Vie du campus

Semaines des Associations (4/8) : Inside Electronic Pipo

IEP
Dès le jour de la rentrée, c’est déjà l’effervescence autour des associations fraichement créées. Rumeurs, on-dits et promesses de voix balancées en l’air. Et c’est au détour d’une conversation que j’entends : « T’as vu, y’a des mecs qui ont monté une association pour les geeks ! Ça s’appelle Sciences Po Multimedia ou Inside quelque chose ». Enquête sur cette association atypique.

C’est en cafeteria que je retrouve trois joyeux 2A, propres sur eux, qui m’attendent gaiement depuis 15 minutes. Alexandra, Yann et Hugo ne m’en tiennent pas rigueur et commencent d’emblée les présentations. Inside Electronic Pipo est le gros bébé de 6 personnes, 6 pseudos, une passion commune, et d’une volonté de rassembler tout ce joli foutoir. Arnaud Weiss (TheBlaack sur leur site) contacte dès janvier dernier Alexandra Caulea (Aleskandra), Hugo Ruggieri (Baralaï), Yann (Mycridias), Antoine Chopin (Konrad) et Romain Padéri (Sed) avec une idée en tête : monter une association autour de deux grandes volontés.

Le premier moto : rassembler, fédérer et défendre la communauté « geek » de Sciences Po. Ils mettront plus en avant leur deuxième objectif, qui est de fournir une aide aux étudiants de Sciences Po en informatique, leur apprendre à mieux maîtriser l’environnement multimédia. En une phrase : « Mettre l’image du geek mais aussi ses talents à disposition des étudiants de Sciences Po. » Je commence à m’amuser en observant les quelques tics nerveux des membres. Leur idée est très claire, et ils tiennent à éviter à tout prix le raccourci « assoc’ de geek ».

« Il faut adapter le vocabulaire ». Parler à la fois aux initiés et néophytes, c’est le défi de Inside Electronic Pipo. Faire découvrir cette vague culture geek trop souvent stéréotypée, la rendre ainsi accessible à n’importe quel étudiant. « Partir de l’idée reçue qu’il y a trahison envers les geeks, c’est un peu nul. Quand on aime quelque chose, on veut le partager » me dit Alexandra. Et la culture geek, ils l’aiment vraiment. Prosélytisme ? Non, Sans tomber dans l’assistanat soumis (et le joli mythe du geek exploité en informatique par n’importe quel clampin paniqué devant un blue screen), ils souhaitent aussi donner les clés pour mieux appréhender cette culture multiple.

AfficheOn pourrait se poser la question du terme « geek » qui a bien des égards, reste un terme vague, sur-utilisé, cliché, un peu creux et réducteur. Mais l’équipe d’Inside Electronics Pipo ne veut pas tomber dans une sous catégorisation complexe. Ils disent appartenir à un « grand ensemble » et leurs goûts sont aussi divers et variés que leurs profils.

Se prétendre geek est devenu à la mode. Le sens du mot, à l’origine pourtant plutôt dévalorisant, a évolué avec la culture. La fausse asociabilité, la lose assumée a un côté branché. Et l’explosion du multimédia et des réseaux sociaux n’a fait que renforcer cette tendance. « On dit souvent que les jeunes seraient doués naturellement pour les nouvelles technologiques. C’est faux. » affirme Hugo. Alexandra le met en garde, yeux plissés : « « il ne faut pas que ça prenne une tournure prétentieuse ». Mais le fait est là : les étudiants savent qu’ils peuvent faire plus avec leur ordi que taper un cours, regarder des séries en streaming et chater sur facebook. « Bien sur que non, on ne prend pas les gens pour des cons. On veut juste aider. Les gens viennent d’eux même nous chercher ».

Bien sur, ils restent des simples étudiants. Ils n’ont pas réponse à tout. Mais dans la mesure du possible, ils assurent qu’ils seront disponibles. Sa jolie cocotte en papier terminée, Alexandra soulève un point important : leurs services sont gratuits, et le resteront. Yann continue en m’expliquant qu’ils peuvent aider dans de nombreux domaines : photoshop, création de sites, virus, montage, ou optimisation de votre machine. De l’aide en informatique, et pas seulement une astuce pour passer le 3è niveau du donjon dans lequel vous êtes bloqués.

Inside Electronic Pipo est à la recherche de légitimité dans cette procédure de reconnaissance. Ils continueront quelle que soit l’issue. Une jolie motivation pour une idée qui demandera pourtant un investissement horaire non négligeable. Mais l’association commence déjà à faire des émules, et tenir les promesses sera nécessaire. Dès l’ouverture du site,entièrement réalisé par leurs soins, les visites ont explosé, et les retours se font de plus en plus nombreux, notamment grâce à une communication bien menée pour le forum des associations. « On a beaucoup beaucoup de projets » assure Hugo. Garder un site opérationnel, avec une publication au moins tous les deux jours, continuer à mettre en place et développer le Helpdesk, leur service d’aide en informatique, fournir une aide aux associations, pour la création de site (Rhinocéros a déjà fait appel à eux) ou la maintenance, et développer des partenariats.

