Vie du campus

Les élections syndicales 2008 (V) : SUD

Pour clore notre série d’interview syndicales, les réponses de SUD Étudiant. N’oubliez pas d’aller voter, aujourd’hui ou demain en salle A15 (il vous suffit d’emporter une pièce d’identité) !

1. La politique des langues était une question cruciale lors des élections syndicales de 2007 : Quel bilan tirez-vous de l’année passée et quelle est votre position actuelle à ce sujet ?

Rien n’a vraiment changé à ce sujet, les petits compromis qui ont été trouvés ne sont qu’une cautère sur une jambe de bois. Car le problème fondamental des langues à Sciences Po, c’est bien l’asservisement de l’école à la logique économique qui impose le tout-anglais comme seule norme et seul horizon intellectuel aux étudiants. L’imposition de l’anglais en tant que prétendue seule langue rentable vient s’ajouter à une uniformisation plus globale des enseignements à Sciences Po. SUD étudiant s’oppose naturellement à la politique de langue unique, mais plus globalement à la pensée unique qui sévit à Sciences Po.

2. Que pensez-vous de la polémique sur les horaires et l’accessibilité de la bibliothèque ?

Nous ne sommes pas là pour polémiquer, nous préférons le débat de fond aux questions purement corporatistes soulevées par cette interview. D’un point de vue plus général, nous soutenons toute proposition à même d’améliorer le quotidien des étudiants seulement si elle ne nuit pas au droit des travailleurs et si elle peut permettre des créations d’emploi. A ce titre, la plus large ouverture de la bibliothèque est acceptable à partir du moment où elle se fait par l’embauche de nouveaux personnels titulaires. Nous relevons que cette polémique a été soulevée par un syndicat étudiant à un moment particulièrement inopportun, en pleine négociation syndicale des professionnels de la bibliothèque. Si d’aventure l’ouverture plus large de la bibliothèque devait se faire au détriment des conditions de travail actuelles des professionnels de la bibliothèque, nous serons à leurs côtés dans la lutte.

3. Quelles sont vos propositions relatives aux frais de scolarité et aux systèmes de bourses ?

SUD étudiant le dit et le redit : nous sommes pour l’abolition des frais de scolarité. Mais lorsque nous proposons une telle mesure, nous ne sommes pas dupes et savons très bien qu’elle n’a aucune chance d’aboutir en l’état actuel des choses. Toutefois, notre idéal d’une université ouverte, gratuite, laïque et populaire, passe de fait par la suppression des frais de scolarité. Rappellons tout de même que le financement de Sciences Po est majoritairement assuré par l’Etat, qu’un certain nombre de dépenses sont superflues (frais de bouche, de communication, etc.), et que budgetairement, une suppression ou à tout le moins une réduction significative des frais n’est pas irréalisable. Mais puisque nous savons que cet idéal ne sera pas atteint dans l’immédiat, nous sommes évidemment favorables à une extension du système de bourses : pour qu’elles concernent plus de gens et soient plus généreuses. Mais au-delà des bourses qui compensent à court terme de criantes inégalités sociales, nous sommes pour l’instauration d’un salaire social étudiant, à même de permettre l’émancipation de chacun et d’assurer des conditions d’études décentes. N’oublions pas que plus d’un étudiant sur deux travaille pour financer ses études…

4. Qu’en est-il aujourd’hui du projet de réforme de l’examen d’entrée en 1ère année ?

Autre proposition que formule SUD et que personne ne semble comprendre : la suppression du concours d’entrée à Sciences Po. Il est confortable de se gargariser sur sa présence dans l’école par son seul mérite, la réalité est toute autre. Il suffit pour celà d’étudier un peu de sociologie, notamment Pierre Bourdieu, même si ce n’est pas aussi fashion que les cours de Vie de l’Entreprise. On découvre alors avec stupeur que le concours prétendument égalitaire est biaisé par les inégalités sociales de fond, et qu’il ne fait que reproduire ces mêmes inégalités. Mais après tout, avec des étudiants issus des couches les plus aisées, les frais de scolarité sont d’autant plus abondants. Plus qu’avancer le concours en juin pour couper l’herbe sous le pied des prépas d’été (qui ne font, certes, qu’ajouter un peu plus d’inégalité entre les étudiants face au concours), nous sommes donc pour sa suppression pure et simple.

5. Quelle est votre position par rapport à l’ouverture d’un second campus à Créteil ?

Nous ne voyons aucune raison de nous opposer à la chose, nous n’avons pas peur de franchir le périph’ pour aller suivre les cours. Sciences Po pourrait même déménager complétement à Créteil en revendant son onéreux patrimoine immobilier parisien complétement inadapaté et situé dans un quartier globalement hostile à la condition d’étudiant.

Nous souhaiterions conclure en citant une nouvelle fois Pierre Bourdieu et ses analyses sur les médias, notamment sur le formatage qu’induit les questions posées, que ce soit pour les sondages ou en interview. Nous relevons particulièrement le fait que les cinq questions soumises traduisent des intérêts corporatistes et qu’une des vocations de SUD étudiant est de refuser de se laisser enfermer dans ce type de débats. Nous sommes un syndicat interprofessionel, solidaire des luttes dans toute la société et pas seulement dans le cadre de l’université, et encore moins dans celui de Sciences Po.

58 Comments

  • Laurie

    Suite à certains messages à caractère insultant qui n’ont rien à faire dans un débat politico-syndical, nous fermons les commentaires sur les derniers billets.

    Si nous laissons la possibilité aux étudiants de s’exprimer à travers les commentaires, ce n’est en aucun cas pour que le débat prenne une tournure personnelle ou haineuse. Nous ne tolérons et ne tolérerons pas ce genre de comportements qui n’ont rien à faire ici. Merci d’en prendre note et d’éviter que ce genre "d’incident" ne se reproduise à l’avenir.

  • Eve

    Qui es tu pour m’en vouloir comme ça? Cf ton post sur l’autre thread comme quoi je "noie le poisson", encore une fois sans autre argument. Ca vire à l’attaque personnelle, mais qu’est ce que je t’ai fais (à part des interv en amphi que tu jugeais "inutiles")?

