Vie du campus

Les gens « in » de Sciences Po

IMG_4814.jpgOn le sent, c’est bien la rentrée à Sciences Po, avec son lot de nouveaux élèves émerveillés, ses perpétuels travaux et son jardin tout-beau-tout-neuf. Mais c’est surtout la rentrée des stars et des nouveaux personnages qui brillent dans le paysage social et associatif du 27 rue Saint-Guillaume. Et oui, plus « in » que nos amis de l’Upper East Side new-yorkais, les tout frais président(e)s des cinq plus grosses associations de Sciences Po nous font l’honneur de nous accorder quelques mots, au moment même où leur côte de popularité décolle vers d’autres cieux.

IMG_4747.jpgC’est donc avec émotion que nous rencontrons Hugo Schleicher, en 4ème année de master Affaires Publiques après une troisième année au King’s College à Londres, et particulièrement séduisant dans un polo jaune canari des plus criards. Président des « fraicheurs hype » du Bureau des Etudiants de Sciences Po, Hugo est un homme apparemment vraiment très occupé, puisque nous sommes coupés toutes les trois minutes par les coups de fils incessants de ses divers interlocuteurs, attachés de presse ou autres people BDE-esques. Notre ami semble un peu stressé par l’interview, mais nous gratifie d’un sourire étincelant quand votre reporter lui affirme que LaPéniche.net est gentille et qu’il n’a rien à craindre… Hugo se présente ainsi comme le leader d’un « changement crédible au BDE, qui peut marcher ». Ne faillant pas à sa réputation de bisounours, il juge l’ambiance du BDE « idyllique » et entretient des « relations excellentes » avec les autres présidents d’association parce que « c’est une priorité ». Lorsque nous le titillons sur les raisons évidentes de prestige personnel lié au poste, il répond après quelques hésitations qu’être président du BDE, c’est « toujours très gratifiant, mais qu’on reçoit surtout des critiques : je voulais évidement être président du BDE mais j’ai pas fait ça pour ça. Le BDE, c’est une petite entreprise, c’est un truc à gérer ». Et d’ajouter qu’il reçoit « critiques, insultes et compliments à tout moment de la journée » : gageons qu’elles arriveront certainement beaucoup plus vite qu’il ne le pense.

Autre personne, autre décor. C’est dans un local de l’Association Sportive de Sciences Po encore en plein rush des inscriptions aux différents sports que nous rencontrons Lauriane Devoize, de retour d’une 3A à Washington DC et rentrant en première année de master Affaires Publiques. Lorsque nous l’interrogeons sur le pourquoi du comment de cette présidence, elle répond d’une voix forte, telle une paysanne savoyarde, « qu’en tant que responsable CRIT en 2A, j’ai adoré l’ambiance ». Très franche et sans hésitation, elle admet n’avoir pas vraiment été volontaire pour devenir présidente : c’est son engagement important au sein de l’association qui a provoqué sa désignation par ses pairs en tant que future présidente, ce qu’elle qualifie d’une sorte d’élection légitimée par l’expérience. Ainsi, « il n’y a pas eu de conflit, de bataille pour le poste de président ». C’est beaucoup moins sérieuse qu’elle aborde le sujet des relations tumultueuses entre AS et BDE. Si elle s’estime « plutôt contente du BDE pour l’instant », elle se décharge avec un sourire de toute responsabilité vis à vis « de groupes qui font partie de l ‘AS (les Ultras), qui sont libres d’exercer toutes sortes de pressions », ajoutons qu’il y a tout de même « beaucoup de tension sexuelle » dans ce vieux couple associatif, que la présidente se doit de gérer avec diplomatie : il semble donc que notre Hugo Schleicher doive prendre garde à son derrière.

