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Noise : de la street culture dans le 7ème arrondissement ?

Festival

A l’occasion du festival inédit « Le Bruit de la Ville » organisé cette semaine – jeudi 13 et vendredi 14 mars – par Noise, La Péniche a tenu à rencontrer des membres de cette association pour en savoir plus sur un festival qui risque de faire du bruit.

Fondé en 2011, ce collectif vise à promouvoir la ville et ses cultures à Sciences Po et plus largement dans les cercles universitaires. « Au début, il ne s’agissait que de petites réunions informelles où l’on s’échangeait de la musique » nous confie un des fondateurs de Noise. Peu à peu, l’association prend de l’ampleur et en 2013, elle organise plusieurs conférences sur le hip-hop ou encore sur le squat en tant qu’institution culturelle. Cette année, elle réitère l’expérience, entre son site Internet collaboratif diffusant ce que les gens peuvent proposer, et des événements, notamment les apéros organisés dans le but de faire découvrir un lieu et réfléchir à un thème sur les cultures urbaines, tout cela dans une atmosphère conviviale et festive. Mais Noise compte bien marquer 2014 avec ce festival, temps fort de l’année pour le collectif. Noémie Fompeyrine, membre de l’association, a accepté de répondre à nos questions sur cet événement tout à fait inédit.

 

Lapeniche.net – Un festival de street culture dans le 7e, n’est-ce pas un peu étrange ?

Noémie Fompeyrine – Tout d’abord, le festival ne se passe pas qu’à Sciences Po mais aussi en Seine Saint-Denis dans le 93 avec une soirée de clôture au 6B. C’était un choix délibéré pour amener les sciences pistes voir ce qu’il se fait en-dehors du quartier latin tout en profitant de l’ébullition intellectuelle qui caractérise l’écosystème de Sciences Po.

Le 6B n’était absolument pas un choix par défaut. Il accueille beaucoup de collectifs et ce passage dans le 93 permettra de faire visiter en première partie de soirée un chantier d’architecture à Saint-Denis géré par le collectif Bellastock. L’idée est de prendre les matériaux sur place pour construire sur place.

 

Vous souhaitez dans la profession de foi de votre association « promouvoir la diversité culturelle de la ville dans les cercles universitaires ». Est-ce que vous pensez qu’il y a assez de diversité culturelle à Sciences Po ?

On a souhaité monter ce collectif parce qu’on trouvait que ça manquait dans le milieu associatif. La street culture n’était pas forcément une demande des sciences pistes mais une fois Noise lancé, ça a très vite intéressé les gens. Il y a assez de diversité culturelle à Sciences Po et même, les étudiants ont tendance à devenir de plus en plus curieux.

 

Le 6b de Saint Denis.
Le 6b de Saint Denis, où se déroulera la soirée de clôture du festival.

Performances artistiques, concours photos, projections… n’est-ce pas un peu de la concurrence au BDA ?

Non pas du tout. Le BDA, c’est le Bureau des Arts, Noise s’occupe d’un autre pan de la culture. Mais quand personnellement, j’étais en première et deuxième année, le BDA ne proposait grosso modo que des places de théâtre et d’opéra. Aujourd’hui, ils ont changé leur offre avec des cafés concerts, de la musique électro etc… Le BDA nous offre même un coup de pouce pour nous installer dans le petit hall de Sciences Po et nous prêter du matériel.

 

Deux jours, c’est court pour un festival. S’il est couronné de succès, comptez vous le rendre un peu plus long par la suite ?

En réalité, ce festival de « seulement » deux jours, nous a pris plus de six mois de travail : c’est énormément d’organisation. Nous n’avons pas les moyens d’une association permanente, on doit faire avec les moyens du bord. Et puis, occuper les locaux de Sciences Po pendant une semaine, c’est logistiquement très difficile. On ambitionne malgré tout de s’étendre davantage et de se pérenniser avec plus d’événements et un festival un peu plus long.

 

affiche cloture 20314Vous organisez une conférence jeudi (« Le buzz, un bruit qui court »), vous pouvez nous en dire un peu plus ?

Cette conférence sera animée par un sociologue spécialiste des nouvelles technologies : Kevin Mellet. Plusieurs intervenants seront présents avec la fondatrice de l’application Blackbird Marjolaine Grondin, le rappeur Disiz, le journaliste-hackeur et entrepreneur Fabrice Epelboin, l’humoriste Pierre Croce qui est responsable des partenariats et des contenus de Dailymotion ainsi que Pierre Cazeneuve, étudiant à Sciences Po et tête de liste « Allons Enfants 2014 ». Ce sont toutes des personnes investies ou du moins utilisant l’outil Internet pour buzzer. Il s’agit de savoir comment le rapport au Net intervient dans la production culturelle et artistique.

 

Et le festival continue vendredi, vous avez prévu des animations en tout genre, vous comptez investir le hall à la sauce « unefienne » ou ce sera plus intime ?

On sera installés dans le petit hall et on va installer une grande bâche pour que les gens puissent se poser et être un peu à l’écart. Le matin, rendez-vous dans les locaux de l’AS pour un atelier de light-painting. En début d’après-midi, un collectif de hip-hop sera présent et vous pourrez assister à des performances artistiques en tout genre avec la Batuka et Art’Core : ça risque de faire du bruit ! L’après-midi, on diffuse un documentaire produit et réalisé par Noise l’été dernier qui s’appelle « les technocrates du hip-hop ». Et pour finir, la soirée au 6B.

Rendez-vous donc dès jeudi pour vivre le premier festival organisé par l’association Noise.

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