Vie du campus

Sciences Po en état de siège… enfin bon…

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Photo: http://bigbazar.wordpress.com

Fin d’après-midi surréaliste à Sciences Po ce mardi 17 mars. Quelque 150 étudiants de différentes universités d’Ile-de-France, majoritairement de Paris VIII, ont occupé l’école pendant plusieurs heures, où s’est tenue une assemblée générale sauvage. Les grévistes ont évacué les lieux peu après 20 heures, après avoir rédigé et voté un appel. Ils protestent contre les inégalités dans l’enseignement supérieur en France sur fond de mouvement des enseignants-chercheurs.

C’est vers 17 heures que les étudiants infiltrés, dont un certain nombre d’autonomes, ont réussi à s’introduire dans l’établissement, malgré les contrôles de cartes à l’entrée mis en place depuis la semaine dernière. Les manifestants seraient passés par une sortie de secours ouverte de l’intérieur. Les étudiants se sont alors dirigés vers l’amphithéâtre Emile Boutmy où se déroulait le cours d’Institutions Politiques d’Olivier Duhamel. Ce dernier leur a proposé l’organisation d’un débat dans un laps de temps de 20 minutes, ce qu’ont refusé les étudiants. Dans le même temps, certains d’entre eux sont allés installer une banderole sur la façade de l’institut rue Saint-Guillaume. Sur un grand drap orange, on pouvait lire « Gouverner, exploiter, privatiser, c’est ici que ça s’apprend, là où le savoir est au service du pouvoir ».

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Photo: LB

S’est alors organisé un débat spontané entre étudiants des autres facultés et ceux de Sciences Po sur les différentes réformes en cours à l’université. Parmi les étudiants de l’institut, il y avait encore à ce moment des étudiants solidaires de l’action et d’autres qui rejetaient le fond et la forme de cette occupation sauvage, qui se sont opposés au moins une heure. Au fil du temps, les étudiants favorables aux réformes ont quitté les lieux peu à peu. Vers 19 heures, il n’y avait plus que des étudiants mobilisés dans l’amphi Boutmy : pour un tiers de l’institut et deux tiers de l’extérieur.

Pour autant, des dissensions sont apparues au sein des étudiants de Sciences Po. Gwénolé Buck a notamment pris la parole pour l’UNEF dénonçant le caractère illégitime de l’assemblée générale formée dans ces conditions dont n’ont pas été informés tous les étudiants mobilisés. Du côté de Sud Sciences Po, même si on se déclare solidaire de l’action, la section affirme avoir été prise par surprise. On était même franchement loin de l’entente cordiale entre étudiants sudistes de l’extérieur et de l’IEP. Deux membres de Sud Sciences Po et un membre de Sud Paris VIII ont finalement pris place à la tribune. S’en sont suivi des débats confus et peu audibles, débouchant sur la rédaction d’un appel.

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Photo: LB

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Photo: LB

Cordons de gendarmes mobiles devant Sciences Po

A l’extérieur, une foule a vite grossi dans la rue Saint-Guillaume alors qu’il a très vite été impossible de pénétrer dans l’IEP. Une trentaine de gendarmes mobiles, boucliers et matraques au poing, prêtaient main forte aux appariteurs et aux vigiles. De chaque côté de la rue, au moins le même nombre de troupiers s’était mis en faction.

Jusqu’à 19 heures certains ont cru pouvoir rentrer en cours, et la majorité des étudiants a fait part de sa frustration. Quand certains étudiants mobilisés, encagoulés, apparaissent aux fenêtres, des huées montent, des « Dehors dehors » ou « Libérez l’IEP » se font entendre. Un étudiant plus en colère que les autres prend l’initiative de gravir la façade de l’établissement pour aller décrocher la banderole, en étant quitte pour une bonne chute.

