Un paysage syndical en recomposition

0.jpgA quinze jours des élections syndicales à Sciences Po, seule la moitié des formations élues l’an passé restent en piste. Alors que le syndicat majoritaire UNEF fait son bilan de mandat, la droite universitaire tente un coup d’éclat par la création du MéT, fusion de l’UNI et de Nouvelle Donne.

C’est le coup d’éclat de la rentrée : l’Union Nationale Inter-universitaire (UNI), née en réaction aux manifestations étudiantes de Mai 68, abandonne ses activités syndicales au profit du « Mouvement des étudiants » (Mét). Le président du nouveau « syndicat », Rémi Martial, présente l’opération comme une prise d’indépendance à l’égard des partis politiques, en vue de rallier d’autres forces syndicales à ancrage local, comme le syndicat de Sciences Po « Nouvelle Donne ». Objectif : devenir un véritable concurrent de l’UNEF, nationalement majoritaire. Prétexte : les règles électorales découlant de la loi LRU (libertés et responsabilités des universités) conduiraient à une « bipolarisation ». 1

Le Mét n’a que quinze jours pour convaincre. C’est peu, au vu de la controverse soulevée par sa création. Déjà, des voix dissidentes s’élèvent au sein de l’UNI pour dénoncer une manœuvre de l’Elysée.² Selon Benjamin Fontenas, vice-président de l’UNI à Tours, « on nous a dit que l’UMP avait mis le couteau sous la gorge de l’UNI, en parlant de lui couper les subventions ». Drôle de prise d’indépendance.

A Sciences Po, la création du Mét a au moins pour mérite de clarifier la situation. En se ralliant à « La droite universitaire », les membres de Nouvelle Donne vont devoir abandonner leur prétention à l’apolitisme, s’ils ne veulent pas perdre leur crédibilité aux yeux des étudiants. A l’heure du « bilan de mandat » des élus étudiants, d’aucuns souriront à la lecture des tract du « mouvement des étudiants de Sciences Po », qui se décrit en gentil syndicat environnementaliste qui « milite depuis des années » (sic) pour l’installation de toits végétalisés et autres ampoules basse consommation à l’IEP.

En face du Mét restent trois organisations. Si SUD Etudiant ne présente pas de liste cette année, la Confédération Etudiante, Interzaide-Facverte et l’UNEF restent en piste.

Dès lundi, l’UNEF défendait son bilan de mandat en péniche. Le syndicat majoritaire met l’accent sur sa lutte contre la sélection sociale. Il a obtenu des avancées dans la réduction des biais sociaux lors de la réforme du concours, et s’est surtout fermement opposé à la hausse de 54% des frais de scolarité comprise dans la réforme « Objectif 2013 ». L’UNEF est le seul syndicat à avoir voté contre cette augmentation, qui s’applique déjà aux étudiants de première année ; il a en outre obtenu un gel des trois premières tranches de frais ainsi qu’une limitation de leur montant pour les étudiants étrangers.

Si l’UNEF peut mettre en avant son travail de défense des étudiants au quotidien, Interzaide, deuxième force syndicale à Sciences Po, ne s’empresse pas de défendre son bilan. Davantage implanté dans les campus délocalisés, le syndicat « internationaliste » mise une fois de plus sur le label écolo de Facverte – dont il ne reste pourtant aucun militant à l’IEP. Quant à la Cé, elle se pose en « force syndicale alternative » à l’UNEF et apartisane. A son bilan, elle inscrit l’ensemble des réformes entreprises par la direction – si bien que certains soupçonnent Richard Descoings d’avoir sa carte à la Confédération Etudiante…

Après cette semaine de bilan de mandat, les quatre formations attaqueront la campagne à partir de lundi prochain. Leur principal défi sera d’inciter les étudiants à voter : l’an passé, seuls 25% d’entre eux s’étaient déplacé pour les élections syndicales. A vous d’inverser la tendance, les 9 et 10 février !


1 Voir l’entretien paru dans Valeurs actuelles

2 Voir l’article du Monde du 20 janvier

29 réflexions au sujet de “Un paysage syndical en recomposition”

  1. Le m-ét revendique la mise en place du vote électronique dès l’année prochaine.

    Chouette.

    Ils ont tout simplement oublié de demander l’avis du conseil de direction. Oups, c’est embêtant. Etant élu dans ce conseil, je préfère vous dire que celui-ci ne s’est pas prononcé sur la question à caractère juridique hautement complexe.

