher directeur adoré… Si plus de monde peut entrer à Sciences Po, ca ne me pose pas de problème de passer outre périphérique (vous z’inquiétez pas ils mangent suffisament.. et ce n’est pas la zone..)

  • Pas très convaincu

    Si j’ai bien compris les desseins de notre cher directeur, on ne pourra pas vraiment comparer un éventuel cycle de Sc Po délocalisé en banlieue et les écoles qui y sont déjà. A ma connaissance, HEC, ESSEC, X y ont des campus entiers, autonomes et assez refermés sur eux-mêmes, et ce généralement dans des banlieues relativement calmes. Les plans pour Sc Po sont par contre d’implanter l’antenne dans des bâtiments au milieu d’une ville de banlieue probablement choisie pour être pourrie, non?

  • Florian

    En tout cas, au niveau logement, si il y a bien une chose que Sciences Po ne devra pas laisser passer, ce sont les 50 logements étudiants créés sur le site de l’Hopital Laennec, juste derrière le Bon Marché (cliquer sur mon pseudo pour en savoir plus sur ce projet immobilier pharaonique).

    Mis à part ça, je ne suis pas spécialement partisan décentraliser Sciences Po. J’ai étudié dans une école sur "campus vert" (à Jouy-en-Josas justement), c’est à dire au milieu de nulle part (RER à 15 minutes à pieds, la galère), et c’est vraiment pénible de faire 1h de trajet pour aller voir un ami ou une expo à Paris. Mais les sites retenus par Sciences Po semblent facilement accessibles en transports en commun, genre à 30 minutes des Halles, ce qui simplifie tout de même grandement ce point.

    Les accords d’échange sont-ils tributaires de l’emplacement géographique? Oui et non. C’est vrai que pour un étudiant d’un college américain, aller à Sciences Po ou à HEC, ça lui est complètement égal. Alors dans ce cas, le lieu peut jouer, oui. Etudier à St Germain des Prés c’est tout de même sympa.

    Enfin, reste à savoir quel collège de professeur enseignera. Celui de l’Université? Celui de Sciences Po?

    En tout cas, la massification est en marche : il y avait cette année 500 étudiants en première année, 150 viennent d’être admis à Bac+1 sur MTB et un nombre conséquent devrait avoir le concours. Ca fait une promo de au moins 800 personnes en 2ème année l’an prochain. Espérons que les places en échange suivront!

  • Hadrien B.

    Cette délocalisation participe de deux phénomènes:

    – Paris devient un musée/maison de retraite, où il n’y a plus que des chaines de magasins et de restos, de riches touristes avec un immobilier cher (etc., on connait). Bref, une ville de merde, mélange de Versailles (pour les musées) et de Neuilly (pour les vieux et les riches). Attention, je ne condamne pas les musées, les vieux et les riches: je dis qu’il faut du mélange (cf. Londres, New York, Los Angeles, Barcelone)

    – La massification de Sciences Po, qui veut devenir un "Harvard européen" (Harvard: 20 042 étudiants).

    –> Je pense qu’il ne faut pas renoncer à mettre en place cette massification au coeur de Paris, tant il est vrai qu’il existe une émulation entre Paris, qui a besoin de vie et d’étudiants, et Sciences Po, qui effectivement attire plus les étudiants étrangers – toutes choses à peu pres égales par ailleurs – que Jouy-en-Josasse. Et il ne faut pas en avoir honte, surtout auprès des étudiants de HEC, qui n’ont pas besoin d’autre chose que d’un champs pour se coller des cuites.

    Après, c’est à Richard Descoing de montrer qu’il est capable de jouer de ses relations et de son inventivité pour poursuivre un telle politique. Si notre directeur s’intéresse aussi au sort de la banlieue, qu’il change de job. D’autant que si Sciences Po est la seule grande école à ne pas être en banlieue, pourquoi s’inquiéter de la polarisation des grandes écoles sur Paris intra-muros ?

  • Thomas

    Certes… c’est tout à fait vrai, j’en conviens, le probleme est donc le logement, et surtout la politique du logement. C’est vrai, Paris est un luxe, c’est vrai que c’est un vrai calvaire pour des jeunes qui doivent bosser carrément (dans le sens pas des cours particuliers une heure par semaine)… Mais à multiplier les sciences po par ci, sciences po par là, y’a pas un peu un risque de dispersion? La question que je me pose, c’est comme ça a été précédemment évoqué, qui restera à St guillaume, qui ira en banlieue?

  • @ ts

    Si scpo n’est scpo que parce qu’elle est dans le 7e arrondissement, cela pose de sérieux problèmes de crédibilité non? Elle serait bonne parce que de riches étrangers trouvent sympa de faire leur master à 5 min d’odéon? ça donne encore à HEC une occasion de se foutre de notre gueule ^^ moi je crois qu’elle serait aussi bonne partout….être rue St Guillaume est un luxe, certes très agréable mais un luxe tout de même…..et puis la "présence étudiante" des étudiants de sciencespo…certes….enfin ils ne détonnent pas tjs du reste du quartier…

    @Thomas: tu n’es pas nanti, mais bon ta chambre n’est pas donnée à tout le monde, et pourtant tu peux la payer, ce qui n’est pas le cas de tous…Paris est une honte pour les étudiants et les moins aisés, et l’Etat ne fait rien pour améliorer le marché du logement

  • Mouais

    En tout cas, pas sûr que Sciences Po attirerait autant d’étudiants étrangers si les locaux étaient en banlieue… Sciences Po doit beaucoup de ses partenariat à sa situation en plein Paris.