  • Charles

    Euh je viens de voir ce dernier message, il y a dû avoir un bug, il devait pas ce trouver sur ce thread là o_O

    D’ailleurs ça n’a rien à voir avec la discussion… Donc euh voilà.

  • Eve

    Jeanne, ça, c’est de l’insulte gratuite.Tu peux nous formuler des critiques politiques, mais nous traiter de "boulets" comme ça pour le plaisir je ne vois pas ce que ça apporte à la discussion, franchement.

  • Jeanne Mas

    "mais dans nos adhérents, notre bureau, nos statutaires, depuis des années, il y a plus d’adhérents du PC, des Vers, de la Ligue, du Modem (…) et de non encartés que de "socialistes"."

    OUFFF, je suis rassurée, le PS a déjà assez de problèmes et de boulets comme ça!

  • Eve

    Parce que l’UNEF se fait frapper par SUD et la CNT en manif (y compris à celle de jeudi) elle n’est "plus de gauche"? Parce que Virginie Battu (présidente il y a maintenant 2 ans) portait des manteaux hors de prix, l’UNEF n’est "plus de gauche" (par ailleurs tu voulais qu’elle fasse quoi, qu’elle se bastonne avec la CNT? Ca, ça aurait été "de gauche"?)?
    Attend, y a surement des étapes intermédiaires de ton raisonnement qui m’échappent. Enfin, j’espère.
    Ensuite, j’aimerais aussi que tu reprécises quelques petits trucs:
    – notre "fougue socialiste", j’aimerais savoir au nom de QUOI tu te permets de telles allusions. Je suis désolée, mais dans nos adhérents, notre bureau, nos statutaires, depuis des années, il y a plus d’adhérents du PC, des Vers, de la Ligue, du Modem (…) et de non encartés que de "socialistes". Ce que font les adhérents les concerne d’ailleurs,à titre individuel. L’UNEF n’est pas financée par le PS, elle n’a aucun lien organique d’aucune sorte avec aucun parti politique. En conséquence ce que tu penses du PS (qu’il n’est pas de gauche- c’est une opinion qui se tient) ne regarde que toi et je te prierai de nous épargner les parallélismes douteux.
    -Enfin sur la critique de "vous appelez au vote utile", je souhaiterai apporter quelques démentis: encore une fois le parallèle avec une élection présidentielle est différent dans la mesure notamment où le mode de scrutin n’est pas le même. D’autre part, l’expression "vote utile" se justifie pleinement quoi que dans un sens légèrement différent quand il s’agit d’une part d’une organisation qui dénie toute marge de manoeuvre aux élus étudiants et ne revendique un élu pour "avoir des informations" et aucunement pour peser sur les décisions (à cet égard les élus de SUD coiffés de casquettes BNP Paribas qui faisaient semblant de dormir au moment du vote du budget en CD il y a 2 ans ont marqué les esprits…), et de l’autre une organisation qui souhaite influer dans la mesure du possible sur les décisions de la direction (sans faux espoirs sur la démocratie étudiante à Sciences Po, que l’on pratique depuis assez longtemps pour savoir ce qu’elle vaut).
    Ce que je critique chez SUD, pour être très claire, c’est, au nom de la pureté d’idéaux lointains (une université autogérée par les étudiants, la fin de la sélection à l’entrée de sciences po, la gratuité de l’enseignement supérieur…) il se prive de la possibilité d’obtenir des avancées intermédiaires pour les étudiants et pour leur vision de l’enseignement supérieur (aide sociale, démocratisation du concours…)

  • Seb

    "vos 300 voix n’avaient servi qu’à organiser la majorité de droite au sein des conseils, et que ce n’est pas une question de parti unique léniniste mais de mode de scrutin"

    Parce que l’UNEF est de gauche? Merde, va falloir que je réapprenne tout…
    Ah oui, je comprends: votre fougue socialiste (oui, ça sonne à peu près aussi crédible que "follement bayrouiste") vous pousse à adopter les mêmes arguments que vos maîtres à penser, du genre "c’est à cause de Besancenot que Le Pen est arrivé au second tour".

    Loin de moi l’envie de défendre SUD, mais franchement l’UNEF s’aventure sur un terrain qui n’est à l’évidence pas le sien. Et au final, je me réjouis que SUD ait piqué un siège à l’UNEF, dont le totalitarisme mou fait peine à voir.

    La meilleure preuve que l’UNEF n’est plus de gauche, je l’ai vue il y a deux ans, au moment du CPE, lorsque le camion de l’UNEF avait été attaqué par les militants de la CNT (qui, pour le coup, sont des vrais de vrais) et que j’avais vu Virginie, alors présidente de l’unef sc po, crier à l’aide en se protégeant derrière son manteau hors de prix. Elle qui était si pathétique mégaphone en main…

  • Eve

    je n’ai pas employé de méthodes aggressives (sauf si vous considérez le coup de Flipper comme une aggression caractérisée, mais je croyais que SUD avait de l’humour, que c’était d’ailleurs sa seule raison d’exister), je veux juste souligner, mais je pense que vous vous en êtes rendu compte, que vos 300 voix n’avaient servi qu’à organiser la majorité de droite au sein des conseils, et que ce n’est pas une question de parti unique léniniste mais de mode de scrutin.
    Quant au double discours, je ne vois pas de quoi tu parles. J’ai toujours dit, depuis le début, que je pensais que c’était une connerie de remonter SUD, je l’ai maintenu pendant la campagne, je me plussoie encore au vu des résultats. J’ai dit en outre dès le début que je le prendrai personnellement, ce que j’ai fait. Où vois tu un double discours harald?

  • harald

    Qui?
    Et bien ceux qui disent "si vous n’êtes pas content avec sciences po allez à la fac". Selon eux, défendre les idées de SUD est incompatible avec le fait d’étudoer à sciences po.
    Eve, je pense que tu avais très bien compris dans quelle sens je disais ça. Je sais que ça te gêne qu’on se présente, mais vraiment désolé, les double discours et les méthodes aggressives de l’unef, c’est pas pour moi. Au fait, on a retrouvé flipper.

  • fétiche

    @ Bof, sur la phrase "Sélection n’a jamais été synonyme de discrimination…" :

    Tu as déjà ouvert un dictionnaire dans ta vie ? Faire une discrimination c’est précisément établir une sélection.