    Cette revendication semble pour le moins… hative.

    Que cela ne bride pas le débat, mais il est faux de dire que c’est acquis pour l’année prochaine.

    Sur ce, continuons.

    Et n’oublions pas qu’avec le vote électronique, l’urne devient totalement opaque : une fois que tu as cliqué, tu ne vois plus ta petite enveloppe rejoindre les autres dans le bac à papier scellé.
    En revanche, l’isoloir est transparent : plus de lieu sacralisé, sans présence militante, afin de voter en toute conscience de cause, sans pression possible. Ca me rappelle de bonnes vieilles dictatures…

  2. Quand la droite invoque la notion de progrès à propos du vote électronique, ça fait très ‘sens de l’histoire’ comme rhetorique. Moi je trouve ça marrant.

  3. Les assesseurs comme les dépuilleurs sont de tous les syndicats, donc tout le monde se controle et se regarde de près, parait il. Et des membres de l’administration veillent aussi au grain (de mémoire, Julien Palomo déteste cette préiode car il est sur le pont toute la journée).

    Les AAI et les associations ne sont pas l’expression d’une « peur irrationelle ». Ce sont des spécialistes de la question qui se sont lancées dans des analyses précises des risques et des exemples de vote électronique déjà advenus. Leur avis est fondé, c’est de l’expertise, pas de la croyance.

    QUant à l’argument sur la participation, c’est peut-être contre-intuitif, mais c’est vérifié par l’expérience, qui est quand même la meilleure des preuves.

    Enfin, sur le Mét, je réitère mes doutes. L’égalité des chances, il faut voir ce qu’on met derrière cette belle intention. Le vote pour la sélection en master, il faut l’assumer. Pour mes sources internes, ce ne sont pas des radicaux evincés et aigris, loin de là, certains y sont encore. Qui plus est, si dès que quelqu’un émet une critique, on le disqualifie en l’étiquettant « radical aigri evincé qui se vange », la démocratie en prend aussi un sacré coup.

    Et je te renvoie le même argument, cela fait des années et des années que la droite (UNI, ND…) se plait à présenter l’UNEF comme l’extreme-gauche (d’autant plus qu’il n’y a pas SUD), dangeureuse menace pour la democratie (dinosaures marxistes il me semble dans le tribord de rentrée). A la lecture de leur programme et à la fréquentation de certains militants de ce syndicat, la vérité en est bien loin. En matière de politique de la peur, la droite universitaire n’a de leçon à donner à personne.

    Et pour avoir fréquenté des militants qui ont rejoint le Mét, j’ai mon idée sur les personnages et leurs idées, merci bien. Moi je m’informe avant de critiquer.

  4. La fraude papier ? Soit ton imagination est bien peu fertile, soit tu es vraiment beaucoup plus ingénu que tu ne le penses. Je te rappelle pour mémoire le « coup des chaussettes » de Perpignan. Tu sais que les assesseurs sont des membres de syndicats. Sinon, utilisation de photocopies de cartes de personne ayant voté les années passées ; pertes/vols de carte ; remplacement d’un bulletin par un autre (c’est long, un dépouillement) ou d’un vote blanc par un bulletin (ça arrive à chaque élection, même aux présidentielles). Sachant que les élections étudiantes se jouent à une poignée de voix, ce type d’approximation est très nuisible à la démocratie.

    Je suis sûr que les élus étudiants, la direction et les professionnels réfléchiront à un système qui garantisse le maximum de sécurité. Quant aux associations et aux AAI que tu cites (je te fais pleinement confiance quant à la réalité de ces sources), je ne vois pas pourquoi leur avis ferait office d’argument d’autorité. La plupart des arguments sont motivés par la peur irrationnelle de la dématérialisation, puisqu’il est impossible de vérifier l’ampleur exacte d’une fraude (sinon celle-ci serait inutile, n’est-ce pas). C’est mignon, mais lassant.

    Quant à la participation, nous verrons bien ce qu’il en sera, mais il semble contre-intuitif de penser que les gens iront moins voter alors que cela leur prendra considérablement moins de temps. Et avec la hausse de la participation chez les étudiants de 3A et en stage, je pense que le bilan sera positif. Pour l’instant, les syndicats doivent aller chercher un par un les votes de ces personnes.

