Vie du campus

Questionnaire de Proust: Pascal Bruckner

Le questionnaire rendu célèbre par les réponses de Marcel Proust a été adapté à plusieurs reprises aussi bien par des écrivains que des médias (on citera simplement Bernard Pivot parmi eux). LaPéniche s’y essaie modestement et pour la première fois avec la version originale du questionnaire proposée à Pascal Bruckner. Maître de conférence à Sciences Po, l’écrivain qui a consacré sa thèse de doctorat à l’émancipation sexuelle à travers de la pensée du socialiste utopique Charles Fourier (dirigée par Roland Barthes) collabore au Nouvel Observateur et au Monde.

Le principal trait de mon caractère : L’amour de la vie.

La qualité que je désire chez un homme : Le charme.

La qualité que je désire chez une femme : La conversation. Il y a une phrase de Lincoln que j’aime beaucoup à ce propos : « un mariage réussi est une longue conversation ».

Ce que j’apprécie le plus chez mes amis : La loyauté.

Mon principal défaut : Il y en a tellement… Je dirais mon égoïsme en béton armé.

Mon occupation préférée : Ecrire. À part écrire ? Traîner au café, au moins une heure par jour.

Mon rêve de bonheur : Continuer à vivre comme je vis aujourd’hui.

Quel serait mon plus grand malheur ? Vieillir.

Ce que je voudrais être : Ce que je suis, ce que je suis devenu.

Le pays où je désirerais vivre : J’ai déjà vécu aux Etats-Unis, alors en Inde, peut-être. Ou peut-être aux Antilles? En fait je suis bien à Paris. J’ai l’occasion de voyager souvent, et j’aime Paris.

La couleur que je préfère : Le bleu nuit.

La fleur que j’aime : La tulipe jaune.

L’oiseau que je préfère : J’ai été récemment en Afrique, et y ai vu de très beaux oiseaux. Je dirais donc un colibri.

Mes auteurs favoris en prose : Albert Camus, Samuel Beckett, Lewis Carroll, André Gide, et tellement d’autres… Raymond Queneau, Gaston Leroux. Le fait est que j’aime énormément les auteurs policiers, c’est bien plus drôle que la littérature, au moins, il se passe quelque-chose.

Mes poètes préférés : Henri Michaux, Baudelaire, Verlaine, Apollinaire, et encore beaucoup d’autres.

Mes héros dans la fiction : Le père Goriot, et Lucien de Rubempré (Illusions perdues).

Mes héroïnes favorites dans la fiction : Juliette (Sade), Rebecca (Daphné du Maurier).

Mes compositeurs préférés : Bach, les Beatles, John Lee Hooker, Mozart, Laurent Voulzy.

Mes peintres favoris : Les Surréalistes, Antonio Seguí, Kandinsky, Bacon. En fait, tout ce que j’aimerais voir chez moi.

Mes héros dans la vie réelle : Casanova, Clint Eastwood, Victor Hugo, Tintin (je suis fan de Tintin, pour moi il est plus réel que la vie réelle).

Mes héroïnes dans l’histoire : La Princesse Bathory (une pré-sadienne, princesse hongroise qui tuait systématiquement ses amants et se baignait dans leur sang), Louise Labé (ceci dit, je viens d’apprendre qu’elle n’a pas existé), Olympe de Gouges, Marie Stuart.

Mes noms favoris : La béatitude, la concupiscence (le nom qui dit tout).

Ce que je déteste par-dessus tout : Perdre mes nerfs, mes moyens, ne pas être capable de répondre à une situation précise.

Ce qu’il y a de mal en moi : Mes variations de jugement dans la décision, la volatilité de mes opinions.

Mes aliments préférés : Le riz, les épinards, les pommes de terre, les pêches, les cerises, les framboises, les groseilles, les mûres.

Personnages historiques que je méprise le plus : Aucun, ils sont morts. Daladier, Chamberlain (pour les accords de Munich).

Le fait militaire que j’admire le plus : Napoléon sur le pont d’Arcol, le débarquement, libération de la Bosnie. Un fait militaire est rarement admirable, c’est toujours un peu sordide et sanglant. La bravoure et intelligence sont les seules qualités que l’ont peut éventuellement leur trouver.

La réforme que j’estime le plus : L’abolition de la peine de mort, celle de l’esclavage.

Le don de la nature que je voudrais avoir : La danse.

Comment j’aimerais mourir : Vite et violemment. Dans la rue, plutôt la nuit, dans une ambiance glauque, liquidé par un voyou même. Pour pouvoir dire que ça s’est passé par hasard, que ça n’aurait pa dû arriver.

Fautes qui m’inspirent le plus d’indulgence : Le mensonge, l’adultère, et l’infidélité.

Ma devise : Je n’en ai pas honnêtement, j’en change chaque jour. Disons celle de Picasso : « Créer et faire l’amour tous les jours, jusqu’au dernier jour ».

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