Vie du campus

Interview : Rafe Jabari, Président d’Adala en vue de leur voyage fin avril en territoires palestiniens

La situation dans les territoires palestiniens reste inchangée depuis des décennies maintenant, et ceci est naturellement valable pour l’éducation des nouvelles générations. C’est pour constater ceci, changer les choses et sensibiliser le public sciences potiste que l’association Adala va effectuer du 25 avril au 5 mai un voyage à travers les lieux d’enseignement des territoires palestiniens. Le voyage débouchera sur la production d’un court métrage et d’un rapport écrit.

EDIT: en photo à l’occasion de la première mission d’Adala en Février 2007, Rafe Jabari, en compagnie de Claire Petit, cofondatrice d’Adala et travaillant actuellement pour une association au Liban.

  • LaPeniche.net : Bonjour Rafe, pourrais-tu te présenter brièvement et nous préciser quelles sont les missions principales de l’association Adala que tu présides?

Rafe Jabari : Alors, je suis doctorant à Sciences Po dans le domaine du Monde Musulman et je suis aussi un des fondateurs d’Adala, qui est née à la fin 2006. L’objectif de notre association est double, mais on part principalement d’un constat qui est celui de l’existence de 160 000 étudiants du supérieur dans les territoires palestiniens, ce qui représente 4,5% de la population palestinienne. En fait, c’est l’ensemble de cette population qui est très jeune, car 60% de celle-ci a moins de 35 ans! Et tous ces étudiants ou écoliers vivent dans un état en construction, sans cadres, ni institutions. C’est à partir de cela que s’est créé un forum Adala dès 2003 de façon plutôt informelle. Nous y débattions sur le Proche-Orient. Et en 2006, nous avons ressenti le besoin d’agir concrètement et c’est comme ça qu’après de nombreuses discussions, nous avons décidé de porter nos efforts sur la mise en place d’une coopération étudiante entre l’IEP et les universités palestiniennes. Nous nous sommes donc rendus sur place pour créer cet échange.
Cela a été l’occasion de nous rendre à nouveau compte que la résolution du conflit israëlo-palestinien passe nécessairement par la création d’un Etat palestinien, sans en être l’unique condition bien entendu. Du fait de l’absence d’Etat, il n’y a aujourd’hui aucun doctorant en Palestine, les seules élites partent se former à l’étranger et l’objectif est donc de les former à l’avenir sur place.

  • LaPeniche.net : Vous organisez un voyage en Palestine du 25 avril au 5 mai, peux-tu nous présenter rapidement le contenu de votre mission et les détails pratiques de ce périple?

Rafe Jabari : Notre objectif premier est la sensibilisation de la communauté étudiante de Sciences Po sur l’importance du développement du supérieur en Palestine. Nous réaliserons pour ce faire une étude approfondie que nous rendrons à Sciences Po, une exposition photo sera organisée, de même que la projection d’un court métrage. Ce voyage va nous permettre de sortir de l’imaginaire du conflit pour le toucher réellement. Trop de gens en parlent sans jamais l’avoir vécu véritablement de l’intérieur. Ce type d’expérience en est l’occasion.
Nous sommes actuellement dix à faire ce voyage. Nous volerons d’abord de Paris à Amman, puis de Amman à Hébron. Nous irons ensuite de Hébron à Bethléem, et de Ramallah à Naplouse. Je tiens à préciser que si nous faisons escale à Amman, c’est parce qu’en tant que palestinien, je n’ai pas le droit de passer par Tel Aviv.

  • LaPeniche.net : D’accord, mais si je me souviens bien, ce n’est pas la première fois que vous y allez, que s’est-il passé depuis?

Rafe Jabari : Oui nous y sommes déjà allés l’an dernier, pour rencontrer des étudiants palestiniens et les inciter à porter leurs candidatures sur Sciences Po. Nous avons mené cette année là tout un travail de sensibilisation des étudiants et de leurs professeurs sur Sciences Po. Ces voyages permettent de nouer de véritables liens avec les étudiants palestiniens, qui bien souvent nous logent. Et de ces liens naissent des échanges comme celui d’un étudiant palestinien actuellement en master de communication à l’IEP (ndlr: interviewé l’année dernière par LaPeniche.net).

  • LaPeniche.net : Et concrètement, où trouvez-vous vos fonds, car il doit bien falloir un petit pécule pour réaliser ces échanges?

Rafe Jabari : Pour ce qui est de nos fonds, nous avons cette année lancé une collecte pour pouvoir faire venir un autre étudiant palestinien. Nous avons trouvé 19 528 euros actuellement, provenant de personnalités françaises qui se sont portées volontaires, ainsi que de professeurs de Sciences Po et d’autres amis d’Adala. Notre campagne se poursuit pour trouver d’autres financements encore et on peut en savoir plus sur le site d’Adala www.adala.eu. Pour ce qui est de notre budget pour le voyage de la fin avril, nous n’avons actuellement que des promesses, mais rien de concret.