    L’expression « listes modérées » s’applique bien aux trois listes de la Cé (que l’on peut accuser de beaucoup de choses, mais pas d’extrémisme), d’Interzaide (idem, à part leur association avec les écolos radicaux de Fac Verte qui ne sert guère qu’à labelliser le syndicat) et du Mét (dont la lecture du programme te montrera que c’est le pragmatisme qui prévaut).
    Il ne s’agit pas ici de nier que l’Uni avait en son sein des éléments radicaux de la droite voire de l’extrême droite (comme tout le monde le sait, le rappeler sans cesse ressemble plus à de la politique de la peur qu’à autre chose). L’objectif de la création du Mét est clair : il s’agit d’éviter que des valeurs républicaines et modérées (l’égalité des chances, on a vu pire comme valeur de la droite dure) soient défendues par des personnes qui ne les incarnent pas. Et les personnes de l’Uni qui crient au téléguidage, et que les détracteurs de tous bords citent à volonté, ce sont ces radicaux évincés. Mais quand il s’agit de crier au complot gouvernemental, on cite n’importe qui disant n’importe quoi, c’est si commode.
    Viens parler aux militants du Mét et tu verras que l’image qu’on leur colle est fausse et insultante.

    PS : Personne n’a été empêché de critiquer vertement la création d’un BEI. Pourtant, une idée de la droite radicale incarnée par le Mét, ça devrait déchaîner les passions… 😉

  5. « les membres de Nouvelle Donne [La Péniche] vont devoir abandonner leur prétention à l’apolitisme [l’objectivité], s’ils ne veulent pas perdre leur crédibilité aux yeux des étudiants [lecteurs] »
    Si tant est que, dans un cas comme dans l’autre, cette crédibilité ait un jour existé

  6. « les membres de Nouvelle Donne [La Péniche] vont devoir abandonner leur prétention à l’apolitisme [l’objectivité], s’ils ne veulent pas perdre leur crédibilité aux yeux des étudiants [lecteurs] »
    Si tant est que, dans un cas comme dans l’autre, cette crédibilité ait un jour existé

  7. cher Clément, tu m’as mal compris.

    Je ne remettais pas en doute le « sérieux » de l’élection électronique de l’année prochaine, mais vu la facilité avec laquelle on entre sur l’entg de quelqu’un d’autre, ça veut dire qu’on peut récupérer ses identifiants et voter à sa place très facilement, puisque il n’y aura que par ce moyen qu’un électeur pourra s’identifier et voter. De même, cela pose encore le problème des diplômés dont les identifiants sont encore valides.
    Et puis pour les fraudes avec bulletin en papier, explique moi comment. Soit la personne est là en personne, elle est vérifiée comme étant sur les listes et sa tête correspond à la photo sur sa carte d’étudiant, elle vote, soit non, elle ne vote pas. Où est la fraude? Un masque? Un jumeau diabolique? De même pour les procurations, il faut une lettre signée et une photocopie de la carte d’étudiant/d’identité, ce qui n’est pas le genre de truc qu’on envoie à quelqu’un sans le faire exprès.

    De plus, les autorités administratives indépendantes et les associations recommandent de NE PAS recourrir au vote électronique, combien même celui-ci est assuré par des professionnels, ce n’est pas de ma faute si elles prennent cette position qui mérite mieux que d’être balayée d’un revers de main.

    Je remettais en cause l’argument principal, celui de la hausse de la participation. L’experience montre que ça ne marche pas, ni à l’ENS, ni à l’étranger -en Angleterre, les taux de participation sont catasrophiques. Qui plus est, accuser l’UNEF de vouloir la maintenir basse est à mon avis ridicule, vue la débauche d’énergie qu’ils mettent à militer au moment des élections comme au long de l’année -je pense que tout le monde sera d’accord sur ce point. D’ailleurs un de leurs responsables me disait l’année dernière que leur demande de mettre plus de bureaux de vote avait été refusée par l’administration pour des raisons de sécurité/manque de place.
    De plus, je ne pense pas que la hausse de la participation leur sera préjudiciable. A Sciences-po entre il y a deux ans et l’année dernière comme un peu partout en France, les résultats montreraient plutôt l’inverse. Quand plus de monde vote, c’est l’UNEF qui semble y gagner (en tout cas c’était clair l’année dernière à Sciences-Po). Et puis présenter feue l’UNI comme une liste modérée, pardon mais la blague est bonne. La droite universitaire est tout aussi « radicale » que peut l’être l’UNEF dans ses prises de position -et si avoir des idées assumées c’est être radical, on va-t-on? La Cé ou feues l’UNI et ND donc j’imagine le Mét ont quand même une tendance à ne pas dire le fond de leur pensée, comme par exemple ne pas assumer d’avoir voté pour la sélection à l’entrée de master au CNESER. Il faut reconnaitre à l’UNEF d’assumer ses idées, aussi ‘iconoclastes’ soient-elles.