C’est dans un bureau inondé de lumière que nous rencontrons Coline Juillerat, présidente bobo-chic du Bureau des Arts, l’association des férus de culture et de raffinement, qui revient d’une 3ème année à Buenos Aires et entre en première année de master à l’Ecole de la Communication. C’est donc d’une voix douce et éthérée qu’elle nous explique ses motivations à la présidence, les yeux pétillants et le sourire large. « Je sais qu’en 2A j’étais venue voir le BdA pour faire quelque chose », nous dit-elle d’un air baroque, « vu que je m’étais beaucoup investie, je me suis proposée et j’ai été élue : le BdA m’avait beaucoup plu et j’y ai passé beaucoup de temps ». Notre Athéna des temps modernes, dont le travail permet d’élever nos esprits vers d’autres sphères, invite ainsi « tous les gens qui veulent venir ou qui ont des projets qui tiennent la route » à la rejoindre sur l’Olympe du Bureau des Arts parce que, chers amis bobos, « le BdA c’est GE-NI-AL » quoi.

C’est de manière plus décontractée (mais toujours sérieuse) que nous nous entretenons alors avec notre jolie petite chef, Alexandra, fameuse présidente de votre journal en ligne LaPéniche.net. Entrant en première année de master à l’Ecole de la Communication (où elle ne tardera pas à rencontrer sa paire du BDA), elle revient d’une troisième année à Atlanta où elle a étudié les « media studies ». C’est en 1A que fraiche et pimpante elle découvre LaPéniche mais c’est en 2A qu’elle « s’implique vraiment dans l’association » en devenant la jeune et ambitieuse rédactrice en chef au sein d’une équipe alors essentiellement constituée de 4A. « C’était un véritable challenge pour moi », d’autant plus que cette année là était synonyme « de nombreux changements quant aux objectifs et aux projets de LaPéniche », avec un nombre d’articles accrus et une visibilité bien plus grande. C’est enjouée qu’elle détaille la façon dont l’équipe s’est constituée pour cette année, soutenue par une équipe de 1A bien motivés. « LaPéniche, c’est une association dont les membres ont des origines, des envies et des passions différentes, et c’est ça qui fait toute la force de cette équipe particulièrement soudée », nous dit-elle en nous émouvant presque aux larmes, encourageant ainsi toutes les nouvelles wannabe-recrues à faire partie de la team péniche, en insistant sur le fait qu’ « être à LaPéniche ce n’est pas forcément contraignant (puisqu’il existe des rédacteurs occasionnels ou permanents) » et que tous ceux (oui, oui, c’est SO sélectif, on sait) qui sont « intéressés par l’effervescence de la vie à Sciences Po , la culture ou qui ont simplement envie de faire part de cette aventure sont les bienvenus ». Et oui, LaPéniche c’est trop open et glamour, et il faut avouer qu’on l’aime comme ca !

Last but not least, nous nous retrouvons désormais dans le célèbre petit hall avec Alice Dunoyer, lieu de prestige accueillant la fameuse émission RSP Star, diffusée en direct sur toutes les ondes de la planète. C’est une Alice radieuse et survoltée, rentrant en 1ère année de Master droit économique (en même temps qu’elle continue sa licence d’art plastique à la Sorbonne), qui nous parle de sa passion pour la radio, qui l’a amenée à présider Radio Sciences Po, dont le succès fulgurant ces dernières années en a laissé plus d’un pantois. Ainsi, Alice « aime la spontanéité permise par la radio, la liberté totale de la radio, la marge de manœuvre de la parole impulsive ». Impulsive est un adjectif qui sied à merveille à notre demoiselle qui parle et parle et parle, comme si elle aussi avait la personnalité de l’emploi. C’est donc « de fil en aiguille », que les propositions sont « devenues concrètes » et que lui a été faîte la proposition d’être la future présidente, par des « élections spontanées ». Et d’ajouter que sa « priorité est d’obliger les animateurs à faire du direct (…), dynamiser le tout et essayer de diffuser ça dans les locaux de Sciences Po en ce qui concerne le direct ». Cela dit, pour notre présidente la radio ne reste qu’ « un hobby » car elle ne compte pas faire de « radio professionnelle » : soyons heureux de cette sage décision et contentons nous d’écouter Stevie Wonder, dont album, nous glisse-t-elle comme une confidence, « traine toujours dans le coin », comme une playlist de secours.

Photos : Allison Simonot

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