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BdA - Cafés ConcertsOn dit souvent qu’il est impossible d’aimer réellement un air la première fois qu’on l’entend. Le café concert de ce mardi 23 février nous a bien prouvé que c’était faux. C’était peut-être l’ambiance qui voulait ça, toujours est-il que la soirée valait le détour, avis aux amateurs de bonne musique et d’onirisme. Soirée organisée par le Bureau des Arts, tout près de votre lieu préféré (entendons, votre chère école), dans un petit bar où on manque de place mais pas de ressources.

En première partie, un quatuor rock’n’roll fort sympathique dont le batteur était pour le moins invisible caché par ses congénères musicos. Ce qui n’a pas empêché un groupe de groupies d’hurler «A poil Pierre!», le Pierre en question restant impassible, déjà blasé par tant de succès auprès de la gent féminine.

Des reprises interprétées avec brio dans une ambiance très sciences piste : tout le monde parle de tout en ne parlant de rien finalement. Notons qu’il faudra repasser sur l’accent «so british». Un petit séjour à Londres ne fait de mal à personne surtout pas à ceux qui aimeraient se proclamer dans la droite lignée de tant de groupes mythiques. En tout cas, on pourra tout dire sauf que ces quatre charmants jeunes hommes étaient des amateurs. Malgré le déficit d’espace vital et la trop grande proximité avec un public encombrant, pas une fausse note, beaucoup de jeunesse et de charme, une jolie reprise de Jimi Hendrix et plein d’entrain chez des jeunes hommes qui réussissent à allier musique et sciences politiques sans trop de difficulté visiblement. Il est vrai que ça doit faire du bien à l’égo, et au moral par la même occasion, de croire, même une seconde, qu’on a transcendé le temps pour devenir une sorte de légende. Que toute une salle a vibré à l’émission de ses propres sons. Qu’on a un peu embelli le monde et perpétué la longue tradition de soirées parisiennes et réussies.

En deuxième partie, un groupe qui nous propose ses propres compos : mélodies accrocheuses, textes intelligents, un seul des membres du groupe est étudiant à Sciences Po, un accordéoniste qui nous fait oublier qu’on a pu dire que c’était l’instrument de la sous-culture. Il se dit gêné de jouer devant un public dont il recroisera les composants devant la machine à café ou dans les couloirs de la bibliothèque, serait-il mal à l’aise à l’idée de futures séances de signature d’autographes ? Qu’il se rassure, la plupart des spectateurs étaient trop joyeux pour se souvenir d’une tête blonde et d’une voix éraillée. «Enivrez-vous», disait Charles. Le guitariste lance à plusieurs reprises «Fait trop chaud ici», limité comme dialogue certes, mais cela déclenche de nouvelles remarques de filles également en chaleur : «Tu peux te désaper si tu veux !».

Non, ne vous en faites pas, les échanges ont aussi été plus fructueux, certains auditeurs vraiment concentrés sur les paroles ont entendu que ces mecs avaient des choses à dire, eux aussi veulent la paix dans le monde. Pendant ce temps, les membres du premier groupe avaient rejoint le public et discutaient avec des prémices de fans.

On pourra regretter l’absence d’une présence féminine sur scène. La musique n’est pas un art réservé à ces messieurs, de même lorsqu’il s’agit de rock. Mais en définitive, ce fut une soirée mémorable, une de celles qui nous redonnent le sourire. Plus proches de nous qu’un McCartney dans un Bercy bondé, ces mecs là ne méritent pas moins notre admiration, superhéros peut-être (la comparaison est tentante): étudiants le jour, rockeurs la nuit. Finalement, on sort du bar avec un goût de satisfaction dans la bouche : un mélange de Blue lagoon, de crêpe au fromage et de mélodies qui donnent envie de vivre. Rendez-vous à la prochaine édition.

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