Vie du campus

Born to die : premier et dernier coup de la Rey

A l’automne 2011, la simple évocation de la reine de la hype made in NYC laissait entrevoir de jolies promesses d’un avenir forcément doré : une success story très américaine où une jeune femme fraichement débarquée de Greenwich village allait réaliser le hold up parfait et emporter l’adhésion en suscitant un enthousiasme général non feint.

Lana Del Rey, jeune hipster de vingt-cinq ans, n’en était déjà pas à son coup d’essai : un premier effort peu concluant signé de son véritable patronyme (Elizabeth « Lizzy » Grant) ne parut jamais il y a trois ans de cela. Et pourtant, la belle s’acharne en publiant sur Youtube deux nouveaux titres sertis de clips faits maison. Le phénomène s’enclenche, la néo chanteuse est le produit d’une génération nourrie à Myspace et Facebook, et une vingtaine de millions de vues plus tard on parle d’un album imminent.

lana del rey

Ce n’est pas peu dire que Born to die cristallise les attentes d’un public évidemment (trop?) exigeant après les franches réussites constituées par les ambitieux tubesques singles de l’automne dernier (« Video Games » et « Blue Jeans »)… Et là c’est le flop, la catastrophe sonore, la bérézina musicale. Tout a été raté. Surfait, mal produit, ringard et geignard sont les qualificatifs qui nous viennent avec insistance dès les premières écoutes de ce poussif album bien trop long. Quinze titres, dont peut être trois ou quatre de bonne facture tout au plus, c’est presque se foutre de la gueule du monde !

On s’ennuie fermement à écouter les atermoiements sentimentalo-romantiques de la jeune femme qui gémit plus qu’elle ne chante les trois quarts du temps. On observe, le visage effaré, toutes ces bluettes, parfois faussement désabusées, pour gamines pré-pubères attardées. Lana Del Rey dit de ses textes qu’ils sont des instantanés relatant sa vie à New York, et en quelque sorte elle a bien raison : aussitôt entendus, aussitôt oubliés. Que dire dès lors de l’aspect instrumental du disque ? Des productions surannées, chargées au possible. Ça se veut vintage quand ce n’est au mieux qu’has been. Non, les années quatre vingt dix et ses couches de synthés/violons/boîtes à rythmes ne valent pas les productions épurées des fifties et du début des sixties. On n’en peut plus ! Le sommet du ridicule est atteint avec trois titres vaguement hip hop (« Off to the races », « National anthem » et « Lolita ») : désopilant. Elle qui revendiquait il y a peu sur un plateau de télévision française son admiration pour le rappeur 50 Cent doit maintenant envisager le fait que le mauvais goût en matière de musique ne peut accoucher de bonnes créations artistiques.

Restons beaux joueurs et n’omettons pas de souligner les quelques rares instants de grâce aériens présents avec parcimonie sur l’album (« Born to die » et « Million dollar man » par exemple, plus les singles) que connaît Lana Del Rey aidée par sa voix suave. Ces quelques moments quasi cosmiques sont très vite annihilés par l’aspect répétitif des tonalités qu’emprunte la chanteuse. Pas de place pour une quelconque prise de risque ici, il lui faut battre et rebattre des sentiers mille fois battus. L’effet de surprise de la fin d’année 2011 dissipé, on déplore que ce disque ait peut être été jeté de manière précipitée dans la fosse aux lions, fort d’un buzz vraisemblablement prématuré. Il aurait donc fallu relativiser ce succès en carton pour cette héroïne moderne, et attendre la fin du tumulte pour frapper un grand coup.

Naitre pour mourir, le titre est éminemment prémonitoire. La belle Lana Del Rey devrait donc en rester là, même si le succès commercial est au rendez-vous, il lui faut revoir sa partition sans quoi elle restera cantonnée au rang de pop star acidulée éphémère. Une étoile filante de plus à remiser aux oubliettes en compagnie d’autres gloires avortées. Ce disque est en quelque sorte la déchéance avant l’heure d’une reine en devenir. Ses récentes prestations live sur les plateaux de télévision américaine lui ont valu d’être la victime de quelques savoureux quolibets (« transsexuel en pleine mue », « Amy Winehouse sans la drogue et le talent », etc.). Aujourd’hui accusée de plagiat, rien ne laisse présager d’un futur probant ou d’une carrière à la brillante longévité.

On finira bien par la réduire à ses lèvres pulpeuses, son allure angélique quand de blanc elle est vêtue, mettant en exergue sa svelte silhouette, en bref une icône scénique privée de musique. Une poupée de cire mais pas de son. Et le souvenir vague et lointain de ses deux premiers morceaux très intéressants de rester vain. Putain c’est quand même un peu dommage !

Lana Del Rey, Born to die – Interscope

5 Comments

  • "Naitre pour mourir, le titre est éminemment prémonitoire"

    Belle mais musicalement mauvaise…A te lire, elle aurait au moins la forme, si ce n’est le fond. On ne peut pas en dire autant de ton article, dépourvu de l’un et de l’autre.

  • MD

    C’est un très agaçant cet article: le style est pompeux et lourd, et la critique ne s’appuie pas sur grand chose d’autre que du mépris et de la condescendance.

  • lol

    « Non, les années quatre vingt dix et ses couches de synthés/violons/boîtes à rythmes ne valent pas les productions épurées des fifties et du début des sixties »

    peut-on m’expliquer ce qui justifie un tel constat ?

  • AGC

    Où est l’intérêt de cet article franchement? Ne serait-il pas plus intéressant de profiter de la place qui t’es donnée ici pour faire découvrir tes coups de coeurs musicaux plutôt que de faire une énième critique négative de Born To Die où l’on n’apprend rien de nouveau?
    Sans être fan de Lana Del Rey – je pense en effet qu’elle a été surévaluée depuis le début – il ne me semble pas nécessaire d’en faire autant. Plus que de la critique, cela en devient presque même de l’insulte gratuite, vulgaire et infondée (LDR s’est peut être inspirée d’une artiste grecque, m’enfin ton article c’est du BrainMag réchauffé, non?!).
    Bref, c’est plutôt dommage.

  • pfff

    Cet article c’est comme son album, aussitôt lu, aussitôt oublié… Le style est mauvais. Ce n’est pas parce que tu n’as pas réussi à percer avec ta chanson à la guitare, postée l’année dernière sur youtube, que tu peux te permettre des critiques aussi basses. La jalousie c’est vulgaire…

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