Une lueur dans la nuit : la 12e édition de la Semaine du Cinéma s’élance

Entretien avec deux membres du bureau du festival de cinéma made in Sciences Po

Ce lundi 31 janvier débute la 12e édition de la désormais culte Semaine du Cinéma, festival créé en 2011 par une dizaine d’étudiants en master. Cette année l’équipe, une quinzaine de personnes issues de toutes les promos de la 1A au master, réparties entre bureau, pôle conférence, pôle concours et pôle communication ont préparé une semaine cinéphile du 31 janvier au 6 février autour du thème énigmatique « Après la fin ». Au programme une dizaine de projection dont trois avant-premières, deux tables rondes autour de « L’industrie du cinéma à l’ère numérique » (mardi 1 février, 17h-19h), et « Les enjeux de l’exportation des films européens » (jeudi 3 février, 17h-19h) avec à chaque fois des poids lourds de l’industrie. Sans oublier la masterclass d’Audrey Diwan (mercredi 2 février, 12h15-14h15), et pour ceux qui veulent faire du cinéma leur métier deux temps de rencontres sont prévus :  les rencontres pro lors du forum des métiers de l’industrie du cinéma (mardi 1 février, 10h-12h) et les rencontres étudiantes avec quatre étudiants de la Fémis (vendredi 4 février, 10h-12h). Un programme ambitieux donc, dont Léo et Adrien, deux membres du bureau nous dévoilent le processus de création. 

La Péniche : Cette année, la sélection s’organise autour du thème « Après la fin », comment s’est fait ce choix ? Qu’est ce que ce thème signifie pour vous ? 

LÉO : On s’est départagé en 3 groupes au sein de l’équipe, chacun a pensé à son thème, un des groupes a pensé à aborder la thématique de l’avenir, inspiré par le Covid, l’idée du monde d’après, comment changer le monde après ce que l’on vient de vivre… Au début on était partis sur l’idée du « juste après », puis on s’est dit que c’était un peu fourre-tout, que ça n’avait pas beaucoup de sens et donc que ce serait pas mal de préciser. Alors on est partis sur cette idée d’« Après la fin » pour vraiment marquer cette idée de rupture, d’un événement marquant qui sépare l’avant de l’après

ADRIEN : Pour revenir sur la pandémie, on trouvait ça bien aussi pour un festival de cinéma d’aborder ce sujet. Parce que la pandémie a été assez dure pour le milieu du cinéma, que ce soit pour les salles, les distributeurs, les producteurs. Cette question de césure, de comment redémarrer après un grand bouleversement s’appliquait bien au festival.

LÉO : Ce qu’on voulait montrer, à travers notre communication, notre affiche aussi avec cet espèce de soleil qui apparaît, c’est une lueur d’espoir pour le cinéma et pour notre société, à un moment où les jeunes souffrent beaucoup et on a l’impression que ces deux années de pandémie sont passées hyper vite. À travers ce festival, l’idée c’est de se poser, se donner le temps, regarder ensemble de beaux films.

Le risque c’était qu’« Après la fin » se soit vu comme quelque chose de très pessimiste, la fin de quoi ?  La fin du monde, la fin de la vie… mais pour nous « Après la fin » ça peut être aussi après la fin d’un épisode dur : après la fin d’une pandémie, après la fin d’une guerre, après la fin d’une rupture… ça peut aussi être synonyme d’un nouveau départ, d’un renouvellement. C’est ce côté positif qu’on voulait aussi mettre avant dans le thème, pas seulement l’aspect post-apocalyptique, évidemment présent dans notre programmation même si ça ne résume pas tout.

La Péniche : Pourquoi faire le choix de se concentrer sur le jeune cinéma européen ? 

LÉO : Adrien et moi, tous les deux responsables choisis par le BDA, on est très attachés au cinéma européen. Adrien vient du campus de Nancy, moi de celui de Dijon, donc l’Europe a eu une place importante dans notre cursus. Et puis Adrien a passé pas mal de temps en Allemagne, moi j’ai vécu en Pologne quand j’étais gosse, donc on a vraiment cette perspective européenne sur le monde… et aussi dans les films qu’on regarde. 