    Et puis @ KM, sur la réponse "Sid, sache que je ne suis pas d’origine parisienne, que je suis une fille, et considérée comme provenant d’une classe sociale défavorisée.

    Waou, j’avais encore jamais réalisé à quel point j’étais intelligente !" :

    Ton intelligence est mise à rude épreuve quand il s’agit de faire la différence entre le niveau micro et le niveau macro. Et j’imagine que tu estimes être un contre-exemple prouvant qu’il n’y a pas de discrimination sociale, sexuelle et spatiale à l’entrée de l’IEP.

  • gauche sceptique

    jusque là je n’ai vu que des accusations de gauchisme (au sens rigoureux du terme). Effectivement, l’unef a ce petit côté gauche totalisante, parti-unique,glaive éclairé du prolétariat qui vous laisse le statut de poil à gratter pseudo-révolutionnaire comme reste, ce qui n’est pas très sympa…

    Enfin vu ce que vous faites concrêtement, peut-on dire qu’il y ait deux syndicats à gauche?? Bon, vous pouvez tjs répondre qu’on devrait voter pour vous et on en prendrait plein les mirettes, mais bizarrement on n’a pas confiance…c’est le côté gauchiste à la bonne franquette, pierre lambert sans la clandestinité qui rend le truc pas crédible…

  • Bof

    On leur reproche surtout de vouloir faire de Sciences Po une université lambda.

    Sélection n’a jamais été synonyme de discrimination…

  • Richard Blaine

    Mais non, Eve nous l’a même dit : il vaut mieux un seul syndicat de gauche pour défendre les étudiants. Et après on accuse SUD de marxisme-léninisme… 😉

  • Henri

    Attends 2 secondes Eve, la question était QUI sur ce forum conteste la présence de SUD aux élections syndicales?
    Et toi, tu réponds "moi. Entre autres."

    Rêve ou cauchemar? Les gens sont fous!

  • Henri

    Nan mais les "qui?", c’était des questions rhétoriques, dont l’écho répondait: personne sur ce forum ne conteste votre présence…

  • Antoine

    fiche de lecture sur hobsbawn, pas sur Bourdieu ! 😉
    d’ailleurs ces fiches font parties des projets que SUD étudiant scpo est en train de mettre en place, permettant d’agrémenter nos exposés de penseurs alternatifs, en rupture avec la pensée globale répandue dans sciences po, nous l’avons critiqué dans nos tracts, et nous souhaitons quand même proposer aussi, en vous suggérant des auteurs qui peuvent être utilisés en cours. et rassurez vous, ils ne seront pas tous d’obédience marxiste !
    quand à la non-présence souhaitée par certains, loin de nous l’idée de rentrer dans les petites gueguerres syndicales, donc renseignez vous ailleurs 🙂

  • Henri

    Je voudrais juste préciser que j’ai lu les commentaires, et je ne comprends pas bien, SUD, qui a contesté votre présence aux élections? Qui a dit que ca le gênait que vous vous présentiez?
    Moi j’ai vu personne. J’ai vu des gens qui se fendaient la poire sur vos idées sympatiques et vos fiches de lecture sur Bourdieu…

  • gauche sceptique

    Le vrai problème n’est pas qu’on soit corpo (et nous le sommes assurément, comme toutes les écoles, pour préserver notre réputation et nos prés carrés), mais que ne pas faire de concours d’entrée ne changerait RIEN aux inégalités ds l’écolz. Pour une raison simple, c’est que les fils de bourgeois ont la chance, même dans le système "public" d’étudier mieux que les fils de pauvres. Cela étant posé et considéré, quelle solution choisir? Un bac manipulable à volonté, préparé dans des lycées privés? S’accrocher au bac est une solution aussi ridicule que vouloir le supprimer, tant que les riches auront la capacité d’aller dans le privé. Le concours ne "favorise" pas les classes aisées. Elle sont de toute façon favorisées, quel que soit le système, car simplement meilleures en cours. Ce n’est pas un jugement moral, simplement une réalité, malheureuse certes. Au moins le concours est le même pour tous.

    Ce que je vois c’est qu’à la question de la sélection scolaire, pilier principal de l’enseignement supérieur de qualité en école comme à la fac, Sud n’a pas vraiment de réponse…il n’y a aucune objection de principe à faire à la sélection sur critère scolaire. Cela paraît entendu non? Maintenant, en sciences humaines, un fossé existe entre ceux qui possèdent un héritage culturel et ceux qui n’ont rien. Mais le biais serait-il moins fort sans concours? Ce que l’étude de Tiberj telle que vous l’utilisez ne dit pas, c’est ce qui se passerait dans ce cas. Le fait que les élèves de scpo soient fils de cadres n’a aucun intérêt. La question est de savoir si la sélection est juste en soi, ou au moins si elle est la plus juste possible. Je suis fils de cadre (prof), j’ai payé la prépa lakanal, qui à mon sens devrait être gratuite (ce que vous proposez ou pas, je ne sais pas), j’ai passé le concours, point à la ligne. Personne ne peut ni ne m’a contesté le droit d’être là. Et quand bien même vous diriez que c’est parce que je m’exprime mieux que certains par héritage, il n’empêche que je m’exprime mieux, comme tous ceux qui ont eu le concours, même si les premiers recalés le méritaient autant que nous. A moins de supprimer l’usage du français écrit pour faire de l’histoire, au bac comme au concours, il me parait difficile de jouer sur ce terrain….

    Pourquoi pas élargir nos effectifs par ex? l’Unef le demande, pas vous il me semble (je serai heureux d’être contredit cela dit)…un peu corpo non? Vous semblez ne pas faire de différence entre scpo et le reste des filières. Il serait temps de vous rendre compte qu’à la simple échelle de scpo, spécialisée en sciences humaines (donc en culture générale, dernier champ d’action des politiques égalitaires pour des raisons évidentes) vous ne réglerez pas les problèmes d’inégalité en amont, qui sont pourtant la chose à combattre, et vous oubliez la réalité de l’action pour des discours un peu fumeux quoique plein de bonne volonté…

    PS. Remarque pratique et dure à entendre: supprimez la sélection, plus personne ne vient à scpo. Ni en 1er cycle ni en master après une fac/prépa…

  • KM

    Je n’ai pas plus de mérite qu’un autre, on a passé le même concours, point final.

