Vie du campus

Enterrement au 56, rue des Saints-Pères

P1030050.JPGCe matin 11 février s’est tenu le Conseil d’Administration de la Fondation Nationale des Sciences Politiques, qui devait statuer sur la hausse des frais de scolarité. A cette occasion, le collectif « Sciences Po 2013 : d’autres choix sont possibles » a procédé à un enterrement symbolique de l’Institut d’Etudes Politiques.

Ils étaient une trentaine, levés tôt en ce début de vacances, pour manifester contre une hausse de 54% des frais de scolarité à Sciences Po. Habillés de noir, des étudiants de l’UNEF, SUD Etudiant, Attac, Pavés, UEC, PG et PS se sont recueillis sur un cercueil en carton portant la mention « Le CA va-t-il voter la mort de Pipo ? ».

La cérémonie s’est déroulée entre 8h et 9h dans la cafeteria de la rue des Saints-Pères ; l’occasion pour les étudiants d’interpeller les membres du CA, nommés par le Premier Ministre. Malgré les « François, avec nous ! » lancés à son attention, le secrétaire général de la CFDT Monsieur Chérèque s’est discrètement dirigé vers l’ascenseur. Tous les hôtes sont partis au conseil avec plusieurs pages d’analyse sous le bras, surpris par l’accueil bruyant qui leur était réservé.

Le directeur de l’IEP, Richard Descoings, est venu prendre connaissance des revendications. La discussion a été animée. Pour le directeur, les manifestants étaient minoritaires, donc illégitimes. En effet, le plan Objectif 2013 a fait l’objet d’un premier vote en conseil de direction, lundi, lors duquel seuls les trois élus étudiants de l’UNEF se sont opposés à la réforme. Mais pour l’UNEF, « les autres syndicats ont voté le contraire de ce qu’ils avaient dit dans la campagne : les étudiants ont voté pour des syndicats qui avaient dit qu’ils ne soutiendraient pas le projet » Rappelons que le collectif « Objectif 2013 : D’autres choix sont possibles » avait publié la position de 5 syndicats sur son blog, au moment de la campagne pour les élections syndicales.

Sophie, membre d’Attac Sciences Po, témoigne : « On a demandé à Richard Descoings de reporter le vote et de faire un débat public à la rentrée pour associer les étudiants et les informer, qu’il y ait un vrai débat là-dessus. Il a dit que non, que de toute façon on lui avait pas demandé alors que c’est pas vrai, que les syndicats l’ont demandé et redemandé… Il était fâché parce qu’on lui a dit qu’il avait une responsabilité énorme dans la transformation du modèle d’éducation en France, et qu’il ne s’agissait pas seulement de Sciences Po, mais de tout le modèle d’enseignement supérieur français. La montée des droits d’inscription ce n’est pas insignifiant, ça signifie un basculement dans un modèle de libéralisation du marché de l’enseignement supérieur où le coût de financement est reporté sur les étudiants. »

Alors que débutait le CA, les manifestants ont porté le cercueil de l’IEP devant le bureau de Monsieur Descoings, en souvenir…

14 Comments

  • Gwenolé

    Pour Djougachvili :

    mon commentaire s’adressait au petit malin qui prétendait, en gros, que l’Université c’était pourri, alors que grâce aux frais d’inscription, Sciences Po c’était génial.

    Pour développer un peu ce que je disais : d’une part, c’est faux. Sciences Po est beaucoup mieux financé que les Universités, mais ça ne date pas de Descoings, ça a toujours été le cas, et ça a toujours été dû au fait que l’Etat met beaucoup plus d’argent dans Sciences Po que dans ses facs, et d’autre part, le système « génial » de Descoings ne marche, de l’aveu de ses concepteurs, que lorsque les catégories les plus aisées sont dramatiquement surreprésentées dans un établissement.
    Or, dans des Universités comme Villetaneuse ou Saint-Denis, le taux de boursiers est très élevé. Une réforme de type Sciences Po non seulement ne leur apporterait pas un centime en plus, mais leur coûterait très cher, grèvant sérieusement leur budget dont elles sont, grâce à Pécresse, entièrement responsables, y compris pour ce qui concerne l’investissement, l’entretien des locaux…

    Suggérer d’étendre le système Descoings aux universités est donc une sombre, et monumentale, connerie. Descoings le dit d’ailleurs lui-même dans son bouquin De la Courneuve à Shanghaï, prouvant que ses idées sont cousues main pour un établissement plein de riches et qui compte bien le rester.

