Vie du campus

Réforme du concours

Arcueil
A peine deux ans après la modification du concours d’entrée en 1ère année de Collège universitaire à Sciences Po, qui avait eu pour objet de déplacer la date du concours de fin août à la semaine suivant le bac et la révision de son format, une nouvelle réforme actuellement en discussion prévoit que le celui-ci fasse à nouveau peau neuve. Si la réforme n’est pas encore votée et que de plusieurs groupes de travail doivent encore se réunir, on voit néanmoins dès à présent se dessiner quelques grandes lignes de ce que sera ce concours nouvelle génération.

Une réforme, pourquoi ?

Tous les étudiants de Sciences Po l’ont vécu : les inscriptions dans une école, faculté, prépa… via le système Admission Post Bac (APB), les résultats d’admission, l’envoi de dossier et l’inscription, puis finalement les résultats du concours, notre nom qui apparaît sur la liste des inscrits (hallélouya), et la désinscription nécessaire dans l’établissement attribué par APB. Si le déplacement de la date du concours juste après le bac a permis aux étudiants de ne plus s’engager dans un autre cursus en attendant les résultats, ceux-ci n’arrivant que fin juin alors qu’APB est définitivement fermé, les places laissées vacantes par les étudiants admis ne peuvent être réattribuées. C’est donc près de 1000 places dans les universités, prépas ou écoles qui sont chaque année laissées non-attribuées, alors que d’autres étudiants auraient pu en profiter. En bout de chaîne, on considère qu’environ 6000 étudiants chaque année n’intègrent pas l’établissement qu’ils auraient espéré, car les quelques mille nouveaux Sciences Pistes se désinscrivent trop tardivement.

Pour contrer ce phénomène, le Ministère de l’éducation a donc demandé à Sciences Po de présenter une nouvelle réforme du concours, afin d’adapter le calendrier à celui des autres formations. De juin, le concours d’entrée se déplacerait en février. Sur le principe, l’administration de Sciences Po ainsi que trois des quatre syndicats étudiants sont d’accord sur ce changement de date – le MET y étant fondamentalement réfractaire. Ce changement de date aurait lieu le plus rapidement possible, c’est-à-dire pour le concours 2013 (déplacer le concours de 2012 serait une « rupture de contrat » avec les lycéens actuellement en Première qui envisagent de s’y présenter en 2012). Cependant, si le changement de date fait quasiment l’unanimité, beaucoup de questions sont encore en suspens et doivent être discutées.

Une réforme, comment ?

Petit rappel : depuis les concours 2010 et 2011 étaient composés de 4 épreuves :

– Culture générale, qui nécessitait donc la connaissance du programme de philosophie de Terminale – Histoire, de 1914 à nos jours, avec obligatoirement un sujet portant sur le programme de Terminale – Epreuve de langue, avec une barrière éliminatoire à 7/20 (plus ou moins prise en compte) – Epreuve à option, en fonction de la section au lycée : mathématiques, littérature ou économie.

L’impossibilité de maintenir un tel format est évidente au vue de l’avancée de la date du concours : comment demander par exemple à des élèves initiés à la philosophie depuis cinq mois de composer en culture générale ? L’épreuve de culture générale, qui est considérée comme la plus socialement discriminante, serait supprimée.

Reste encore à adapter le format des autres épreuves. En ce qui concerne le programme de celles-ci, Sciences Po se plie aux indications du Ministère de l’Education. Une modification du programme d’Histoire et de l’épreuve à option apparaît donc comme nécessaire, puisque les lycéens n’auront pas alors étudié toutes les notions de Terminale. Des réflexions sont également engagées afin que le futur concours ne dure qu’une journée. Les élèves de Province verront ainsi leur charge financière diminuer, puisqu’ils n’auraient plus à payer en plus de leur transport leur hébergement. Une nécessaire révision de la durée et du format des épreuves est donc indispensable. Des questions se posent également au sujet du maintien ou non de l’épreuve de langue, et si celle-ci est maintenue, une révision profonde paraît indispensable.