ADRIEN : Et puis moi je viens d’Angers où a lieu chaque année le festival Premiers Plans qui est un festival majeur de l’industrie du cinéma français pour découvrir de nouveaux jeunes talents européens. C’est un des seuls festivals de cinéma que j’ai beaucoup fréquenté par le passé et ça m’a pas mal inspiré. Je me dis que c’est bien de se cantonner au cinéma européen parce qu’il a beaucoup à offrir et qu’il a une diversité dont on n’a pas nécessairement conscience, donc c’est cool de pouvoir faire découvrir ça aux gens. D’ailleurs, le fondateur de ce festival, Claude-Eric Poiroux va parler à l’une des tables rondes. 

LÉO : Déjà pour ouvrir nos spectateurs au cinéma hors des Etats-Unis, parce que c’est quand même le cinéma américain qui attire le plus les jeunes en général, les ouvrir aussi à un cinéma en dehors de la France même si la sélection reste très française. Ça s’explique en partie par un souci logistique puisque pour les avant-premières on était très attachés à avoir les équipes des films pour les présenter, et donc pour maximiser nos chances le mieux c’était d’avoir des films français. 

ADRIEN : Un des films auquel on était très attachés pour une avant-première c’est Flee (2022, Jonas POHER RASMUSSEN) un film danois qui est présélectionné pour les Oscars dans la catégorie meilleur film étranger et qui a fait l’unanimité dans l’équipe, mais on n’a pas pu l’avoir, parce que les films étrangers qui ont déjà bien marché dans leur pays d’origine n’ont pas nécessairement intérêt à être présenté en avant-première dans un festival étudiant. 

C’est vrai qu’on a pas mal de production ou co-production françaises, comme le film macédonien Dieu existe son nom est Petrunya (2019, Teona STRUGAR MITEVSKA) le film de la soirée de clôture La colline où rugissent les lionnes (2021, Luàna BAJRAMI)c’est un film franco-kosovar… C’est une très bonne illustration du dynamisme du cinéma français et de l’efficacité du système de financement qui soutient de jeunes talents pas seulement français mais aussi européens et internationaux, là-dessus le CNC est vraiment un modèle unique dans le monde. D’ailleurs on a une table ronde sur les enjeux de l’exportation des films européens où on va évoquer ces sujets de financement, co-production, pourquoi c’est important, le rôle des festivals aussi…(ndlr, mardi 1 février, 17h-19h)

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La Péniche : Parmi la dizaine de films sélectionné, on trouve cette année une série (L’Effondrement du collectif Les Parasites, 2021), pourquoi le choix de la projection d’une série dans un festival de cinéma ? 

LÉO : On ne considère pas la série comme un rival du cinéma, c’est un tout autre format de production audiovisuelle qui lui est complémentaire. Simplement ce n’est pas la même manière de raconter des histoires, ce n’est pas la même façon de consommer cette production. D’autant qu’aujourd’hui on peut aussi voir des séries au cinéma, dans le festival CANNESERIES par exemple, ou encore Séries Mania à Lille, donc on peut totalement l’intégrer à un festival de cinéma. 

ADRIEN : Je pense que le secteur du cinéma a pris en compte ce changement de consommation du produit audiovisuel, notamment chez les jeunes qui consomment beaucoup plus de séries que de films. On s’est dit que ce serait totalement compatible avec la Semaine du Cinéma, d’autant que c’est une série qui s’y prête très bien. L’Effondrement, c’est une série de 8 épisodes, techniquement très intéressante puisque tournée intégralement en plan séquence, en soi déjà une prouesse technique qui vaut la peine d’être vue en salle. L’avantage pour une après-midi bingewatching comme ça été prévu, c’est que les épisodes sont totalement indépendants les uns des autres, donc on peut venir quand on veut sans altérer la compréhension du récit. 

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La Péniche : Parmi la sélection, quel est votre film préféré ? 

LÉO : Je dirai Allemagne année zéro (1949, Roberto ROSSELLINI), qui est parfaitement dans le thème, je pense qu’il représente le mieux le festival même s’il a un coté vraiment très pessimiste, ce n’est pas un film facile, mais c’est un très beau film visuellement qui a la particularité d’être filmé dans un style assez documentaire parfois. On suit un jeune garçon qui se ballade dans les rues d’un Berlin totalement dévasté par la guerre. C’est aussi un film important historiquement dans l’histoire du cinéma, très européen parce que réalisé par un italien en Allemagne et en allemand, et pionnier d’un mouvement du cinéma important : le néo-réalisme italien qui a surtout émergé dans les années 1950. C’est vraiment un très beau film qui vaut le coup d’être vu en salle. 

