Vie du campus

Cécilia à l’émission « A vous de Juger » (France 2)

A vous de juger Jeudi 19 octobre : A vous de juger , l´émission d´Arlette Chabot, faisait sa rentrée avec un plateau remis à neuf et une thématique en vogue mais déjà-vue : « qu´est-ce qu´être français aujourd´hui ? » . Voici, avec un peu de retard, quelques impressions sur l´émission et l´ambiance du plateau.

19h30 : une foule d´étudiants de Sciences Po se presse dans le hall des studios de France 2, attendant l´ouverture des portes du « sanctuaire ». Une fois franchies, par groupes, il faut passer par le vestiaire et attendre (l´émission ne commence dans plus d´une heure). On croise quelques têtes connues dans les couloirs : Philippe Séguin a l´air d´un dinosaure mal réveillé ; Alain Duhamel s´affaire déjà alors qu´il n´intervient qu´à la fin.

La phase d´attente est plus courte que prévue et le plateau, semi-circulaire, se remplit petit à petit. Puis viennent les invités, tant attendus, de la première partie. Le sujet traitera du film Indigènes et de son effet sur la société. Déception quant à l´absence de Jamel ; mais on retrouve l´équipe du film : Rachid Bouchareb, le réalisateur, Sami Bouajila, Bernard Blancan, Samy Naceri, trois des acteurs phares. Le vieux loup Séguin, actuellement président de la Cour des Comptes, s´installe à son tour. Beaucoup s´interrogent sur les raisons de sa présence… Ses origines tunisiennes et son père mort à la guerre lui permettront en fait de prendre quelques fois la parole. A ses côtés, à la gauche d´Arlette, on trouve aussi Max Gallo, Abd al Malik, un rappeur / « slammeur », et Leïla Bekhti, une jeune comédienne. Grand contraste cependant entre l´immense Séguin (qui tient à peine sur sa chaise, à vrai dire) et la frêle Leïla qui semble légèrement intimidée par le plateau.
La première partie de l´émission est, de manière générale, menée autour d´un consensus global de la part des invités. Indigènes apparaît comme le film « utile, positif et nécessaire » de l´année, parvenant à rétablir une vérité jusque là oubliée dans l´histoire de France. Fait mémorable toutefois, l´hommage de Samy Nacéri à Jacques Chirac pour avoir pris l´engagement de remettre à niveau les pensions des anciens combattants africains.

La deuxième partie prend par la suite une toute autre tournure. Plusieurs hommes politiques entrent en scène : d´un côté François Rebsamen, numéro deux du PS et maire de Dijon, Sylvain Breuzard, PDG de Norsys et Bernard Tapie (le retour !), « sans dénomination fixe » ; de l´autre, Jean-François Copé, ministre délégué au budget et Abd al Malik, resté sur place. Le sujet touche désormais une question de société : où en est la France un an après la crise des banlieues ? Qu´en est-il des discriminations ? Le débat s´ouvre d´abord calmement, dans une optique qui se veut hors de toute considération politique. On s´étonne de voir seulement deux intervenants à la gauche d´Arlette (Copé et Malik) quand, subitement, un technicien déboule sur le plateau chaise en main, tentant de ne pas entrer dans le champ de la caméra. La tribune s’agite mais le débat suit son cours. Puis Arlette annonce Matthieu Kassovitz, arrivé en retard et visiblement un peu déphasé. Tout le monde ignore encore que ce dernier va enflammer le débat, poussant un « cri du cœur » comme le répétera son ami Malik. En fait, il s´agissait surtout d´un coup de gueule contre les hommes politiques en général, « déconnectés de la réalité » selon l´acteur. Tout s´enchaîne finalement très vite, le ton monte et certaines remarques fusent dans le public. La débat finit alors en apothéose, une dizaine de participants quittant le plateau en hurlant : « Bravo France 2 ! » ; « Vive la liberté d´expression ! ». Malgré la gêne à peine masquée des invités, Arlette tente de calmer les humeurs de chacun (Tapie, taxé d´ « homme qui vole des millions » par un participant, s´énerve lui aussi). Les fouteurs de trouble quittent le plateau alors que tous les politiques feignent de les ignorer. Mais il y a une bonne raison à leur colère, due à un sentiment d´instrumentalisation : ils ont l´impression d´avoir été convoqués pour seulement « colorer le plateau », sans intervenir directement.

Jean-Philippe, élève de deuxième année en conclut à juste titre que « la crise des banlieues a laissé des traces ». Mais il ne peut s´empêcher de s´interroger : « Est-ce que les personnes ont trouvé des solutions ? A voir. Le débat reste ouvert ! »
Pour Thibault, son ami, « l´entente entre les différents acteurs aurait pu être enrichissante mais le débat a peut-être cristallisé les différences et les barrières. Finalement, tout le monde est sorti un peu frustré avec presque un incident sur la fin. Je déplore ce manque de consensus final de la part des intervenants. ».
Laura, habituée des plateaux-télé déclare quant à elle avoir déjà assisté à de fortes scènes de ce genre, notamment entre F. Hollande, M. Alliot-Marie et O. Besancenot au moment du projet du PS. Elle préfère toutefois que le débat s´anime seulement entre les invités du plateau car, selon elle, « le public en général n´est pas vraiment très constructif. »

L´émission a donc provoqué des réactions différentes et contrastées. Pour une fois, le « à nous de juger » s´est, pour certains, transformé en un « à nous de gueuler ». Mais cela n´a pas suffit à remonter la faible audience que l´émission a réalisée ce soir là, certainement due à un sujet vu et revu et un débat plutôt creux.

3 Comments

  • Camo

    Je suis complètement d’accord avec Jean-Philippe, ainsi qu’avec Thibaut. L’émission était très intéressante, malgré les tensions sur le plateau qui se sont ressenties à l’écran !
    Vous avez eu beaucoup de chance d’y avoir participer !

  • Cécilia

    Ah ah ! J’avais bien une petite idée de qui se cachait sous ce pseudo ! 😉
    Tu pourras assister à d’autres émissions, surtout pour A vous de Juger, ça revient souvent et il faut juste suivre les propositions sur le site du BDE.
    Sinon je continue le théâtre mais je n’ai malheureusement pas pu venir les deux dernières fois… 🙁 Je serai là lundi prochain en tous cas !

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