Nouveauté également du concours révisé : les étudiants ne seront plus directement admis, mais tous devront passer un oral, qui aurait probablement lieu durant les vacances de Pâques. Cette nouvelle procédure semble un point d’accord. Elle permettrait en effet d’établir une plus grande diversité sociale au sein de l’Institut, un oral étant beaucoup moins discriminant qu’un écrit. De plus, « l’esprit Sciences Po » semble mieux être respecté, puisque les candidats ainsi admis devraient à la fois être doués à l’écrit et à l’oral, et non pas uniquement des « bachotteurs ».

Les résultats étant publiés avant le bac, la procédure d’admission après une mention Très Bien au bac serait sans doute remplacée par une sélection sur dossier, qui prendrait en compte les résultats de Première et du premier trimestre de Terminale, voire peut être même de Seconde. La procédure CEP, mise en place depuis 2005, elle, resterait inchangée.

Si des idées permettent dès à présent de deviner vers quoi s’oriente la réforme, beaucoup d’imprécisions subsistent à cette date. Néanmoins, on a vu – ne serait-ce qu’avec l’animation en Péniche – combien cette modification en discussion du concours d’entrée déclenche d’élans. Alors, cette future réforme, risque ou chance ?

villepinte

Une réforme, risque ou chance ?

Ce changement de date comporte plusieurs risques, notamment celui de radicaliser encore un peu plus la sélection prématurée. Certains, comme le directeur de la prépa mi-privée, mi-publique Lakanal, Bernard Clerté, le soulignent : « C’est là une spécificité franco-française, déjà critiquable à Bac +2 pour les Grandes Ecoles et qui le sera encore plus à Bac 0 (- 4 mois) ». Le choix de préparer ou non le concours devra être fait très rapidement par les lycéens, ce qui pourrait décourager ceux qui préfèrent en premier lieu assurer leurs arrières en privilégiant leurs résultats au lycée et leur dossier scolaire, ou tous ceux qui hésitent sur leur choix d’étude.

Une large diffusion des informations concernant le nouveau format du concours sera nécessaire, notamment dans les milieux où peu d’étudiants préparent Sciences Po. Cependant, on a vu notamment en 2009 que ces informations se diffusaient assez rapidement et efficacement. Le problème de l’information n’est donc pas le principal, mais des mesures de communication efficaces pourront servir à désamorcer certains doutes concernant le nouveau concours, et à encourager des lycéens qui pourraient être un peu perdus au milieu de tous ces changements.

Par ailleurs, le risque majeur d’un changement de date est de renforcer la place des prépas privées. Si la réforme de 2009 avait permis la fin des préparations intensives pendant l’été après la terminale, de nouveaux stages seront mis en place pendant l’été de la Première à la Terminale. Le monopole des prépas privées risque encore de se renforcer, car les lycéens seront moins préparés en février qu’ils auraient pu l’être en juin. Ceux-ci devront jongler avec leurs cours, leurs contrôles, leurs bac blancs et le concours de Sciences Po durant un laps de temps réduit, et seront donc d’autant plus tentés d’avoir recours à une prépa privée annuelle. Conséquence de ce renforcement des prépas privées, Sciences Po pourrait perdre l’avantage qu’il a acquis ces dernières années en termes de diversité sociale.

C’est bien là un des enjeux clés de la réforme du concours. Si aujourd’hui 78% des étudiants viennent de milieux aisés, le chiffre dépassait les 90% il y a encore quelques années. Il ne s’agirait pas d’y revenir du fait d’un concours mal agencé. Afin d’éviter cela, et de favoriser encore plus la diversité sociale au sein de l’établissement, plusieurs lignes directrices sont en discussion. La procédure généralisée d’oral, par exemple, compense le biais social important d’un écrit. Des nouvelles formes d’épreuves faisant plus appel à l’intelligence et moins au bachotage, désamorçant ainsi en partie la sélection par l’argent des prépas privées, sont également au programme des discussions.

Face à ces projets de modifications, certains s’inquiètent déjà de la « perte du mérite » de Sciences Po. Mais les concours d’entrée, en Master ou au Collège Universitaire, ont déjà subi de nombreuses modifications. Un concours en février ne serait pas nécessairement un concours au rabais, pour peu que les épreuves soient bien pensées et puissent être représentatives du potentiel de l’étudiant, de son projet, de ces capacités, tout en étant compatible avec son niveau d’élève de milieu de Terminale, apte à progresser.

