Vie du campus

Sciences Po en banlieue, encore et toujours !

Souvenez-vous : il y a quelques temps, nous vous avions parlé du projet d’ouvrir un premier cycle en banlieue. L’idée semble avancer, puisque Christian Favier, le président (PCF) du conseil général du Val-de-Marne, a proposé des terrains à Sciences Po, à Créteil et à Vitry-sur-Seine.

Nous apprenons plus de détails sur ce projet dans une brève des Dépêches de l’Education :

Le Val-de-Marne propose d’accueillir un nouveau Sciences-Po en banlieue

Le président (PCF) du conseil général du Val-de-Marne, Christian Favier, a proposé dans un courrier à Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur, d’accueillir un deuxième Institut d’études politiques (IEP) en Ile-de-France, a-t-on appris vendredi auprès du conseil général.

Dans cette lettre datée du 4 juillet dont l’AFP a obtenu copie, M. Favier évoque des terrains disponibles à Créteil et à Vitry-sur-Seine, « dont le département est propriétaire ».

L’élu fait valoir dans l’implantation de ce nouvel IEP un objectif « de rééquilibrage vers l’Est du développement de l’Ile-de-France et de promotion de l’égalité des chances » sur ce territoire où « 19 des 47 communes sont concernées par les dispositifs d’éducation prioritaire ».

Selon M. Favier, l’offre de formation dans le Val-de-Marne, où se trouve l’université Paris-XII, est « insuffisante » pour les 80.000 étudiants val-de-Marnais qui ne disposent que de 45.000 places.

Par ailleurs, il met en avant les « atouts » du département comme sa « proximité de Paris », ses « modes de transport nombreux, diversifiés et rapides » ainsi que les « possibilités importantes de logements étudiants ».

Le directeur de Sciences-Po, Richard Descoings, avait envisagé en décembre 2006 l’ouverture en banlieue d’un « deuxième Institut d’études politiques », avec un concours commun mais des formations différentes. Pour son implantation, le directeur de la prestigieuse école de la rue Saint-Guillaume avait évoqué les campus de Marne-la-Vallée ou de Paris-XIII à Villetaneuse (Seine-Saint-Denis).

27 Comments

  • C'est vite dit...

    Les CEP ne font plus débat officiellement mon vieux – …Ils montent en puissance chaque année (95 cette année) et le caractère de cette procédure équitable socialement mais néanmoins injuste objectivement n’est pas oublié…Ou alors par les gens à qui on a lavé le cerveau. Le concours est la seule sélection objectivement juste…

  • Margaux

    un grand campus type écoles d’ingé/commerce où on loge tous sur place (et donc où on fait aussi la fête) ça vous tente pas??? pour tous ceux qui nous bassine avec le "lien social" et j’en passe, j’aurais pourtant cru qu’ils sauteraient au plafond devant cette idée de Richie…

    et si on s’attaquait plutôt au pb majeur de Sc po actuellement, j’ai nommé la communication: Le Monde, c’est bien, mais j’ai pourtant cru comprendre que Sc Po envoyait une newsletter toutes les semaines à ses étudiants…

  • -

    Tiens, histoire d’en rajouter dans les clichés, je voudrais rappeller celui, bien français, qui consiste à hurler sur tous les toits dès qu’une initiative a lieu : "c’est nul" ; "mon diplôme ne vaudra plus rien" ; "telle solution aurait été meilleure" et j’en passe…ça a été la même chose pour les CEP, et plus généralement, pour, par exemple, vélib à Paris en ce moment. Pourtant, aujourd’hui les CEP ne font plus débat, et parions que ce sera le cas dans quelques années pour le projet de Richie s’il se réalise. Mais arrêtons de crier au loup dès la moindre annonce, c’est ridicule et ça joue contre nous.

  • Mei

    Oh Marion voyons.. Créteil, l’académie de Créteil, la plus mauvaise de France !!
    Quel horreure de passer le périphérique et de laisser à Saint Germain tous ces magnifiques immeubles et hôtels particuliers pour des immeubles trop style 1970 (HLM et cie)

    Mais naaan je déconne prenez pas la mouche. Moi ca m’est égal, j’habite dans une banlieue pas super non plus, mais j’y trouve ces charmes. "La banlieue une fois que t’y as goutté, tu ne peux plus t’en passer "
    Et puis bon Créteil.. c’est pas super bien desservi je trouve .. enfin ce n’est que mon humble avis, mais pour trouver une ville mieux desservie que la mienne j’vous met au défit (hormis Paris) entre métros, rer, bus, trains, tram, on l’aime bien notre petite banlieue…

    et puis advienne que pourra ! au moins on pourra manger beaucoup beacoup pour pas cher du tout (-_-)

