Vie du campus

La Cé : négociations et justice sociale

Logo Confédération étudianteLe syndicat qui fêtera ses sept ans en mars se caractérise, dans un cadre administratif, par le fait que ses actions passent par les négociations, dans le but de créer de meilleurs rapports entre étudiants et direction.

Se revendiquant politiquement indépendant, la Confédération étudiante partage les mêmes valeurs que la CFDT (premier syndicat de salariés en France) : justice sociale, solidarité, démocratie et s’y associe pour cette raison, en prenant en compte la possible utilité de la réflexion commune dans le cadre de l’insertion professionnelle, chose sur laquelle la Confédération met particulièrement l’accent. En effet, un des combats du syndicat a été pour l’augmentation des effectifs de Sciences Po Avenir, et ils en veulent encore.

A cela s’ajoute leur souhait de multiplications des conventions éducation prioritaire à travers la France, un programme qui correspond à leur exigence de justice sociale et d’égalité des chances à Sciences Po. Egalité qui doit, selon la Confédération, également passer par une aide aux étudiants : parmi les demandes ; une augmentation en nombre du volume des bourses sur critères sociaux, un suivi social pour les étudiants internationaux également, et bonification des 15 premières heures travaillées par les étudiants.

Dans la vie quotidienne, la Cé s’intéresse surtout aux manques de fonctions de la carte étudiante, qui ne donne accès ni aux bibliothèques étudiantes, ni aux restaurants universitaires, comme le permet une carte ISIC, et, à côté de cela, demande la gratuité et la numérisation des recueils de textes vendus au service de reprographie. Quant aux diverses plaintes concernant la bibliothèque, le syndicat considère qu’une ouverture à 8 heures et la numérisation des livres principaux de la bibliothèque faciliterait déjà beaucoup la situation.

Très peu actifs en Péniche, la Confédération étudiante définit sa manière d’agir comme réformiste : les changements passent par des négociations plutôt que par des actions «radicalistes». Cependant, ils se disent toujours à l’écoute des étudiants et prêts à leur défense par le biais de leur site et d’une adresse mail.

La toute première communication souhaitée par le syndicat invite à l’honnêteté. En effet, la Cé aimerait jouer de cette carte à la veille des élections, notamment lorsqu’il est question de faux débats concernant une fausse suppression possible du concours : « Les mêmes syndicats jouent sur les mêmes peurs depuis des années pour s’assurer les suffrages des étudiants, un jeu malsain et dangereux pour la démocratie étudiante.» explique et rassure Jules Fournier, tête de la liste de la Confédération à la commission paritaire. Annoncé : une forme de syndicalisme quelque peu différent, il nous reste à savoir si cela correspond à la vision et aux attentes des étudiants.

20 Comments

  • Léon T., de Mexico

    Au PCUS aussi il n’y avait qu’un seul candidat qui faisait 99,57%. Les débats étaient libres. Seulement certains avaient des piolets et pas d’autres.

  • Jules Fournier

    C’est intéressant ce débat sur les tendances, d’autant plus que je n’ai aucune idée arrêtée à ce sujet -je rappelle que je suis aussi membre du PS, donc que je connais les deux types d’organisation…

    C’est vrai que plus de 99% des voix, ça peut paraître louche… Mais bon, à partir du moment où il n’y a qu’un seul candidat… Après, je ne suis pas à la Cé depuis assez longtemps pour en être certain, mais je crois vraiment que l’adhérent y a toute sa liberté et peut parfaitement influer sur les orientations. Si je m’aperçevais que ce n’était pas le cas, je ne crois pas que je resterais bien longtemps ! Le truc, c’est que j’ai l’impression que c’est la même chose, comme vous l’avez dit, tendances ou pas tendances : l’autonomie et la liberté des militants ne me semblent pas être fonction de l’organisation interne mais plus de la philosophie du syndicat et de ses adhérents. Et là, à la Cé, comme, je le crois et je l’espère, à l’UNEF, autonomie et liberté y sont respectés ! Et puis, rien ne dit que le prochain congrès ne sera pas marqué par une pluralité des candidatures !