  • Louis

    Vous êtes cons ou vous le faites exprès ? La position de Descoings par rapport à la mobilisation figure dans l’article. Il est par ailleurs agréable mais encore trop rare de voir lapéniche « chier dans les bottes de Sciences Po ».

  • Djougachvili

    @Florian : il est vrai que la recherche de « l’autre son de cloche » et de « l’objectivité » vient nécessairement du lecteur, ou de la personne/personne morale incriminée. Informer, c’est lancer un pavé dans la mare, voire, dézinguer, à charge pour la vict… l’intéressé d’essayer de rectifier le tir. J’imagine pourtant que vos rédacteurs doivent savoir à qui envoyer un mail à la Direction de Sciences Po pour prendre des renseignements ?

  • Florian

    Un commentaire de la part de la direction aurait été le bienvenu dans cet article, pour avoir un autre son de cloche et plus d’objectivité, non?

    Par ailleurs, quel a été le résultat du CA?

  • Djougachvili

    Comprends pas ta dernière phrase, Gwénolé, et ton le raisonnement sur les boursiers. Tu peux développer stp ?

    @ LaPéniche.net : ça vous a manqué de chier dans les bottes de Sciences Po pendant un mois et demi ? Vous avez tenu le coup ?

  • Gwenolé

    Désolé pour le double-post, et je voulais signaler à Nathan le donneur de leçons que les syndicalistes étudiants n’ont pas attendu ses conseils avisés pour aller voir à quoi ressemble une Université de l’intérieur.
    D’ailleurs, c’est bien d’aller voir Tolbiac, mais allons donc voir Saint-Denis, allons voir Villetaneuse, et demandons-nous à quoi ça ressemblerait si leur financement devait, en plus, reposer sur leurs 60 à 80% d’étudiants boursiers…

  • Gwenolé

    Richard Descoings, qui pourrait encore s’en émouvoir et étonner, est l’hypocrisie faite homme : depuis quand s’intéresse-t-il aux minorités et aux majorités ?
    En 2005, n’a-t-il pas fait voter l’augmentation des droits de scolarité contre une majorité de sept élus étudiants sur huit ?
    En tout cas, je félicite l’UNEF de sa fidélité à ses valeurs et à ses engagements, je félicite ses élus d’avoir porté jusqu’en Conseil de Direction les positions sur lesquelles ils s’étaient engagés, et j’espère profondément, sans trop y croire, que les autres machins qui souillent le nom du syndicalisme étudiant auront à se justifier publiquement devant leurs électeurs d’avoir trahi leurs promesses.

  • Moi

    Il y avait de délit de faciès, il y a maintenant le délit d’expérience.

    Je ne suis pas sur qu’avec des « bambins » comme vous, le monde marche mieux. Dans tous les cas, vous êtes les grisonnants de demain, et vous ferez comme vos ainés dans quelques temps…

  • Nathan

    S’il y a une institution qui est morte et enterrée depuis longtemps au niveau du fonctionnement, c’est la fac, pas Sciences Po ou tout va à merveille.
    Nos chers amis de Attac devraient aller faire un tour à Tolbiac pour voir ce que leur modèle adoré produit, au lieu de se pointer avec des cercueils et de pleurer en parlant de libéralisation

  • Louis

    On a bien tenté de lancer aussi quelques « Le CA à la retraite » au vu du grand nombre de têtes grisonnantes qui sont passées devant nous pour monter siéger en CA.

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