    La sélection à l’entrée est largement préférable, c’est d’ailleurs dans ce sens que progressent les choses (et ce même à l’université !). C’est bien beau de donner sa chance à tout le monde, mais je préfère m’assurer un minimum de réussite plutôt que, au choix, me faire virer au bout de deux ans (comme cela se fait en médecine notamment)/être contrainte de "choisir" un master qui ne me plait pas.

  • Patrick

    "Sid, sache que je ne suis pas d’origine parisienne, que je suis une fille, et considérée comme provenant d’une classe sociale défavorisée."

    Bien pour toi, tu fais parti des 1%, et personne ne contestera ton "mérite". A la marge, pas de problème, on peut toujours trouver des exceptions. Par contre, comme les statistiques données tendent à le confirmer, il faut regarder la situation globale, soit les 90% d’étudiants de Sciences Po… c’est bien pour ça que le dispositif CEP, s’il est louable et souhaitable, ne fait que cacher la réalité sociologique de l’institut.

  • harald

    Enfin bref, tout ça pour dire que les gens que ça dérange que SUD se présente à sciences-po sont : soit des petits bourgeois obtus qui sont enfermés dans ce qu’ils croient être de l’intelligence réaliste, soit des gens qui aspirent à le devenir. Qu’est ce que ça peut bien vous foutre qu’on se présente ? Vous pensez qu’on est des gauchistes qui ont des idées préhistoriques ? Deux solutions :
    1) Vous achetez un bouquin de Bourdieu et vous retombez sur terre. Après tout, la liberté vient de la connaissance de nos déterminismes.
    2) Vous nous foutez la paix et votez pour un syndicat corpo et bobo/bourge, il y a le choix.

  • KM

    Sid, sache que je ne suis pas d’origine parisienne, que je suis une fille, et considérée comme provenant d’une classe sociale défavorisée.

    Waou, j’avais encore jamais réalisé à quel point j’étais intelligente !

  • trop de gauchisme rend impuissant

    Si juridiquement la démocratie étudiante à Sciences Po ne permet pas aux étudiants de mettre en échec les politiques décidées par la direction. En revanche, il y a quqlque chose qui s’appelle le RAPPORT DE FORCES qu’il soit intelelctuel ou physique, et qui permet de peser pour défendre l’intérêt des étudiants. A condition de le vouloir…

  • Antoine

    je suis tout à fait d’accord avec l’intervention que vient de faire Richard Blaine et cela résume bien la pensée des militants de SUD étudiant, bien loin de nous l’idée de pouvoir changer les choses même en obtenant les 22 sièges des conseils à pourvoir, nous pensons qu’il est quand même utile de développer nos idées au sein de sciences po pour pouvoir peser dans le débat et permettre aux étudiants de – peut-etre – se questionner un peu plus

    sur ceux, bonne journée

  • Sid

    Je suis assez sidéré par le manque flagrant d’analyse des gens (pourtant triés sur le volé, grâce à cette merveilleuse sélection) qui demandent à SUD qu’est-ce qui foutent là? C’est vrai ça, les élites ont rien demandé à personne, on devrait leur foutre la paix et aller embêter ces imbéciles d’étudiants à la fac, qui n’ont pas les capacités intellectuelles pour passer un concours… Je ne veux pas répondre à la place de SUD, mais il est évident que dans un pays où les élites politiques, économiques, journalistiques et judiciaires viennent d’une même "école", le peuple dans son ensemble est en droit de se demander d’où on les sort, comment on les sélectionne. Vu que l’on est dirigé par ces mêmes personnes (de façon parfois – souvent – critiquable (oui j’emploi l’euphémisme et j’en suis fier)) on est à même de repenser ce mode de sélection, et je ne laisserai personne dénier le droit à SUD ou à quiconque, sous prétexte qu’ils sont eux mêmes à Sciences Po d’essayer de réflechir sur ce mode de sélection injuste et inégalitaire.

    Spécial kasdédi à Charles KM ou je ne sais plus qui d’autre: vous pensez vraiment que la majorité (dans les 90% disons) des étudiants de Sciences Po sont ici parce qu’ils sont super intelligents, qu’ils ont travaillé comme des bêtes sans tenir aucun compte de leur origine social, de leur environnement? Je ne sais plus qui demandé des chiffres, et bien en voila: 80% des étudiants de Sciences Po représentent 20% des foyers fiscaux les plus imposables, il y a 1% d’étudiants à Sciences Po issus d’une famille ouvrière (contre 9% dans l’ensemble des étudiants français), et plus intéressant, 87,5% des étudiants de Sciences Po proviennent des "cadre, chef d’entreprise, profession intermédiaire supérieure" contre 31,9% dans le reste de la population étudiante française… Ces chiffres, tu les trouveras dans le bouquin de Tiberj "conclusions d’enquête du CEVIPOF", et dans "l’Observatoire de la vie étudiante, Enquête 2003".

    Et on peut aussi parler de l’inégalité spatiale par exemple. Reprenons ce bon TIberj : « Toutes choses égales par ailleurs (notamment le niveau académique), un non parisien a 2.3 fois moins de chances de réussir le concours, une femme 1.9 fois moins de chances et un étudiant issu des classes sociales défavorisées 2 fois moins de chances. » (idem).

    Alors effectivement, ce n’est pas à partir de Sciences Po qu’on va pouvoir lancer un grand mouvement de démocratisation de l’enseignement supérieur, il faudrait combler les inégalités à la base (mais je laisse à chacun le choix de trouver sa propre réponse), mais on peut essayer qu’au moins, nos soit-disant élites ne soient pas issus d’un mécanisme de reproduction sociale, conduisant à l’établissement d’une aristocratie démocratique. Et les mêmes se plaignent de l’éloignement du peuple et des élites…

    Alors pour finir, car il le faut bien, quelqu’un parlait de Bourdieu. Et bien laissons Bourdieu parler:

    « Sciences Po et l’ENA recrutent si évidemment selon les procédures les mieux faites pour leur assurer des élèves déjà dotés, par leur éducation familiale, des dispositions qu’elles exigent, que l’on est obligé de se demander si, comme disaient les Romains, elles ne se contentent pas d’ « enseigner au poisson à nager » ».