  • Zabranjeno Pusenje

    Je n’ai jamais entendu l’UNEF dre ça, objectivement. Qu’elle pense défendre mieux les étudiants avec ses positions comme vous pensez le faire, comme la Cé, comme IZFV, c’est normal, c’est pour ça qu’il y a différents syndicats et des élections pour les départager. Mais jamais ils n’ont dit ‘on est les seuls’.
    Ils disent ‘on est les seuls parm ceux à s’être fait élire en disant voter contre à effectivement l’avoir fait’. C’est différent. Et c’est vrai, je suis désolé de te l’apprendre, l’année dernière tout le monde avait dit qu’ils allaient voter contre (et même mettre Scpo « à feu et à sang » pour ND si je me souviens bien), et ce n’était pas très clair de savoir pourquoi tel ou tel syndicat avait changé son vote de mon point de vue d’actuel 3A (sauf ND, une histoire de non-différence des frais entre les masters qui à ma connaissance d’ailleurs n’avait jamais été dans le projet). A présent, tout le monde est clair sur les raisons de son vote, ça l’était moins l’année dernière.
    Et quand tous les autres syndicats prétendent que l’UNEF se mue dans une opposition stérile à chaque réforme (ce qui est la phrase la plus entendue des deux débats après « on est pour l’écologie »), ce qui est faux, cela constitue souvent aussi ‘le nerf’ de leur discours. Donc sur ce coup là, la mauvaise foi règne un peu partout…

    Pour les MTB, on ne savait déjà pas avant quel dosage MTB/concours scpo utilisait. L’ordre était inversé, mais les taux et les décisions étaient tout aussi arbitraires. Et il me semble que le fait de demander plus de transparence dans tous les jurys/commissions et autres qui régissent notre vie étudiante à scpo fait déjà consensus entre les syndicats (en tout cas ça la foutrait mal je trouve que qqun dise ‘je ne veux pas plus de transparence, l’opacité me va très bien merci).

    Pour les tendances, on va tourner en rond mais moi ce que je dis simplement c’est que ce risque existe globalement ou tendance par tendance, et qu’il n’y a pas différence fondamentale. Parce que quand je lis que le président de a Cé se fait élire avec 99,57% des voix je doute quand même que le débat ou la différence de point de vue soit très virulente en interne, même débarrassé des prétendument sclérosantes tendances.

  • Clément

    Partout où il y a convergence, nous serons unis et donc forts face à la direction, et je m’en félicite avec toi.
    L’UNEF n’a peut-être pas nié notre travail de négociation, mais elle l’a passé sous silence en prétendant la seule à défendre les intérêts des étudiants, ce qui revient au même, comme si tout pouvait se réduire au vote sans tenir compte de ce qui s’est passé en amont. Et là ce n’est pas de la caricature, c’est le nerf de leur discours.
    Et la réforme peut aggraver la situation car à présent, comme le concours est avant la procédure MTB, on ne sait pas du tout quel dosage concours/bac la direction va utiliser, ni qui sera soumis au nouvel oral (ceux qui ont entre 10 et 12 au concours et ceux qui ont entre 16 et 18 au bac, nous dit-on, mais quid de ceux qui ont moins à l’un et plus à l’autre, etc.). C’est une usine à gaz, qui favorise le pouvoir discrétionnaire. Les syndicats, et je pense que l’on pourra là aussi trouver une convergence avec l’UNEF, devraient exiger plus de transparence dans la mise en place de cette procédure.
    Quant à la structuration en courants, le danger est d’imposer à tous les membres du courant le même point de vue (en fait on transfère un problème général à des sous-groupes) sans quoi le courant perd sa raison d’être. Quel que soit le schéma d’organisation, c’est la liberté de parole à l’intérieur des sections qui compte, et ça c’est ô combien difficile à quantifier.

