Vie du campus

Le FN à Sciences Po, histoire d’une bête traquée

Marine Le Pen à Sciences Po

Escortée par son imposant garde du corps, sous les huées de centaines d’ «enfants d’immigrés », Marine Le Pen, sourire crispé aux lèvres, riposte et vocifère. « Vous êtes tous des enfants de bourgeois !» La scène absolument ahurissante se déroule le jeudi 5 avril 2012, lors du Forum Elle de Sciences Po. Les enfants d’immigrés ? Des étudiants rassemblés au nom de l’UNEF passablement révoltés par la visite de la candidate du Front National à l’élection présidentielle. Enfants de bourgeois ? Une réponse antiélitiste pour ne pas sombrer dans l’agressivité. Mais l’image n’en demeure pas moins symbolique d’une relation glaciale entre le parti d’extrême droite et les étudiants de l’IEP. Sympathisants traqués, opinions frontistes abhorrées, chasseur chassé, qu’en est-il réellement du FN à Sciences Po ? La Péniche a mené l’enquête.

Marine Le Pen à Sciences Po

Un parti victime de son idéologie

Le Front National s’érige dans les couloirs du 27 rue Saint-Guillaume en victime expiatoire de son propre système idéologique, édifié sur la peur et le scepticisme latent vis-à-vis de ceux qui sont « différents ». Fondé en 1972 par Jean-Marie Le Pen, le parti d’extrême droite n’a jamais prétendu écrire ses lettres de noblesse sur l’intégration de « l’autre » et l’ouverture internationale. Idéologiquement, tout semble opposer le FN et Sciences Po, dont la réputation « internationaliste » n’est plus à faire. Que doivent penser les pontes du FN ou leurs plus fervents fanatiques d’une institution française, « fabrique de l’élite » selon Alain Soral, où se nouent tant de liens entre étudiants venus de tous horizons ? Aussi, pour Julien Palomo, responsable de la vie universitaire, « la surreprésentation de CSP (catégories socio-professionnelles) libérales à Sciences Po va à l’encontre d’un soutien au FN. Le FN n’est pas un parti libéral, mais le descendant d’une forme de socialisme des années 20-30 développées en réaction au bolchevisme soviétique, partisan d’une économie contrôlée et d’une intervention étatique à tous les niveaux ».

Exclu du débat, sous le feu des critiques

Nous avons voulu interroger certains haut-gradés du parti, tous ont refusé, prétextant « un calendrier chargé ». Ils ont sans doute du se remémorer le mauvais quart d’heure passé par Florian Phillipot, interviewé récemment par les « inquisiteurs » de RSP. A quoi bon prendre la peine de se déplacer quand on sera quoi qu’il en soit critiqué et jamais écouté ? Le vice-président du FN, pris au piège d’un studio radio et assommé de questions, a donc fait les frais de ce phénomène à l’allure anti-démocratique. Philippot n’a jamais été en mesure de détailler ses opinions dans une saine atmosphère, titillé sans relâche sur des détails comme s’il avait absolument quelque chose à se reprocher et devait étaler ses aveux sur la place publique. D’ailleurs, plusieurs « fans » Facebook du dirigeant frontiste n’y sont pas allé de main morte pour critiquer les journalistes de RSP : « Le niveau des questions est vraiment indigent, c’est donc ca Sciences Po !? » s’emporte Nicolas.R , tandis que Michael.D surfe sur la vague humoristique: « Le style Sciences Po est au journalisme ce que le style tunning est au design». A Sciences Po, de toute évidence, le rapport au FN tient sur un paradoxe. D’un côté, l’école ne compte plus ses chantres de la liberté d’expression, ses pourfendeurs de la censure, ses twitters rousseauistes qui défendent la voix tremblante de lyrisme et de grandiloquence les opposants chinois, Charlie Hebdo, Pussy riots ou que sais-je. Mais de l’autre, quand les « influenceurs » du parti frontiste débarquent à Sciences Po pour parler franchement et librement, ils sont exclus du débat public, boutés hors du champ visuel. On se souvient du très controversé Alain Soral (alors membre du FN), expulsé de Sciences Po manu militari par des policiers lors de la journée dédicaces 2006, sous prétexte que sa « sécurité n’était pas assurée ». Un beau témoignage d’ouverture dont l’école n’est pas sortie grandie. On nous reprochera de banaliser le FN, de médiatiser ses idées … Mais bien au contraire c’est cette répulsion intestine qui fait justement le lit du FN ! Il n’est jamais autant efficace que quand il passe pour une victime, un méprisé, un marginal, piétiné par les élites hautaines, le Siècle, les politiques de plateaux télés, etc. On sait comme il se complait dans ce rôle du « seul contre tous » ; pas sûr qu’il voudrait que ça change d’ailleurs…

Alain Soral, pas le bienvenu à Sciences Po

Paroles militantes en lieu et place d’une réflexion politique

Les étudiants de Sciences Po dans leur grande majorité craignent le Front National. Alors ils remplacent arguments constructifs et réflexion politique où ils pourraient exceller, par des formules à vocation militante : « C’est un parti raciste et xénophobe» (sous-entendu il faut lutter contre ce parti) affirme Pauline* ou encore « Je trouve incroyable que des individus en arrivent à voter FN, on ne va pas laisser des pourfendeurs de la liberté jouir de cette liberté d’opinion » (sous-entendu pas de liberté pour les ennemis de la liberté) s’indigne Lucas*. On en arriverait presque à imaginer ce pauvre étudiant livré à la vindicte populaire après avoir confessé sa sympathie pour les opinions frontistes.

« Les étudiants du campus sont anti-démocratiques »

Dénoncer tout ceux qui cautionnent les idées du FN? Certains penseront qu’il s’agit d’une simple élucubration abracadabrantesque, voire d’une supputation anxiogène à vocation polémique. Que nenni. Afin de répondre à la peur, de nombreux étudiants promeuvent « involontairement » la « terreur » et « traquent » les pro-extrême droite. Certes, pas physiquement –il n’y a pas encore d’escadrons s’attelant à la tache- mais psychologiquement. Dans cette optique, ils adoptent une méthode similaire à celle du FN, la « déstabilisation » par la culpabilisation. Quand le Front National cherche à ce que l’immigré (ou l’homosexuel) se sente coupable d’être ce qu’il est en France, les étudiants frontistes à Sciences Po paraissent condamnés à raser les murs. Lorsqu’un étudiant « neutre » tombe sur un de ses pairs ouvertement pro-FN, il croit assister à une apparition lugubre et en parle comme s’il avait aperçu une étrange créature seulement visible à la nuit tombée. « Il serait utopique que j’affiche ma couleur politique. Même si je ne milite pas pour le Front National, j’apprécie les idées du parti. Mais à Sciences Po, avouer mes préférences me mettrait en situation de faiblesse, voir d’exclusion sociale » explique Samuel*, étudiant en deuxième année. Une sensation de « silence imposé » que partage également Loïc*, un M1 qui n’y va pas par quatre chemins : « Les étudiants du campus sont anti-démocratiques. Ils disent tout accepter et pourtant refusent qu’on puisse s’exprimer en faveur du FN ».