    « Tout semble indiquer que plus le contrôle des connaissances, des aptitudes et des dispositions éthiques (toujours prises en compte dans le jugement scolaire) s’étend sur une longue période, plus les élèves issus des positions dominés sont en mesure de faire apprécier leurs qualités d’assiduité, de ténacité, de docilité, tandis que les élèves originaires des positions supérieures imposent plus aisément leurs qualités à l’occasion des épreuves de fin d’année, orales notamment, qui, dans leur définition actuelle, appellent davantage la prouesse charismatique et l’exhibition de qualité de brio »

    Bourdieu, "La noblesse d’Etat".

  • Richard Blaine

    Voilà une intervention déjà plus construite, c’est appréciable.

    "vous pourriez avoir la bonté de balancer des chiffres, des stats, du concret. " Ouais c’est pas par manque de données que ça n’a pas été fait mais parceque y’a une enquête de Vincent Tiberj sur les élèves de Sciences Po qui est disponible à la bibliothèque qui confirme tout ce qui est dit "pas assez concrètement" apparement. Mais bon, on reproche déjà aux tracts de SUD d’avoir trop de texte, alors si en plus on met des chiffres…

    A propos de la sélection il n’est pas dit qu’il ne doit y avoir aucune sélection au mérite, mais qu’en l’état des choses la sélection est particulièrement biaisée par le capital socio-culturel de chacun.

    Je pense à titre personnel qu’une libre entrée et une sélection au fur et à mesure, comme celà se fait à l’université (car il y a bien une sélection, on valide son année ou on ne la valide pas) est de nature à corriger en partie ces biais car elle "laisse plus de temps" aux étudiants avec un faible bagage culturel de rattraper le retard, de se familiariser avec des outils de recherche auxquels ils n’ont jusque là eu qu’un accès très relatif, etc. Une sélection à l’entrée est plus radicale et plus discriminatoire socialement.

    L’idée de ces quelques grandes propositions, et je le répète encore car apparement personne ne lit convenablement les tracts, c’est d’être des idéaux à atteindre s’inscrivant dans un projet plus global de changement de société. Ce n’est pas à prendre "toutes choses égales par ailleurs" comme on dirait en économie.

    Que l’examen du bac soit lui aussi sujet aux mêmes biais, je suis bien d’accord. Cependant, il a plusieurs mérites par rapport au concours de Sciences Po, à commencer par sa gratuité. Il est aussi préparé -en théorie- de la même façon dans tous les lycées de France.

    Par rapport au fait que Sciences Po doive s’adapter à l’entreprise, je vais faire court mais on pourrait en discuter longuement. On a beaucoup entendu à propos de la LRU, qui est sur ce point déjà en application dans les fait depuis un moment à Sciences Po, que "les entreprises allaient financer l’enseignement supérieur" en s’ajoutant au financement public. Mais renversons la perspective. Voilà ce que ça donne : "Les entreprises vont faire financer la formation de leur main d’oeuvre par l’argent de l’Etat". Sciences Po est (encore) majoritairement financé par de l’argent public, aussi, lorsque le contenu des cours "s’adapte" à l’entreprise, c’est majoritairement aux frais du contribuable. Je ne trouve pas celà normal.

    Je passe sur le couplet de l’émancipation intellectuelle (pourtant intéressant), mais le but de l’université n’est de loin pas que de trouver un boulot aux gens, en tous cas pas à tout prix. Quand le contenu des enseignements s’en trouve affecté, quand on est agressé en permanence dans sa boîte mail par des petits déjeuners et autres colloques de telle ou telle boîte à la con, quand on chante les louanges de l’entreprise dans un cours obligatoire de premier cycle, quand la logique d’entreprise s’infiltre jusque dans la gestion de Sciences Po, qui supprime les filières "pas rentables", quand on exige même de la recherche qu’elle soit "bankable", ça va trop loin.

    Et à titre personnel ça ne me dérange pas que des gens se précipitent en Finance et Stratégie, je respecte tout à fait leur choix et ne veux en aucun cas les empêcher de suivre cette formation. Ce qui m’embête c’est que la logique entrepreunariale de Sciences Po déteigne sur d’autres formations qui devraient rester indépendantes de ces considérations.

    Mais pour conclure, une fois encore, je crois que nous sommes tous conscients que les revendications qui font gloser sont celles qui sont le moins probables d’arriver car du domaine de l’idéal. C’est dommage parceque c’est pourtant ce qui est dit sur les tracts, où nous rappelons avec réalisme, je crois, que de toutes façons ce n’est pas les conseils qui changeront grand chose pour toutes sortes de raisons que nous évoquons. Je pense que de toutes façons, lorsque l’on vote SUD, ce n’est pas dans l’espoir de faire changer Sciences Po sur ces grandes questions…

  • gauche sceptique

    en bon idiot utile (car visiblement c’est de cela qu’il vous faut pour survivre), j’ai quand même donné une voix à Sud…cela ne me dédouanera sûrement pas. Pas très grave…

  • gauche sceptique

    C’est dommage que des voeux aussi bien intentionnés que d’établir un scpo "démocratique" soient aussi flous et bizarrement étayés. Nous parler de Bourdieu, c’est fantastique. Nous dire que nous sommes des privilégiés, c’est vrai et essentiel. Mais pour que les gens en prennent conscience, vous pourriez avoir la bonté de balancer des chiffres, des stats, du concret. Les principes font la valeur de votre engagement. Mais votre dilettantisme fait que vous n’aurez jamais voix au chapitre. Et c’est tant mieux, parce que vous représentez une gauche souvent dangereuse pour celle (dont je n’ai certainement pas les qualités mais que j’admire) qui tente d’être crédible.