Vidéo: http://bigbazar.wordpress.com

Peu après 19 heures, trois étudiants, dont Marco Poletti, se montrent à une autre fenêtre. Ils brandissent des écriteaux improvisés : « De Gaulle où es tu ? », « Vive le Roy » ou encore « RIP Alain » (allez comprendre pourquoi). Deux d’entre eux finiront par montrer leur cul à la foule. Puis, trois étudiants encagoulés sortent pour remettre en place la banderole, qui sera de nouveau enlevée une heure plus tard.

Finalement, c’est vers 20h15 que les occupants ont évacué les lieux sous une protection policière plutôt réduite. Etudiants de droite et de gauche massés devant l’IEP s’invectivent une dernière fois à cette occasion. C’est au cri de « Grève générale » que les étudiants mobilisés finissent par quitter Sciences Po avant de pouvoir sortir de la rue Saint-Guillaume un quart d’heure plus tard.

Quelques dégradations sont à signaler au sein de l’établissement dont un graffiti « Fafland » sur un mur de l’amphi Boutmy. Globalement l’occupation s’est déroulée plutôt dans le calme à l’intérieur, des membres de la direction (Nadia Marik, Cédric Prunier, David Colon) discutant même avec certains étudiants mobilisés. A l’extérieur, l’ambiance oscillait entre vive tension et grand guignol.

Louis Moulin et Nedal Jounaidi

Tous les articles de presse sur le sujet sont ici.
Et quelques photos.

55 Comments

  • sp

    Personnellement je trouve surtout ça triste, de voir à quel point l’image qu’on les gens de Sciences-Po est faussée !
    Personne ici ne méprise les autres étudiants, bien au contraire.
    Je suis élève à sciences po et j’ai la même estime pour n’importe quel étudiant ! C’est vrai qu’il y a peut-être des imbéciles à Sciences Po (comme partout!) qui se sentent supérieurs, mais ce n’est qu’une minorité.
    Et puis, « le savoir n’est pas au service du pouvoir » ! Olivier Duhamel, dont le cours a d’ailleurs été brutalement interrompu, est sans ambiguïté un homme de gauche, et ça se sent dans ses cours !

    Il faut arrêter les malentendus et les préjugés, c’est vraiment dommage..

  • Sed Intelligere

    Ils ont tjs aussi rigolos les gauchos. ayant moi aussi, il y a qques années, eu mal à partir avec cette étrange foule braillante.
    Mais malgré cette dimension amusante de l’évènement, je reste étourdi par l’effet troupeau ovin de leurs rassemblements, Panurge n’est jamais loin. Comme si chaque génération d’étudiant devait faire son Mai 68 à elle, sa petite révolution, sans savoir quoique ce soit d’un grand soir qui succèderait à une grande journée.

    Etrange temps que celui de la jeunesse, en souhaitant que celle-ci par ses frasques parvienne à maturité, ce qui est moins sûr lorsqu’on sait qui ou quoi titille l’âme vibrante des jeunes. (je rassure tt le monde, je ne suis un vieux con, ni un jeune con qui a vieilli, mon diplome n’est que quelques années derrières moi)

    Amusez vous bien tant que vous en avez le loisir, viendra un jour ou ceci ne sera plus possible.

  • Damien

    Ce que j’ai fait, je ne l’ai naturellement pas fait au nom de l’ump ni même au nom de la droite. Je ne vois d’ailleurs pas pourquoi l’ump a été mentionné. A vrai dire je m’en fous.

  • Marion Aubry

    Juste pour rectifier, ceux qui ont montré « leur cul » n’étaient pas des bloqueurs mais des étudiants de Sciences Po qui avaient décidé de répondre à la provocation par la provocation.
    Oui l’étudiant qui a arraché la banderole était un militant UMP mais bon c’est pas vraiment le débat.