Affaire à suivre.

15 Comments

  • Mathilde

    Je pense que la suppression de l’épreuve de Culture Générale est catastrophique. Loin d’être discriminante, cette épreuve était assez proche souvent d’un sujet de philo et certainement la plus intéressante du concours. Je pense qu’elle participait à la « marque » Scpo, réflexion et élargissement sur le monde contemporain. Vraiment regrettable.

  • Raccourcissons la correction

    Une remarque. Au lieu d’avancer la date du concours, pourquoi ne pas plutôt investir dans une correction plus rapide pour que de fin juin, les résultats soient actés mi-juillet (10 jours suffisent bien pour corriger le bac avec passage en commission etc.)? En 2011, le troisième « round » de apb aura lieu le 14 juillet. Il suffirait donc de faire en sorte que les résultats du concours de scpo soient publiés avant. Aussi simple!

    (Attention à ne pas s’emporter « C’est donc près de 1000 places dans les universités, prépas ou écoles qui sont chaque année laissées non-attribuées, alors que d’autres étudiants auraient pu en profiter. »…)

  • Observateur à contre-courant

    « La seule chose qui soit à craindre, est le retour en force de prépas hors de prix… »

    Pourquoi à craindre ?

    On dirait que pour certains, réussir par une prépa c’est pas du jeu. Comme si les autres candidats passaient le concours sans préparation, aucune. Comme si ceux qui font une prépa réussissent automatiquement (on est en réalité très loin du compte à bac+0). Il faut distinguer deux types d’élèves qui rentrent dans ces prépas :

    -ceux qui y vont pour « se rassurer » (mention TB haute): participent à l’élévation du niveau du concours, ils sont appréciés des prépas, minorité de pigeons qui permet de garantir un bon pourcentage de réussite. Ceux qui ne font pas la prépa risquent sur un mauvais jour de se faire chiper la place par la catégorie ci-dessous :

    -ceux qui sont « juste » (mention B) majorité des clients, sur un bon jour ça passe, donc ils comblent quelques lacunes, développent une méthode qui suffisait jusqu’alors pour avoir un ptit 14 au lycée sans trop se fatiguer. C’est un bon tiers je dirais. Ceux qui fournissent la masse des candidats aussi.

    -ceux qui n’ont rien à perdre (0 mention/AB), un petit tiers des clients (sinon quelques milliers d’euros) : ils ne sont souvent pas faits pour l’école, mais le concours leur réussit car c’est un objectif fixe et qui apporte satisfaction directement, pas comme le contrôle continu et le bac, qui ne motivent pas un mauvais élève qui sait qu’il est déjà trop tard pour l’excellence académique (et oui, on regarde le dossier, il est foutu d’avance). Parmi eux, on distingue ceux qui ont la base indispensable, des autres pour qui l’entrée relève de la chance : ils écrivent sans plus de fautes que les « justes » qui en font pas mal. Parmi ceux-là, reste comme facteurs : la volonté, et l’assiduité dans quelques matières : histoire, philo, langue, spé. Quel avantage pour celui qui ne pourrait prétendre à la prépa avec ses moyennes en dessous de 8 en physique et mathématiques. Ceux qui réussissent c’est souvent ceux qui n’ont jamais travaillé à l’école, et qui réussissent à s’y mettre. Ceux qui étaient mauvais en travaillant on peu de chances, quand bien même ils sont plus appréciés à l’école ( au lycée, mieux vaut un 8 qui passe à 10 qu’un 12 qui passe à 10 et qui énerve plus qu’autre chose)

    Et là le concours révèle son défaut pour certains, atout pour d’autre : il accepte des gens parfois cyniques qui veulent juste un bout de papier sur lequel est écrit Pipo pour montrer à un futur employeur qu’ils savent lire, écrire et s’exprimer à l’oral en allant vers l’essentiel. Il délaisse les enfants chéris de l’école républicaine qui élimine au fur et à mesure. Ceux-là auraient parfois déjà du être éliminés de la course mais sont restés dans le dernier wagon sans trop comprendre où ils allaient.
    Mais la diversité ne fait pas de mal, certains d’entre eux, par rejet de l’école qui les méprise, vont apprendre ailleurs, et s’ils rentrent à ScPo c’est aussi parce qu’ils ont acquis de leur côté des connaissances qui sortent des sentiers battus de l’éducation nationale. Ils sont moins « moulés », et le peu de travail de profondeur que demande l’art du Pipotage leur permet ensuite, avec un peu de volonté, de faire jeu égal avec le bon élève. Ceux-là finissent rarement dans le master recherche, soit, mais Science Pipo n’est pas là pour former à la pelle des hordes de chercheurs.