Procédure de reconnaissance, un « double auto-censure »

Symbole éminent de ces relations tendues entre étudiants de Sciences Po et le grand parti d’extrême droite, l’absence d’association reconnue militant pour le Front National. Existerait-il une interdiction officieuse de la direction, s’inclinant sous la pression de l’UNEF, du PS ou du Front de Gauche ? « Non, dément catégoriquement Julien Palomo. Le fait est que la procédure de reconnaissance des associations nécessitant 120 voix, elle crée une double auto-censure. D’une part les étudiants pro-FN, manifestement peu nombreux, sont persuadés à juste titre qu’ils ne trouveront pas suffisamment d’étudiants démocrates pour accepter que toutes les tendances puissent avoir leur vitrine à Sciences Po. De l’autre, ces jeunes préfèrent se montrer prudents, en ne prenant pas le risque de « s’outer » pour ne pas faire l’objet d’éventuelles représailles ». Oui, des représailles … « La direction a toujours eu un point de vue simple sur les opinion militantes : s’exprime qui le veut, comme il l’entend, dans la limite où il respecte les lois et règlements en vigueur. Jamais la direction n’a voulu juger des idées ou des valeurs, mais elle doit veiller à ce que l’ordre public ne soit pas troublé et que l’intégrité physique des étudiants ne soit pas menacée ». La question est également de savoir quelle part représentent les étudiants frontistes dans le champ politique à Sciences Po ; si l’on ne s’appuie que sur les simulations présidentielles de mars dernier organisées au coeur de l’institut, ils sont déjà une bonne trentaine à avoir voté Marine LePen (3,8% sur 748 votants). Loin d’être dérisoire …

« Sciences Po a toujours été un symbole de la gauche caviar »

Mais, tous les étudiants n’approuvent pas cette manière de tuer dans l’œuf le militantisme frontiste. « Je trouve cela anti-démocratique, il est dommage que l’essence même de la représentation de tous les partis politiques ne soit pas respectée s’insurge Clarisse*(M1), je ne comprends pas pourquoi le FN est si maltraité, au contraire des partis d’extrême gauche ». Rattrapée par la crainte des fameuses « représailles », Clarisse se sent plusieurs fois obligée de préciser qu’elle n’est pas pro-FN, ce qui la dérange au plus haut point : « le simple fait de devoir le souligner m’énerve car cela montre qu’accepter le FN est trop souvent amalgamé à être pro-FN ». Selon J.Palomo, qui a décidément réponse à tout, « Sciences Po a toujours été qualifié de « gauche caviar » depuis Mai 68 et la révolte assez molle qu’on y a vue. Dans l’ensemble, les 18-22 ans en milieu urbain, typiquement l’archétype du jeune Sciences Po, pensent être à gauche, voire très à gauche. La gauche dure voit l’université comme un terreau favorable et via les syndicats notamment, vit sur le mythe qu’on fera changer le système de l’intérieur ». De même avouer partager certaines idées du Front National stigmatise immédiatement : par exemple au lieu d’une discussion saine et constructive sur l’avenir de l’euro, les partisans de son abandon sont immédiatement érigés au rang de « réactionnaires populistes ».

Ainsi, en voulant contrecarrer les idéologies rimant en quelque sorte avec « repli sur soi », la plupart des sciences pistes finissent eux-aussi par refuser le débat et s’éloigner de l’ouverture démocratique. Compte tenu de ces observations, une histoire d’amour FN- Sciences Po, ce ne sera pas pour demain.

  • Les prénoms ont été modifiés

64 Comments

  • Démosthène

    Bon article, qui a le mérite de montrer toute l’hypocrisie de tous ces groupes bien-pensants, UNEF, FDG, SUD, NPA, persuadés d’être les seuls détenteurs du BIEN, et qui, en son nom, se comportent comme des petits fachos. Leur aggressivité est la honte de notre école

  • M.F

    @Raoul L : « Mais le problème de ce pays, c’est pas trois pauvres marginaux qui glissent vers l’islam salafiste ou quatre roumains qui crèvent la faim dans des roulottes, c’est de la fumée ça » Quand on parle de fumée obscurcissant le petit écran et le français moyen, on évite les clichés et les inexactitude … Les roumains ne vivent pas dans des caravanes et la confusion est très mal vue entre la minorité Rom (présente dans l’ensemble du territoire Européen) et le peuple roumain.

  • Le vrai Front

    Le FN a totalement sa place à Sciences Po, mais c’est vrai qu’on ne peut pas affirmer notre sympathie pour ce parti dans les murs du 27. Sinon le Front de Gauche nous tombe dessus, et que dire du pc, du Npa. Va falloir se calmer un peu et réapprendre à vivre en démocratie. Rien que pour cette attitude anti-ouverture, j’ai envie de soutenir le Front national.

  • MonsieurZ

    @ALLO : Oui, d’ailleurs c’est connu que les nationalisations de banque, les bail-outs, la régulation de la finance et le « protectionnisme intelligent », tout cela est très très libéral. Fallait pas sécher la macro. Au temps de JMLP oui, pourquoi pas. Au temps de MLP c’est une blague.

    Oui, les acteurs conservateurs ont aussi soutenu les faisceaux de Mussolini parce qu’ils avaient peur des rouges. De là à dire qu’il étaient libéraux, c’est faire un bien triste amalgame. En Grande Bretagne, il y a des coalitions entre libéraux et travaillistes et entre libéraux et conservateurs et tous trois conservent leurs identités. Pour Hitler, c’est hubuesque, le parti nazi a toujours été socialiste. Dans la théorie et les faits.

    Je déteste le FN, désolé d’être simplement objectif. Je sais, c’est pas la norme à Sciences Po, donc c’est normal que tu aies du mal. Ca viendra tu verras.

  • ALLO

    @MonsieurZ : je t’invite à relire le programme du FN, de sa création jusqu’à aujourd’hui. Il prône une économie libéralisée sur tous les plans. Mais c’est pas grave, tu peux aussi parler sans être renseigné, le vent c’est sûrement chouette quand tu vas jouer au cerf-volant avec tes copines en écoutant Eric Zemmour.

    Et les ligues mon ami ont été formées et financées tout au long de leur existence par les bourgeois et les capitalistes. Elles ne s’adressaient pas aux problèmes économiques, mais si elles l’avaient fait je mettrais ma main au feu qu’elles auraient suivi un programme économique libéral – comme, et ce n’est pas un point Godwin, le programme d’Hitler en 1933 (qu’il a un peu zappé par la suite, certes). Et aujourd’hui, ce n’est pas étonnant que le FN reste sur cette ligne, les Le Pen étant une famille de gros bourgeois, et un bouquin sorti récemment recueille plusieurs témoignages de proches du FN le décrivant comme un énorme avare. Structuralisme toussa.
    Sur l’extrême droite et les groupuscules, si ici aussi tu contestes la réalité des faits, non seulement historiques mais aussi actuels, je ne sais que te dire. Vraiment.

    Finalement, tu ne défends tes arguments que de manière bien pauvre et éloignée d’une étude détachée des faits, et pire, tu mélanges tout. La rigueur intellectuelle ça commence par prendre les choses dans le bon sens. Mais le vent, j’ai bien compris, t’oriente davantage.