    Enfin, à la péniche, attention à ce que vous écrivez, je doute que Gwenolé se soit exprimé au nom de l’UNEF n’étant plus un représentant élu…

  • Karim

    Déplorable. Tout mélanger comme ça… Interrompre le cours d’Olivier Duhamel… Et surtout dire des conneries à propos des étudiants de Sciences Po… Rien que pour prendre mon humble exemple: je ne suis qu’à moitié français, je bénéficie de bourses du CROUS comme tout étudiant qui en a besoin en France, et par conséquent Sciences Po ne me fait pas payer la scolarité, qui est modulée selon le revenu familial. Vous comprendrez donc que je n’ai pas vraiment l’impression d’être un « fils à papa » ou autre « bourgeois ».
    De plus, régler les problèmes des universités ne revient pas à attaquer les « grandes écoles », et surtout les IEP, pour lesquels on peut ne pas passer par une prépa, contrairement aux autres grandes écoles, prépas qui elles représentent une dépense conséquente pour l’Etat, puisqu’elles sont gratuites.
    Pour finir, je suis loin d’être UMP, et je ne sais pas si le type qui a décroché la banderole l’est, mais je soutiens son geste, parce que je suis blessé par les propos qui y sont inscrits, qui témoignent d’une méconnaissance totale de la pédagogie de Sciences Po, doublée d’un triste amateurisme de la part des « mobilisés ».
    Je ne suis aucunement contre les grèves, je ne peste jamais contre une grève même si elle me contraint à changer mes plans, mais ce qui s’est passé là est pitoyable.
    A bon entendeur, salut.

  • Vincent B.

    @Antoine Gui #25

    « ne diluons pas trop non plus la nécessité d’une opposition vive dans le débat »

    « Opposition vive » ne signifie pas pour autant incivilité et irrespect, comme a pu le montrer la soirée d’hier (quelque soit la provenance des étudiants d’ailleurs)… Plus, inutile de faire passer les partisans du dialogue pour des « mous du genou »!

  • Npk

    Parler de dialogue, de compréhension, d’échanges avec des énergumènesn pareil, dont le seul but était de faire parler d’un mouvement qui ne sait plus quoi faire pour se relancer. Les étudiants de sciences po ont le droit de ne pas être inquiets et de se foutre complétement de cette réforme car oui en France la liberté d’opinion existe encore et le choix d’être solidaire ou non du mouvement de contestation actuel appartient à chacun et ne devrait pas être imposé par une minorité de radicaux qui ne savent ni de quoin ils parlent ni a quekl point ils sont ridicules lorsqu’ils évoquent sciences po.

  • Lucien Fleurier

    De mon temps, une frange courageuse d’étudiants chargeait les bloqueurs à coups de poing et foutait tout ce troupeau dehors.

    Puis, on en coinçait un et on faisait un exemple.

    Pourquoi tenter le dialogue quand il n’y a pas lieu d’en avoir?

    Lucien Fleurier

  • Flet

    Dommage que ce genre d’actions de remise en cause ayant lieu dans ce temple de la justification de l’ordre établi vienne de gauchistes politiques qui réfléchissent tout autant, c’est-à-dire aussi peu, que les gens de Sciences Po, ces adeptes de la synthèse.

    L’idée reste néanmoins forte et la banderole juste

  • blahblahblah

    c’est quoi déjà le pourcentage de zep qui rentrent à SciencesPo? elle est où l’inégalité dans une école qui fait rentrer majoritairement par concours?

  • Pas étudiant

    Chers étudiants (de sciences po ou de fac ou de je ne sais où), vous donnez un spectacle bien pitoyable, croyez moi, qui n’est en rien flatteur pour vous.

    Vous êtes jeunes, mais vous vous comportez comme vos ainés contre lesquels vous luttez, qui ne sont que dans des luttes de pouvoir entre eux, que dans le conflit, et qui ont oublié l’essentiel de leur action (agir, faire avancer les choses, …) et perdent un temps fou à s’affronter… et à rester immobiles.