  • LaPeniche.net : N’est-ce pas plutôt compliqué d’effectuer cet échange pour ces étudiants palestiniens ? L’intégration est-elle facile?

Rafe Jabari : C’est justement à ça que sert le voyage. Dans un premier temps, on tisse des liens avec le futur étudiant en accord d’échange, ensuite lorsqu’il est à Paris, les membres de l’association sont là pour l’aider en fonction des problèmes, qui peuvent être académiques ou admnistratifs… Il faut l’admettre, l’acclimatation à Sciences Po est rude. En Palestine, on utilise essentiellement le QCM pour les évaluations, de même qu’ici, c’est le raisonnement contradictoire qui prévaut. Il faut se rappeler que la première Intifada a occasioné une longue fermeture des écoles en Palestine, ce qui n’arrange rien. L’université de Birzeit a par exemple été fermée durant quatre ans dans les années 80 et elle n’a pu rouvrir que sous la pression de l’Union Européenne. Il faut comprendre que l’étudiant palestinien qui débarque à Paris arrive avec tout son background de palestinien ayant vécu la guerre. Ce n’est pas un échange classique et les étudiants doivent aussi mener un travail original sur eux-même pour garantir leur intégration.

  • LaPeniche.net : La question pourrait sembler naïve, mais aujourd’hui, Israël empêche-t-il sciemment l’éducation des jeunes palestiniens?

Rafe Jabari : Ariel Sharon a dit dans le quotidien Haaretz en novembre 2004 « Palestinian education and propaganda are more dangerous to Israël than Palestinian weapons ». Cette phrase est éloquente. A cela, nous répondons qu’il n’y a pas d’espoir possible sans éducation. Le débat est nécessaire pour avancer dans le règlement du conflit et sans enseignement et remise à niveau des palestiniens face à leurs interlocuteurs israëliens, le débat ne peut pas se dérouler de façon sereine. Aujourd’hui, il y a clairement des freins qui sont mis à l’enseignement des palestiniens, comme par exemple, les difficultés d’accès aux passages menant aux universités et les provocations des soldats israëliens qui viennent aux portes du campus -pourtant isolé, de Birzeit.
Je pense qu’aujourd’hui, Israël peut aussi trouver des intérêts à défendre l’éducation palestinienne, si elle veut vraiment avancer. Il faut être lucide, ce sont les générations futures qui vont construire la paix et si l’on ne comble pas l’écart de niveau d’études que l’on a actuellement entre les deux peuples, on arrivera à tout, sauf à la paix. Il faut que nous puissions dialoguer d’égal à égal avec nos collègues israëliens. Aujourd’hui, ce qui se passe, c’est qu’à chaque négociation, les palestiniens sont moins bien documentés et préparés que leurs homologues israëliens, et par conséquent, on reste aujourd’hui de la part de l’autorité palestinienne, dans une gestion du quotidien dans une urgence permanente, tant la désorganisation est importante. Pour débattre aujourd’hui, il faut à la Palestine des spécialistes capables de traiter l’information, et cela passe aussi par une liberté de mouvement de Naplouse à Hébron -ce qui n’est pas le cas actuellement où nous devons justifier scrupuleusement tous nos trajets. A ce moment là, nous pourrons peut-être enfin débattre de façon équitable et certainement aboutir sur des décisions plus constructives.

  • LaPeniche.net : Merci beaucoup Rafe pour ces informations, nous vous souhaitons en tout cas bon courage pour votre collecte de fonds et pour le voyage. Que voudrais-tu nous dire pour le mot de la fin?

Rafe Jabari : L’éducation sera pour le futur le pétrole de la Palestine. C’est grâce à elle que nos deux populations réapprendront le dialogue. Pour finir, je voudrais revenir sur notre collecte de fonds. J’invite tous les étudiants de Sciences Po à consulter notre site www.adala.eu! Absolument tout le monde peut devenir membre, il suffit de participer à l’organisation des activités de l’association, de même qu’il suffit de verser un euro à l’association pour devenir un ami d’Adala. Nous nous engageons en contre partie à fournir en échange le rapport moral et financier de l’association à chacun de ces membres. Enfin, si vous voulez plus d’informations et notamment si vous vous intéressez à notre voyage, vous pouvez me contacter soit par mail : adala@sciences-po.org ou alors par téléphone au 06 11 58 19 55. Enfin, je voudrais remercier l’administration de Sciences Po, ainsi que la Chaire Moyen-Orient, tous nos partenaires, l’équipe d’Adala, les amis d’Adala et enfin les étudiants palestiniens.