  • MonsieurZ

    @M’voyez : C’est étrange j’avais plutôt l’impression que le fait de ne pas réagir au mot « FN » en hurlant « sales facho sales facho sales fachos » comme un chien de Pavlov bavant devant un morceau de sucre rentrait dans la cas « tolérance ».

    Je ne vais même pas répondre à ta provocation dans elle tombe sympathiquement à côté de la plaque. Peut être qu’avoir un peu de respect pour ceux qui ne partagent pas mes opinions et être capable d’une remise en question, d’avoir un débat posé quelque soit la personne en face ou de ne pas réagir épidermiquement comme tant de gens à sciences po fait partie de ce que tu appelles « des connaissances superficielles qui camouflent de l’ignorance et de l’intolérance ». SI c’est le cas, que veux tu que je te dise ? C’est bien triste. Si on estime que la plupart de nos dirigeants depuis 60 ans ont été formés à sciences po, j’ai pas de mal à comprendre pourquoi nous avons les politiciens les pires, les plus bornés, les plus incultes du monde et que ce pays est paisiblement en train de sombrer pendant que le monde titre « tout va bien, dormez braves gens. »

  • Marie

    « Je ne pense pas que le FN soit vraiment raciste (mais persiste un doute sérieux), mais ce qui est sur, c’est qu’il reste xénophobe, donc à combattre. »
    MERCI.
    Vers une fin de la culture de l’amalgame à ScPo?? l’espoir fait vivre.

  • M'voyez

    @MonsieurZ : merci pour tes analyses très pertinentes, tu me fais bien rire, mais j’ai autre chose à foutre que contre-argumenter ta série d’amalgames et de clichés aberrants (bon allez, ch’ui honnête, tu dis des trucs pas si mauvais quelquefois) qui sont ce qu’il y a de pire dans le terrorisme intellectuel de la bien-pensance, celui de l’ignorance camouflée par des connaissances superficielles (tu y es très efficace).

    Je ne pense pas que le FN soit vraiment raciste (mais persiste un doute sérieux), mais ce qui est sur, c’est qu’il reste xénophobe, donc à combattre.

    Et rendez-vous à vous tous sur le terrain pour combattre le FN contre ses propres idées. C’est là où on verra qui fera un vrai boulot. Il est si facile de critiquer derrière son écran, mais on verra qui travaillera vraiment.

  • MonsieurZ

    @médiéviste : ah ouais, toi t’es un champion… On parle des contraintes qui pèsent sur la liberté d’opinion et tu me parles d’historiographie ?
    Je te remercie de te préoccuper de ma culture historique, mais je connais Le Goff et si c’était ton cas, tu serais au courant du grand combat qui a opposé les universités au pouvoir pontifical qu’il a copieusement relaté notamment dans « les intellectuels au Moyen Age », caractéristique de ce qu’il faut bien nommé un obscurantisme intellectuel. De toute façon, là n’est pas du tout la question, le débat porte sur la liberté d’opinion.

  • médiéviste

    C’est beau de prétendre connaître l’histoire et d’employer des expressions aussi historiographiquement datées que « obscurantisme moyen âgeux ». Ouvre un Le Goff et tu seras en droit de parler. Précisons aussi que la communication politique, le débat entre gouvernants et société politique (pas encore, une société civile certes) existent au Moyen Age.

  • MonsieurZ

    @tracker : vision manichéenne. Charles De Gaulle (à qui je ne voue pas plus d’affection qu’au FN) affirmait : » C’est très bien qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Cela montre que la France est ouverte à toutes les races et qu’elle a une vocation universelle. Mais à condition qu’ils restent une petite minorité.. Sinon, la France ne serait plus la France. » après en avoir fini avec la guerre d’Algérie, et donc dans une période qui n’était pas une période de crise.

    Faut il en déduire que c’était « une sale facho aux idées qui puent » ? Le FN n’est pas un parti raciste, que cela vous plaise ou non. Nationaliste certes mais pas raciste. Il est d’ailleurs étonnant de constater l’évolution à la hausse de la proportion de noirs, de juifs ou d’arabes qui ont leur carte. C’est absurde.

    Au delà de ça, je pense que le débat est la meilleure daçon de faire émerger les opinions valables et que l’obscurantisme moyen âgeux de tout nos biens pensants tenant de la Vérité Unique et Absolue est répugnant.

  • Tracker

    Vous vous renvoyez la même critique d’intolérance dans une spirale lyrique. C’est pas ça qui relèvera le niveau du débat.
    @MonsieurZ Toi qui prétends connaître l’Histoire, il semble t’échapper que le FN exploite une des failles de la démocratie, manifeste en temps de crise économique et désespoir populaire. La mémoire fausserait-elle ta faculté de jugement, autrement dit ta raison?

  • MonsieurZ

    @ALLO : Le FN libéral ? AH. AH. AH. Au temps de Jean-Marie Le Pen, peut être, et encore, on ne peut pas être libéral et nationaliste. Aujourd’hui, cette affirmation dénote d’un aveuglement total : le programme économique de Marine Le Pen était exactement de la même veine que celui de Jean-Luc Mélenchon (qui l’a d’ailleurs accusée de lui piquer ses idées.)

    D’ailleurs, si il se situe dans la filiation idéologique des Ligues (ce qui est faux) faudra m’expliquer comment il pourrait être libéral…

    « Historiquement, on a vu ce que c’était que l’extrême droite dans les facs » : excuse moi de te signaler que les frontistes n’ont plus grand chose à voir avec ce genre de gugusses : ça c’était surtout des néo-nazis qui n’ont absolument rien à voir avec le FN. On pourrait également trouver pas mal d’exemples de violences réalisées par des jeunes militants de l’extrême gauche et ce serait un amalgame tout aussi douteux. Le discours ET les actes des frontistes sont bien moins virulents que d’autres à gauche, et ils sont également bien moins prompts à la manifestation.
    On passe sur ta série d’amalgames et de clichés aberrants. En réalité ton intervention est le symptôme d »un grave problème à savoir que les ceux qui s’estiment détenteurs de la vérité universelle sont convaincus d’avoir assez de bon sens pour imposer aux autres leur opinion, pour bafouer leur droits. « Les fascistes de demain se qualifieront eux mêmes d’anti fascistes » disait Churchill. Votre bien pensance dégoulinante de moraline est exécrable et témoigne d’une fermeture d’esprit autant que d »une intolérance totale et bornée. Vous êtes exactement ce que vous accusez à tort le FN d’être.