    L’investissement d’un an de préparation, pour l’élève destiné à échouer/galérer en licence de sociologie/cinéma/géographie, est très rentable. Cela lui permet de rattraper en un an le retard accumulé depuis disons le début du collège. Et parmi ces personnages qui se glissent dans l’établissement avant que la porte ne se referme, un petit nombre apporte la diversité sociale tant chérie par les apôtres du mélange et de l’ouverture vers de futurs nouveaux déracinés qui oublieront parfois bien vite ces racines impures aux yeux de leurs « camarades » de promotion.

    Après c’est que mon point de vue

  • LOL BIS

    @Lol, en bicursus, je suis très content d’être à Sciences-Po, mais s’il avait fallu choisir entre mettre H4-AL ou Sciences-Po en premier choix sur APB, j’aurais mis H4 sans hésiter n’ayant aucune chance de l’avoir si je ne le mettais pas en premier choix et aurait visiblement été pris, annulant d’office la possibilité de choisir Sciences-Po. Le choix m’a été offert et j’ai choisi Sciences-Po, et je pense très sincèrement que j’aurais regretté le choix inverse. Le classement des choix sur APB est une connerie sans nom qui vous force, quoiqu’on en dise et en pense à classer ses choix selon la dureté des critères de sélection, pas selon ses aspirations. J’espère sincèrement que Sciences-Po restera en dehors de cela.

  • Lol

    @Soison : selon toi, les DRH sélectionnent selon le niveau intellectuel, déterminé par un concours passé après le Bac. Et donc elles servent à quoi les 5 années à Sciences-Po? Tant qu’on y est, passons tous un test de Q.I. à 16 ans et attribuons ensuite les professions, de Président de la République à poinçonneur selon nos résultats. Délirant.

    @Si je vois une tête qui dépasse… : concernant ton point 2, crois-tu vraiment ce que tu dis? Les élèves de Terminale qui veulent faire Sciences-Po mettront Sciences-Po en premier et les prépas ensuite. Comme tu le dis, Sciences-Po n’a jamais été une voie de substitution pour les non-admis en prépa, mais l’inverse, et il n’y a pas de raison que ça change! L’ordre des choix au cours de la procédure n’a aucune incidence, il est UNIQUEMENT un ordre de préférence. Ceux qui mettront Sciences-Po après les prépas seront donc les étudiants qui, bel et bien, préfèrent faire une prépa plutôt que Sciences-Po.
    D’ailleurs ce système incitera peut-être beaucoup d’étudiants de Terminale à se demander s’ils veulent VRAIMENT faire sciences-po plutôt que d’aller à sciences-po par panurgisme sans trop réfléchir à si l’école leur correspond vraiment.

  • Soison

    Les étudiants ne pourront faire leur choix une fois le résultat APB et celui du concours seront tombés. Le résultat APB est DÉFINITIF, donc le choix se fait avant. Face à une telle situation combien mettrons une prépas avant, sans trop réfléchir? Beaucoup… Absolument pas la même situation que les gens déjà en prépas depuis 15 jours, qui auront pu murir leur décision. Tout est question de tempo.

    Beaucoup d’HEC et d’ESSEC sont d’accord pour dire que c’est parce qu’HEC est plus demandée que l’on y est mieux payé. Lorsqu’il y a six ans de cela une petite vague d’élève pris à HEC avaient choisis l’ESSEC, ils ont été reçus par le directeur et HEC a suivi ça de très très près. Coïncidence?