18 Comments

  • Adala

    Ce Jeudi 27 novembre 2008 de 19:15 – 21:15
    Lieu : Amphithéâtre Claude Erignac
    Adresse : 13, rue de l’Université, 75007, Paris, France

    L’association ADALA, a le plaisir de vous convier à une conférence sur le thème:

    Mobility and Education in the Occupied Palestinian Territories: How do restraints on the freedom of movement constitute barriers for the social and economic development in the Occupied Palestinian Territories?

    Avec la participation du Professeur Jeff Halper, coordinateur du Comité Israélien contre la destruction des maisons (ICAHD).

    Présentation de l’association ; Coline Houssais.
    Animation du débat : Marion Aubry.

    Entrée libre et gratuit.

  • adala

    Les associations : Adala Sciences Po, CCFD et Génération Palestine, Vous invitent à une rencontre débat avec des acteurs de la société civile israélienne et palestinienne. Ces acteurs se poseront la question du
    Conférence : Pourquoi et comment agir dans la Bande de Gaza ?

    Lundi 16 juin 2008 de 19h30 à 21h00

    avec la participation de :

    · Rony Brauman, ancien président de Médecins Sans Frontière, professeur à Sciences Po

    · Anis Qandil, médecin et responsable d’associations d’éducation dans la bande de Gaza

    · Abeer Jubran, coordinatrice du département juridique au sein de l’association de défense des droits de l’Homme israélienne Hamoked

    – Animée par Jean-Pierre Filiu, Professeur associé à Sciences Po/Paris, chaire Moyen-Orient Méditerranée

    Institut d’Etudes Politiques de Paris (Sciences Po)

    Amphi Chapsal

    27 Rue Saint Guillaume 75007 Paris

    Inscription: Adala@sciences-po.org

  • Rafe Jabari

    Chers collègues,
    Je vous confirme le départ d’Adala auprès des universités palestiniennes de Cisjordanie.
    Nous continuons notre projet de développement de l’éducation supérieur dans les territoires occupées palestiniennes…..
    Le projet est un apport concret de notre part pour la réalisation d’une paix juste et durable au proche-orient(Débat à Sciences Po, Projet d’échanges à court, moyen et long terme entre étudiants de Sciences Po et les étudiants palestiniens.
    J’espère que des étudiants de Sciences Po se manifestent prochainement pour le prochain voyage d’études en février 2009 qui sera organisé par l’association Adala.
    à très bientôt
    Rafe Jabari

  • Y

    Cher "Z", vous semblez donc au courant de ce qui se dit dans les synagogues, israeliennes qui plus est… Et de plus il s’agirait d’un message de tolérance envers les autres religions, envers les Palestiniens… Puis-je vous demander quelles sont vos sources?

  • Z

    "et ce qu’on apprend aux jeunes israéliens dans les synagogues, n’est-ce pas la haine des arabes et des musulmans."

    Non, en aucun cas on n’apprend pas ca. Si vous faites référence à ce que certain leaders religieux d’extrême droite peuvent dire, ce n’est représentatif que d’une minorité. Les amalgames sont dangereux. La religion juive est une religion tolérante: il est abjecte, stupide et fallacieux de faire ce genre de raccourcis.

    Je constate avec tristesse qu’à mes arguments on ne répond que par une escalade. Encore une fois ce n’est pas le but. Si vous voulez vous enfermer dans votre vérité en rejetant en bloc l’Autre, c’est votre choix, mais dans ce cas, ne prétendez pas vouloir la paix.

  • C

    et ce qu’on apprend aux jeunes israéliens dans les synagogues, n’est-ce pas la haine des arabes et des musulmans.
    allez lire un article très intéressant sur le site du Guardian, ça vous fera le plus grand bien Z.

  • Z

    Je ne regarde pas l’histoire, je relève des faits présents qui ont une influence certaine sur le futur que vous prétendez regarder : instruire la haine, n’est-ce pas gager sur un avenir sombre ? C’est justement une démarche constructive que de relever les erreurs passées et présentes. Vous qui voulez la paix, vous ne pouvez pas vous placer exclusivement dans une posture critique du camp israélien, il faut accepter toutes les erreurs.

    Que je sache, le choix d’enseigner un antisémitisme larvé et virulent s’inscrit dans une démarche systématique, tandis que le blocage des universités s’inscrit dans le cadre d’une politique ponctuelle. Les deux arguments, bien que tous les deux tragiques, ne se renvoient pas forcément dos-à-dos. Mis à part à les condamner, les propos tenus dans les manuels palestiniens ne doivent pas soulever débat… si ce n’est pas le cas, alors votre association a un réel problème. De même je reconnais que le blocage des universités est une grave erreur. J’ajoute que je trouve votre initiative louable ; il serait pourtant dommage, pour vous qui désirez une juste paix (comprenant toutes les vérités, même celles dures à entendre), de passer à coté d’une analyse objective.