    Enfin, je réitère ma critique des critiques: il n’y a que les articles pro-UNEF qui suscitent une telle émotion sur lapéniche.net, les autres articles pro-tel ou tel syndicat concurrent ne soulèvent qu’une vaste indifférence… Mais peut être est-ce incantatoire de tabler sur plus d’objectivité des commentateurs.

  8. Cher observateur,

    Le vote électronique qui aura lieu l’an prochain n’a, comme tu ne le sais apparemment pas, rien à voir avec le vote pour le BDE de l’année présente. La procédure sera beaucoup plus sécurisée ; le vote sera organisé par des professionnels de La Poste, qui ont déjà organisé des élections électronique beaucoup plus importantes en effectifs et en enjeux (comme les élections professionnelles à la SNCF, dont tout usager de trains connaît les conséquences) ; le résultat ne sera pas proclamé par un individu en état d’ébriété à une heure du matin. Sa sécurité ne fait donc aucun doute, en tout cas pas plus qu’un vote papier où les fraudes sont également possibles (et je dis possibles gentiment). Ceux qui considèrent le vote papier comme plus sûr parce qu’ils « voient » le bulletin sont les mêmes qui « voyaient » il y a quelques siècles le soleil tourner autour de la terre. Voir c’est bien, comprendre c’est mieux.

    Je te rejoindrai pour dire que l’ENTG est une catastrophe en matière de vie privée et de protection des données, mais comme 95% de Sciences Po est sur Facebook, je me permets de douter de l’intérêt qu’y porte la génération actuelle.

    Le nombre excessivement faible de bureaux de vote à Paris, qui occasionnent des queues dissuasives aux moments-clés de la journée, conduit à penser que la participation en sera améliorée. C’est également le raisonnement de l’UNEF, qui craint que cette hausse de la participation ne favorise les listes modérées qui lui sont opposées.

    Enfin, si « journalisme d’opinion » a une connotation neutre ou positive à mon sens, je me suis permis de rajouter « incantatoire » car rédiger un article en sélectionnant les informations avec une telle partialité confine à l’aveuglement. Je suis tout à fait favorable, je le répète, à ce que les opinions s’expriment, même dans les articles d’information, mais alors il est préférable d’intituler l’article « Pourquoi l’UNEF a le meilleur bilan » au lieu de prétendre vainement à la simple information des étudiants. Et je réitère mon appel, en cette période électorale où les médias étudiants ont une place essentielle, à ce que La Péniche fasse l’effort de publier des articles portant des thèses divergentes.

  9. J’aimerais simplement préciser quelques commentaires:

    Chacha, la gratuité des IELTS/TOEFL, c’est faux de dire que c’est le Mét (ou feus ses créateurs) qui l’a lancé en premier. Je me souviens que c’était déjà dans les tracts de l’UNEF au moment de la réforme l’an dernier. Sauf que l’UNEF le réclame pour tous les étudiants, et pas que les boursiers si je ne m’abuse.
    De même, sur les conventions ZEP, il ne faut pas inverser les rôles. L’UNI a toujours combattu leur mise en place (« Ne laissons pas ces gens-là entrer » disaient leurs tracts à l’époque)…

    Quant au lien UMP-Mét, il y a des éléments troublants. Les premières dépeches en decembre annoncaient que Xavier Bertrand avait annoncé la transformation de l’UNI, que Claude Guéant supervisait les discussions. Des dissidents pointent la collusion du doigt, l’article ne parle. Personnellement, des sources internes à Sciences-Po m’ont aussi fait part de leur impression que l’UMP reprennait la main, avec à la fois le changement de direction à la tête de l’UNi après 41 ans de direction par le même créateur et l’emergence du Mét. Enfin, pour le volet financier, déjà, la première année, c’est le budget de l’UNI (donc les subventions de l’UMP) qui lancent la machine. Ensuite, vu le nombre d’élus et d’adhérents de l’UNI (le très gros des troupes du Mét pour le moment), il va être très dificile pour eux de tenir leur indépendance financière. Il parait que l’UNEF est en situation précaire financièrement, or ils sont majoraitaires nationalement et un peu partout localement et ont beaucoup plus d’adhérents.