  • Thomas

    Moi je me demande où on va… droit dans le mur est une des possibilités, qui vivra verra… En tout cas, certes les avantages en structure seront importants, par contre, ne comptons pas retrouver la folle vie parisienne et le bouillonnement qui règne dans notre bonne vieille cité… Lâchement, je dirais, de toute façon on y sera plus quand ça prendra effet, mais en ce qui me concerne, ça me consterne!

    PS: non je ne suis pas riche, ni parisien, ni nantis, oui je paie un loyer colossal pour une chambre riquiqui…parce que Paris le vaut bien!

  • James

    Florian, tu as l’air de trouver que l’idée d’implanter sc po en banlieue est évidente, inévitable et naturelle.

    Perso, je m’inquiète un peu aussi pour le centre de Paris, qui n’a deja plus de petits commerces et artisans, peu de quartiers festifs, et qui est laissé aux vieux et aux riches (français, saoudiens et londonniens). C’est important d’y maintenir une population jeunes et étudiantes, pour les mêmes raisons de diversité qui poussent certains à vouloir délocaliser Sciences Po extra-muros.

  • lol

    enfin, vu le budget de scpo laisse moi rire ^^ ils peuvent acheter dans le 7e, je me fais pas de souci pour la rénovation de Villetaneuse…d’autant que c’est l’Etat qui paierait (et les droits de scolarité de tous les nouveaux arrivants)

  • thul

    Ouais mais justement, leur truc en banlieue ne marcherait et ne erait intéressant que si c’était un branc new campus ! Un vrai campus avec chambre d’étudiants etc etc. Si c’est juste pour utiliser les locaux pourris et vétustes des facs bondées de banlieues…

  • Florian

    HEC est à Jouy-en-Josas, l’ESSEC est à Cergy, Polytechnique est à Massy-Palaiseau, Centrale est à Anthony, et l’ENA est à Strasbourg…
    … pour autant que je sache, ces écoles continuent d’attirer pas mal de candidats chaque année et de faire rêver. Et pourtant, au départ, elles étaient toutes dans le centre de Paris.

    Un campus en banlieue, cela coûte aussi moins cher à entretenir, et permettrait d’avoir une meilleure bibliothèque, un meilleur parc informatique, etc.

  • Jules

    Petit test: qui aurait choisit Sciences Po si cette école n’était pas au centre de Paris, ou dans une sympathique ville de Province ? Dans ce cas je transfère mes crédits à l’ESCP … ou à l’IPAG

  • Georges

    Pourquoi l’adosser à une université ?
    Qu’on ferme le Sénat, qui ne sert à rien, pour y implanter Sciences Po, avec comme jardin le Luco.

  • lol

    rectification: un investissement énorme ^^ et franchement l’argument "la banlieue ça craint" sonne un peu creux….la banlieue est un espace moins sécurisant que le centre de Paris, certes, mais c’est en installant des infrastructures comme celles-ci qu’on la fait changer
    "être à Paris sans y être"? et alors? pourquoi pas plus la banlieue que Quimper?….l’important est que la filière soit estampillée sciencespo, qu’elle soit intéressante et compétitive, et les gens la choisiront…Dijon n’est guère plus séduisante que Créteil (enfin à mon sens ^^), et pourtant la filière marche bien. Considèrons plutôt qu’une filière en banlieue sera moins chère pour les étudiants, mais pas loin de Paris pour autant
    pourquoi pas faire des cursus mélangés paris/campus délocalisés pour ceux qui le désirent?

  • Florian

    Je vous tout de même un énorme avantage à être en banlieue, pour tous les étudiants provinciaux : l’immobilier y est vraiment moins cher qu’à Paris. Louer 15m² pour 500 euros par mois, c’est tout de même un investissement important…

  • arf

    au curieux : et comment on choisit ceux qui vont à Nancy et ceux qui vont à Paris ? Les gens choisissent d’eux-même selon ce qu’ils veulent étudier. Même si personnelement je vois pas spécialement l’intérêt d’être si près de Paris sans y être et que la banlieue ça craint et que pour une spécialité trans-atlantique un campus à Quimper ou Lorient aurait été plus logique…

  • lol

    Ca en changerait certains des plafonds à moulure du 7e arrondissement ^^ dire que Sciences Po en dehors de Paris ce n’est plus Sciences Po, c’est admettre que cette école possède un indéniable aspect de reproduction sociale pure, sous couvert de cette gentille sociabilité bourgeoise (au demeurant fort sympathique et enrichissante, mais un peu hermétique) On verra ceux qui auront le courage de sortir (un peu) de leur environnement social favorisé pour aller voir ce qu’est la vraie vie….scpo n’en sera qu’une meilleure école d’ailleurs
    Descoings a compris que le brassage social possédait encore quelques vertus, et qu’en plus cela pourrait faire de lui un futur ministre, on ne peut que constater son talent ^^

  • un curieux

    et on choisit comment ceux qui vont en banlieu et ceux qui restent à Paris. Parce que Pipo en dehors de la Rue Saint Guillaume perd tout son charme.

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