    Il faut être con pour penser que le concours n’est pas une vitrine importante qui permet de « prendre la température », là où les DRH ne sont pas au fait du niveau des profs, de la bibli, et de la progression des élèves. Et puis vu qu’il faut au moins 6 mois pour former les gens à leur boulot, ce qu’on a appris n’est pas plus important que notre niveau intellectuel, et ça c’est le concours d’entrée qui le montre.

    Tout refuser est une attitude idiote, mais la direction pourrait quand même consulter les élèves pour faire des mesures intelligentes et chercher un minimum de consensus, et pas un passage en force express.

  • Jean-Ed

    @Guigui : tes « un peut trop » (sic) ou « Une école […] choisi ses élèves » (sic)… Serait-ce une preuve du niveau qui baisse ? Comme quoi toute sélection, même biaisée socialement, a ses défauts…

    Là où quand même tu as raison, c’est quand tu nous dis qu' »une école qui se veut excellente [devrait choisir les meilleurs d’où qu’ils viennent ». Seulement il existe aujourd’hui un problème majeur : les biais sociaux présents dans le concours ne permettent justement pas cela : en l’état, cette procédure ne sert qu’à recruter des étudiants des classes les plus socialement favorisées.

    Personnellement, je pense qu’il n’y a pas d’excellence sans égalité des chances. Les MTB ou les CEP sont-ils moins bons parce qu’ils n’ont pas passé le concours ? Ce n’est qu’en mettant tout le monde réellement à égalité devant un concours non discriminant socialement que tu prendras vraiment les « meilleurs » à la fin. Qu’est-ce qu’un concours intelligent, quand toutes choses égales par ailleurs, un étudiant non parisien a plus de deux fois moins de chances de réussir l’examen qu’un parisien ?

    Sans réforme du concours, Sciences Po restera une école d’élite et un centre de la reproduction sociale. Ce qui n’a pas grand chose à voir avec l’excellence, sauf dans sa version « censitaire »

  • Guigui

    Il faut surtout arrêter avec ces idées d’ouverture et de démocratisation qui semblent à Sciences Po totalement aller de soi. Non la qualité d’un établissement ne se juge pas que sur son enseignement mais aussi, et surtout sur la qualité de la sélection à l’entrée.
    Regardez HEC, l’ESSEC, l’X… Si nous voulons aider, soit, mais qu’on le fasse avant le concours, cela ne sert à rien d’accepter des étudiants moins bons juste parce qu’ils sont issus de la diversité: l’IEP Lille le fait, l’ESSEC le fait également en donnant des cours de soutiens aux élèves en difficultés préparant les concours. Sciences po n’a pas pour objectif de représenter la population française et c’est bien normal. Une école qui se veut excellente choisi les meilleurs d’où qu’ils viennent, et on devrait arrêter de se mutiler parce que on n’intègre pas assez de fils/filles d’ouvriers. C’est partout pareil, et ainsi on ne prend pas le risque de prendre justement « un peut trop  » et de faire irrémédiablement baisser le niveau…
    Je ne comprend vraiment pas cette tendance obsessionnelle à vouloir à tout prix faire venir plus de monde, et qui plus est, des gens moins bons. Parce qu’il faut arrêter de dire des conneries : en lisant le projet de l’UNEF on s’aperçoit bien vite que la baisse de niveau est réelle : on veut mettre un oral obligatoire parce que l’expression écrite serait un biais social terrible. Autrement dit, pardonnons aux élèves de ne plus savoir écrire et faisons un peu de discrimination positive à l’oral, ça ne fera pas de mal. C’est vrai, c’est tellement mieux de prendre tout le monde, on sera tellement fier quand sciences po accueillera des promos de 10 000 personnes et que cette école sera devenue la plus grosse usine à gaz de France, avec un niveau en chute libre.
    Quelle différence avec la moindre FAC française ? Quel mérite ?

