Vie du campus

Samedi 13 janvier : Inscriptions pédagogiques du second semestre mouvementées pour les 1A et 2A…

Mon réveil sonne. Quoi, 9 heures, un samedi matin ? Oh, mais oui ! C´est le jour J. Les inscriptions !

Cette fois-ci, je n´ai pas droit à l´erreur. Pas de bug Internet, pas de crise d´angoisse devant un ordinateur, pas d´appel affolé à tous mes voisins pour me sauver de ce naufrage internautique. Non, cette fois rien de tout cela. Je m´y suis préparée deux semaines à l´avance. Comme tout le monde d´ailleurs. C´est pour cela que la bataille est d´autant plus dure.

Arrivée à 11h à sciences-po, une heure avant l´épreuve, je ne peux qu´en constater le fait : chacun s´est muni d´un emploi du temps bien détaillé, avec les heures, les demi-heures et les quarts d´heure, les cours magistraux, sans oublier les petites listes des professeurs à prendre ou ne pas prendre. D´autres se sont particulièrement bien appliqués : une colonne +, une colonne – , une colonne tête de mort ( c-à-d à ne prendre sous aucun prétexte).

Me voici, trois quart d´heures avant l´ultime combat, dans la salle d´informatique. J´éprouve une intense autosatisfaction : nous ne sommes que 5 dans la salle. Un point de marqué. Une amie change d´ordinateur : « la souris marche mal ». Bien vu ! Je teste la fluidité de ma souris et la rapidité d´internet. Pas mal. Ma voisine de gauche est déjà sur la page, son numéro d´identifiant et son mot de passe sont inscrits, et le pointeur de sa souris prêt à cliquer sur « valider ». 11h45. – 15 minutes avant le sprint. Un stress chronique me pousse à aller acheter des vivres pour m´accompagner dans l´effort. J´arrive, munie de mon coca et de mon brownie, 5 minutes avant le round. Une élève s´amuse à faire le décompte : Une minute, s´exclame-t-elle. 60, 59, 58… Elle ne peut pas s´arrêter celle là, elle me stresse ! « Arrête-toi Béné ! » me lance ma voisine d´en face.

Top départ ! Des cris d´enthousiasme fusent à travers la salle. Le cœur battant, je tâche de me concentrer sur mes tâches à accomplir. « espace étudiant », « rentrer dans la zone protégée », « votre scolarité », « inscriptions pédagogiques, sélectionner un semestre, valider ». Allez, vite, certains sont déjà en train de choisir leurs professeurs ! Ca y est, je parle à mon ordinateur. Je ne réfléchis plus, je suis devenue un automate : Histoire, cliquer, complet, complet…mardi 9h10h, cliquer, monsieur machin… « Il est bien monsieur machin ? ». Personne ne répond. Ils parlent tous à leurs ordinateurs. Je réitère ma demande. « Oui, il est super, prends le, on sera ensemble ». Ma main s´exécute et clique sur valider. Deuxième étape accomplie ! Une élève s´exclame « Les filles, j´ai fini ! » Quelques têtes, interloquées, se tournent vers elle. « Ben oui, mes inscriptions quoi, je les ai finies ». Les têtes, ivres de rages, se retournent face à leurs écrans respectifs.

La bataille a repris de plus belle. Je tente de m´inscrire en Institutions politiques. « ERROR, TIME CONFLICT ! ». Je clique sur « annulé en ligne », pour recommencer. Il rame ! « Pitié, pitié non ! », supplie une petite voix à ma droite. Ouf, quelqu´un subit le même sort que moi. Mes yeux font le tour de la salle : le décor est déplorable. Les blessés gémissent, les attaquants s´insurgent contre l´injustice, d´autres se taisent, hébétés, devant leur écrans blancs. Bug général.

Je suis à bout de nerfs. Mais au moins, on est tous dans la même galère. La rivalité sans merci se transforme peu à peu en solidarité : c´est toujours soulageant de constater qu´il y a pire que soi. Une élève s´est transformée en agent des services secrets : « Bonne nouvelle ! » s´exclame-t-elle, en raccrochant de son téléphone. Il s´agit bien d´une défaillance du service et non d´un dysfonctionnement du réseau de la rue saint guillaume ». « Ca remarche » ! Tous à nos postes ! Vite, s´inscrire en économie. « Monsieur chose, où est-il mon monsieur chose ? » Raté ! Monsieur chose a déjà trop été sollicité ! Je reprends mon courage à deux mains : au moins je garde mon professeur de lecture. C´est sûr, un vendredi soir, de 19h15 à 21h15, ça n´intéresse personne. « closed section ». Saleté d´ordinateur !

