Vie du campus

La Facebook-mania contamine Sciences Po

‘Livre-visage’ ? ‘Tête-livre’ ? Facebook, qui signifie en anglais ‘trombinoscope’, est un site internet de ‘networking’ (c’est-à-dire de ‘réseautage’ – oui c’est plus sexy en anglais). Créé à l’origine par des étudiants de Harvard et fondé sur des réseaux d’universités, il rassemble aujourd’hui des millions d’étudiants. Les Sciences Po commençent eux aussi à s’y mettre…

Comment utiliser Facebook et qu’y fait-on ?

Au moment de l’inscription, vous remplissez une fiche plus ou moins détaillée contenant vos informations personnelles (et notamment vos nom et prénom réels, si vous jouez le jeu, contrairement aux pseudos couramment utilisés sur les blogs et forums), vos centres d’intérêt (musique, cinéma, littérature…), et vous ajoutez une photo de vous, qui fera office de Profile Picture. Bravo, vous pouvez maintenant vous adonner au Facebooking !

Facebook est extrêmement time-consuming :

  • on commence par vérifier ses messages, les nouvelles demandes d’ajout de ‘Friends‘, et surtout, les derniers pokes en date.
  • le poke, justement, parlons-en. Le poke est un OVNI (objet virtuel non identifié) : d’une petite tape sur l’épaule, ç’en est devenu un moyen de faire coucou à quelqu’un sans pour autant lui écrire un message, comme ça, pour le fun. On peut ‘poker’ les gens de façon aléatoire, de manière à s’en faire de nouveaux amis. Il y a même une sociologie des pokes, et une symbolique cachée, comme en témoigne par exemple le groupe ‘Enough with the poking, let’s just have sex‘, qui soutient que le poke recèle une profonde connotation sexuelle. (A ce compte-là, je pourrais me poser des questions sur mon orientation sexuelle. Bref, passons.)
  • puisque j’en citais un ci-dessus, venons-en maintenant aux groupes. Autre activité qui peut facilement vous faire perdre des heures entières, le ‘group-joining‘. Les groupes sont des pages à propos de tout et n’importe quoi (surtout n’importe quoi, d’ailleurs), que tout le monde peut créer : du foot aux pizzas, de la littérature à Star Wars, certains lançent même des défis à la face de Facebook : ‘If this group reaches 5,000, I’ll slam my dick in the door‘, ou plus modestement, ‘If this group reaches 500, I’ll quit smoking‘.
  • Facebook propose aussi d’ajouter des albums de photos en ligne, et de ‘tagguer’ les personnes qui se trouvent dessus en ajoutant leur nom en-dessous de la photo. Du coup, lorsque l’un de vos amis s’est fait tagguer, vous allez voir la photo en question, très souvent vous la commentez (une autre option proposée par Facebook), et très vite, vous vous retrouvez à parcourir tous les albums photos de quelqu’un que vous ne connaissez ni d’Eve ni d’Adam.
  • pour les plus addict d’entre vous, il existe même une Facebook bar, un petit utilitaire que vous installez si vous utilisez Firefox, qui vous informe en temps réel de tout ce qui se passe sur Facebook.

La plupart des étudiants de Sciences Po découvrent Facebook lors de leur 3e année à l’étranger, quand ils vont dans un pays anglo-saxon, en rejoignant le réseau de leur université d’accueil. Cela permet de garder contact lors du retour en France, de retrouver des gens perdus de vus des années après à l’occasion d’un post sur le wall (espace d’expression libre sur le profil de chacun), ou de découvrir des personnes que l’on n’appréciait pas forcément sous un nouveau jour, à travers des centres d’intérêt communs. C’est également le cas pour les jeunes diplômés, qui peuvent garder contact entre eux et se refiler un bon plan pour un job.

La force de Facebook était de reposer sur un très fort maillage des universités, surtout américaines. Il fallait disposer d’une adresse mail d’une université adhérente à Facebook pour pouvoir s’inscrire, ce qui a contribué à asseoir la réputation de Facebook et la confiance que les étudiants lui portent : ce n’était pas un Meetic bis où toutes sortes d’individus plus ou moins louches traînaient. Depuis l’ouverture au grand public de Facebook, assez critiquée, tout le monde peut s’inscrire. Cela ne fait pas forcément les affaires de tout le monde, mais cela fait en tout cas celles des étudiants de Sciences Po ! En effet, malgré plusieurs tentatives et demandes, Sciences Po ne dispose pas jusqu’à présent de son propre réseau.

