Semaine du développement durable : le renouveau écolo ?

La semaine passée, à moins que vous ne soyez en phase d’hibernation pré-galops, vous avez nécessairement assisté à l’omniprésence en Péniche de Sciences Po Environnement (SPE) et autres associations à tendance quinoa, dans le cadre de la semaine du développement durable. Si vous nous avez lu en début d’année, vous savez que notre article sur SPE a suscité une volée de bois vert. Nous ne reviendrons pas sur les détails de cette polémique et la remise en cause des activités de SPE qui montre les interrogations d’une partie des étudiants de la rue Saint-Guillaume quant à l’association écologiste. Toutefois, l’affaire aura tout de même mis en lumière les difficultés de communication de SPE, tant sur son image que ses activités. Cette semaine du développement durable était ainsi une chance nouvelle pour l’association de se mettre en lumière auprès d’étudiants circonspects, et de donner la part belle à une cause qui, en définitive, nous concerne tous.

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Afin de nous éclairer sur cette semaine consacrée au développement durable, nous avons rencontré Gaspard Dallens, étudiant en AP et militant Greenpeace, mais pas à SPE, et co-organisateur de l’événement. Disert et agréable, il nous a présenté avec clarté ses objectifs. En premier lieu, « décloisonner l’écologie ». Sur le plan théorique, en montrant par des cycles de conférences les corrélations avec des problématiques économiques, sociales, et politiques. Mais aussi sur le plan pratique en développant des partenariats pendant la semaine avec des association à la fois internes (Sciences Polémiques, UNICEF, Amnesty international, BDA…) et externes (action contre la faim, Greenpeace, WWF…) à Sciences-Po. Tout ceci dans le but de fédérer les étudiants et de dévoiler un visage plus attrayant que l’austère réputation actuelle, que lui-même déplore et ne considère pas comme tout à fait injustifiée. Cette effervescence a donc donné lieu à manifestations diverses, stands visibles et sculptures conceptuelles en Péniche, conférences sur des sujets transversaux tels que « La politique alimentaire mondiale » et actions « coup-de-poing » plus inattendues.

La semaine fut ainsi marquée, mercredi dernier, par une intervention insolite en plein cœur de Sciences-Po. A l’heure du déjeuner, alors que les étudiants faisaient bombance sur la pelouse du jardin, dans l’état dans lequel ils l’avaient laissé la veille, c’est entendu, un groupe d’activistes fit irruption, pancartes et chants militants à l’appui, en scandant des slogans quelque peu inattendus. « Areva crée de l’emploi », « tant que nous avons de l’énergie, gâchons-la » pouvait-on lire sur leurs affiches. Interrogés par nos soins, l’un des membres du mouvement, Pierre Bonneau, nous expliqua qu’il s’agissait d’une intervention du Parti de l’Opposition au Changement, nous démontrant avec verve que « l’axe majeur de {leur} action consiste surtout à répandre le message selon lequel les générations futures, on s’en fout ! » louant au passage l’inertie de la campagne d’Eva Joly. Cette flashmob impromptue était bien évidemment à prendre au second degré, puisqu’il d’agissait d’une idée de Greenpeace afin de sensibiliser les étudiants à la cause écologique, trop souvent négligée dans le champ politique.

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Une initiative humoristique qui constitue une nouvelle forme de communication des associations écologistes de Sciences-Po, à l’inverse de l’austérité affichée jusque là. Une initiative à saluer tant elle montre qu’on peut défendre une cause importante comme celle de SPE sans tomber dans l’activisme moralisateur auquel on avait été jusqu’alors habitués. Quel bilan tirer de cette semaine du développement durable ? Ainsi que le résume Gaspard Dollens, la réussite fut notable mais relative. Trop peu d’étudiants présents aux différentes manifestations, notamment aux conférences, et ce malgré les différents partenariats, mais une réelle réceptivité à ces actions d’un genre nouveau au sein du militantisme écolo à Sciences-Po, qui se répéteront donc, selon le militant. Renouveau de communication ou pas, cette semaine a en tout cas démontré qu’il y avait le potentiel à Sciences-Po pour une plus grande réceptivité de la cause écologiste, à condition que Sciences-Po Environnement, qui ne sera pas toujours appuyé par d’autres associations, s’en donne les moyens.

4 réflexions au sujet de “Semaine du développement durable : le renouveau écolo ?”

  1. Quand on voit qu’une conférence sur une thématique aussi cruciale que « Nourrir l’humanité » ne fait venir qu’une petite quarantaine de personnes (alors que dès que M. Machin ou Mme Bidule qui a vaguement été ministre pendant 3mois et demi à l’autre bout de la Terre vient parler à Sciences Po de l’importance, la richesse, la solidité des liens entre son pays et la France, et que blabla la France c’est bien trop stylé… eh ben l’amphi est plein à craquer.), on se demande bien comment elle va manger, notre humanité.

  2. Vert(e)

    L’ensemble des décisions stratégiques de Sciences Po Environnement et le financement de ses projets sont discutées et votées en Assemblée Environnementale (ouverte à tous et dont les compte-rendus sont publiés sur notre site). La prochaine sera d’ailleurs organisée le lundi 26 mars. Les décisions sont ensuite validées par la Commission de la Vie Etudiante et la Commission Paritaire, toute deux composées d’élus enseignants et étudiants (http://formation.sciences-po.fr/nod…). L’ordre du jour est certes fixé par le bureau, mais il s’agit d’un impératif pratique et nous ne faisons nullement figure d’exception sur ce point dans le monde associatif. Des points peuvent bien entendus être rajoutés par les membres de Sciences Po Environnement, actifs ou non.

    Par ailleurs, sur la demande du bureau ou leur demande, des adhérents sont régulièrement invités aux réunions de bureau dans lesquelles tous ceux qui le souhaitent sont les bienvenus. Des comités sont également crées pour permettre à ceux qui veulent se saisir d’une question de s’exprimer (pour le Plan vert par exemple).

    Un effort de pédagogie reste cependant à faire tant envers les étudiants qu’envers nos adhérents, notamment à l’occasion des Assemblées Environnementales pour permettre à chacun de débattre en connaissant tous les éléments d’une question. Mais cette tâche représente un important défi, vu la complexité (technique et morale) de certains de nos projets, tels que la compensation carbone, Partir Vert ou encore l’achat de certificats d’électricité verte.

    Je suis curieux de savoir ce que tu entends par « bureau non représentatif ». Celui-ci est composé de toute les promotions (3A exceptée) et comporte 3 étudiants internationaux dont un étudiant d’un campus délocalisé (Menton).

    Je précise que ces remarques ne sont pas à prendre comme une critique de ton commentaire, mais simplement comme une demande de précisions de ton point de vue. Peut-être que nous n’en donnons pas l’apparence, mais nous sommes ouverts à toutes critiques (constructives) et remarques.

  3. S’il est certain que la Semaine du Développement durable a été un évènement important dans la vie « écolo » de Sciences Po, je confirme qu’elle n’a pas remise en question le manque de démocratie dans l’association Sciences Po Environnement.
    En effet, les membres du bureau de l’association restent encore bien trop dans une position de décision entre eux, ne laissant pas les autres adhérents/potentiels militants s’exprimer, voire même gardant un flou assez exceptionnel sur des décisions importantes (une grande partie d’entre elles n’étant discuté qu’en bureau, composé d’une dizaine de personnes et non représentatif)… C’est vraiment dommage pour une assoc’ qui se veut transparente et ouverte à tous…

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