  • Raoul L

    Ce que je trouve insupportable, pour ma part, c’est l’hypocrisie extraordinaire de toute notre classe politique.
    Alors ça, le FN, jamais ils ne le tolèreront ! Quelle honte pour la démocratie ! Quelle honte pour notre nation, terreau des droits fondamentaux, des libertés et de la tolérance … bla bla bla.
    Au fond le FN aujourd’hui ce n’est rien d’autre que la bonne poire qui fait le sale boulot au service d’une élite qui ne veut surtout pas se salir les mains, mais qui a besoin que l’on parle d’immigration, d’islam radical, de fracture sociale pour masquer les vraies questions de ce pays et les vrais rapports de domination. Pas de soucis, on conspue, on crie à l’ignominie – haro sur ces néo-fascistes ! – mais surtout svp invitez-là sur les plateaux télé, à la radio, dans les matinales, les directs, les 20 heures … il faut qu’on sature bon dieu ! il faut qu’en éteignant le poste, on se dise le problème dans ce pays c’est l’islam, c’est l’immigration, c’est l’Europe, c’est la Chine… Il faut qu’en éteignant le poste, l’ouvrier se dise que la mondialisation elle est méchante et que le gouvernement il est gentil …
    Mais le problème de ce pays, c’est pas trois pauvres marginaux qui glissent vers l’islam salafiste ou quatre roumains qui crèvent la faim dans des roulottes, c’est de la fumée ça, un bon montage télé pour nous faire bien flipper, pour qu’on ait peur – la sacro-sainte guerre de civilisation ! -. Que nenni ! Le problème, le vrai, c’est toujours le même ; c’est le problème du rapport de force entre travailleurs et détenteurs du capital… et au profit de qui, allez savoir …
    Je suis un grand libéral et persiste à croire que la clé de lecture pour comprendre le monde est l’analyse marxiste. Et donc derrière le FN, la question est … QUID BONO ?

  • haquette

    seulement la dernere phrase de ALLO:ce qui sera vraiment grave,c’est quand on acceuillera Marine Le Pen avec un grand sourire pour venir parler en Boutmy de la meme facon que l’on acceullerait Francois Filon, Francois Hollande, Eva Joli ou Jean-Louis Borlo »
    Cela veut tout dire .C’est désesperant!!!! Pauvre France!!!!!

  • ALLO

    Cet article est absolument navrant, malheureusement à de nombreux égards. Pour ce qui relève des choses superficielles mais néanmoins énervantes : on y parle « d’enquête », alors que c’est un fourre-tout de témoignages allant tous dans le même sens de la part de personne loin d’être représentatives de quoique ce soit, qui ne sert qu’à appuyer ce qui n’est d’autre que l’opinion personnelle de son rédacteur. Procédé très malhonnête, le journalisme ce n’est pas ça, mon grand. Ensuite le coup des prénoms, petit trick « Zone interdite » style, c’est pathétique. Je m’arrête là pour cette partie, mais juste encore un truc, dire que 3,8% ce n’est pas dérisoire, quand le FN fait 20% environ chez les 18-25 en moyenne, c’est juste faux.

    Ensuite, les questions factuelles. Tout d’abord, cet article est tout simplement ignorant de ce qu’est le FN, son histoire, son idéologie. Quand Julien Palomo, dit que le FN est né d’une forme de socialisme des années 20 et 30, c’est factuellement faux. Le FN se situe dans la filiation stricte des Ligues qui datent de la fin du 19e siècle, et a toujours été non pas protectionniste mais très libéral. Ensuite, l’idée que les jeunes issus des CSP+ (toujours Palomo, toujours pas contesté par le rédacteur de cet article) sont plus à gauche que la moyenne est simplement fausse, les jeunes de CSP+ sont plus à droite que la moyenne, comme leurs parents. Enfin, une fois de plus, M. Palomo oublie qu’en 1968, l’extrême majorité des étudiants participant aux manifestations étaient issus de la bourgeoisie, pas seulement ceux de Sciences Po – à l’exception de ceux de Nanterre, et encore…

    Enfin, le plus attristant et le plus grave, le fond. Le rédacteur se trahit dès le début : « Un parti victime de son idéologie ». C’est comme dire « Un meurtrier victime de son meurtre », c’est prendre le problème à l’envers. Le FN n’est pas victime de son idéologie : il la porte de choix. Oui, le FN est rejeté à Sciences Po. Oui, les gens ne veulent pas qu’il s’y exprime, surtout pas sans contradiction comme ce fut la cas avec la venue de Le Pen en avril dernier – d’où l’action pacifiste et très correcte organisée par l’UNEF à ce moment. Mais pas à un seul moment, big boy, tu ne demandes pourquoi, et c’est très grave. Donc petit rappel. Parce qu’historiquement, on a vu ce que c’était que l’extrême droite dans les facs, et on le voit toujours : c’est des militants politiques ou syndicaux de gauche qui se font courser par des mecs munis de battes de baseball et de poings américains lorsqu’ils distribuent des tracts ou collent des affiches (c’est toujours le cas à Paris II). Mais ce ne sont pas juste les méthodes, c’est aussi, oui, à cause des idées du FN. Si les gens méprisent ceux qui adoptent le discours du Front National et qu’ils ne veulent pas que ce parti s’exprime dans leur université, c’est parce que ce parti insulte les immigrés. Insulte les musulmans. Insulte les femmes. Et personne n’a envie de se faire insulter, ou de voir ses amis se faire insulter. Personne, parce qu’il a des origines étrangères, une certaine religion, ou est né avec le sexe « faible » comme il est considéré par ce parti, n’a envie de se faire stigmatiser ou de se voir priver de ses droits. Voilà pourquoi le FN n’est pas accepté. Et c’est normal – c’est l’inverse qui ne le serait pas. Personne n’a à s’inquiéter de porter ses opinions – et d’ailleurs, le côté « Zone interdite est réédité quand l’auteur de cet article parle de menaces physiques, complètement déplacées dans le contexte de Sciences Po. Mais cet article confond le non-respect des personnes avec le non-respect des idées. Et si les étudiants de Sciences Po ne respectent pas les idées du FN, moi je dis que c’est une fierté et pas quelque chose comme, à l’image de cet article, il faut s’indigner. Ce qui sera vraiment grave, c’est quand on accueillera Marine Le Pen avec un grand sourire pour venir parler en Boutmy de la même façon que l’on accueillerait François Fillon, François Hollande, Eva Joly ou Jean-Louis Borloo.

  • Yoann Ledey

    Excellent article qui montre une réalité affligeante.. Cette notion de « terrorisme intellectuel » pour reprendre les termes de commentateurs (D’ailleurs pas tous très étouffée par l’intelligence…) révèle un moyen de défense très primitif vis à vis d’un groupe social. Cette pensée à sens unique fait très certainement fausse route là où la tempérance et le dialogue serait un excellent moyen de pointer le caractère moyenâgeux des idées frontistes. Au lieu de cela, la répression et la stigmatisation attire et en fait grossir les rang. Ce Goldstein des temps modernes suscite la plus grande inconstance d’une jeunesse en quête d’engagement, qui se perd dans une censure volage et dangereuse.

  • joseph

    « Quand les obstructionnistes deviennent trop irritants, appelez-les fascistes, nazis ou antisémites. Cette association, si elle est répétée suffisamment souvent, deviendra un fait dans l’opinion publique ».

  • La censure, c'est maintenant?