    Comment peut-on avoir de bons élèves sans sélection? Au delà du fait que nul pays n’a jamais produit de bons chercheurs/gestionnaires/profs/techniciens etc sans sélectionner, il n’y absolument rien de mal moralement à sélectionner les meilleurs. Dois je vous rappeler le nombre de militants PC/PS/extrgauche passsé par les grandes écoles pour se former intellectuellement? L’enseignement c’est d’abord le mérite ( et ça rappelez vous, c’est une idée de gauche, qu’on ferait mieux de défendre avant de dire que les partiels stressent l’étudiant). C’est aussi bien beau de dire qu’abolir la sélection c’est démocratique, sans exposer les conséquences pratiques d’un tel engagement.

    Depuis quand le bac est-il un examen égalitaire par exemple? J’aimerais qu’un type de Sud l’explique. Parce qu’assimiler démocratie et non-sélection est un engagement très fort, jamais explicité au delà du fait que la "compétition c’est mal" ce qui sur le strict plan des connaissances et du savoir est étrange. Le bac a autant de biais que le concours, boites privées, lycée d’élite, sauf qu’en plus il est simple, là où le concours élimine les paresseux et certains bachoteurs sur un même sujet, un seul lieu et jury.

    Depuis quand aussi une université qui se doit aussi d’assurer un métier (la chose qui effectivement dans le monde réel sert à gagner de l’argent, entre autres, car il n’y a évidemment pas que cela) ne doit pas s’adapter au marché? Il est formidable et légitime de critiquer celui-ci, mais le taf donné par le diplôme est souvent la raison de la venue des ZEP, des moins privilégiés et des classes moyennes ( dont moi). Tout le monde ne peut pas se permettre d’être sociologue ou documentariste engagé (je caricature mais ce n’est pas loin de ce que vous semblez dire), même si ce sont de beaux métiers. Ce n’est pas une opinion mais une donnée pratique: sciences po doit former des gens à bosser en entreprise. Ou restreindre ses effectifs, mais cela serait étrange. Vous voulez être démocratiques, très bien! Mais respectez ceux qui savent que leur avenir passera un jour où l’autre dans le privé et qu’ils doivent s’y préparer…

    qu’avez-vous à dire à cela? Je voudrais (sincèrement) savoir quelle alternative vous donneriez à la formation des étudiants à la vie professionnelle à scpo. Doit on se détourner de l’entreprise, dire aux recruteurs et aux autres facs du monde "nous sommes libres, nous rejetons le marché, sa doxa et ses injustices (réelles)". C’est ridicule, même si c’est beau, car contre-productif. Et il m’a semblé un jour que l’idéal de la gauche c’était d’abord de changer les choses

    (par ailleurs, je pense que vous avez raison sur bcp de points, notamment le système de bourse, et sur l’idée que le marché ne doit pas soumettre l’enseignement. Mais vous n’êtes pas les seuls. Simplement l’image que vous donnez est assez indigne des idéaux que vous voulez représenter, et il faudrait que vous le sachiez. Vous êtes pleins de contradictions, et l’imagerie gauchiste, qui m’est égale, vous ridiculise…)

  • Thomas

    Fétiche,

    Je comprends tout à fait ce que tu veux dire, je trouverais aussi ça nettement plus stimulant comme type d’interview, avec des questions "piègées", mais cela implique que lapeniche.net prenne des initiatives plutôt politisées et une ligne éditoriale, or LP est déclarée fondamentalement apolitique… Nous sommes le site des étudiants de sciences po (tous)… et donc on doit traiter également tout le monde, scrupuleusement!

    La neutralité, c’est chaud en résumé, faut jongler pour ne pas tomber dans le fade…

  • fétiche

    @ Thomas :

    L’usage d’un pseudonyme sur Internet relève d’une certaine conception de la vie privée, mais pas forcement d’une volonté de se cacher puisque j’utilise ce dernier de manière récurrente sur le forum de SciencesPoPoint et même quand il m’arrive de lâcher des commz sur ce site. Mais passons.

    J’apprécie à sa juste valeur ta capacité à la remise en question (j’imagine que tu fais partie de l’équipe du site). On est dans la même optique que les critiques ci-dessus vis-à-vis de Sud, "je suis pas d’accord alors ta gueule".

    Mon message mettait en substance en valeur les biais fondamentaux de la méthode retenue. Il n’est pas impossible d’organiser une interview "en live", puisque comme tu le dis si bien tous étaient présent à leur stand ces derniers jours pour faire leur propagande, et cela a du reste été fait l’an dernier (lapeniche.net/blog/index….

    Quant aux critiques potentielles sur la non-objectivité et le favoritisme, il ne faut pas avoir peur de se mouiller et assumer un minimum, qu’est-ce que tu veux que je te dise ? Poser des questions à l’UNI sur la campagne sur la bibliothèque lancée de manière opportune juste avant les élections ou la pratique (assez risible à mon goût) de l’ouverture, à Sud sur la place d’une telle structure à Sciences Po (puisque c’est la question récurrente), à la Cé sur son absence aux groupes de travail (pour reprendre une critique faite sur ces pages) et son "référendum" sur des mesures accessoires (est-ce là de la démocratie directe ?), à IZFV sur ce qu’ils ont concrètement fait pendant un an sur l’écologie (qui est censé être l’un de leur principaux chevaux de bataille) ou de savoir si IZ et FV ne représente pas le mariage de la carpe et du lapin, à l’Unef sur leur réaction à la modification du mode de scrutin qui les défavorisait (mais bon il ne change plus finalement semble-t-il) ou sur les gueguerres interne, à ND sur si emmener les gens à l’assemblée ou sur des plateaux de télé ça aide vraiment à faire avancer les intérêts des étudiants…

    Je crois que j’ai fait le tour des syndicats, tu vois qu’il y a toujours moyen de personnaliser. Rien n’empêche à côté de ça de poser des questions sur le même sujet à tous (par exemple sur la réforme du concours, au hasard). Et quel mal à reprendre quelqu’un, par exemple ITFV sur la boulette qu’ils lâchent sur les parents divorcés ? C’est aux syndicalistes interrogés de tenir le coup et à toi d’enfoncer le clou. Etre "neutre" ne veut pas forcement dire être consensuel (et encore la neutralité est un mythe du journalisme puisque dans les faits impossible…).