    Cordialement

  • Amis d'Adala

    Madame, Monsieur Z,

    Je vous envoie trois liens sur l’éducation dans les territoires palestiniennes pour que vous puissiez mieux comprendre l’éducation en Palestine et les propos d’Adala. (Site de l’université de Birzeit, site de l’association MIFTAH et site de l’UNESCO).

    Notre projet est un projet d’échange et de développement. Nous regardons la future et vous regardez l’histoire! Nous voulons avancer et vous voulez marcher en arrière!

    Désolée pour vous

    right2edu.birzeit.edu/new…

    http://www.miftah.org/docsearch_...

    http://www.peace-programme.org/c...

    Bien à vous,

    Amis d’Adala

  • Trésor

    Ok, mais quand une propagande en rencontre une autre, qui croire? Personne.
    Balle au centre.
    Comment justifier le blocage des universités palestiniennes et les multiples batons dans les roues que l’on met aux étudiants pour y accéder?
    Le niveau universitaire est-il aussi un lieu de propagande?
    Faut pas être de mauvaise foi, Israël sait très bien qu’au plus les territoires palestiniens se développeront, au moins ils auront le monopole de la puissance sur la terre de Palestine… d’où deux interprétations valables pour cette phrase.

  • Z

    "Palestinian education and propaganda are more dangerous to Israël than Palestinian weapons": lorsqu’Ariel Sharon a prononcé cette phrase, il faisait plutôt allusion au fait qu’après les accords d’Oslo de 93, la réalisation des manuels scolaires des Territoires a été confiée aux Palestiniens. On peut notamment y lire, au milieu de quelques inepties, que les juifs sont fourbes!
    Il n’y a aucun doute, l’éducation est une arme!

    Ci dessous, une interview trouvée sur le site de "The Institute for Monitoring Peace and Cultural Tolerance in School Education" (http://www.edume.org/newsroom/20...

    "- Suite aux accords d’Oslo, l’Autorité palestinienne a obtenu le droit de gérer son propre système scolaire. Auparavant les élèves de Gaza ou de Cisjordanie utilisaient des manuels scolaires égyptiens et jordaniens dont les références les plus antisémites et antisionistes ont été éliminées par Israël à partir de 1969. Quels messages véhiculent les nouveaux manuels introduits dès 1999 ?

    – Globalement, ils continuent à véhiculer l’illégitimité d’Israël et des Juifs en Palestine. On peut lire que la Palestine est et n’a jamais été "qu’arabe et musulmane", que les Juifs ne sont pas les habitants légitimes de ce pays, qu’ils sont au mieux des étrangers de passage. Autre postulat : les seuls habitants authentiques et légitimes de ce pays sont les Arabes musulmans, descendants directs des "cananéens arabes". Tandis que les Juifs n’ont jamais vraiment eu de présence ou d’histoire dans ce pays. Aujourd’hui encore ils ne sont pas dénombrés parmi ses habitants. Par ailleurs, dans ces manuels, il n’y a pas de lieux saints juifs, mais seulement des lieux saints musulmans usurpés par les Juifs. Le plan de partage de 1947, qui a recommandé la création d’un Etat arabe de Palestine et la création d’Israël en 1948, est qualifié "d’occupation". Enfin, Israël ne figure sur aucune carte. C’est le nom Palestine qui apparaît à sa place. Le territoire d’Israël n’est jamais désigné comme tel, mais dénommé "terres de 1948", "intérieur" ou "Ligne verte".

    – Vous retrouvez aussi la trace de stéréotypes vis-à-vis des Juifs et d’Israël ?

    – Il n’y a pratiquement jamais d’informations objectives sur les Juifs, le sionisme et Israël. Dans l’histoire, les Juifs sont présentés comme fourbes et ennemis de Jésus et de Mahomet. Aujourd’hui, ils sont dépeints comme des assassins. Le sionisme est décrit comme un mouvement colonial lié à l’impérialisme occidental qui a expulsé et exterminé les Palestiniens. Les Protocoles des sages de Sion ont été présentés comme une des résolutions secrètes du premier congrès sioniste. Tous les maux affligeant la société palestinienne, y compris la violence familiale, sont imputés à Israël. Les Palestiniens n’ont jamais de responsabilité dans les mesures prises par Israël. "

  • Thomas

    Adala existe de façon informelle -comprendre sans statut loi 1901, depuis 2003 et est devenue une association en 2006.
    "C’est à partir de cela que s’est créé un forum Adala dès 2003 de façon plutôt informelle."
    Rafe Jabari a relu cette interview et n’a rien redit à ce sujet, donc je pense que c’est bon.

  • Adnène

    Je pense qu’il y a eu une faute de transcription dans l’interview : Adala existe depuis bien avant 2006. Rafe en est le président depuis 2006, en revanche. Keep up the good work 😉

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