  • Marion

    Qu’est-ce qu’on peut entendre comme conneries dans les commentaires, c’est affligeant!
    D’une part il ne s’agit pas de dire "on va envoyer les riches vivre en banlieue" et c’est pas la mort d’aller en cours en dehors de Paris. Que je sache HEC et l’ESSEC se trouvent bien en banlieue et ça n’empêche pas de nombreux étudiants de rêver d’y aller, même ceux qui ont été élevés avec une cuillère en argent dans la bouche.
    D’autre part il n’y aura pas les riches à StGermain et les autres en banlieue, puisque les 2sites ne proposeront pas les mêmes cursus, alors si t’es intelligent tu choisis en fonction de ce que tu veux faire et pas en fonction du voisinage!
    Par ailleurs, il faudrait peut être prendre conscience que la rue St-Guillaume et les alentours c’est sympa mais les murs sont pas extensibles à volonté. ScPo recrute de plus en plus d’étudiants et il faut bien des locaux pour les y mettre. De plus, un campus en banlieue au niveau du logement ça sera quand même beaucoup mieux, si vous pouvez payer 600€ par moi pour un bouiboui tant mieux pour vous mais ce n’est pas le cas de tout le monde.
    Enfin, il faut arrêter j’habite le Val-de-Marne, et Créteil comme ghetto on a vu pire!

    Je vous invite à lire l’interview de Descoings dans le 27 (le magazine du BDE) disponible en cafet (devant le BDE aux dernières nouvelles sinon dans le local si c’est ouvert).

  • @ Jean

    Jean, t’es l’archétype du mec qui pour s’insurger contre un politiquement correct, préfère lui substituer des clichés ravageurs.
    Encore un exemple de masturbation intellectuelle ("ouuaaaiss moi je suis pas comme eux, moi je pense autrement, moi je suis libre, moi je suis pas pensée unique").

    Belle ouverture, belle honnêteté intellectuelle après tout un cursus à sciences po.

    Et pour les enseignants, je te rappelle que travailler pour eux à Sciences Po sert à bien faire sur le CV (ils sont payés des broutilles) et que donc y travailler en banlieue leur permettrait de se faire une bonne image.

  • Brenda

    Oui ben alors là, pour le coup, le dernier message est un peu beaucoup passionément : TROP caricatural! J’suis contre ce projet qui n’est qu’un écran de fumée qui cache : rien dutout, mais faut pas non plus sortir des trucs pas classes, du genre "enrichir les racailles du coin qui se feront un malin plaisir à nous racketter"… Et franchement, c’est pas une question de politiquement correct, mais de correct tout court…

  • Jean

    Arrêtez avec votre politiquement correct de merde. Je n’ai aucune envie de prendre le RER tous les matins pour aller à Villetaneuse…
    La seule chose que l’on arrivera à faire c’est enrichir les racailles du coin qui se feront un malin plaisir à nous racketter.
    L’une des attractivités de Sciences Po et je parle ici des enseignants et non des élèves réside dans sa localisation géographique. Je pense qu’en se déplaçant chez ces ploucs de banlieusards, on risque de perdre nos maitres de conf les plus prestigieux ce qui serait regrettable…
    Bref je suis bien content de quitter bientot cette institution dont le président n’a pour seule ambition que de remplir les pages des gazettes.
    Shame on you Richie!

  • Pierre

    tu n’as peut être pas tort
    mais c’est vraiment déprimant d’entendre que scpo doit être cet ilot d’aisance et de décontraction pour être "attractive", concept qui appliqué à une école est pour le moins étrange et inégalitaire…Si on ne peut faire cette école qu’en la réservant aux plus privilégiés sans l’adapter à certaines réalités de la société française, sans en faire une école de la République comme une autre, c’est un peu décevant, bien que ça n’altère en rien sa capacité à former des cadres. Si la majorité des élèves cherche à Science Po une ambiance et un environnement social protégé (stages, pistons, networking, soirées BDE) plus encore que des contenus intéressants, tu conviendras que c’est intellectuellement assez léger…Bref, c’est pas comme ça qu’on fera de cette école l’égale des autres grandes écoles française…mais le modèle n’est sûrement pas à chercher de ce côté là pour beaucoup

  • Nikos

    Pierre tu ne comprends pas ce que je veux dire…, il n’y a aucun mépris dans ce que je dis,mais si on tient à faire de sciences po une ecole comme toutes les autres , ben on ira ailleurs, c’est tout.J’ai pas envie qu’on finisse par faire du fromage de chèvre.