    Mais donc même dans ton point de vue que ce travail d’interviews est parfait et qu’il ne tolère aucune critique, qu’y a-t-il d’insultant à suggérer qu’il soit mentionné la façon dont les interviews ont été réalisées ? Ma suggestion signifiait en clair qu’ainsi chacun pourrait lire les réponses de manière plus éclairée, puisque celles-ci sont forcement altérées par le biais de collecte des informations. Enfin, je ne vais pas en faire une cause nationale non plus, si chacun veut garder son honneur. Pensez-y peut-être les prochaines fois, quoi.

  • Roberto

    Ah mais attention!!!

    Je ne critique en aucun cas votre engagement! Votre action, votre conviction, la façon dont vous menez campagne, (de même que pour tous les autres syndicats): vous menez une action remarquable!
    Pour la démocratie étudiante à sc po, ca dépend ce que tu y inclus. Bien sûr, au delà des élection syndicales, on ne nous demande pas notre avis, ca c’est indéniable, mais dis-moi ce que tu regroupes dans la démocratie à sciences po, stp!
    Pour ce qui est de la reproduction sociale, pourquoi toujours parler de ce cas là! Je suis petit fils d’ouvrier, fils d’employés modestes, et pour moi, comme pour de nombreux autres, sciences po c’est pas de la reproduction sociale, mais l’ascenseur social!
    Seulement pour le corps d’idées, bah c’est pas ma tasse de thé!

    PS: allons boire une bière! lol

  • Anton

    Viens boire un coup avec nous roberto, et tu verras si on est si tristes que ça 🙂
    plus sérieusement oui, effectivement, on l’entend souvent le "qu’est-ce que vous foutez là ?" et je comprends qu’on pose la question, mais après tout, merde parce qu’on considère que la démocratie étudiante à sc po est une jolie blague et que dans la série machine à reproduction sociale on fait pas mieux on devrait la fermer ? et aller voir ailleurs, là où un peu plus de monde est d’accord avec ça ? ah bah oui, faudrait quand même pas aller jusqu’à remettre en cause des fondamentaux les gars. vous voulez être élus ? bah défendez nous, mais pas trop hein, ça risquerait d’être dommageable pour le prestige de notre grande école. et donc pour nous.
    est-ce concevabe pour quelqu’un de vouloir changer un modèle, et ce d’autant plus si on est en son coeur ?

  • Roberto

    "vive la vie, l’amour et la mort.", pluie de confetttttis roses, pistolets à bulles et barbapapa à volonté!

    Champaaaaaaaaaaaaagne!

    PS: "le joyeux univers bien pensant de Sciences Po.", si votre programme c’est tirer la gueule, ou dire aux gens qu’ils vivent dans l’erreur et qu’ils devraient avoir honte, le corporatisme nia nia nia, la lutteu, faut pas s’étonner que le débat avec vous soit peu riche, que répondre à des arguments aussi déroutants sinon par le rire, hein!

  • Richard Blaine

    C’est peut être aussi la différence entre un sydicat qui lisse son discours pour partir à la pêche aux voix et un syndicat qui assume ses convictions quand bien même elles risqueraient de choquer et de déteindre un peu dans le joyeux univers bien pensant de Sciences Po.

    Et qu’on réponde en argumentant pour défendre le modèle Sciences Po, ça ne me gène pas du tout, au contraire. On a bien conscience que de toutes façons les idées de SUD sont loin d’être majoritaires. Par contre, quand l’argumentation se limite à "Casse toi tu pues" (et marche à l’ombre), j’apprécie moins. Mais vive le débat d’idées, vive la démocratie étudiante à Sciences Po, vivent les 30 pelés (tous syndiqués) qui sont venus au débat intersyndical lundi, vive les donneurs de leçon depuis leur canapé, vive la vie, l’amour et la mort.

  • KM

    Réponse à Masky :

    "SUD étudiant s’oppose naturellement à la politique de langue unique, mais plus globalement à la pensée unique qui sévit à Sciences Po."

    C’est ça avoir du sens critique ?

    "nous serons à leurs côtés dans la lutte."
    "l’asservisement de l’école à la logique économique"
    J’ai relevé les expressions les plus caricaturales, mais ça m’embête vraiment d’avoir à vous citer.

  • Charles

    Masly : rien à voir ! c’est bien de la démagogie ça !

    Tu fais référence à un slogan nauséabond qui parle d’un pays : tu ne choisis pas de naître dans un pays et d’y parler sa langue. Donc dire à ses ressortissants qu’ils ont qu’à srti du pays si la politique d’un seul gouvernement ne leur convient pas, il n’y a pas de mot pour exprimer à quel point c’est révoltant.

    Mais Sciences Po, tu choisis bien d’y venir, non ? Y avait le choix ! Donc si tu es pour aucune selection et une localisation à Creteil, bah c’est tout trouvé, il y a déjà une fac à créteil, qui ne sélectionnepas. Si tu trouves que c’est le meilleur moyen de fonctionnement, alors va là bas, c’est tout.

    C’est bien pour ça que SUD à sc me fait bien rire ! Quelle hypocrisie !

  • Thomas

    Dédicace à "pas faux" et "fétiche" dont on ne saura pas la vraie identité:

    Poliment, je vous demanderai d’aller vous faire voir!
    Cette couverture des élections syndicales n’est pas des plus simples pour LP comme l’a précisé Laurie, en pleine guerre des syndicats, imaginez 2 secondes si on adaptait les questions aux réponses en live des syndicats, dans le cas d’une interview physique… Tous les autres syndicats nous attendraient au tournant, et on serait accusé de favoriser un tel et nia nia nia… Nous ne sommes pas maso.
    Alors si vous voulez l’exhaustivité, consultez tous les syndicalistes qui ne sont là QUE pour vous en péniche toute la journée, faites leur honneur, car leur engagement quel que soit leur syndicat, reste exemplaire, même pour les plus "exotiques".
    Le but de ce cycle était de pouvoir fournir un format permettant une comparaison simple des syndicats, en un nombre limité d’axes et dans un temps plutôt réduit.
    Pour moi il est atteint.

  • Masky

    " Charles : je me demande ce que les gens qui veulent d’un scpo qui ne soit pas à paris qui ne sélectionne pas (ous presque pas) foutent à Sciences Po !""

    Sciences Po : tu l’aimes ou tu le quittes…

    c cool ça!