  • Zabranjeno Pusenje

    Merci Clément de ta réponse. Et Merci Jules. Je reste très sceptique quant à la souplesse qu’apporterait une absence de tendance mais vos réponses sont interessantes.

    Cependant Clément, je n’ai jamais entendu l’UNEF nier le travail de négotiation des autres syndicats. Elle dit simplement qu’elle y a pris part aussi, contrairement à ce que certains affirment (et d’un point de vue exterieur, je confirme qu’ils y ont passé du temps). Il me semble au contraire qu’un certain nombre d’éléments faisaient concensus et que tout le monde joue à qui le revendiquera le plus fort (comme tout le monde joue à qui sera le plus vert, c’est ça la campgne politique). D’ailleurs les autres syndicats reprennent des élements deu travail de l’UNEF sur la question, tu fais toi-même référence à leur courbe des frais, et la représentante du Mét dont le nom m’échappe a elle-même dit lors du second débat que « le système de frais d’inscription pousse sciences-po à recruter plus de riches pour financer les bourses » (je cite de tête, mais c’était l’idée principale). Or cette idée (qui à titre personnel, me convainc) est dans les tracts de l’UNEF et leurs argumentaires depuis la mise en place de ce système par tranche et était un de leurs arguments clés l’année dernière. Donc cette convergence, bienvenue si elle permet aux syndicats d’être efficace, montre bien que l’UNEF a bossé ses arguments et opposé des demandes et revendications claires à la direction, et non simplement une fin de non-recevoir.
    Après, leur vote est-il facile? Ca se discute, c’est en cohérence avec leurs valeurs, leur attitude face à la question depuis longtemps, leurs arguments et leurs engagements de campagne. A chacun de se faire son idée mais que différents syndicats aient différentes analyses et votent donc différemment, ça me paraît logique.

    Quant à la MTB, c’était déjà le cas avant le choix souverain et discrétionnaire. La réforme ne va peut être pas arranger ça, mais ça ne va pas s’aggraver.

    Et Jules, je ne sais pas si la Cé a été plus présente hors période d’élection que l’année dernière, l’année dernière, objectivement, on les a très peu vus sauf au moment de la campagne.
    Mais moi aussi j’aimerais vraiment une explication du score de votre président parce que vraiment 99,57% c’est BEAUCOUP.

  • Clément

    Enfin quelqu’un avec qui on peut discuter sans se faire traiter de dangereux réac paranoïaque (ou, par les poujadistes de service, de mollusque vendu à l’internationale, réac-traître en somme) …
    Je ne veux pas blesser ton attachement à ton syndicat, mais le fait est qu’à Sciences Po, où la direction est presque toute-puissante, avoir une multitude de syndicats disposant chacun d’un élu et débattant dans la cacophonie la plus totale permet à la direction d’agir avec une certaine impunité pendant que nous nous tirons dans les pattes. C’est tout le sens de la création du Mouvement des Etudiants, qui nous a permis de nous concentrer sur la défense de notre projet plutôt que sur des querelles de clochers stériles. La Confédération étudiante a des positions proches de celles de l’UNEF ou du MET selon les sujets, et identiques aux nôtres sur celles qui font consensus. Certains étudiants se plaignent déjà du manque de clivages entre l’UNEF et le MET (ils sont un peu inattentifs, il est vrai), la Confédération n’arrange rien.