  • Pierre

    "La vraie question, c’est la réforme en profondeur de l’école républicaine.
    C’est un truisme qu’il est bon de réaffirmer tantôt." gu je t’ai grillé…^^

    doux rêve (que je fais aussi, certaines nuits), que l’ami sarko, son goût pour la compétition de l’école maternelle à l’université et sa profonde méfiance envers l’égalitarisme de l’école publique nous laisseront peu réaliser…

    je ne stigmatise pas la jeunesse dorée, je dis simplement qu’il est difficilement tenable (ou plutot à gerber) de dire que sciencespo perdrait de sa substance si elle n’était plus à Saint Germain…la jeunesse dorée ne vivra pas à bobigny (moi non plus, d’ailleurs) mais au moins on entendra peut être moins de discours méprisants du type "Ouais et quand sciences po ne sera plus sciences po on ira ailleurs"….

  • Ouais, je mets pas mon prénom

    la vraie question n’est pas les petites délocalisations, comme elle n’est pas la discrimination positive, ou autre mesure de diversion.

    la vraie question, c’est la réforme en profondeur de l’école républicaine.
    C’est un truisme qu’il est bon de réaffirmer tantôt.

    Et y répondre nécessite l’acceptation des capitaux privés dans les écoles, la réforme de la carte scolaire, l’interdiction de l’enseignement privé non confessionnel type Ipesup, etc.

    Ô Toi, jeunesse aux larges horizons !
    Ô Toi, l’avenir de la Nation !
    Il faut sans attendre t’y atteler !
    Mais tu préfères polémiquer…

    Pardonnez moi, j’ai divagué quelques instants et j’ai cru qu’un monde plus juste (et donc plus efficace pour ceux qui en doutent encore) était possible.

    D’ailleurs, il faudrait dire à M.Descoings que ça sert à rien, que les prochaines élections sont dans 5 ans et qu’il ne peut plus être ministre là …

  • Un ami qui vous veut du bien (ou pas!)

    Bah Pierre il a travaillé à l’école du rire, et attention au sabre laser il vous prend tous en form IV, hein Pierre 😀

  • Bernardo

    Combat de clichés, sortons nos sabres laser!
    Comme je le dis toujours, tout n’est pas tout blanc, tout n’est pas tout noir…
    Mais, question tout de même:
    – pensez vous que la jeunesse dorée, c’est à dire une minorité (rappelons le) des étudiants, va réellement se mettre à vivre en banlieue, et à la fin de son cursus (certes de 5 ans) aura oublié toute sa superficialité à jamais, après avoir été confronté à la "réalité" de la vie en banlieue dans un bâtiment flambant neuf et ultraperfectionné, mélangeant verre et aluminium pour plusieurs millions d’euros (sur un terrain gracieusement mis à disposition)?
    Communication communication, quand tu nous tiens…

  • pierre

    Descoings est très policé-politiquementcorrect, mais il a parfois de bonnes idées de coco.
    Si seulement il avait les tripes de les mettre en pratique, en obligeant les gens à partager leur temps entre les deux campus durant leur cursus, ce serait autre chose….comme toujours, les gens comme l’ami nikos trouveront toujours le moyen de ne pas se confronter à la réalité et de rester dans leur petit monde doré

    il y en a à qui ca ne ferait guère de mal de sortir du 6e de temps en temps, ne serait-ce que pour leur culture générale… Mais effectivement, pour eux sciencespo n’est sciencespo que parce qu’ils peuvent aller au Flore à pied avec leurs amis ^^

  • Jack

    Même si les étudiants étaient sélectionés par le même concours, l’ouverture d’un premier cycle en Banlieue risquerait d’avoir les mêmes effets pervers qu’on critique à la carte scolaire. Si les premiers cycles délocalisés en Province peuvent être attractifs pour leur ancrage géographique et leur localisation dans des centre-villes historiques, l’ouverture d’un premier cycle en Banlieue en concurrence avec celui de la rue St-Guillaume, risquerait d’être compétitif surtout du point de vue du pouvoir d’achat. En conséquence, on créerait un biais social qui concentrerait les étudiants issus de familles aisées (et souvent dotés des meilleurs réseaux) rue St-Guillaume, et les étudiants issus de milieux défavorisés en banlieue. Une délocalisation du premier cycle tout entier aurait comme conséquence l’isolation des élèves en banlieue, car la vie sociale serait dans ce cas limitée au campus.

    Il serait plus efficace et plus équitable de délocaliser quelques programmes à vocation préparatoire en Banlieue. Cette solution permettrait de garder des liens plus forts entre les deux sites sans créer une discrimination sociale.

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