    Merci Maurice pour cet article réussi. S’il n’est pas parfait, sa qualité a permis de lancer le débat. Le FN n’est pas représenté et c’est normal, il n’aura jamais les 120 voix nécessaires (l’extrême droite étant très hétérogène à Sciences Po, les royalistes presque aussi nombreux). Mais l’impossibilité de débattre intelligemment avec les frontistes ne nous fait pas honneur. J’attends plus de Sciences Po que d’être un Assas de gauche, peuplé de trolls idiots qui préfèrent la violence (verbale, ou physique) au débat sous prétexte qu’ils sont plus nombreux, et donc qu’ils ont raison. C’est vrai qu’insulter et ostraciser permet d’économiser patience et temps de cerveau disponible.
    Il suffit de voir l’attitude haineuse d’une minorité à gauche (certains « bobos PS » et FdG, bref les mêmes qui au nom du Progrès veulent étouffer la liberté d’opinion) contre le CSG tout récemment. Les cathos sont taxés d’homophobes et dénoncés comme tels à l’administration parce qu’ils n’arrivent pas à la « bonne » conclusion. Pas besoin de se pencher sur le sens du message, prônant le respect des homosexuels et demandant un débat national (pas des bûchers). Mais peu importe la loi (art.32, loi du 29 juillet 1881), la République ou l’honneur d’autrui, peu importe les arguments, ils sont le mal parce qu’ils ne sont pas d’accord, la fin justifie les moyens, tant qu’ils se taisent. Évidemment la dénonciation calomnieuse a fini en eau de boudin, mais marque l’ambiance un peu délétère de pipo.

    Cracher sa bile c’est toujours plus facile et marrant que de débattre et apporter des arguments constructifs. Je suis chrétien-démocrate, mais franchement ce genre d’attitude dessert les sociaux-démocrates de pipo, qui ont baissé dans mon estime (et oui on peut respecter et apprécier l’adversaire). Quand ils parleront de liberté pour les Roms ou de lutte contre HADOPI, leur voix aura moins de force et c’est regrettable parce qu’ils ont des choses importantes à dire sur ces sujets. Si même la gauche crache sur la liberté, je me demande où on va…

    Petit extrait de la DDHC de 1789 à méditer et appliquer à Sciences Po, indépendamment de vos opinions politiques personnelles:
    Art. 10. Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi.
    Art. 11. La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi.

  • MonsieurZ

    Ah oui, et pour répondre à l’argument « le FN divise les français » j’aurais tendance à penser que c’est le propre de tout parti politique. J’aurais également tendance à penser que les petites phrases de Hamon type « on va plumer les riches », choses que Marine Le Pen ne s’autoriserait jamais à faire (non mais sérieux imaginez 4 secondes MLP dire « On va plumer les immigrés »…) associées aux mesures types les 75% (il n’est ABSOLUMENT pas question ici d’ouvrir un débat politique sur la validité ou non de ces mesures, je tiens juste à rétablir une certaine objectivité) sont aussi de nature à diviser, sans parler des discours haineux de Mélenchon. Faire des petits tas de personnes et décréter que tel tas à plus de droits que tel autre est un problème peu importent les critères qu’on choisit pour les élaborer. Pour moi qui plus est, le FN n’est pas raciste. Nationaliste certainement mais pas raciste. De Gaulle (qu’on aurait quelques difficultés à qualifier d’anti républicain) recommandait à ses successeurs de limiter l’afflux de nord africains et d’asiatiques.

  • MonsieurZ

    Quand on parle de terrorisme intellectuel… Je tiens à préciser, puisqu’il semble nécessaire de montrer pâte blanche, que je ne soutiens pas le FN et que la défense que j’en fait se base uniquement sur la défense plus générale de la liberté d’ipinion et de la démocratie.

    @gigi, je ne vais pas revenir point par point sur ton argumentation mais elle mèle délicatement l’absurde et la bien pensance dictatoriale commune, j’en ai peur, à tous nos humanistes forcenés.
    Sur l’extrêmisme : c’est quoi un extrémiste ? si l’« extrémisme » est une notion relative au positionnement par rapport à un « centre de gravité idéologique » des partis politiques en présence (en supposant que cette notion ait un sens). Dans ce cas, la question se pose: Et alors? En quoi cela doit-il déboucher sur la condamnation morale et l’ostracisme? De plus, si l’on parvient, comme beaucoup le souhaitent, à éliminer les « extrêmes », ce seront les partis « centristes » plus excentrés que les autres qui deviendront dans ce cas « extrémistes ». Faudra-t-il les combattre à leur tour, leur « faire barrage », jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un, LE parti unique de l’« extrême centre »? Mais dans ce cas, pourra-t-on encore parler de « démocratie »? Tout cela est absurde.

    Là ou on pouffe aussi doucement, c’est quand on lit « anti démocratique, sisi, regardez les pratiques de désignation du leader, c’est une dynastie ! » étonnant, j’entends assez rarement ce genre de critiques à l’égard du PS et de la désignation de Désir. Deux poids deux mesures disiez vous ? De plus, quand on regarde les principes de base de la République, le FN est un parti républicain, ça ne se discute pas. Il est d’ailleurs curieux de constater que des partis d’extrême gauche type Front de Gauche ou NPA bafoue, eux, ouvertement les valeurs républicaines sans que personne ne s’en trouve choqué. Outre le rejet de ces valeurs, les mesures qu’ils proposent sont encore plus dangereuses. Du système que les partisans communistes appellent de leurs voeux doivent inéluctablement découler l’appauvrissement massif et la violence, cette dernière étant nécessaire pour faire respecter l’interdiction de la propriété privée et de l’échange volontaire qui sont les bases de la vie humaine en société. Tout cela a été démontré dans les détails depuis au moins deux cents ans, mais aussi expérimenté pendant tout le XXème siècle à travers le monde, avec des résultats effroyablement cohérents. Alors oui, on peut qualifier d’« extrémiste » le NPA, d’abord parce que ses membres eux-mêmes revendiquent l’appellation d’« extrême gauche » mais surtout parce qu’ils proposent une société-prison où les conditions de survie de l’humanité seraient extrêmes, comme en haute montagne, au fond des océans, ou dans les goulags que leurs congénères ont construits un peu partout dans le monde.

    Pour la peine de mort, et bien que j’y sois fermement opposé, on ne peut pas, en toute objectivité, prétendre que les USA ne sont pas une démocratie, ou que le Japon n’en soit pas une. Le débat se situe sur un autre plan, et sortir l’argument de la démocratie à tort et à travers ne fait que dévoyer le sens du mot.

    Ce que je lis ici m’horrifie passablement. Les bonnes intentions ne peuvent pas justifier de telles atteintes à la libre conscience. « Ceux qui ont voulu faire de la terre un paradis n’ont jamais obtenu qu’un enfer. » disait Popper.

  • unautrepartisanminoritaire

    C’est juste que les frontistes ne s’assument pas. Mon parti est encore plus honni et pourtant je ne m’en cache pas. #questiond’affirmationdesoi

  • gigi

    @HC
    Je reconnais que sur le point de l’IVG cela reflète plus mon opinion personnelle mais j’ai argumenté mon explication sur ce point, et sur le point de la peine de mort, il y a consensus intellectuel pour dire que la peine de mort est injuste et inefficace, et surtout qu’elle est antidémocratique.