    Je veux bien croire que certaines personnes vivent en milieu défavorisé hors ZEP, mais il y aura toujours un angle mort dans toute politique de justice sociale. Même dans un tel milieu, si on n’arrive pas à avoir Sciences Po en ayant Mention Très Bien ou en ratant le concours, il arrive un moment où la responsabilité individuelle reprend le dessus et où il faut arrêter de crier au loup. Sciences Po est une école socialement représentative, ce qui est rare à ce niveau dans l’enseignement supérieur français. C’est difficile de faire mieux et la réforme du concours n’y changera rien : il y aura toujours des prépas privées, des lycées mieux dotés qui prépareront leurs élèves, et les épreuves ne permettront plus de dégager des profils particuliers puisqu’elles colleront au bac. L’intérêt du concours était de voir si les candidats pouvaient proposer quelque chose de plus, il perd sa raison d’être avec cette réforme. Sans compter que la nouvelle procédure n’est pas claire, l’articulation avec la Mention Très Bien est étrange, et la direction décidera en fait quasi souverainement qui est pris, qui passe un oral et qui est recalé.

  • Jules Fournier

    Que de commentaires :-)… Je vais essayer de répondre point par point -en espérant n’oublier personne.

    La table, Mathieu et moi en avons régulièrement tenue une le lundi midi, de midi à quatorze heures. Encore une fois, j’assume le fait que l’on ne soit pas les plus présents (on a moins de militants que les autres), mais vous pouvez nous joindre également par internet :-).

    « Mon opinion sur la Cé, c’est que les étudiants de Sciences Po n’ont pas besoin d’un petit syndicat intercalé entre l’UNEF et le MET », dit Clément. Absolument en désaccord, je vois pas pourquoi il faudrait absolument aller vers une bipolarisation de la vie syndicale ! De plus, facile de dire ça après l’union UNI-ND, mais l’auriez-vous dit il y a un mois ? Non, vraiment, je ne partage pas cette analyse, je crois que la représentation étudiante ne doit pas se contenter de deux syndicats « juste parce que c’est mieux », elle doit coller au mieux aux aspirations étudiantes.

    Jean, je n’en revenait pas de la phrase de Ségolène Royal que tu as sorti, et de la similitude entre la sienne et la mienne, donc je me suis permis d’aller vérifier sur Google et je ne trouve nulle trace d’une telle déclaration de sa part…

    Par ailleurs, inutile de te dire ce que je pense de tes déclarations puantes sur les ZEP et les étrangers -Clément t’y a parfaitement répondu. Et permets-moi de te dire que l’entrée en convention éducation prioritaire n’est absolument pas une entrée « bradée » : elle est tout aussi légitime que les autres.

    Clément, je ne partage pas tout à fait ton analyse sur le concours et sa dite « baccalauréatisation », que j’assume parfaitement. Certes, les étudiants de ZEP ont « leur » procédure, mais n’oublie pas que les classes les moins favorisées socio-culturellement ne sont pas nécessairement en ZEP !

    Pour te donner un exemple, j’étais au lycée Jacques-Decour, un lycée moyen (mais qui progresse) entre les IXème et XVIIIème arrondissements de Paris, entre Barbès et la rue des Martyrs -entre deux mondes. Là-bas (j’y ai encore beaucoup d’amis), ils sont plusieurs à vouloir entrer à Sciences Po, et beaucoup n’ont pas les moyens de se payer une prépa privée type IPESUP. Pourtant, le capital culturel entre les différents élèves diverge : certains ont des parents qui lisent Le Monde, en parlent entre eux, le laissent traîner sur la table du salon, font grandir l’enfant dans cette ambiance culturellement riche, d’autres non. C’est aussi bête que ça. La baccalauréatisation du concours le rendra probablement plus accessible à ceux qui auront tout simplement bien intégré les acquis de terminale -sans rendre presque indispensable la préparation dans ces instituts privés, si chers.

    Par ailleurs, si les classes moyennes sont les oubliés du système, je suis sûr que tous les syndicats de Sciences Po sauront travailler main dans la main pour accroître la justice sociale du système progressif des droits de scolarité afin que personne n’y soit lésé !