    Dommage…

  • PM

    Un commentaire sur le forum-scpo résume bien :

    « C’était donc une grosse mascarade qui en conforte beaucoup dans leurs préjugés sur les « gauchos ». »
    Utilisateur La Vérité, hier 22h32

  • Théo

    « Quelle démocratie Théo? »
    Je suis bien d’accord avec toi qu’il n’y en a pas, il n’y a eu aucun débat, à la différence de ce qu’ils disent. Mais c’est juste ce que revendiquaient les quelques bloqueurs à qui j’ai parlé et dont j’ai pu voir toute l’étendue des arguments (pour faire court: aucun). Pour un, ça se résumait à: « vous avez un plus bel amphi que nous », l’autre c’était « il ne devrait pas y avoir de sélection et tout de monde devrait pouvoir entrer à SciencesPo ».

    Je passe sur les insultes que tu as très bien résumé.

    Bref, un amas de conneries, comme tout ce qu’ils ont fait hier.

    Pour reprendre ton lien avec l’article sur Bellacio, je tiens juste à dire que c’est pire que tout. J’ai posté deux messages qui ont été supprimé car rétablissait la vérité (à la différence de l’article et des commentaires) et mon adresse IP est bloqué par le site. Bel exemple de liberté d’expression. Ils ne tolèrent même pas l’opposition à leur ridicule mouvement.

  • Falco

    Quelle démocratie Théo?
    Quand on refuse de débattre et qu’on traite des étudiants de bourgeois consanguins, alors que la plupart des bloqueurs sont des fils de médecins ou d’avocats, et qu’ils n’ont jamais vu une barre HLM ou un ouvrier que sur TF1, comment dire qu’ils sont ne serait-ce que pourvus d’un cerveau?
    Désolé, mais j’aime pas me faire traiter d’étudiant au service du pouvoir par des mecs qui ne savent pas ce qu’ils disent. Le fait est que quand on insulte quelqu’un, on essaie de le faire avec des mots justes, au moins.
    je ne nie pas le fait qu’il y ait des « fils de » à Pipo, mais le nombre de classes moyennes est en augmentation constante, tout comme les boursiers (cf. les chiffres sur le site de l’école).
    C’est pas en jouant les fiers-à-bras qu’ils mobiliseront les élèves, bien au contraire, ils sont tous en train de se braquer contre ce mouvement, à cause de gros imbéciles (pour rester poli) qui devraient réfléchir un tant soit peu avant de déverser un flot d’insanités sur nous.
    Un exemple parlant:
    http://bellaciao.org/fr/spip.php?ar
    Article qui nous traite de gros cons, en gros. Avec des réactions et des commentaires assez marrants.

  • Théo

    Quel mépris envers les étudiants des fac? Désolé, mais je n’ai jamais entendu de paroles méprisantes envers la fac et j’ai moi même la majorité de mes amis en fac.

    De plus, vous oubliez dans l’article et les commentaires l’arrivée en Boutmy en insultant les étudiants, en criant « élites à chier, il faut supprimer les IEP », et les mecs bourrés, cannettes de bière à la main, traitant les étudiants (nous) de « fils de putes », et étant a deux doigts d’en venir aux mains. Tout ça on ne le dit pas, et la est le plus insultant de l’histoire. Mais visiblement il ne faut pas dire la vérité aujourd’hui, juste taire certaines choses pour que tout reste calme.

    Je crois que dans tous les articles, on minimise la violence du mouvement, les préjugés qu’avaient tous ces étudiants, réduisant SciencesPo à un repère de royalistes, ou seuls les plus riches du pays rentraient. Aucun d’entre eux ne s’était renseigné avant de venir occuper, et pour avoir parler avec plusieurs bloqueurs, aucun d’entre eux n’avait d’idée concrète .
    Juste quelques petites frappes qui veulent jouer à la démocratie. Lamentable…

  • Shango

    Ok peut-être pas n’importe lequel mais une minorité non-négligeable. On en rencontre peut-être plus en province mais ils sont là, ils existent. J’ai aucune raison de mentir.

  • Stéphane De.