  • HC

    @gigi
    Ce que tu exprimes dans ton premier commentaire reflète tes convictions et tes opinions. Certains sont peut-être pour le déremboursement de l’IVG ou le rétablissement de la peine de mort. Tu n’as aucune autorité pour décider ce que les gens ont le droit de penser ou pas. Des convictions qui te paraissent absurdes peuvent être férocement défendues par d’autres qui considèreraient tes propres positions tout aussi absurdes et irréfléchies.

  • gigi

    Au contraire bisous, je comprends que tu puisses ne pas être d’accord avec moi, mais cet article dénonce une sorte d’anti-FN primaire. Or mon intervention repose sur une argumentation qui dépasse ce cadre primaire. Mon argumentation n’est pas parfaite et peut tout à fait être critiquée je le reconnais bien volontiers, mais je souhaite quand même qu’on reconnaisse que ce n’était pas du même niveau que ce qui est dénoncé par l’article. Je combats le FN avec force mais je me base sur des arguments comme tu as pu le voir dans mon commentaire.Or, cet article semble expliquer que le FN est le victime d’une ostracisation sans fondement. J’ai montré les raisons pour lesquelles je pense que le FN devrait être mis hors du débat politique.
    Autre argument en ce sens que je n’ai pas mentionné : le fonctionnement du FN, qui se prétend être un parti républicain et démocrate mais dont le fonctionnement semble plutôt être celui d’une dynastie familiale : le père Jean-Marie Lepen d’abord, puis la fille Marine et le gendre Louis Aliot, et enfin la petite-fille Marion. Avouons qu’on a déjà vu plus démocratique.
    Donc bisous je suis disposé à accepter tes critiques mais par pitié argumente les davantage que ce commentaire laconique.

  • gigi

    Bonjour
    Je tiens à m’opposer fermement à cet article qui soutient la stratégie mise en place depuis quelques années par le FN et qui tend à le faire passer pour la victime d’une élite bourgeoise. Tout d’abord, il faut remarquer que Madame Lepen est une bourgeoise, qu’elle vit dans un château avec sa famille, et qu’elle fait partie de l’élite qu’elle dénonce avec tant de hargne. Il est ensuite intéressant de remarquer que pour un parti qui prétend à gouverner le pays, le FN est surtout un parti qui divise le pays. Les petites phrases sur le halal par exemple, tendent à nous monter contre les musulmans.. et ce n’est qu’un exemple des tensions qu’attisent le FN, avec celles ouvriers vs bobos, français de souche vs immigrés et fils d’immigrés, ou encore famille traditionnelle chrétienne vs famille homosexuelle soi-disant dépravée. Il est d’ailleurs intéressant de voir que madame Lepen si prompte à défendre les valeurs chrétiennes est deux fois divorcée et vit aujourd’hui en couple hors mariage.
    Il faut voir aussi que le FN est bien un parti extrémiste, (même si aujourd’hui il a entrepris une soi-disant entreprise de dédiabolisation), et qu’à ce titre, il aurait été interdit en Allemagne, comme tout parti extrémiste de droite ou de gauche. Or, l’Allemagne est pourtant bien une démocratie, elle a simplement su faire preuve de pragmatisme face aux partis extrémistes populistes. Rejeter le FN de ce point de vue n’est donc pas antidémocratique.
    Il faut ensuite voir que le FN défend des idées à la fois extrêmement dangereuses et irréalistes. Trois exemples :
    – le rétablissement de la peine de mort. Cette idée est à la fois inhumaine, injuste et cruelle, à tel point que la députée FN Marion Maréchal-Lepen s’y est même opposée. De plus, elle est inefficace car il a été prouvé que l’abolition de la peine de mort n’a pas suscité de hausse de la criminalité.
    – le déremboursement de l’IVG, première étape vers une interdiction pure et simple. Je suis au niveau moral opposé à l’IVG, mais par pragmatisme, il faut que celui soit légal et remboursé. Avant sa légalisation, chaque année des femmes mourraient dans d’atroces conditions en avortant illégalement. En suite, contrairement à ce que semble penser Madame Lepen, il est tout à fait inconcevable que des femmes se servent de l’IVG comme une contraception, et qu’elles avorteraient par confort. Ainsi que le disait en 1974, Simone Veil : « Aucune femme ne recourt de gaieté de coeur à l’avortement. Il suffit d’écouter les femmes: c’est toujours un drame, cela restera toujours un drame. »
    – enfin la suppression de la CMU, qui permet aux étrangers en France de recevoir des soins. Madame Lepen s’y oppose en estimant que la France ne doit pas dépenser un kopek pour les étrangers. Cette idée est aussi stupide que d’avoir dit que le nuage radioactif de Tchernobyl s’arrêterait aux frontières de la France. Ne pas soigner les immigrés, c’est laisser se développer des épidémies, et les microbes ne demanderont pas aux gens leurs papiers avant de les contaminer.
    Enfin, sur votre critique de Sciences Po comme une école typique de la gauche caviar et des bobos anti-liberté d’expression, je vous invite à aller visiter l’Université d’Assas où la liberté d’expression pour la gauche est très franchement bafouée elle aussi. De plus, Sciences-Po n’est pas exclusivement de gauche, l’UMP a été le première association politique reconnue cette année et que la seule association d’extrême-gauche, le NPA n’a pas été reconnue.

  • Bisous

    Juste, précision, j’ai pas souvenir que les ouvriers sont les héritiers du fascisme, qui n’a jamais existé en France (non les ligues n’étaient pas fascistes, seulement une ou deux étaient fascisantes (ce qui n’a rien à voir). Donc, les ouvriers constituant la base électorale du FN, je vous invite à retenir votre verve avant d’écrire des bêtises, ça m’agace.

  • bisous

    Triste école, des étudiants qui veulent sauver la misère du monde sans s’occuper du clodo en bas de chez eux, qui critiquent l’amalgame pour ensuite meugler « F comme fachos, et N comme nazis » et qui refont un monde sans extrême (droite bien sur et uniquement) depuis leur bière au Basile avant d’aller encourager l’actrice porno de Femen en Boutmy.

    Bien ouej pour l’article, ça change.

  • Alexandre

    Sans entrer dans le débat de fond je tiens simplement à rappeler aux commentateurs de cet article que « Monte-Christo » s’écrit en réalité Monte-Cristo ou éventuellement Montecristo. Il est important de ne pas faire injure à la brillante plume de Dumas. Par ailleurs, j’attendais des propos plus philosophiques de la part de l’abbé Faria.

    Je félicite LaPéniche pour son travail sinon!

  • M'voyez

    **Pardon :
    A l’extrême gauche, c’est beaucoup plus confus, et depuis la chute du mur de Berlin le socialisme libertaire prend de plus en plus le pas sur le socialisme autoritaire (dont fait parti le bolchévisme) qui a assimilé l’extrême gauche au totalitarisme.

