Vie du campus

Rencontre avec trois nouveaux énarques

Champagne !
Il y a quelques semaines, LaPéniche se demandait : « Sciences Po – l’ENA : même combat ? ». Nous sommes donc allés à la rencontre de trois diplômés de notre cher Institut, récemment admis à l’Ecole Nationale d’Administration. Les anciens sciences-pistes : Pierre-Eliott Rozan, Stéphane Fisch et Quentin Lopinot ont accepté de répondre aux questions de LaPéniche. Tous trois issus de la promotion 2011 « Émile Boutmy » ont été admis à L’ENA au sortir de leur master Affaires Publiques. Exceptions à la règle « prep’ENA » ? Anciens Cum Laude ? Troisième année à Harvard ? Bien loin des stéréotypes et du lot commun de préjugés affublés aux énarques, ils partagent avec nous leur expérience, leurs ambitions et retracent leur parcours.

Pourquoi l’ENA ?

Pierre Eliott: Pour ma part, j’étais intéressé par les métiers offerts à la sortie, plus particulièrement, les fonctions financières de l’Etat et on y a accès plus particulièrement par l’ENA

Stéphane : Il y a certains jobs dans l’administration auxquels tu ne peux accéder que par l’ENA, si tu veux faire une carrière dans ce domaine c’est idéal.

Quentin : Oui, il y a des postes qui sont plus ou moins réservés aux énarques, ce sont des postes qui, effectivement, sont intéressants pour nous, en ce qui concerne la construction des politiques publiques par exemple. Et puis, en faisant le master Affaires Publiques, on découvre les métiers qui y sont liés…

Quand avez vous décidé de faire l’ENA ?

Pierre Eliott : J’ai d’abord été motivé par un stage qui m’a montré ce qu’était l’administration, ce qu’on pouvait y faire, alors qu’avant j’avais une vision très restreinte. Je pensais que l’ENA, c’était quelque chose d’inaccessible, mais on m’a convaincu de tenter.

Stéphane : Je ne suis pas rentré à Sciences Po en ayant en tête de faire l’ENA, et de même, je pensais que l’ENA était quelque chose d’inaccessible. Mais quand j’étais en stage, j’ai rencontré pas mal de jeunes énarques, et ça m’a donné envie de passer le concours.

Quentin : C’est vrai qu’avant d’arriver au bout du Master Affaires Publiques, on pense que l’ENA est quelque chose d’extraordinaire. Effectivement, c’est très selectif et il faut bosser pour l’avoir, mais c’est pas non plus inaccessible

Vous évoquez la charge de travail, mais, à ce propos : comment avez vous préparé le concours ? Pensez vous que Sciences Po suffit en soi ?

Stéphane : Sciences Po aide beaucoup : le master Affaires Publiques est calqué sur le concours et tout est fait pour t’aider. Mais naturellement, c’est un travail personnel, personne n’apprendra ton droit public à ta place.

Quentin : Sciences Po te donne la méthode. C’est indispensable à la préparation des épreuves : au concours, tout le monde peut avoir la connaissance, mais, ce qui fera la différence, c’est la méthode. Or elle est vraiment enseignée à Sciences Po. Stéphane : Cela se voit également dans les résultats au concours, on remarque une suprématie de Sciences Po

Pierre-Eliott : Pour en revenir à la préparation : à mon sens, le plus important c’est l’aptitude à travailler. Être capable de passer ses journées à la bibliothèque, pendant les vacances autant que pendant les révisions d’examens.

Et maintenant que vous êtes admis, comment rester modestes ?

Stéphane : Il faut quand même relativiser : dans le concours il y a une grand part de chance. Des gens très bons ne l’ont sans doute pas eu : cela incite à l’humilité.

Pierre-Eliott : D’autant plus qu’on n’a rien fait pour l’instant, on sort tout juste de Sciences Po !

Quentin : Oui, il faut savoir, que les gens du concours interne ont parfois quinze à vingt ans d’expérience dans l’administration. Certains ont travaillé à Bercy, ou encore dans des administrations étrangères etc.

Est-ce une fierté pour vous d’être rentrés sans prep’ENA ?

Pierre-Eliott : Cela aurait été une fierté il y a dix ans, mais aujourd’hui, la plupart des admis n’ont pas fait de prep’ENA.

Stéphane : Clairement, si je ne l’avais pas eu, je serais retourné en prep’ENA, mais ça aurait été dur de s’y remettre. L’investissement est vraiment fort.

Pierre-Eliott : Surtout, on arrive en prep’ENA en janvier et la moitié de l’année est passée

Êtes vous d’anciens summa cum ?

Tous : Non !

Pierre Eliott : Un bon niveau en master est nécessaire, parce que les matières sont les mêmes qu’au concours

Quentin : Mais ça ne correspond pas toujours. À la fin de la cinquième année, quand tu travailles les matières du concours, tu dois aussi mettre de côté les fiches habituelles

Stéphane : La réussite dépend beaucoup de la motivation, et pas uniquement au niveau académique.

Quentin : Oui c’est une question d’organisation et de motivation pendant l’été qui précède le concours. Il faut tenir un rythme intensif pendant les derniers mois, ne pas s’épuiser dès le début.

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