    Enfin, pour répondre à Zabranjeno sur la question des tendances, je t’avoue que je n’ai pas de positions arrêtées, car je vis très bien le système des tendances au PS et je vis également très bien le système sans tendances à la Cé… A méditer, donc. Simplement, peut-être qu’une structuration en tendance pourrait vite voir s’agglomérer une « tendance PS », une « tendance Verte », etc, ce qui irait à l’encontre de notre indépendance syndicale… Je ne sais pas, je suis vraiment partagé, là-dessus !

  • Clément

    C’est une question intéressante et je vais essayer d’y répondre, comme ça il ne sera pas dit qu’on évite ce problème.
    A l’UNI il n’y avait pas de tendances à ma connaissance, à Nouvelle Donne certainement pas puisque nous n’étions pas assez nombreux pour que de telles structures aient un sens, bien que cela n’exclue pas des débats internes vigoureux (il n’y a pas besoin d’être structuré en courants pour débattre, car les points de vue individuels s’expriment mieux et avec plus de souplesse intellectuelle quand ces structures sont absentes, du moins au niveau de la section).
    Au MET, la jeunesse du mouvement m’empêche pour l’instant de répondre à ta question. A ce jour, pas de courants : les courants mettent des années à se former, à se scinder et à se rejoindre. A Sciences-Po, tout le monde se reconnaît dans notre programme, que nous avons voulu pragmatique et rassembleur. Il y a un vrai débat interne, pas seulement entre ex-ND et ex-UNI mais tout simplement entre individus intelligents et libres d’esprit.

    Je m’accorderai avec toi pour dire que l’organisation en courants ne présume pas de la récupération politique. En l’occurrence, dans le cas de l’UNEF, c’est faux (il faut le dire) car il y a des jeunes socialistes à la TRS comme à Majorité Nationale, bien que ce ne soient pas les mêmes (mais là on commence à raisonner en termes de motions socialistes et ça devient compliqué, surtout avec Reims).

    Je maintiens par ailleurs que c’est facile de voter non sur un projet en le réduisant à sa mesure la plus impopulaire et en niant le travail de négociation qu’ont fait les autres syndicats, qui ont obtenu d’importantes concessions en échange de leur oui.

  • Zabranjeno Pusenje

    Cette fois je ne me plante pas d’article.

    Dire que l’UNEF se mue dans une opposition stérile comme sur sciences-po 2013, objectivement c’est faux, j’y ai quelques amis qui étaient en responsabilité l’année dernière (je suis en 3A), il ont passé des heures et des heures à discuter avec la direction, ont pris sur leurs vacances et leurs révisions de partiels (les menant même à différents problèmes de type maladie/engueulades dans la vie privée/révisions de partiels la veille au soir) pour préparer un dossier long et détaillé (et bien foutu, qu’on soit d’accord ou pas) sur leur propositions (dont est d’ailleurs issu le fameux graphique en cloche) et ont avancé des propositions concrètes. Certes, ils ne l’ont pas voté au final car ils n’ont pas fait la même analyse que les autres (ce qui, d’un autre côté, est plutôt cohérent avec le fait qu’il y ait plusieurs syndicats), mais leur attitude à été constructive.

    De même sur les langues ou sur les autres débats, jamais je ne les ai entendu dire non par principe et j’ai même assisté hors cadre syndical à des discussions assez passionnées entre eux sur ces sujets. La preuve en est qu’ils votent pour un certain nombre de trucs. Je pense que de ‘diaboliser’ leur démarche à chaque fois n’honore personne.

    Quant au débat tendance/pas tendance, c’est intéressant à mon avis pour tout le monde. Ca montre l’idée que ce fait l’organisation de ce qu’est un syndicat. Je suis sceptique quand on me dit qu’une tendance serait forcément récupérée politiquement et pas un syndicat ‘uni’. Pourquoi un syndicat sans tendance ne serait-il pas récupéré globalement, et pourquoi les débats internes qui existeraient à la Cé n’existeraient pas dans les tendances?
    Je trouve le débat intéressant puisque il montre comment on conçoit la démocratie interne, sensée permettre de représenter tous les étudiants et la pluralité des opinions (ce qui est la vocation des deux syndicats en question). Et j’aimerais savoir aussi comment s’organise le débat interne au Mét. A ma connaissance (mais je me trompe peut être) il n’y avait pas de tendance ou courants dans l’UNI, ni à ND. Qu’en est-il du Mét?