    « Demandez à n’importe quel étudiant de France ce qu’il pense d’une étudiant de Sciences-Po Paris et il vous répondra un abruti arrogant et méprisant. »

    C’est faux,.-

  • .

    Communiqué de SUD

    OCCUPATION DE SCIENCES PO PARIS : « PARCE QUE L’ÉLITISME N’A PAS LIEU D’ÊTRE, « LE PEUPLE » S’INSTALLE AU CHATEAU ! »

    VERSION IMPRIMABLE

    PARCE QUE L’ÉLITISME N’A PAS LIEU D’ÊTRE, LE « PEUPLE » S’INSTALLE AU CHATEAU !

    Nous, étudiants et professeurs et personnels de diverses universités franciliennes occupons aujourd’hui SciencesPo. (IEP), symbole du système élitiste et hiérarchique dans l’enseignement supérieur français. Nous entendons ainsi dénoncer les inégalités de nos conditions d’étude et d’enseignement et exprimer notre opposition à une institution dont le seul but est la constitution et la pérennisation d’une bureaucratie d’Etat et d’une technocratie marchande.

    Notre démarche s’inscrit dans une mobilisation, entamée il y a 6 semaines, contre la loi L.R.U (loi libertés et responsabilités des universités) et tous les projets de décrets qui en découlent : la destruction des IUFM, le contrat doctoral unique, la modulation des services, la réforme de l’allocation des moyens…

    Ces réformes contre lesquelles nous nous unissons aujourd’hui, suivent directement la logique du processus de Bologne : compétitivité, rentabilité, privatisation, précarisation.

    On veut nous enfermer dans des facultés qui tombent en ruine, alors nous nous enfermons dans l’école la plus riche.

  • Shango

    Tout d’abord quand je disais stupide je ne parlais pas des étudiants français mais de certains bloqueurs comme ceux qui ont montré leur cul par les fenêtre. L’essentiel de mes amis étant des étudiants d’autres universités je ne suis pas vraiment du genre nombriliste centré sur sciences-po. Et tu n’en as peut-être jamais rencontré mais les étudiants qui imaginent des connards en pensant à sciences-po existent bel et bien et, s’ils ne sont pas une majorité, ils sont bien nombreux. Et on peut les comprendre en voyant l’attitude de certains étudiants Sciences-Po. L’arrogance n’a peut-être rien à voir avec l’IUT mais les rencontres avec des ministres et les cours de personnalité montent très vite à la tête de certains.

  • Marc De.

    @ shango : Ben non justement, tous les étudiants de France ne sont pas aussi stupides que les nanards qui ont envahi SciencesPo. hier (je ne conteste même pas le fond de leur intervention, mais la forme, et les insultes qu’ils ont proférées). Vous n’êtes pas tous les étudiants de France, petit nombriliste.

    Jamais entendu de personnes qui, a priori, jugeait ainsi un étudiant de SciencesPo. Après, il y a dans le lot des « abrutis arrogants et méprisants », mais c’est un trait personnel, qui n’a que peu à voir avec l’établissement.

    Certains oublient qu’il y a à SciencesPo des « fils de » certes mais aussi des gens issus de ZEP, des gens issus des classes moyennes provinciales.
    Il est légitime de s’interroger sur l’élitisme de l’enseignement supérieur français mais sans tomber dans des clichés, ni dans une certaine forme de violence (relative certes).

  • Shango

    Et ceux qui qualifient de barbare ce genre de manifestation feraient bien de sortir de leur petit cocon familial et bourgeois pour découvrir la vraie vie. C’est écoeurant de voir à quel point des étudiants de sciences-po sont ignorants. Stupide d’accord, mais barbare il y a des limites.

