Second poteau Bavard #2 : les mêmes mais empire

Second poteau Bavard #2 : les mêmes mais empire

Prenez les mêmes joyeux joueurs qu’hier, trempez les dans un bain de sueur acre, grimez les encore une fois d’un maquillage plus ou moins bien étalé, assommez les de fatigue, mais sans les départir de leurs chants, sourires, et bonne humeur, et voilà un tableau du deuxième jour du CRIT plutôt fidèle à la réalité.

Ce qui nous a marqué aujourd’hui, c’est avant tout l’inventivité des délégations-invitées dans leur manière de chercher à s’imposer face à Paris. Entre « Paris capitule à Grenoble Capitale », et « Pastis dans les veines, parigot dans la Seine », on ne peut que saluer la maîtrise du Mot de la part des supporters qui arborent des bandanas gribouillés de slogans. « T’es dans ta sakristie, j’suis dans ma porcherie » revient beaucoup du côté toulousain, tandis que la métropole nargue ses invités avec son fameux « votre peine sera capitale », inscrit sur tous les sweats, shorts, chaussettes, torses, lunettes de soleil … On différencie facilement le jeune criteux du vieux loup qui, en ce 32e CRIT, n’accorde plus guère d’importance à ses apparats, mélangeant du même coup accessoires des éditions précédentes ou des ex-minicrits, transformant son corps en véritable mosaïque constituée des vestiges des manifestations passées.

L’épreuve de danse a grandement été appréciée ; cette année encore, la compétition été rude, et les performances vraiment réussies. L’originalité de la prestation de Grenoble et le choix musical plus qu’audacieux de Lille ont vraiment séduit, mais c’est Bordeaux qui s’érigea au sommet du podium au grand dam d’Art’Core qui, malgré une chorégraphie parfaitement calibrée et une entrée en scène majestueuse, s’est vue classée deuxième.

Ce samedi a aussi été un grand jour dans l’Histoire de la mixité inter-IEP. Les masques de fierté parisienne peinent toujours à se dérider, mais la fraîcheur des jeunes cousins provinciaux s’est emparée du CDFAS ce matin, et oser adresser la parole à quelqu’un d’externe à sa délégation n’est plus un péché Capital. On a même aperçu deux Bordelaises et une Strasbourgeoise rire ensemble. Pour ce qui est de Rennes, on ne peut pas vous dire, puisqu’en cette fin de deuxième jour de CRIT, force est de constater qu’on ne les a pas encore vus… Il est 18h, et depuis le départ de la délégation parisienne dans les premiers bus pour le RU, on remarque que l’ambiance s’est encore réchauffée ; nos amis provinciaux ne devraient pourtant pas être impressionnés par Sciences Po. Après tout, ils suivent tous le même cursus universitaire, seulement ceux de Sciences Po étudient à Paris.

On est heureux de voir que les ultras fleurissent sur l’herbe de tous les terrains ; deux d’entre eux, des Strasbourgeois, n’ont d’ailleurs pas hésité à faire tomber le maillot et tout le reste, avant de faire un tour du stade de foot en courant, sans que personne ne semble s’en soucier. Les Aixois, plus poussiéreux que l’étendue de terre battue sur laquelle s’est déroulé le tournoi de pétanque, n’ont pas résisté longtemps à la tentation de craquer des fumigènes, et la fanfare bordelaise s’est vue engraissée de quelques cuivres grenoblois.

Tout compte fait, on retiendra de ce deuxième jour que, hormis le fait qu’un nombre incalculable de bracelets jaunes se sont cassés, aujourd’hui a porté un nom : multiculturalisme.

Etienne de Metz

Laisser un commentaire