La salle se vide peu à peu. Un petit groupe de perdants se lamente. Sueur froide : « Il ne reste plus que des places dans le pouvoir des nombres ». L´écran me fait signe : places débloquées en lecture ! Il en faut peu pour être heureux le jour des inscriptions : ma voisine et moi nous nous serrons dans les bras. Ultime étape pour les langues : aberration ! Les seuls cours restant sont sur des cours magistraux ! Il est 14h30. Les 5 dernières personnes dans la salle ont toutes réussi à s´inscrire en anglais. Nous dansons de joie. Et finalement, ça en valait le coup. J´adore mon nouvel emploi du temps !

14 Comments

  • Camille

    Juste une petite précision pour Anne-Sophie : effectivement certains cours de langues sont en même temps que les CM obligatoires, mais c’est parce qu’on les a en commun avec les 1A, rappelle-toi !

  • J’ai toujours adoré les IPs parce qu’elles nous font passer par tous les stades : l’excitation, le stress, le désespoir, la joie, la colère, le soulagement, l’abattement…

  • Didoun

    Je suis à Sciences-po depuis 5 ans et chaque inscription est toujours un foutoir mémorable. Sachant que les élections syndicales ont bientôt lieu, peut-être serait-il opportun d’aller demander leur avis aux syndicats.
    Il reste que je compatis avec mes compagnons du premier cycle, heureusement pour moi, cela devrait être la dernière fois que je plie à cet exercice.

  • chlo

    ha vive sicences po…vive les inscriptions pédagogiques…expliquez moi pourquoi ce matin il y avait une queue qui allait du secrétariat jusqu’à l’entrée de sciences po si leur système a été amélioré…déplorable! 🙁

  • David

    Je plussoie sur les profs (même si le confoscope c’est bon, mangez-en). Si on vous dit qu’un prof est génial, excellent, fantastique, érudit, sympathique, beau, grand, exagérément musclé (ou au contraire d’une féminité resplendissante), qu’il a arrêté les Allemands à Verdun et les Anglais à Orléans, jetez-vous dessus. Par contre, si on vous dit q’un prof est "pas trop mal", donne "pas trop de boulot", est "assez sympa", etc., choisissez en fonction des horaires : des profs assez cool et pas mauvais, y’en a des tas à Sciences Po. C’est les perles rares qu’il faut dénicher.

  • Volna

    Sans vouloir jouer la blasée, je ne comprends pas pourquoi on fait tout un foin autour de ces inscriptions pédagogiques. Quoi qu’il arrive, il restera toujours des places dans les confs pour lesquelles on n’a pas pu s’inscrire, non ? Et puis pour les profs, le hasard est le meilleur conseiller.

  • Arthur

    Un compte rendu de 2A vaudrait également le coup.
    "15h20. Allo, ca marche chez toi? Non, et toi?"
    "Ca rame!!!"
    "Ca raaaaaame!!!!!!"
    "Bon, on a pas le droit d’être en anglais niveau 4. Bon."

  • Anne-Sophie

    Pas mal, le coup pour les 2A de mettre des confs d’anglais niveau 4 en même temps que le CM de Picq (Histoire et droit des Etats) OBLIGATOIRE pour tous. C’est malin, personne ne pouvait s’inscrire dessus (fameux "TIME CONFLICT"), ces trois horaires étaient toujours libres, ce qui fait qu’il n’y avait, au final, pas assez de places dispos pour tout le monde dans les autres confs…

  • Pierre

    Cendrarsien comme description du serveur de scpo: un être vivant déterminé à contrecarrer tes plans….c dingue autant de vétusté informatique dans un endroit pareil…par ailleurs,quelqu’un pourrait me dire si M Menkovsky valait la peine de se faire assigner au hasard par Collins?
    Mention spéciale à tous ceux qui ont coché le prof de leurs rêves sans cocher le cour magistral avant de se faire éjecter du serveur:maintenant quand je voudrais me débarasser de quelqu’un, je plaiderai la "tentative d’intrusion"

  • Martin

    il faut un sacré courage (ou éthique journalistique) pour se risquer en salle informatique le jour des inscriptions pédagogiques…Allez, 5 étoiles pour l’acte de bravoure (et le brillant compte rendu bien sur) !

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