  • Clément

    En attendant la réponse de Jules, voici quelques éléments d’éclaircissement (je suis toujours le même, du MET) :
    – Le concours dans sa forme actuelle, comme tous les exercices de ce genre, pratique une sélection intellectuelle efficace, mais non neutre socialement, tout simplement parce que le niveau d’éducation est corrélé au niveau social. Pour y rémédier, Sciences Po a mis en place deux autres procédures, la dispense sur Mention Très Bien et les Conventions Education Prioritaire : la première est quasi neutre socialement, mais pas tout à fait, la seconde ne l’est pas plus puisque 60% des étudiants qui en sont issus sont boursiers (chiffre donné par Richard Descoings lors du débat sur la réforme du concours). En tout et pour tout, ces trois voies d’entrée permettront à Sciences Po d’atteindre l’objectif de 30% de boursiers correspondant à la moyenne nationale dès 2012. Le problème de la sélection sociale, contrairement à ce que certains veulent encore nous faire croire, est réglé.
    – Deuxième partie : et le mérite dans tout ça ? Réussir le concours, très sélectif et d’un bon niveau jusqu’à la récente réforme, c’est être méritant. Obtenir un dossier et une note au baccalauréat qui nous permette d’entrer directement à Sciences Po, c’est être méritant. Accomplir le parcours difficile et exigeant qui mène jusqu’à l’oral de sélection des candidats des CEP, c’est être méritant. Sciences Po a réussi à concilier le mérite, la diversification des profils et l’égalité des chances et c’est une fierté pour la majorité des étudiants.
    – Troisième partie : mais pourquoi alors s’acharner contre le concours ? La réforme qui a été adoptée cette année a pour objectif d’aligner le concours sur le niveau du baccalauréat et de le positionner juste après cet examen : dans de telles conditions, le concours qui permettait de sélectionner des candidats avec des capacités de réflexion et une culture que le baccalauréat ne permet pas d’évaluer disparaît au profit d’un bac bis dont l’obsolescence est évidente avant même qu’il ait été organisé. Pourquoi ? Parce que la direction de Sciences Po, obsédée qu’elle est par le coût du concours et l’imitation mimétique des universités américaines, veut se concentrer sur la sélection sur dossier. Parce que l’UNEF, qui combat la sélection dans l’enseignement supérieur, fait de la fin du concours de Sciences Po un trophée de chasse.
    Les raisons avancées n’ont pas lieu de l’être :
    – discriminations sociales : elles sont pleinement compensées, comme je l’ai déjà dit, par les autres procédures, et si le concours devient plus socialement neutre, on arrivera à une sous-représentation des non-boursiers (ça peut paraître cocasse mais c’est vrai) ;
    – discriminations géographiques : chacun sait qu’il est plus facile d’obtenir une MTB en province qu’à Paris, donc les parisiens favorisés par le concours sont défavorisés par la dispense (et chacun voit autour de lui que l’équilibre est atteint) ;
    – discriminations en fonction du genre : les garçons réussissent mieux les concours et les filles les examens, le poncif est éculé. La MTB favoriserait donc les filles, le concours les garçons, reste que Sciences Po est à peu près paritaire.
    Je ne dis pas que tout va bien, je dis que beaucoup exagèrent pour tirer la couverture idéologique à eux.