Alors, à quand la présence de Sciences Po sur Facebook ? La volonté de la direction de positionner l’école au même niveau d’excellence et de visibilité internationale que les universités anglosaxonnes devrait à mon avis également prendre en compte ce genre de considérations informelles – le réseau étant une caractéristique extrêmement importante dans la vie professionnelle, en particulier dans certains milieux auxquels mène Sciences Po (culture, médias, politique…).

En attendant, si vous voulez vous aussi rejoindre Facebook ou tout simplement vous faire une idée par vous-même, c’est par ici : www.facebook.com

Dernière minute : un groupe-pétition a été créé sur Facebook afin d’encourager la création d’un réseau Sciences Po. Aux dernières nouvelles, Facebook a accepté. Le ‘Sciences Po network‘ devrait donc voir le jour d’ici peu !

19 Comments

  • superloda

    haha croyez vous que j’ai mis mes vrais informations perso dessus? mon nom de familleest fictif, mon age aussi ainsi que la plus part des merdes sur ce site. mes amis m’ont quand meme reconnu mais personne peux pas voir reellement ma vie privé comme ca

  • niksamerelaréinsertionkoi

    j’m’enmerde, alors soudainenement il m’est venu a l’esprit de regarder la télé et bizarrement je n’entend qu’un seul mot : facebook . Qu’est ce que ? Je me plonge dans mon ordi et essaye de m’instruir sur ce fameux site, et la rien …
    pk jarive po a m’inscrir
    jcape ri1 a l’iNglish marde ><
    []===[ » »| » »| » »])=— <3
    Et la j’u envi d’me pikey
    pk il me di tt l’tem …proutprout …

  • Un 3A excedé

    Ca commence à saouler les 1A et 2A sur facebook, à l’origine à Sciences po c’etait un "truc de promo" qui permettait aux 3A aux quatres coins du monde de communiquer, de se connaitre et tout, avec une relative discretion et un "esprit de promo". L’ouverture de facebook aux "sans network" est une grave erreur; MAINTENANT ON SE TAPE QUINZE GROUPES A LA CON PAR JOUR DE 2A , STOP A LE BDEisation DE FACEBOOK. GET A LIFE LES PREMIERS CYCLES.
    attendez la 3A quoi, ca va vous pouvez vous passez d’un enième "website de socialisation" jusqu’à votre année à l’étranger non? Vous êtes pas obligé de faire des groupes pourris genre "oué vive scpo youpi les chocosuisses". Si vous voulez nerder et dragouiller des filles de scpo sur internet parce que vous êtes trop timide pour aller leur parler en péniche allez sur forum-scpo.
    Ca vaut aussi pour les masters, bon ok vous vous êtes crée votre page facebook en 3A et vous voulez la garder pour rester en contact avec les amis que vous vous êtes fait dans votre fac d’accueil c’est légitime mais si c’est pour nous gaver et vaguement pimper des filles du premier cycle c’est le gouffre. GET AN INTERNSHIP,MIND YOUR RESUME, FIND A WIFE, VOUS AVEZ PLUS 17 PIGES.

    collectif "facebook aux 3A − les autres sur myspace"

  • edouachtung

    C’est un peu plus subtil: si tu es dans le réseau France tous ceux du réseau France peuvent voir ton profil.
    Mais sinon cette idée de panoptique subi est une grosse blague, on ne partage sur ce site que ce qu’on veut bien partager …

  • jb

    Il aurait été aussi très intéressant d’évoquer tout le coté "sombre" de facebook. Notamment l’atteinte à la vie privée que ce site encourage… on est certes pas obligé de s’y inscrire mais une fois qu’on y est, il en est fini de votre liberté…
    Il suffit de jeter un coup d’oeil sur internet pour voir toutes les crtiques que ce systeme suscite…

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