  • Shango

    L’aggression des étudiants de fac vient en grande partie de ce qu’une minorité d’étudiants de Sciences-Po s’entêtent d’un discours élitiste et presque aristocratique. Demandez à n’importe quel étudiant de France ce qu’il pense d’une étudiant de Sciences-Po Paris et il vous répondra un abruti arrogant et méprisant. Beacoup d’étudiants des campus délocalisés pensent la même chose des étudiants du campus de Paris. Cette invasion est certes condamnable à plus d’un titre, mais elle doit aussi nous permettre de réfléchir sur notre attitude avec les universités extérieures.

  • tam

    Bien dit, Quentin.

    Et Vincent B. a aussi complètement raison: « les lieux de savoir et de culture ne devraient jamais être pris en otage, et ce, quelque soit la cause: un peu d’imagination pour se faire entendre! »

    S’ils accusent Sci Po de mettre « le savoir au service du pouvoir », on pourrait à notre tour leur reprocher un manque de savoir-faire et de savoir tout court! Le dialogue ou le débat organisé et réfléchi – comme celui que proposait intelligement Duhamel en réponse à l’invasion de Boutmy, et que les « bloqueurs » ont bêtement refusé – est la vraie solution.

  • Quentin

    en tout cas ça témoigne bien de l’image que les élèves de facs retiennent de nous: « bourgeois » « riches »….
    si c’est sur fond de la réforme du statut d’enseignant-chercheurs, il ne faudrait pas qu’ils oublient qu’à Sciences po également la recherche tient une place importante, et je ne suis pas certain que des critères strictement utilitaristes et matérialistes suffisent à apprécier des recherches en histoire ou en philosophe politique: autrement, la recherche est tout autant menacée à Sciences po qu’ailleurs. Et encore une fois, nous ne sommes pas si éloignés que ça des étudiants des universités; notre école est simplement plus sélective. S’il y a une grande part effectivement d’élèves issus des classes supérieures ou moyennes supérieures, nous nous sommes diversifiés. ce mépris à notre égard témoignerait il d’un ressentiment tout à fait trivial, que l’on tente de cacher derrière une pseudo lutte des classes?

  • Drac

    Sandra, on aime tous l’UNEF (ou pas), mais pas de discrédit sur SUD : ils n’étaient pas prévenus du tout de l’arrivée des bloqueurs.

    Pour preuve, fallait voir leurs têtes au début de l’occupation.

  • Sandra

    Il n’est pas sûr que tout ceci ne se soit pas organisé sans la complicité de SUD…
    Au delà de l’oeuvre d’une minorité, il serait dommage d’occulter la majorité des étudiants mobilisés (qui d’ailleurs n’ont pas voté ce genre d’actions à la précédente AG) – il me semble avoir entendu l’unef déplorer ce genre d’actions radicales ms quand m appeler à participer à la suite du mouvement – qui ne prônent en aucun cas la radicalité du mouvement mais simplement des actions légitimes pour faire reculer le gouvernement sur la masterisation des IUFM, la réforme de l’allocation des moyens… Et d’ailleurs çà fait quelques semaines qu’ils distribuent des tracts pour expliquer les raisons de la mobilisation !
    La meilleure réponse demeure une mobilisation massive, souveraine et légitime de la part des étudiants, en particulier de sc po. Venez donc tous en AG jeudi à 10h (en amphi Eichtal je crois) et ensuite en manif à 14h à République !

  • Romain

    Je déplore aussi le fait que ces personnes n’aient pas accepté d’établir un dialogue posé entre étudiants.

    Qui plus est ils sont restés aux années 70 pour la population de Sciences Po, ça fait quelques lustres que des gens tout à fait ordinaires côtoient les « fils de »…

  • Vincent B.

    « Quelque 150 étudiants de différentes universités d’Ile-de-France »
    …Selon la police ou les organisateurs? Amis des pirouettes statistiques, bonsoir!

  • jérôme

    Mia Frye à Sciences Po. wahoo, heureusement que tout le monde n’avait pas cours o 27^^.
    Apparement c’est un peu cliché les représentations, nous ne sommes pas tous issus de familles de rentiers ou autre.