  • Ancien

    Il faut vraiment arrêter avec l’éternelle rengaine de la baisse de niveau du diplôme. Plusieurs raisons:

    1) La qualité d’une école ne se juge pas sur le concours d’entrée mais sur la qualité de la formation qu’on reçoit une fois à l’intérieur! (i.e. profs, bibliothèques, conférences, etc.). Pourquoi est-ce que tous les étudiants du monde affluent vers les universités américaines/OxBridge? Evidemment pas pour leur concours d’entrée! Si Sciences Po a de bons profs, propose de bons cours, continue la 3A, aide à l’insertion sur le marché du travail, etc., tous les étudiants qui font les efforts nécessaires seront bons à la sortie et trouveront un boulot. Je ne dis pas qu’il ne faut pas être sélectif, mais au lieu de vous focaliser sur l’entrée, comme si un étudiant ne changeait pas en 5 ans, mieux vaut s’intéresser à ce qui se passe une fois à l’intérieur.

    2) Avec 2000+ élèves passant le concours, Sciences Po a très probablement de quoi prendre plusieurs centaines d’autres élèves du même niveau que ceux admis, mais est limité par une question de capacité. Tous ceux admis devraient donc être un peu plus humbles…

    3) Réveillez-vous. Avec l’entrée sur dossier, la procédure ZEP et les étudiants étrangers, le concours n’est depuis longtemps plus la seule façon d’entrer à Sciences Po. L’idée selon laquelle le concours déterminerait forcément le niveau de l’école n’a donc pas beaucoup de sens…

  • @ Soison

    Je ne vois pas en quoi les genis destinés à l’X ou Ulm n’iraient plus à SciencesPo. L’idée principale de la reforme est de faire en sorte que les résultats d’admissions de SciencesPo tombent en même temps ou peu avant les résultatS d’APB, donc les candidats auront parfaitement le choix !

    L’argument de la baisse du nombre d’admis à l’ENA me parait fallacieux. Lorsque l’examen était en septembre, il pouvait nous priver des gens admis à H4, LLG et Hoche, mais l’avancer ne sera pas un mal.

  • Soison

    La baisse de niveau est dû au système plan com. Les génies destinés à l’ENS que l’on arrive a chiper (peux nombreux, mais tirant l’école vers le haut par leurs résultats au concours) ne pourront plus se décider comme avant dans ce nouveau système. Ça ne nous est pas favorable. Alors bien sûr le niveau général ne changera guère, mais notre taux de réussite à l’ENA reste un indicatif fort pour l’extérieur (et comme seule l’image compte au final…).

  • New plan com ?!

    Pour faire vastement parler de SciencesPo, quoi de mieux que de faire parler d’une reforme du concours ? Il va évidemment falloir informer tout les lycées de France et de Navarre, les media vont parler de nous, comme lors de la reforme pour le concours 2010 !

    Résultat : le nombre de candidats va encore exploser !!! Il va être (à mon humbre sens) difficile de parler de baisse du niveau si le concours établit un nouveau record de participation.

    La seule chose qui soit à craindre, est le retour en force de prépas hors de prix…

  • Si je vois une tête qui dépasse...

    1° Le dossier dépend du lycée. 15 à H4 ≠ 15 en Savoie… Alors bien sûr les prépas utilisent les notes affectées aux lycées par le ministère, pour accueillir d’excellents élèves méritants (i.e. les futurs énarques). Évidemment à Sciences Po l’administration ne le fera pas, au nom de l’humanité en souffrance.

    2° Le choix sur APB sera précoce, les élèves mettront en majorité les meilleurs prépas devant SP, et s’ils sont choisis par APB devront obligatoirement y aller. Donc pas de choix de dernière minute, une fois confronté au deux, au profit de SP. Nous aurons ceux que les meilleures prépas ne veulent pas, l’inverse du système actuel ! SP à genoux.

    3° En fait les 15 meilleures prépas de France, ultra-élitistes, en avaient marres de voir leur égos monstrueux ratatiné à chaque rentrées, et ont fait du lobbying pour que leur système triomphe. L’UNEF applaudit RD sans trop comprendre pourquoi, et se félicite de la chute de niveau (dû au système, quel que soit les modifications ou pas apportées au concours!) et de la victoire de l’élite, qui pour le coup s’en contrefout des inégalités et autres préoccupations de pauvres. Ça a marché… SP avale

  • Pab'z

    Supprimer l’épreuve de Culture générale ? Ils n’oseront pas. Monsieur Descoings a-t-il à ce point envie de coller à la réputation qu’on lui prête ?

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