    Quant à la Cé, lis un de leur tract. Il n’y a pas de meilleur argument contre eux. Moi je m’arrete à la Cé est démocratique. Pas de droit à la minorité interne, un président élu à 99,5% des voix, le seul qui fait meixu c’est Kim Jong-Il. Et malheureusement ce qui est dit de leur programme a une forte tendance à être vrai. Un seul example: l’année dernière, ils proposaient « l’augmentation de 50 à 75% du complement de bourse versé par Sciences-Po ». Or, c’était un des rares trucs que tout le monde avait applaudi dans « Sciences-Po 2013 » quelques semaines auparavant! C’est^sûr que quand c’est déjà décidé, c’est moins dur à obtenir…

    Clément,

    tu parles du vote électronique. Il semble que les autorités independantes spécialisées dans la question, tout comme les associations soient très réservées -pou employer un euphémisme- à son sujet. Les différents plantages au niveau protection desdonnées personnelles de ces derniers mois à ScPo sont aussi inquiétants: diplomés qui votent encore au BDE grace à leurs identifiants entg pas encore désactivés (donc concretement meme si on change l’hebergeur du vote, l’identifiant demeure valide, pour des raisons professionnelles de recherche d’emploi); depuis que l’entg existe, c’est un véritable scandale au niveau protection des données privées, il est très simple de craquer toutes les infos sciences-po de quelqu’un à partir de son nom et son numero d’etudiant ou sa date de naissance (pragmatiquement, son facebook). Plusieurs énergumènes (encore un euphémisme) ont aussi récupéré des fichiers de noms d’étudiants pour des fins de campagne électorale: le parti des pirates; les Jeunes Populaires avec M. Creux, ancien president de feue ND et farouche defenseur du vote electronique… Donc la sécurité du vote me semble moins assurée que ce qu’on imagine.

    Enfin, l’exemple montre que la mise en place de ce vote electronique n’est même pas positif pour la participation electorale. A l’ENS, l’année dernière, a participation a chuté de 5 points avec cette mise en place, alors même que le CA nouvellement élu avait à se prononcer sur une reconfiguration totale de l’école et de la recherche, et que l’année avait été particulièrement agitée politiquement autour de cette question, autrement dit que l’enjeu était le plus important depuis de très nombreuses années.

    Bref, la réalité est beaucoup plus complexe et inquietante que nous le vend feue ND ou le Mét.

    Enfin, dernier point, tu attaques Baptiste pour faire du ‘journalisme d’opinion incantatoire’, ce qui à te lire semble hautement péjoratif (à mon sens, c’est un peu ça qu’on recherche quand même dans un article, sinon on lit la newsletter/les dépeches, mais c’est autre débat). Mais personne n’attaque lapéniche.net quand ses articles sont pro autres forces sydicales. Pendant longtemps, elle a fait preuve d’une, disons, bienveillante neutralité à l’égard de feue ND, personne ne ralait (sauf trois gauchistes qui vont raler à cette remarque aussi). Quand des articles ‘vendent’ leurs propositions, personne ne hurle (cf le BEI). Mais ça peut se comprendre, quand c’est l’UNEF qui ressort favorisée, la tendance à vouloir prendre la défense des petits face au grand ressurgit…

    Objectivité, objectivité, un bien grand mot pour si peu de mise en pratique chez les commentateurs…

  10. Cher Baptiste,

    Je n’ai absolument rien contre le fait que les journalistes, ou apprentis tels, engagent leurs convictions dans la rédaction de leurs articles, fussent-ils d’information. Je me permets cependant de regretter deux choses : d’une part, que ta prise de position ne soit pas assumée (il est vrai que prendre position pour la liste majoritaire n’est pas un acte de grand courage politique, mais ce n’est donc pas non plus trop lourd à porter) ; d’autre part, que La Péniche, dans la situation de quasi monopole qui est la sienne sur le terrain médiatique écrit à Sciences-Po, n’ait pas trouvé judicieux de publier un ou plusieurs autres articles donnant des points de vue contraires.