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ADRIEN : Moi j’hésite un peu entre Dieu existe son nom est Petrunya (2019, Teona STRUGAR MITEVSKA) et Le Dernier Voyage (2020, Romain QUIROT). Petrunya c’est un film très actuel aussi profondément féministe qui critique le poids de la religion, des traditions et qui fait aussi en filigrane une critique des médias. Mais j’aime aussi beaucoup Le Dernier Voyage une science-fiction à la française qui n’a pas beaucoup marché. Le film reprend tous les codes de la science-fiction un peu comme Besson mais en rajoutant une touche vraiment française avec des touches d’humour qui rajoutent de la fraicheur au film. Il est pas trop long donc on ne s’ennuie pas, on rentre bien dans l’univers. Ça reste un premier film, donc avec quelques failles dans le scénario mais ça vaut la peine. 

Sinon j’ai très hâte de découvrir le film franco-kosovar La colline où rugissent les lionnes (2021, Luàna BAJRAMI)  qui était à la quinzaine des réalisateurs l’année dernière. 

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La Péniche : Dans votre rencontre avec le cinéma, est-ce qu’un film vous a marqué ? 

LÉO : Hugo Cabret de Martin Scorsese, je l’avais vu quand j’avais douze ans. Ça raconte l’histoire d’un jeune garçon, fils d’horloger qui, à la mort de son père et devenu orphelin, se réfugie dans la gare Montparnasse où il fait la rencontre de Georges Méliès, un des grands cinéastes du début du cinéma, qui à la fin de sa vie était devenu vendeur de jouets dans la gare. Le film raconte comment ce garçon découvre le cinéma et c’est en mélangeant les différentes thématiques du cinéma, le temps, le train, (les frères Lumière) le cinématographe, Méliès, que le film réussit aussi à raconter l’histoire du cinéma…C’est vraiment le film qui m’a marqué même si ce n’est pas mon préféré, d’ailleurs je ne l’ai pas revu depuis parce que j’ai peur un peu que ça perde de sa lueur. 

ADRIEN : Il y a un film qui m’a vraiment marqué au lycée, c’était un film allemand Le Temps des rêves (2015, Andreas DRESEN), qui se passe à Leipzig juste après la chute du mur. C’est l’histoire d’une bande de mecs qui se retrouvent dans cette situation d’anomie, qui n’ont plus de repères, le mur est tombé, l’ancien ordre bouleversé et ils se retrouvent livrés à eux-mêmes. Désœuvrés, beaucoup tombent dans la drogue, font des raves illégales de techno, j’avais adoré ce film à cette époque. Ensuite je l’ai revu et je l’ai trouvé un peu moins bien mais ça reste un film qui m’a vraiment marqué. 

LÉO :  Moi ayant vécu en Pologne je suis très marqué par le cinéma polonais, qui est malheureusement complètement méconnu mais que je recommande vivement. L’homme de marbre (1977, Andrzej WAJDA), Cendres et Diamant (1959, WAJDA), un film vraiment incroyable, d’ailleurs je voulais qu’on le projette mais on a choisi un seul film de patrimoine, c’est Allemagne année zéro. Sinon Kieslowski comme cinéaste polonais, qui a fait Le Décalogue (1989), une série dont chaque épisode raconte un commandement des tables de Moïse, dans le contexte de la Pologne communiste. Pour ajouter une touche plus contemporaine, la réalisatrice Małgorzata Szumowska est certainement la meilleure représentante de ce qui se fait de mieux dans le cinéma polonais aujourd’hui.

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La Péniche : Pourquoi aller au cinéma aujourd’hui ça a encore un sens ? 

ADRIEN :  Le fait d’aller voir un film avec d’autres gens dans une salle noire, c’est quelque chose que tu ne fais pas quand tu regardes Netflix ou n’importe quelle plateforme de streaming. Cette expérience déjà de voir un film sur grand écran, certains films sont vraiment conçus par le réalisateur pour le grand écran avec des détails sur les images, des jeux entre premier plan arrière plan, des plans larges, la musique aussi qui est conçue parfois pour être jouée sur des grosses sonos… Voir un film en salle, c’est une toute autre expérience, quand quelqu’un éclate de rire à côté de toi t’es plus enclin à rigoler aussi, ou la gêne, tu la sens beaucoup plus. J’ai vu la semaine dernière le film qui a gagné l’ours d’or l’an dernier, Bad Luck Banging or Loony Porn (2021, Radu JUDE), la scène d’ouverture c’est vraiment une scène porno, quand tu vois ça à côté de tes potes, de pleins de retraités, de plein de gens dans une salle de ciné c’est autre chose que si tu le regardais dans ta chambre. Rien que pour cette expérience commune c’est important. 

