Artsakh : les enfants et l’exil
Nombreuses sont les personnes souffrant des conflits armés. Parmi elles, les enfants. Du 9 au 13 février, La Péniche vous propose de découvrir une exposition de l’association Melograno de dessins d’enfants déplacés d’Artsakh (Haut-Karabakh).
Auteur : Albert Ghazaryan
Photo : Vernissage de l’exposition à Sciences Po, Paris, 9 février 2026.
« Le monde est devenu fou », n’est-il pas rare d’entendre. C’est aujourd’hui probablement davantage le cas que d’habitude. Pour appuyer ce ressenti, rien de plus simple que d’allumer la télévision et aller sur les chaînes d’informations en continu. S’il serait déjà en temps normal pléonastique de leur associer la notion de mauvaises nouvelles, force est de constater qu’elles tendent à devenir de plus en plus grotesques.
Et pour cause, alors que l’histoire regorge de guerres meurtrières, malheurs en tous genres et crimes contre l’humanité tous plus horribles les uns que les autres ; alors que ces évènements sont souvent enseignés dès le plus jeune âge – bien que, hélas, parfois niés ou contestés – ; alors que les mêmes mots reviennent régulièrement : « plus jamais ça ! » ; alors que, alors que, alors que… Les grands de ce monde, insatiables, semblent parfois crier à l’unisson : « Encore ! » La folie des grandeurs se confond alors avec la folie des horreurs.
Est de l’Europe, Moyen-Orient, Caucase du sud, Amérique du nord, sud-est de l’Asie… Et tant d’autres.
Or, les conflits, haines, aveuglements, totalitarismes ne sauraient se réduire à des évènements historiques, tensions géopolitiques, et autres termes savants. Pour la simple et bonne raison que leur terrain de jeu est la vie et l’environnement des petites gens, ces inconnus qu’ils touchent directement.
Parmi eux, les enfants.
Leur situation est d’autant plus touchante lorsque l’on voit en eux des pages blanches qui s’écrivent. Des petits qui ne demandent qu’à vivre ; aimer et être aimés.
Du 9 au 13 février, La Péniche vous propose de découvrir une exposition de l’association Melograno de dessins d’enfants déplacés d’Artsakh (Haut-Karabakh).
Il s’agit d’un territoire historiquement arménien, comme en atteste la présence d’églises arméniennes millénaires et la présence continue – jusqu’en 2023 – de populations arméniennes.
Ce territoire a été réclamé, puis conquis par l’Azerbaïdjan. D’abord, par la guerre inhumaine de quarante-quatre jours de 2020, au cours de laquelle de multiples crimes contre l’humanité ont été commis. Puis, par un blocus de plusieurs mois, privant les populations locales de nourriture et d’électricité. Cela a abouti à un nettoyage ethnique de l’Artsakh, environ 120 000 Arméniens ayant quitté le territoire en quelques jours.
Les dessins proposés dans le cadre de l’exposition sont l’expression de ces enfants. Certains ont dessiné plus avec leur imagination, d’autres leur chez-soi perdu.
Des codes QR offrent la possibilité de réaliser des dons, peu importe les montants, servant à financer des activités pour ces enfants.
Un jour, peut-être, « plus jamais ça ».
Un jour.