Vie du campus

Semaine des Associations (5/8) : Noise

Noise
Vous avez du les croiser entre deux conférences, vous proposant d’un air décalé un flyer gris pourvu d’un logo déformant des immeubles pour former les cinq lettres de leur nom. Ils sont Noise, ils sont urbains, underground, assez originaux pour attirer l’attention de LaPéniche, et j’espère la vôtre.

Les mecs de Noise incarnent le paroxysme du cool : Ugo, Vladimir et Mohamed sont la version française et sciences piste du mec moderne qui a décidé de vivre dans son époque. Je les ai retrouvés au Basile, dans une ambiance un peu survoltée de pré WEI. Détendus, vêtus d’une casquette impec des Yankees et d’un T-shirt à message qui clame “give peace a chance”. Le ton était donné : Noise va vous montrer ce qu’est la culture urbaine, et faire évoluer votre vision de la ville.

Où est la ville à SciencesPo ? Pas la ville des trottoirs propres et ordonnées du noyau Germanopratin, pas la succession d’Armani, Ralph Lauren et Zadig & Voltaire du boulevard, non la ville artistique, la ville support de l’art, la ville des bas fonds et des zones. Les fondateurs de Noise ont décidé d’en finir avec la facette nombriliste de SciencesPo et d’ouvrir le regard des étudiants aux autres façons de vivre la ville. L’espace urbain c’est un espace de vie, m’explique Vladimir très concentré, et elle doit être vécue dans sa globalité et non pas centrée sur un infime fragment trop réducteur.

Noise c’est montrer la ville dans une optique artistique, culturelle et sociologique précise Ugo, le président. Il est primordial pour lui de témoigner du passage de la ville comme sujet de l’art à la ville comme support de l’art. L’association, officiellement dédiée à la culture urbaine se veut assez universaliste et aborde des sujets aussi divers que le hip hop, le street art, le kebab, l’urbanisme, la banlieue ou le rap.


Lorsqu’on les interroge sur les supports que va utiliser l’associoation, ils se tortillent un peu sur leurs chaises avouant que leur site internet n’est pas encore au point, « mais il arrivera d’ici une à deux semaines » affirme Ugo. Il m’explique ensuite qu’il est parvenu à contacter une association de jeunes de banlieues qui vont réaliser le site. Le président de l’association affirme ainsi qu’ils vont pouvoir concilier toutes les facettes de la ville dans leur association et aussi mener à bien un projet de promotion des banlieues qui leur tient tous à cœur.

Le site concentrera des articles sur la culture urbaine écrits par des membres de l’association, mais aussi une rubrique bons plans qui proposera des sorties un peu subversives dans Paris, afin de découvrir une nouvelle facette de la capitale. Les fondateurs de Noise comptent également organiser des conférences qui confronteront des acteurs très divers de la ville, par exemple des sociologues, des rappeurs, des spécialistes en urbanisme, des grapheurs, ou même des ex détenus. L’association compte également organiser des soirées et des apéros dans des lieux un peu différents de ceux qu’on pourrait voir dans les soirées BDE. La facette musicale de Noise est représentée dans une émission sur Radio SciencesPo : La Bonne Parole qui tentera d’introduire le rap et le hip hop à SciencesPo et d’inviter des artistes de ce milieu.

Noise ce n’est donc pas une association uniquement centrée sur la musique, et ses fondateurs insistent, manquant de renverser leurs pintes, sur le fait qu’ils sont beaucoup plus que ça. Toutefois, ils veulent, par leur site et par l’émission RSP promouvoir le rap à SciencesPo qui est selon eux inexistant. En effet, les associations qui pourraient potentiellement promouvoir le rap et les cultures hip hop sont rares et souvent le flow d’Eminem où le verbe de La Rumeur ne les intéressent pas plus que la théorie de la casquette. On se souviendra tout de même de la tentative mémorable du BDA pour introduire le rap à la semaine des Arts avec un groupe particulièrement subversif aux paroles éclectiques et incomprises.

Lorsque pour finir, voyant la quantité de bière bien réduite et les esprits s’échauffer en vue du Wei approchant, je leur demandais le ton qu’ils souhaitaient donner à leurs actions, ils affirment que l’association refuse de se prendre au sérieux. C’est ainsi que Noise compte se démarquer à SciencesPo : en abordant des sujet sérieux sans véritablement les traiter de manière conventionnelle. En effet, lorsque la culture urbaine, essentiellement spontanée rencontre la sociologie cela ne peut pas donner un cadre scolaire de réflexion.

Pour finir, interrogés sur la potentielle ouverture de SciencesPo à la diversité grâce aux CEP qui pourrait aider à la fin de Saint Germain comme centre urbain de l’école, ils manquent de me lapider à coups de tapas m’expliquant qu’ils veulent casser ces clichés. En effet, les trois principaux acteurs de l’association ne viennent pas de banlieues défavorisées et ont découvert la culture urbaine par eux mêmes. Ils considèrent que chacun peut se sentir concerné par cette nouvelle manière de vivre la ville.

Ainsi, Noise est une création originale qui va vous faire comprendre qu’il existe une vie après le Basile et les tableaux en reliefs accrochés dans l’Apple Store (hommage d’actualité).

6 Comments

  • Johan

    Roi Heenok, je ne faisais pas référence au commentaire de Bilal mais à l’avant dernier paragraphe de l’article qui parle de la diversité liée aux CEP. Désolé si ça n’a pas été clair Bilal 🙂

  • Roi Heenok

    Johan, Bilal n’a absolument pas dit que c’était parce que certains membres de Noise étaient issus de la CEP qu’ils étaient passionnés par la ville (en tant que lieu de production artistique mais aussi les problématiques sociales qu’elle développe), mais que les membres de Noise sont d’origines sociales diverses et réunis autour d’un même intérêt. Il a aussi affirmer que dire : « Les pauvres expliqués par les riches » était réducteur et faux. En effet, Noise n’a pas pour but de parler uniquement de quartiers dits « difficiles » mais de la ville dans toute sa complexité et ses nombreuses facettes.

  • Johan

    La diversité par les CEP, ça a pas grand chose à voir avec la culture urbaine, c’est pas parce que tu viens d’une banlieue ou d’une zone sinistrée, ou même de la campagne, que tu es forcément un adepte de rap et/ou de culture urbaine. Ne tombons pas dans les raccourcis faciles ou la caricature les amis 🙂 Chouette article et chouette association sinon !

  • Bilal

    Noise à la chance d’être une association avec des profils divers s’intéressant à la ville. On peut dire que les membres de Noise reflète la diversité de Sciences Po et c’est une chance pour cette association. De la province à la banlieue, de Paris à Marseille… Les pauvres expliqués par les riches on laisse ça au politique 😉

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