    Je suis persuadé par ailleurs qu’à la lecture attentive des tracts du Mouvement des Etudiants, tu trouveras de quoi nourrir un véritable article d’information sur les différents bilans. Rien que sur la politique écologique, puisque c’est ce que tu retiens d’essentiel (qui a dit que les étudiants de Sciences-Po avaient un esprit de synthèse ?), les élus du Mét ont obtenu la mise en place du vote électronique pour l’an prochain, qui permettra d’éviter le gâchis de papier. Sur ce point, tous les syndicats en lice à l’exception de l’UNEF sont tombés d’accord, malgré leurs divergences de convictions.

    J’attends donc avec impatience, d’une part que tu relises nos bilans respectifs avec attention, d’autre part ton prochain article expliquant pourquoi l’UNEF a eu raison de s’opposer jusqu’à l’absurde au vote électronique, puisque ta sympathie à leur égard n’a d’égale que ton mépris pour les autres forces syndicales.

    En espérant te lire dans les prochains décennies dans le journalisme d’opinion incantatoire,

    Bien à toi

  11. Chers commentateurs, c’est un plaisir de vous lire 🙂
    Juste une précision : l’objet de cet article était de faire état de la recomposition du paysage syndical et du bilan de mandat des syndicats en piste. Les propositions des syndicats seront traitées la semaine prochaine puisque la campagne ne commence que lundi selon le calendrier officiel. Je m’étonne d’ailleurs que certains candidats soient déjà entrés en campagne à l’heure du bilan de mandat.

  12. Mais allez-y les amis, critiquez l’UNEF puisque l’article ne le fait pas assez ! Ca sert à ça les commentaires. Si l’article expose un bilan de mandat positif pour l’UNEF et qu’aucun argument ne s’y oppose, je ne vois pas le problème…
    Et puis arrêtez de nous bassiner avec cette notion creuse « d’objectivité » ! Lapeniche.net se revendique comme « portail des étudiants de Sciences Po », autrement dit, plusieurs points de vue peuvent s’y exprimer (par exemple, cet article fait suite à un autre très favorable à Nouvelle Donne). L’objectivité de Lapeniche.net, c’est la pluralité des points de vue qui s’y expriment..

  13. Il me semble objectif de dire que cet article est franchement partisan !
    – le MET en prend pour son grade devenant un syndicat uniquement ecolo alors qu’ils ont lancé le théme de l’ielts/toefl gratuits pour les bousiers, l’extension des horaires de la biblio, le doublement des salles de travail, les pr^^ets à taux 0 pour que les étudiants s’achètent un ordi, l’extension des partnariats avec les lycées de ZEP, la creation d’un bureau des étudiants internationaux, la creéation d’un double cursus en droit et en eco-gé….
    Les réduire à un nouveau syndicat ne faisant que de la com n’est pas très objectif. De plus dire que ce syndicat n’est pas independant est faux dans la mesure ou ils sont independants financierement de l’UMP.

    La Cé en prend aussi plein pour son grade devenant le syndicat de la Direction, a genoux devant richie

    Interzed fac Verte comme le MET on un engagement ecologiste à ne pas dénigrer et son dans ligne de objectif 2013 qui iimposait une reduction de l’emission carbonne de Sciences PO
    En gros tout le monde en prend pour son grade sauf l’unef qui deviennent les gentils contre la hausse des frais de scolarité et pour la reduction des biais sociaux.
    un résumé de l’art(icle: votez unef! les autres c’est tous des cons.

    Critiquez c’est bien! et c’est le rôle de votre site, au service des étudiants de Sciences Po mais essayez de traiter tout le monde pareil ! un peu d’objectivité ne ferait pas de mal !

  14. Ohlala, mais c’est fou ce qu’on lit !
    Maintenant on n’a plus le droit de faire autre chose qu’un article en deupartideussouparties, avec une conclusion « oui mais non » sans se faire traiter d’être partisan…
    C’était étrangement différent avec les réactions sur les quotas de boursiers, la péniche en ayant publié deux, clairement engagées, sans se faire traiter une seule fois d’être partisane.
    L’approche des élections syndicales rendrait-elle susceptibles certains étudiants ?

    Moi j’ai bien cet article, plein d’humour, plein de vérités, et plein d’analyse l’air de rien.