LÉO : Clairement on ne voit pas le même film sur un écran de cinéma, sur notre ordi ou sur notre portable, on ne voit pas les mêmes détails. Et puis on ne se laisse pas entraîner pareil quand on regarde sur son ordi, on n’a pas la possibilité de faire pause, on est obligé de regarder ce qu’il a devant nous, à moins qu’on veuille quitter la salle mais bon, ça arrive rarement heureusement. C’est en ce sens que ça a vraiment du sens, le cinéma. 

Et puis aussi, rien que pour financer la création française. Aller voir des films au cinéma ça permet de donner de l’argent au CNC, 10% du ticket de cinéma, qui va ensuite être remis dans le circuit pour financer des jeunes créateurs français, européens ou internationaux

La Péniche : Est-ce que le cinéma, ça sert à quelque chose ? Si oui, à quoi ? 

LÉO : Est-ce que le cinéma a un sens en soi ? Peut-être pas, mais ça permet de faire réfléchir sur la société, sur nous même, de procurer des sentiments, des sensations fortes. Ça peut être beau, ça peut être moche comme une œuvre d’art, ça peut être poétique, ça peut être hyper violent, hyper gore, c’est tout ça le cinéma. Ça n’a pas d’utilité en soi, mais ça sauve du désespoir. 

ADRIEN : Moi je me rappelle pour ma lettre de motivation à Sciences Po j’avais fait un paragraphe sur le cinéma, j’avais dit que le cinéma ça me faisait voyager. C’est une des raisons pour lesquelles j’aime autant le cinéma, ça permet en un clin d’œil d’aller à une autre époque, dans un autre pays… Evidemment ce n’est pas comme un vrai voyage, c’est une réalité vue par le biais d’un réalisateur, des financements aussi qui ne sont jamais neutres, mais ça te sors de ton quotidien. Et puis ça développe aussi l’empathie, par exemple le film Debout les femmes (2021, François RUFFIN, Gilles PERRET) qui montre la réalité des aides soignantes, de tous les métiers du care. Le film est vraiment très vivant et beaucoup plus émouvant qu’un article factuel sur le fait que ces personnes sont payées en dessous du SMIC, qu’elles ont des conditions de travail très dures. Le fait de le montrer en images, en son, ça émeut beaucoup plus. 

LÉO : Pour revenir sur l’intérêt de la salle de cinéma, le cinéma c’est surtout du partage, avec le reste des spectateurs mais aussi du partage de l’artiste qui vient nous donner sa vision du monde et qui veut tous nous toucher. C’est là où on ressent le plus ce sentiment de partage qui est l’essence du cinéma. 

La Péniche : Dès la création du festival, on note déjà une volonté d’accessibilité, notamment financière en proposant des places au tarif imbattable de 2 euros pour les étudiants. Comment c’est financé, quels partenariats sont mis en place ?  

ADRIEN : Pour tous les étudiants même hors Sciences Po, les 50 premières places seront gratuites, et après toutes les places étudiantes seront à 2 euros. On a un partenaire historique qui finance depuis plusieurs années la semaine du cinéma, qui est un cabinet d’expert comptable ACEL, qui fournit 1/3 du budget. Ensuite on est une branche du BDA, donc on bénéficie aussi du financement que Sciences Po donne aux assos permanentes, on est un des projets les plus couteux du BDA. Et aussi on a reçu cette année des subventions de la MIE, la maison des initiatives étudiantes du 6e arrondissement de Paris, pour notre projet d’ouverture parce que c’est la première fois que le festival offre des places gratuites pas que aux étudiants de Sciences Po. 

LÉO : Cette année on a vraiment appuyé notre ambition de s’ouvrir à d’autres étudiants qui viennent d’autres écoles pour pas cantonner le festival à Sciences Po qui cultive déjà assez bien l’entre-soi. Pour l’instant dans l’équipe, on est tous de Sciences Po mais on essaie d’ouvrir une voie dans laquelle pourrait aller le festival, peut-être s’agrandir et devenir un vrai festival étudiant parisien, où il y aurait des membres de l’équipe venant d’écoles et universités différentes. Pourquoi pas au lieu d’une semaine devenir une quinzaine de jours de festival, ce serait vraiment un super beau projet. 

