Vie du campus

Socialistes de SciencesPo : la section Jean Zay

Dans le cadre de La Tribune des Etudiants, en collaboration avec RSP et Sciences Po TV, LaPéniche vous tiendra informés de l’actualité de la campagne présidentielle entre les murs de Sciences Po tout au long de l’année. Retrouvez l’interview de Benoît Hamon sur la page Youtube de Sciences Po TV.

PS
Après trois soirées débat télévisées, les socialistes encartés ou non de la France entière ont sans doute fait leur choix entre les six candidats de la primaires et retiennent leur souffle avant ce week end. Qui peut savoir en effet quel sera le champion de la gauche pour les prochaines présidentielles ?

Les socialistes de Sciences Po regroupés dans la section Jean Zay depuis 2006 ont déjà leur petite idée… Leur simulation des primaires il y a un peu plus de deux semaine au sein de l’IEP a rassemblé 283 votants et déjoué les pronostics. Une Ségolène Royal rangée au placard à 3%, talonnée par l’obscur Jean Michel Baylet à 2%. Un Montebourg étonnant à 12%. Un Valls inattendu à 19%. Un Hollande déchu à 24%. Une Aubry triomphante à 38%. L’orientation de la section est classée secret défense dans ce domaine, mais l’originalité du résultat ne fera illusion à personne du soutien silencieux de Jean Zay à la maire de Lille. Ne nous y trompons pas pourtant, les socialistes de la rue Saint Guillaume avaient un autre champion, notre cher ex professeur de macroéconomie, DSK. Comme la partie dans son ensemble, la section Jean Zay s’en est vue privée par le scandale qui vous a tous amusés, scandalisés ou encore affligés dans tous ses développements au cours de l’été.

Primaire

Mais au delà de la lecture de l’avenir, ces primaires avaient un objectif beaucoup plus concret souligné par le président de Jean Zay, Hugo Christy (5A, master governing the large metropolis) : « informer et faire une sorte de buzz » dans Sciences Po. Programme un peu étrange dans une école dont la politisation est inscrite jusque dans son nom même. Pour le président cependant, il existe un vrai paradoxe au sein de notre école. Malgré sa reconnaissance nationale sur le plan de l’analyse politique, elle rassemble en fait une majorité d’étudiants apolitiques. Face à ce constat le PS à Sciences Po a désormais un mot d’ordre : la mobilisation.

Cela n’a pourtant pas été sa marque de fabrique depuis la campagne de Ségolène Royal. La section Jean Zay s’est essentiellement concentrée sur le débat d’idées après l’échec de la gauche aux présidentielles de 2007. Ce débat d’idées s’est d’abord construit autour de l’accueil de 33 personnalités telles que Lionel Jospin, Alain Touraine, Jacques Généreux ou encore Jean Louis Bianco . Il s’est appuyé sur des « ateliers du changement » autour d’experts de tous les domaines. Un remue méninge qui a permis à la section de proposer plusieurs amendements au projet socialiste pour 2012, dont certains ont été adoptés. La section Jean Zay s’est par aussi voulue novatrice par rapport à l’organisation classique des autres sections. Pas de motion, pas de courants, ces systèmes qui ont contribué à donner une image désunie des socialistes aux Français. Sans être attachée à un bureau de vote et donc à la conquête du pouvoir, la section se vet jeune, dynamique et novatrice au sein de l’organisation nationale.

Après la réflexion doit toutefois venir l’action. C’est bien ce que Hugo Christy tient à mettre en exergue. Désormais, le projet socialiste est fixé à ses principes, il est bouclé. Le travail des socialistes de Sciences Po est maintenant celui de la conviction : pour mener à bien cette entreprise le président de Jean Zay n’y va pas par quatre chemins, c’est « une machine de guerre » qui doit désormais être mise en place pour rentrer dans la campagne ! Au programme, des méthodes américaines, en grande partie inspirées de la campagne de Barack Obama en 2008 et développées par des chercheurs du MIT. Par ces études quasi scientifiques, on apprend ainsi que 100 000 tracts ne permettent d’obtenir qu’une seule voix, tandis qu’il ne faut sonner qu’à 14 portes pour obtenir le même résultat. Avec une approche locale sur les bureaux de votes décisifs, une solide formation au porte à porte, et la maîtrise du programme, la confrérie de Jean Zay espère bien glaner des voix pour son camp. Et elle en a apparemment les moyens puisque le nombre d’adhérents a subi une augmentation plus que conséquente de ses effectifs qui sont passés de 80 personnes il y a un an a près de 170 aujourd’hui. C’est donc avec optimisme qu’en ce début de campagne présidentielle, Hugo Christy définit les socialistes de Sciences Po comme une communauté plurielle mais solidement attachée aux valeurs de la gauche, et unie, sans dissensions profondes.

MJSLa procédure de reconnaissance des associations semble cependant mettre un bémol à cette vision idyllique, avec un petit coup de tonnerre dans le camp du socialisme dans notre IEP. Une association autonome de la section Jean Zay, et d’ailleurs autonome du PS lui même sur le plan national s’est portée candidate : le Mouvement des Jeunes socialistes. Et il faut bien dire que leur point du vue est loin d’être entièrement en phase avec celui de la section Jean Zay. Pour eux, le débat au sein de la gauche est loin d’être terminé, et le MJS peut compléter le programme du PS de façon pertinente, notamment par la mise en avant du Pacte pour les jeunes. Les Jeunes Socialistes veulent enrichir le débat pour la présidentielle au sein de Sciences Po. Ils comptent organiser des conférences au sein de Sciences Po en faisant intervenir des scientifiques, des experts… Ce débat que la section Jean Zay considérait comme stabilisé, sinon clos est en train de se rouvrir rue Saint Guillaume.

Mais au delà ce ces compléments programmatiques, les objectifs semblent quelques peu similaires. Dans leur communiqué les Jeunes socialistes de Sciences Po se donnent « une mission d’éducation populaire » auprès des « jeunes des quartiers », mais aussi des étudiants internationaux pour leur faire connaître la vie politique française. Sur le versant de l’action, la conviction est donc le mot d’ordre de tout Science piste gravitant autour du PS

La campagne sera riche et dense me disait Hugo Christy, elle sera aussi bon enfant. Ce dernier pronostic est quelque peu remis en cause par larrivée du MJS sur le devant de la scène de la reconnaissance des associations. Mais toutefois, il semble que les deux organisations se rejoignent sur l’idée de sensibilisation de terrain, et de conviction dans l’optique de la victoire en mai prochain. Quelque soit leur destin, opposition, fusion ou plus probablement entente cordiale, ce bouillonnement politique autour de l’amphi Boutmy laisse présager une présidentielle omniprésente et dynamique à Sciences Po.

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