    Parce que oui tous se positionnent plus ou moins face au syndicat majoritaire. Oui le Mét joue beaucoup sur la communication, oui l’UNEF a passé sa semaine sur un « bilan de mandat », oui InterZaide n’a plus de FacVerte que le nom et le soutien électoral-(iste ?), oui la Cé revendique toutes les mises en place de la direction, et demande des (déjà !) victoires syndicales…
    Un peu de recul et de travail d’observation, une bonne dose de synthèse, un peu d’acidité pour pimenter l’article : résultat agréable ! Pas pour tous, j’en conviens forcément, mais d’autres articles compensent.
    Pas mal de mauvaise foi de l’autre coté, une bonne part de raccourcis et un peu d’amertume pour fadir la discussion : résultat décevant. Espérons que les prochains articles seront commentés sur le fond et laisseront (enfin !) place au débat d’idées et à la démocratie.

  15. Et personne ne gueule pour l’article pro-feue-ND qui précède sur le bureau des etudiants etrangers?…. Ben tiens, pas franchement objectifs non plus les commentateurs…

  16. Ah, tout à fait d’accord. LaPéniche.net nous ressort le même plan que pendant les précédentes syndicales et pendant les mouvements de mars-avril dernier – UNEF, UNEF, UNEF, UNEF, UNEF… – et surtout le même rédacteur à cette occasion.
    J’attends d’ailleurs le plaidoyer pro domo de LaPéniche: « oui mais si les autres syndicats veulent s’exprimer on est prêts à les rencontrer pour exposer etc etc etc ».
    Dommage ça avait l’air mieux parti LaPéniche cette année…

  17. L’UMP met le couteau sous la gorge de l’UNI.

    L’UNEF met le couteau sous la gorge des rédacteurs de lapéniche.net

    Ahh comme c’est beau la politique !

  18. @ Juan
    La Péniche s’occupe de l’actu nationale ou de Sciences Po ?
    Parce que dans ce cas, on s’en carre que untel de Tours ne soit pas content.
    A ce prix là, il y a des divisions à l’UNEF toutes les semaines si on fait le tour des sections nationales.
    Et le Mét n’a pas à rougir de ses permanences en Péniche au jour le jour mais comme à l’habitude la vision est sélective selon ses opinions.

  19. Je trouve les deux premiers commentaires assez de mauvaise foi.
    L’article met en avant des faits. Il me semble bien que l’UNEF etait le seul syndicat a voter contre l’augmentation des frais d’inscription et demandait des ameliorations dont certaines ont ete obtenues. A l’epoque je ne me souviens pas avoir entendu les autres syndicats expliquer leur vote. Il semble aussi que c’est le syndicat le plus present au jour le jour en peniche, non?

    C’est (malheureusement) assez flagrant que la Confederation etudiante revendique toutes les refromes, l’annee derniere ils proposaient meme dans leur programme des trucs deja votes par les conseils, c’est moins dur a gagner comme ca.

    Sur IZFV l’article ne dit pas que c’est mal ou moins interessant de defendre les campus delocs, il dresse le constat de l’implantation de ce syndicat plutot hors de paris. C’est vrai aussi que fac verte n’existe plus a Sciences Po.

    Enfin sur le Met il presente a la fois le point de vue du nouveau president et celui des detracteurs car il y en a. C’est vrai aussi que ND a retourne sa veste tres vite, le nouveau bandeau sur le site n’a pas 3 mois…

  20. Un article très favorable à l’UNEF, pas étonnant que les militants de l’UNEF reprennent cet article sur facebook.

    Le bilan du Mouvement des ETudiants (MET) comprend assurément mieux que « des ampoules basse consommation » mais peut être que lire le tract et dépasser les simples préjugés était déjà au-delà des compétences de ce journaliste pour le moins partial.

  21. L’Unef sort assez favorisé de l’article, non ?

    Le MéT, heureusement, ne propose pas que des mesures pour l’environnement…Il y a aussi la question du concours, l’extension des horaires d’ouverture de la bibliothèque, l’augmentation du nombre de jobs étudiants …

    Et pourquoi accuser la Cé d’être aux ordres de Descoings ? L’Unef aussi a fermement soutenu la direction en votant pour la réforme du concours … Et la Péniche souhaite que la participation augmente lors des élections à venir, mais oublie de rappeler que l’Unef a voté contre le vote électronique à distance.
    Et certes, Interzaid est surtout implanté dans les campus délocalisés. Mais ne doit-on pas se préoccuper aussi des étudiants de Sciences Po Paris en province ?

    Bref, tout ça pour dire que je m’attendais à plus d’objectivité de la part de la Péniche. Autant mettre « votez Unef » sur votre site.

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