ADRIEN : Mais avant d’ouvrir l’équipe, une des missions qu’on s’était donné c’est d’abord d’ouvrir le public. On essaie par la communication, les affiches, les programmes d’aussi toucher la Sorbonne, on a aussi sponsorisé des postes sur Insta et sur Facebook ce qui permet de toucher une audience numérique plus grande. 

LÉO : On organise aussi une avant-première d’un court-métrage d’une étudiante à l’ESRA (ndlr, une école de cinéma à paris) , Jeanne Lyra, aussi Youtubeuse, qui nous fait de la pub en échange, beaucoup de personnes qui viennent de sa communauté et n’ont rien à voir avec Sciences Po sont intéressées par la Semaine du Cinéma sur les réseaux sociaux et viennent déjà à l’avant-première. Ça ne marche pas trop mal, sur Instagram on a réussi à doubler le nombre d’abonnements quand on a pris le compte. On a une équipe com qui fait un boulot monstrueux. On tient aussi à remercier nos partenaires : 7e obsession, les Cinémas indépendants parisiens, la Cinetek, ou encore Cinemads.

La Péniche : Toujours dans cette démarche d’accessibilité, est-ce que l’équilibre entre films grands publics et films plus pointus a guidé vos choix pour la sélection ? 

LÉO : L’intérêt d’un festival c’est que les gens viennent dans la salle. On sait bien que Sciences Po c’est pas une école de cinéma, les gens ne sont pas forcément des cinéphiles aguerris qui vont voir le dernier film macédonien, même si on en projette un. On a vraiment essayé de trouver un équilibre entre des films d’auteurs, d’Europe de l’ouest, d’Europe de l’est, des petites projections, un blockbuster comme Les fils de l’homme, un film de patrimoine comme Allemagne année zéro, une série, un film de science-fiction français, le dernier Klapisch… On a Bertrand Mandico aussi qui présente un film un peu barré mais très intéressant, visuellement ressemble à une espèce de film série B, sur un monde futuriste, fantaisie (After Blue (Dirty Paradise)). On a vraiment cherché à atteindre un maximum de diversité, de tous les genres, de tous les styles et productions, tout en faisant attention à avoir de la parité, c’était vraiment notre engagement dès le début. La parité dans tout ce qu’on fait, à la fois dans l’équipe, dans les jurys de critique et court-métrage, dans les films qu’on projette, et aussi dans les intervenants.

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La Péniche : La Semaine du cinéma est pensée pour présenter plusieurs aspects du cinéma avec notamment un côté concours, critique et court-métrage, comment ça s’est passé cette année ? 

ADRIEN : Pour le concours de court-métrage on a eu plus de participants que les autres années, une vingtaine contre une dizaine avant. Au final, beaucoup plus de participants extérieurs que de sciencepistes, on a pas mal d’étudiants en cinéma, que ce soit à la fac ou d’écoles type Fémis, ESRA, Louis Lumière, et parfois des amateurs complets. On est content d’avoir reçu autant, ça nous a permis de sélectionner ceux qu’on préférait. 

Pour le concours de critique de films, au début on a eu un peu de mal, on a dû repousser le deadline, relancer la com, au final on a réuni 9 critiques qu’on a envoyé au jury.

Tous les court-métrages qu’on a présélectionné, il y en a huit sur la vingtaine, vont être projetés au Christine en première partie de soirée, 15 min de court chaque soir. Le dernier soir, le 6 février, on projettera à nouveau le court-métrage du concours qui aura gagné le prix du jury. On a aussi un prix du public, on distribuera des feuilles et les plus fidèles viendront voter. 

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La Péniche : Un dernier message aux lecteurs de la Péniche ? 

ADRIEN : On a essayé d’organiser un festival qui plaise vraiment à tout le monde, et qui n’est pas du tout réservé aux cinéphiles et aux gens qui ont une connaissance pointue du cinéma allemand des années 1920. Le but c’est que tout le monde s’y retrouve, on a une sélection très éclectique, diverses conférences et on espère que pleins de personnes différentes viendront !

Crédit image : ©BDA Sciences Po