  • M'voyez

    @D3A, je ne vois pas pourquoi tu parles de l’extrême gauche, car je ne l’ai pas défendu, mais allons y, parce qu’apparemment tu parles de ce que tu ne connais absolument pas, j’ai envie de dire vive l’histoire à la Berstein et Milza :
    Premièrement, l’extrême gauche a existé bien avant les bolchéviques, ont est bien d’accord.
    Le bolchévisme est une branche minoritaire de la pensée marxiste orthodoxe ( même si elle a été dominante politiquement). Alors ne parlons pas non plus du marxisme non-orthodoxe, des autres socialismes libertaires, de l’écologie politique radicale, qui ont fournit un immense apport quantitatif (nombre de militants) et qualitatif (pensée théorique) à l’extrême gauche et à la gauche en général, et pourtant se sont toujours opposés à l’autoritarisme bolchévique. L’anarchiste Bakounine ou plus tard le communiste de gauche Paul Mattick on été les premiers à voire dans ce genre d’idéologie autoritaire le pire des totalitarismes. Dis à quelqu’un d’extrême gauche qu’il est l’héritier du bolchévisme, il te regardera avec des yeux ronds. Anton Pannekoek, Paul Mattick, Cornelius Castoradis, Annah Arendt, George Orwell (et la liste est longue) ont été les plus grands détracteurs de la Russie soviétique et du bolchévisme, et pour beaucoup d’entre eux sont classés bien plus à gauche que les bolchéviques. Lénine lui même a écrit un bouquin, « La maladie infantile du communisme, le gauchisme », c’est pour dire que que le bolchévisme est très minoritaire à l’extrême gauche, et s’en situe lui-même à sa droite (pour moi ça reste autoritaire, que ce soit à droite ou à gauche, ça je m’en bas des p’tis suisses).

    C’est la même chose à l’extrême droite, le FN a bien été rejoint par des courants nationalistes ou royalistes plutôt hostiles au fascisme, qui ont combattus dans la résistance. L’extrême droite est divisée aussi, (cf les identitaires qui commémorent les massacres de la Commune de Paris, perpétrée entre autre par les royalistes). L’extrème droite aussi reprend des éléments théoriques très divers qui ne viennent pas forcément du fascisme des années 30 et 40.
    Alors s’il te plait, ne confond pas tout. Ce que je dis, c’est que le gros du bataillon FN est constitué d’éléments héritiers du fascisme (je ne dis pas tous), donc dominés par cette tendance, et reprend quelques unes de ses tendances. A l’extrême gauche, c’est beaucoup plus confus, et depuis la chute du mur de Berlin le socialisme libertaire (qui compte donc les prend de plus en plus le pas sur le socialisme autoritaire (dont fait parti le bolchévisme) qui a assimilé l’extrême gauche au totalitarisme.

    George Orwell, qui a fait la guerre d’Espagne aux cotés des trotskystes et anarchistes avant d’écrire 1984, a écrit une préface à sa Ferme des animaux, où il critique directement l’URSS de l’entre-deux guerres. Cette préface, toujours introuvable sur les éditions les plus récente de son œuvre (ça s’appelle de la censure), explique que la pire des censures n’est pas celle de l’Etat, mais celle des éditeurs, qui refusèrent au début d’éditer son bouquin, de peur de froisser l’URSS alors alliée de l’Angleterre pendant la 2GM. La pire des censures vient des médias, qui imposent tes lectures, comme celle de B&M. Et vu a quel point tu m’as l’air formaté, t’es tombé en plein dedans, mon petit chou à la crème de science-pipopiste.

  • D3A

    @M’voyez, si on commence à parler de descendance douteuse faut aller jusqu’au bout… l’extrême gauche descend elle tout droit du bolchévisme soviétique exporté en France… Donc pourquoi serait elle davantage tolérée que le FN??
    Cependant, excellent article, car bien que n’adhérant absolument pas aux idées du FN (oui faut le préciser pour avoir une chance d’être lue jusqu’au bout), je trouve ça scandaleux qu’un parti qui fait plus de 15% aux élections présidentielles ne soit pas représenté à Sciences Po…
    @onvousattend « Pas de respect pour un parti dont les idées ne résisteraient pas 2 secondes à un lycéen doté d’un tant soit peu d’esprit critique, et qui a toujours utilisé la violence contre ses opposants, journalistes, etc. » Ne soyez donc pas aussi sûr de vous… Tous les FN ne sont pas cons comme vous l’insinuez ici, ils ont juste un raisonnement diamétralement opposé au votre, mais leur mettre l’étiquette de cons et de violents est l’archétype du sciences piste totalement fermé sur ses idées de gauche bobo et incapable d’avoir assez d’ouverture d’esprit pour battre le FN avec des idées et non des clichés. Et c’est exactement ça qui fait le succès du FN: la classe politique boude le débat avec lui, il n’en ressort que grandit car les français eux ont envie d’un vrai débat sans tabou.

  • M'voyez

    @Monsieur Z : tu sais très bien de quoi je veux parler. Le FN est le descendant d’une forme de social-nationalisme qui s’est développé a cette époque précise. S’il y a bien des socialismes qui sont apparus en réaction au bolchévisme (enfin bref, a cette époque c’est même plus du bolchévisme qu’il y a en URSS, mais on va passer outre) et partisan d’une économie contrôlée et d’une intervention étatique à tous les niveaux, ils prônent une une idéologie totalement différente, et en sont nullement les héritiers. Ce n’est pas de ma faute si la définition de l’idéologie dont parle à ce moment le journaliste est incomplète.
    Bon allez on va pas aller plus loin sur des questions théoriques, c’est hors sujet, non ?

  • MonsieurZ

    @M’voyez : si on accepte ta définition du fascisme, on a quand même pas mal de partis français proto-fascistes.
    @onvousattend : encore un démocrate, humaniste et animé des meilleurs intentions du monde je suppose ? C’est curieux, mais je n’entend aucun militant du FN tenir des propos aussi haîneux, mêmes à l’encontre des minorités qu’on les accuse de mépriser (ce qui est, soi dit en passant, un argument qui n’a pas plus de sens que de traduction pratique, mais qui possède l’excellent mérite d’économiser la réflexion). T’as raison au fond, le débat, l’opposition de la raison à l’absurde, de la lumière à l’obscurantisme, ça doit être pour les idiots. Quand on juge une opinion invalide, le mieux c’est encore de cogner. « History doesn’t repeat itself, but it often rhyme. Tes opinions représentent le fascisme et l’intolérance que tu prétends abhorrer.

  • onvousattend

    Rien du tout contre la création d’une section FN à Sciences Po.
    On vous attend et on vous bottera le ***, comme à Occident et à tous les autres.
    Pas de respect pour un parti dont les idées ne résisteraient pas 2seconde à un lycéen doté d’un tant soit peu d’esprit critique, et qui a toujours utilisé la violence contre ses opposants, journalistes, etc.
    Je vois pas pourquoi on devrait respecter et débattre avec des gens violents, aux idées qui puent.
    Au moins, on verra qui est de quel côté de la barricade.

  • M'voyez

    En tout cas, cet article est au journalisme ce que le tuning est au design.
    Pas complétement, puisqu’il soulève des points intéressants bien que discutables, mais juste, je voudrais souligner quelques détails :

    On se demande si l’auteur était présent le jour de la venue de MLP, puisque une petite partie de étudiants seulement l’ont huée, le mot d’ordre étant justement de lui tourner le dos en silence pour ne pas qu’elle se pose en victime en les accusant d’être violent (on remercie donc l’auteur de le passer sous silence, en parlant uniquement et d’une façon bien sensationaliste de la « scène absolument ahurissante » de la huée des étudiants). De toute façon, quoi que les étudiants auraient faits, elle se serait posée en victime, c’est une bonne politicienne.