Si Inside Electronics Pipo a déjà eu des menus problèmes avec l’administration au niveau de leur logo et de leur nom, c’est avec un certain sérieux qu’ils se sont lancés dans l’aventure. Loin de vouloir simplement « faire partie d’une association », les 6 membres (qui ont appris à se connaître avec cette association) semblent motivés pour faire vivre leurs projets. En rupture avec la très obscure mais très implantée Libertés Numériques (l’autre association versée dans les problèmes du multimédia qui ne se présentera pas cette année aux dernières nouvelles) et avec tous les clichés sur les « geeks », Inside Electronic Pipo risque de faire parler d’elle et d’alimenter les débats pour un bout de temps. À peu près rassuré sur cette association de « geeks » qui n’en est pas une, je quitte Alexandra, Yann et Hugo avec une cocotte en papier comme trophée. MOAR MOAR.

9 Comments

  • Ilyass

    « Bien sur que c’est un jugement ». Très bel argument ! Vraiment, l’affirmation arrêtée, c’est du grand art rhétorique, je pense que je n’ai plus qu’à courber l’échine devant le détenteur de la vérité derrière mes propres propos.

    « Ton assoc c’est de la merde » ça c’est un peu plus un jugement déjà 🙂 Ce que j’ai écrit sur Inside Electronic Pipo, ça c’est un jugement. Mais faire la constatation que vous êtes quasi inexistants niveau com sur le campus, ça n’en est pas un. Ça ne juge pas de la qualité de ton association, simplement de sa présence concrète dans le campus. Encore une fois, je pense que votre contenu est d’une qualité impressionnante.

    Comment je le sais ? L’expérience. Je ne vous ai jamais vu en péniche. 92 personnes vous suivent facebook, 20 sur twitter, 11 sur identi.ca. Et je demande à voir la fréquentation du site (je suis premier degré). Si tu peux aussi m’envoyer une campagne de communication lancée par Libertés Numériques depuis janvier dernier, vas y, je t’en prie. Je reconnaitrai humblement mon erreur. Peut être la mémoire me fait elle défaut.

    Mais encore une fois, ce n’est pas un jugement. La plupart des associations sont inexistantes niveau com (et je le déplore grandement). Vous êtes dans une moyenne je pense, au niveau de la diffusion auprès des étudiants (et vous en dépassez pas mal si ça peut faire plaisir à ton ego bafoué). Mais non, désolé, tu ne me feras pas dire que Libertés Numériques est « connue » des étudiants. Mentir c’est mal.

    Très obscures, la majorité des assocs le sont. C’est un fait. D’ailleurs, si tu veux vraiment tout savoir, je compte bien faire un papier sur le sujet. Je vous recontacterai à l’occasion, compte sur moi.

    Et je m’en fous que les étudiants n’aient pas une « bonne opinion de vous » en me lisant. On fait pas du fan service (sauf dans le cadre de la semaine coup de coeur, mais encore une fois, vous ne vous présentez pas et vous n’êtes pas nouveau, je ne vois pas l’intérêt de faire un papier pour vous aider à vous lancer). Et les prend pas non plus pour des cons : l’assimilation « pas connu » et « nul » ça marche peut être sur skybog, mais pas ici j’espère.

    Ah, dernier petit point : sur votre site, il est notifié « L’association a été reconnue par les étudiants de Sciences Po. ». J’ai le droit de troller ?

  • Hugo

    « À tel point que Libertés Numériques n’est pas franchement l’association la plus « connue » de Sciences Po. »

    Comment le sais-tu ? Tu as fait un sondage ? Pas connue par rapport à qui ? Le BDE oui, mais les autres ? Quoi qu’il en soit, c’est très loin de l’affirmation « Très obscure » ! Bien sûr que c’est un jugement !! Les étudiants qui vous lisent qui ne nous connaissent pas, n’ont pas une bonne opinion de nous désormais. Et quand on leur parlera de Richard Stallman, ils penseront — ah oui ce sont ces gens obscurs, on ne comprendra rien. Alors que c’est tout l’inverse. Bravo !

    Tu publies un article où tu fais un jugement sur une association, mais tu ne vois pas l’intérêt de nous contacter ? Dans ce cas pourquoi parler de nous tout simplement ? (Je croyais qu’on n’était pas connus !)

    @Jean: eh bien je t’invite à venir, tu verras si nous sommes libriste sectaire. Non mais n’importe quoi vraiment…

  • Jean

    Obscure dans le sens de libriste sectaire. Une conférence avec Richard Stallman quoi…
    En tout cas félicitations, le faire venir n’est pas donné à tout le monde !

  • Ilyass

    Avec « très obscure » je fais simplement une constatation : il y a eu très peu de communication faite autour de votre association l’année dernière et cette année. À tel point que Libertés Numériques n’est pas franchement l’association la plus « connue » de Sciences Po.
    Ce n’est en aucun cas un jugement qualitatif, attention.
    Et je ne vois pas très bien l’intérêt de contacter une association qui ne se présente pas à la reconnaissance dans le cadre des coups de coeurs de cette dite semaine 🙂

    Cela dit, moi je vous aime très fort hein. Faire venir Richard Stallman, c’est un coup de force. Je compte bien être là hein (et pourquoi pas faire un billet dessus)

  • Hugo Roy

    « En rupture avec la très obscure mais très implantée Libertés Numériques (l’autre association versée dans les problèmes du multimédia qui ne se présentera pas cette année aux dernières nouvelles) »

    Très obscure ? Pourquoi donc ? Ilyass Malki : vous ne nous avez pas contacté. Comment pouvez vous alors prétendre que nous sommes obscurs ?

    Aux dernières nouvelles, Libertés Numériques n’est pas obscure et est toujours aussi active. Une conférence de Richard Stallman est déjà au programme pour le 19 octobre, et encore d’autres projets intéressants. Infos et inscriptions, http://www.libertesnumeriques.net/evenements/stallman-19octobre2011

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