  • Masky

    ""KM : Ouvrez un peu les yeux, vos réponses ressemblent à une caricature de pensée révolutionnaire. Ridicule.""

    Je ne vois rien dans le mail qui ne soit proprement "révolutionnaire". Dès que quelqu’un ose s’avanturer hors du périmétre balisé du consensus mou ("oui c’est vrai ya des problèmes, c’est pas cool mais bon c’est comme ça"), il est qualifié de "révolutionnaire" (ou "gauchiste" ça dépend).

    Serait-ce par manque d’arguments que tu recours à la simple et facile disqualification (cf. "caricature", "ridicule") des idées exposées?

    Quelques soient tes idées ou opinions, ce n’est pas parce que tu penses le contraire que tu dois immédiatement exclure les idées et opinions ici présentées… tu peux les discuter, en débattre… ça s’appelle avoir un minimum de pensée critique et autonome quoi (je crois qu’on essaye de l’enseigner à scpo : à vérifier).

  • Charles

    Encore une fois je me demande ce que les gens qui veulent d’un scpo

    – qui ne soit pas à paris
    – qui ne sélectionne pas (ous presque pas)

    foutent à Sciences Po ! Si vous trouvez que le modèle de la fac est mieux, alors allez à la fac à Nanterre : vous serez mal situés, et vous serez pas selectionnés (le problème c’est que votre voisin non plus) !

    Je sais pas, en France vous avez le choix, c’est pas comme s’il n’y avaient que des facs par ex et où là je comprendrais qu’on contste. Je comprends même que les faqueux contestent le système des facs parce que pour beaucoup ils n’avaient pas le choix dû à leur niveau par exemple. Envenant à Sciences Po, c’est un choix déliberé, vous pouviez aussi aller à la fac, alors venez pas vous plaindre sur ce qui fait de Sciences Po une exception par rapport à la fac !

    Surtout que bon lorsqu’on regarde le modèle de l’université à la française, qui marche SI BIEN, on rigle deux secondes quoi. C’est vrai, quel idéal vers lequel se tourner !

  • Laurie

    Laisser la parole aux syndicats avant les élections nous paraissait quelque chose de primordial, sans pour autant faire du site une plateforme de propagande.
    Notre choix de réaliser les interviews par email se fonde sur deux principaux points :
    – la contrainte de temps tout d’abord, et de disponibilité des syndicats et des rédacteurs de LaPéniche
    – la flexibilité du format, au sens où l’on ne trouve pas toujours un interlocuteur unique prêt à se prononcer au nom de tout le syndicat, sans devoir faire repasser l’interview entre les mains de toutes les têtes de liste.

    Pour ce qui est du manque de réactivité, je ne suis pas d’accord avec ton argument. Certes il n’y a pas de réaction à vif du type "Vous êtes vraiment pour la suppression définitive du concours ?" pour prendre l’exemple de l’interview de SUD, mais ce n’est pas l’objectif de cette série d’interviews, on nous nous devons d’accorder strictement le même traitement à tous les syndicats par souci de neutralité.

    Enfin, je ne pense pas que cela limite la liberté et l’originalité des réponses. Face à 5 questions, répondre de façon similaire à celle des tracts est un choix, qui aurait aussi pu être celui d’une réponse décalée…

  • KM

    Non, sérieusement… ce ne sont pas les vraies réponses de Sud, hein…?!

    Ouvrez un peu les yeux, vos réponses ressemblent à une caricature de pensée révolutionnaire. Ridicule.

  • fétiche

    Dans qu’on est dans la critique méthodologique, préciser qu’il s’agit d’interviews par mail ne serait pas forcement un mal. Réaliser une interview de cette façon me paraît assez problématique, surtout pour les élections syndicales car 1) cela change la teneur des réponses (l’itw de l’UNEF ressemble par exemple pour certains passages vraiment à un tract de campagne – enfin on retrouve cela plus ou moins partout), 2) cela coupe toute réactivité et limite la prétendue interview à une tribune de propagande gratuite. Ce qui n’est pas exactement le rôle de La Péniche, à moins que je ne me sois trompé.

  • Louis

    "Une question : comment recruter les élèves sans concours d’entrée ? par dossier ? avec leur bac ?"

    Une réponse (personnelle) : les résultats du bac. C’est une épreuve nationale, à la correction anonyme, dont le contenu de certaines épreuves est très proche de ce qui est demandé à l’entrée de Sciences Po. Le problème d’une admission sur dossier c’est le non-anonymat de la procédure source possible d’arbitraire, notamment au niveau des établissements de provenance.

    Après ce n’est pas la solution miracle puisque les biais sociaux évoqués dans l’interview se retrouvent aussi dans les résultats du bac, tout comme sa préparation différente en fonction des établissements. Mais c’est un moindre mal je crois.

  • Flore

    "SUD étudiant s’oppose naturellement à la politique de langue unique, mais plus globalement à la pensée unique qui sévit à Sciences Po."
    "SUD étudiant le dit et le redit : nous sommes pour l’abolition des frais de scolarité."
    Sciences Po est "situé dans un quartier globalement hostile à la condition d’étudiants."

    Très drôle, très subtil, impressionant.

    Une question : comment recruter les élèves sans concours d’entrée ? par dossier ? avec leur bac ?

  • Laurie

    Cinq questions sur cinq points qui font partie de l’actualité des revendications syndicales. L’idée est d’informer les étudiants sur ces points spécifiques parce qu’ils font, entre autres, débat en ce moment.
    Les réponses sont déjà conséquentes, et on peut écrire des pages et des pages sur les propositions de chacun des syndicats.
    LaPéniche.net ne propose qu’un résumé sur ces axes choisis, mais rien ne t’empêche d’aller consulter les sites des syndicats, de lire leurs tracts ou d’aller leur parler pour te renseigner sur leur orientation plus large et participer au débat !

  • pas faux

    pas faux, les questions sont mal choisies…
    Rien sur le projet global pour l’enseignment supérieur (alors même que les élus de sciences po voteront cette année pour élire le CNESER), rien sur les Masters et leur transformation en Ecole, rien sur les aménagements sur le campus… Un focus sur la bibliothèque alors que globalement tout le monde s’en branle… Qu’est ce que vous arrive, La Péniche?