    Deuxièmement, une bonne partie des étudiants qui ont organisé son « accueil » n’était pas de l’UNEF, et l’UNEF en tant que telle n’a pas participé, mais seulement ses membres. La différence est peut etre minime pour certains, mais reste importante.

    « Le FN n’est pas un parti libéral, mais le descendant d’une forme de socialisme des années 20-30 développées en réaction au bolchevisme soviétique, partisan d’une économie contrôlée et d’une intervention étatique à tous les niveaux « .
    Cette idéologie dont le FN est le descendant, cher journaliste en herbe, ça s’appelle le fascisme. Même si on peut s’accorder à dire que le FN n’est pas ouvertement fasciste, il est ce que je qualifierai de proto-faciste, faisant le lit du fascisme.

  • MonsieurZ

    @Milano : Tout d’abord je serai curieux d’entendre ce que le FN a d’anti démocratique. Ensuite, je ne vois pas plus grandemenace pour la démocratie que la définition officielle d’une vérité, d’une juste pensée. On passera sur l’absurdité totale du lien idéologique entre FN et nazisme (aller, juste pour troller un peu, le PPF (premier et seul parti fasciste de l’histoire française) a été crée par un ancien communiste, Mitterrand a reçu des mains de Pétain la francisque, sans parler du pacte germano-soviétique. Nazisme signifiant, faut-il le rappeler « national-socialisme », et Goebbels lui même parlait de « bolchevisme national » ). Bref, ce genre de phrase fait clairement exploser le bullshit detector.
    Sinon je suis assez d’accord, on notera d’ailleurs l’empressement avec lequel Hitler a ostracisé les opinions dissidente jusqu’à ce qu’il ne reste qu’une seule vérité officielle. Et il a utilisé exactement les arguments que tous nos biens pensants dégoulinants de moraline nous servent à chaque fois.

  • Milano

    La question est de savoir dans quelle mesure on doit accepter des opinions anti-démocratiques s’exprimer dans le cadre démocratique car il y a un danger non-négligeable : le bourreau le plus sanguinaire dont l’idéologie s’apparente à celle du FN a été installé au pouvoir démocratiquement, ne l’oublions pas.

  • François

    Excellent article en plus d’être complètement d’accord avec la thèse soutenue !

    Exécrer les idées du FN est évidement la liberté de tous, mais chacun doit avoir la possibilité d’exprimer sa position sans être caricaturé sottement.

  • HC

    Un très bon article que j’ai lu avec plaisir!
    Il était temps que quelqu’un défende ce point de vue ouvertement. Quand j’entends que le FN n’est pas représenté pour « raisons de sécurité », j’ai envie de rire. Il faudrait peut-être apprendre plutôt aux étudiants à être civilisés et démocratiques, même face à une opinion radicalement opposée à la leur.
    Merci la Péniche !

  • MonsieurZ

    @Marie : entièrement d’accord. Je rejette l’extrême droite mais je suis plus qu’agacé d’entendre le non-argument de « l’anti-républicanisme » employé par les défenseurs de la bien pensance comme l’argument ultime contre le FN. Surtout venant de militants d’extrême gauche dont les idées s’inscrivent – sans complexe – dans un total mépris des valeurs républicaines.

  • 3A

    Cet article est juste brillant. Merci La Péniche d’enfin faire des articles comme ça, longs, recherchés et intelligents, ça donne envie de vous lire plus souvent

  • MonsieurZ

    La vraie question à poser est : pourquoi ont-ils peur d’assumer leurs opinions ? Quelque chose me susurre dans le creux de l’oreille que ça n’a pas grand chose à voir avec un courage intellectuel inférieur à celui du militant moyen.

  • Marie

    très bon article
    « le FN est raciste et homophobe » arrêtez avec cette idée reçue et ouvrez vos dicos. le racisme, c’est considérer que certaines races sont supérieures à d’autre. rien à voir donc avec le fait d’être contre l’immigration, surtout que cette position est expliquée par des raisons pragmatiques (plus de place), ou culturelles (préserver l’identité nationale). où est-il dit que telle race est supérieure à une autre? nul part. Il faudrait un jour arrêter d’employer le mot « racisme » à tout bout de champ.
    parti xénophobe, oui à la rigueur.

  • Edmond Dantès

    Excellent article. Ce terrorisme intellectuel m’a toujours frappé à Sciences Po.Tous les discours doivent pouvoir être exprimés, sans quoi aucun débat n’est possible. Même avec le FN. Et c’est vraiment dommage que tant d’étudiants ne s’en rendent pas compte.

    @Monte-Christo : ton commentaire est la marque la plus frappante de ce que j’affirme. Mais si tu veux en débattre, je l’accepte. Je suis ouvert à toutes opinions et à toutes idées.

  • A Monte-Chrsito

    Mais dis moi Monte-Christo, tu m’as tout l’air d’une sacrée flèche toi!
    On sent que la démocratie c’est ton truc hein? Toi qui critiques le côté anti-élite, anti-système etc. du FN, tu trouves pas ton discours sur l’UMPS un peu anti-élite?
    Tu dois faire partie de la petite clique de l’Unef qui pense représenter les étudiants de Siences-Po alors que 10 % des étudiants votent pour eux.
    C’est bien, crachez sur Marine Le Pen, mais vous valez pas mieux.
    J’ai beau vomir l’extreme droite et me situer l’autre extreme de l’échiquier politique, ça m’empeche pas de respecter cette femme, avant tout en tant qu’être humain. Elle obtient des voix, et le populisme n’est pas encore interdit par la constitution que je sache.

  • MonsieurZ

    @Monte-Cristo : si il y a des étudiants frontistes c’est qu’ils s’y retrouvent. Les mauvaises idées ne pouvant être combattues que par les bonnes, on comprend mal pourquoi ces opinions devraient être ostracisées sous prétexte d’atteinte au politiquement correct.

  • Monte-Christo

    D’où ils ont vus que Philippot ne s’était pas clairement exprimé sur RSP. En plus d’une demi-heure, sortant des cadres prédéfinis des itw classiques, je vois mal où est le souci. Pour le reste, qu’a le FN a proposé à la jeunesse. Il ne faut pas dire n’importe quoi. La gauche et l’extrême gauche font des étudiants une des priorités. Eduquer pour changer les choses, ce n’est pas comme créer un discours de haine. Sous couvert de la liberté d’expression, on ne doit pas tout autorisé. Un parti anti-système, anti-élite, anti globalisation anti-Europe n’a pas grand chose à faire à Sciences-Po et les critiques « anti-systèmes » se tourneront plutot vers la gauche dure. Pour les autres, on a les bobos UMPS. Et si tu rajoutes les quelques tradi royalos, féministes intégristes et bayrouiste, ça ne fait plus grand monde, une fois que tu y ajoutes ceux qui se moque de la chose publique…

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