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Ni héros, ni salaud : Limonov, d’Emmanuel Carrère
Quand vous ouvrez un livre dʼEmmanuel Carrère vous savez que vous signez un pacte: un peu dʼauto-analyse et de catharsis pour lʼécrivain contre la découverte pour le lecteur dʼune parcelle dʼhumanité, car nous plongeons à chaque fois au plus profond de lʼêtre Humain avec un grand H.
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Le chemin de croix du lonesome driver
Cannes 2011 : une sélection éclectique qui aligne les grands noms. Que l’on soit subjugué par sa beauté ou non, l’ampleur du film de Terrence Malick surprend le public et le jury du festival : la palme ne fait aucun doute. Les pronostics vont alors bon train pour la mise en scène. Tout le monde se trompe : Moretti et Almodovar repartiront bredouille. Nicolas Winding Refn non : prix de la mise en scène. Cannes est un festival majeur, comme aiment à le rappeler le combo des critiques Inrocks-Canal qui se la collent tous les ans à la même époque, et le prix que…
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Légende noire et Bohème : John Fante, enfant infernal des Etats-Unis.
Vous êtes dans une bibliothèque à la recherche d’un bon livre, de quoi vous distraire durant vos longues soirées car votre box internet vous a lâché. Après avoir feuilleté quelques grands classiques, rien ne vous emballe vraiment. Alors vous discutez avec le bibliothécaire : crâne rasé, teint cireux, la voie rauque d’ancien fumeur émergeant d’une dentition lacérée. Limite junkie façon Trainspotting. Clairement son truc c’est la littérature américaine ; la beat génération, Burroughs, Ginsberg, Bukowski, tout ça il connait par cœur. Mais lorsqu’il vous conseille John Fante, ce coup-ci le doute n’est plus permis. Vous êtes en face de l’escroc première génération,…
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Ils ont laissé cramer le Toast
« C’est l’histoire d’un garçon qui avait faim ». L’accroche n’est pas particulièrement alléchante. Le casting, si : Helena Bonham Carter, muse de Burton, terrifiante Bellatrix des Harry Potter et surtout comédienne hors-pair, et Freddie Highmore, que l’on avait quitté en 2005 en Charlie aux grands yeux émerveillés devant la Chocolaterie qu’il venait de gagner. Mais cela ne nous dit en rien pourquoi ce garçon avait faim. Ce garçon, c’est Nigel Slater, cuisinier britannique très reconnu outre-Manche, qui grandit dans la campagne anglaise des années 60 entre un père fuyant, une mère asthmatique, et des repas en boîtes de conserve. L’analyse psychologique…
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Du temps qu’on existait : un premier roman ambitieux mais agaçant
« Un talent fiévreux et contagieux », ainsi Jérôme Garcin, médiatique critique du Nouvel Obs, conclut-il son compte-rendu presque dithyrambique du premier roman d’un jeune inconnu, Marien Defalvard, 19 ans. Précocité, éloges de la nomenklatura du monde littéraire et nomination aux Prix de Flore et Renaudot, les ingrédients d’un buzz de la rentrée sont ici réunis. Alors Coup médiatique ou vraie surprise littéraire ? C’est parée de cette interrogation que LaPéniche s'attaque à Du temps qu’on existait.