  • Sandra

    Et merde, j’ai loupé ça…
    Vu de l’étranger, on dirait un remix de 1789, au moins. Ou alors un jour de soldes chez Wal Mart 😉

    Au delà de l’humour, les bloqueurs ne l’ont pas joué fine… vu qu’a priori, ils se sont mis tout le monde à dos, même les « camarades » SUDistes.

  • Vu d'Angers

    Drôle les mecs.
    Et après ca s’étonne d’être au chômage.
    Si la France ne sait que « gréver », c’est que dès le plus jeune âge elle se l’apprend elle même.
    Ah, ces traditions françaises!

  • Vincent B.

    « S’est alors organisé un débat spontané entre étudiants des autres facultés et ceux de Sciences Po sur les différentes réformes en cours à l’université »
    Je ne devais pas être dans le même amphi Boutmy…

    « Une trentaine de gendarmes mobiles, boucliers et matraques au poing »
    … et le couteau entre les dents?

    Tout ça pour ternir l’image d’une contestation, qui en somme, est soutenue par la majorité d’entre nous. Plutôt que de s’imposer comme des sauvageons, ils auraient pu distribuer des tracts ou autre, afin de prendre date avec les étudiants de ScPo pour discuter de tout ça entre personnes civilisées. Mieux, cela aurait pu être enrichissant. Résultats des courses, on entend en réponse des crétins de ScPo scander des « retournez à la Sorbonne »: on ne s’entend plus…

    Il est toujours regrettable que dans toute cause il y est une frange extrémiste. Je finirais en disant que les lieux de savoir et de culture ne devraient jamais être pris en otage, et ce, quelque soit la cause: un peu d’imagination pour se faire entendre!

  • M.

    Pitoyable, de la part des « bloqueurs » méprisants (« sales bourges », « fils de riches ») et des quelques abrutis méprisants parmi les élèves de Sciences po qui leur ont répondu (en applaudissant les gendarmes par exemple)…

    Mention spéciale au demeuré qui a balancé le contenu d’une poubelle par la fenêtre, et à la soeur de Mia Frye qui faisait plus pitié qu’autre chose avec ses insultes à la con.

    Le blocage pourquoi pas, mais qu’on parle, qu’on discute…Sinon c’est de la bouffonnerie…

  • Drac

    Z’auraient pu avoir la décence de PRÉVENIR, ils auraient été canalisés par les syndicats de Sciences Po (beau rebondissement de SUD, à propos 😉 ).

    Là, c’était le foutoir. Et le mépris était clairement du côté des « faqueux » – notamment le mépris des SUDistes de Paris VIII pour les SUDistes de ScPo qui ne demandaient pourtant qu’à en faire un mouvement.

  • Didounledodo

    Quoi de plus étonnant quand on voit une horde de néo-barbares occuper l’école sans raison véritablement pertinente si ce n’est se donner l’impression qu’ils font quelque chose de leur vie…

  • Observation...de bon sens

    A Sciences Po nous sommes tous des connards qui méprisons les grandes écoles tout autant que la fac. D’ailleurs nous nous méprisons même entre nous. Sans compter l’administration et les profs.
    Mais merci de l’observation, « Observation ».

  • Antoine G.

    D’après les échos que j’ai pu avoir, le mépris vient aussi de l’autre côté, non ? C’est dommage qu’il n’y ait eu aucune concertation ni tentative de débat avec les syndicats de Sciences Po, savoir ce que les gens essayent d’y faire et les aider éventuellement au lieu de se foutre sur la gueule.

  • Observation2

    Pourquoi les élèves de Sciences Po devraient-ils se méfier ou mépriser les étudiants des facs qui viennent les agresser tranquillement ? Le second degré était de loin la meilleure réponse. Aucun dialogue possible avec la barbarie.

  • Observation

    On a un peu l’impression qu’il règne au sein des élèves de Sciences-Po une méfiance ou un mépris envers les étudiants des facs…

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