    Deux derniers points sur d’autres sujets :
    – sur le suivi social, prétendre que suivre les étudiants internationaux (qui ont la barrière de la langue, de la culture et tout simplement de l’inconnu contre eux) c’est le faire aux dépens des français, c’est absurde et nauséabond ;
    – sur les étudiants de ZEP « nourris, logés, blanchis » : non, monsieur, la plupart d’entre eux vivent chez leurs parents, ce qui est très souvent à plus d’une heure du centre de Paris. Donner à des personnes qui n’en auraient autrement pas les moyens la chance de réussir leur scolarité, ce n’est pas un effort excessif quand on respecte la valeur d’égalité des chances (qui est au coeur du projet du MET).
    Oui, les classes moyennes sont les oubliées du système et le travail sur la linéarisation sera l’occasion de le faire valoir, puisque le beau graphique de mes adversaires et néanmoins amis de l’UNEF le montre nettement. Mais pourquoi dresser les gens les uns contre les autres ? Un peu moins de violence dans le propos, un peu plus de jugement dans l’analyse, et vous verrez que la situation est beaucoup plus nuancée que vous, ou d’autres qui vous sont diamétralement opposés, la décrivent.

  • Jean

    « Les mêmes syndicats jouent sur les mêmes peurs depuis des années pour s’assurer les suffrages des étudiants, un jeu malsain et dangereux pour la démocratie étudiante. » explique et rassure Jules Fournier.
    Vous avez repris le discours de Ségolène Royal à propos de Le Pen -que je ne cautionne en aucun cas- sur l’immigration ?
    « L’extrême droite joue sur les mêmes peurs de l’immigration depuis des années pour s’assurer les suffrages des électeur, un jeu malsain et dangereux pour la démocratie. »
    Mr. Fournier, vous ressortez les épouvantails de service; effleurer un mot, rejeter un sujet n’en fait pas un argument; une stratégie de comm’ périmée, vous l’apprendrez à vos dépends lors des élections.

    Dans les deux cas d’ailleurs, ce sont pourtant des sujets de fond. La « baccalauréatisation » du concours est entamée, et cela affectera certainement le niveau du diplôme, tout comme l’entrée facilitée ZEP a entrainé un nivellement par le bas. D’ailleurs, ces mesures sont un peu dans l’esprit de votre syndicat : refuser tout mérite.

    En effet, vos propositions d’assistanat étudiant sont assez démonstratives. Je passe sur le slogan inutile « justice sociale, solidarité, démocratie »…
    « un suivi social pour les étudiants internationaux » : ouais c’est vrai, les français, franchement ça craint. Il faudrait être cohérent et arrêter de « partager » les ressources avec le monde entier si vous voulez une augmentation des bourses, par exemple.
    Pour ces derniers, je tiens à préciser que les boursiers entrés par la voie ZEP, sont (en exagérant à peine) nourris, logis, blanchis. Pas de frais d’inscriptions, places réservées en cité U, chèque octroyé au début de l’année (de plus de 100euros, il me semble) pour la « bourse aux livres », et j’en passe.

    Evidemment, ce sont toujours les même qui subissent ce grand écart de droits de scolarité : les classes moyennes. Ce sont elles qui rincent, comme d’habitude. Cette majorité silencieuse, qui n’a droit à rien, qui ne demande rien, et contribue parfois au dela du raisonnable au fonctionnement de l’établissement.

    Vos conneries de l’égalité des chances sont gonflantes. J’entends bien le leïtmotiv de la gauche syndicaliste (dont vous faîtes partie) qui consiste à ressortir une étude montrant que la dissertation pourrait être discriminante socialement. Bref, les concours sont généralement discriminants socialement, c’est comme ça, c’est un fait. A ce moment là on ne fait plus rien et on tire au sort, non?
    A Sciences Po, ce sont les meilleurs qui doivent entrer, les meilleurs des candidats soumis au même concours. Peu importe d’où ils viennent.
    Et croyez moi, des boursiers sont parfaitement capables d’entrer sur mention ou sur concours. Le travail est récompensé quel que soit le revenu des vos parents. C’est ce qu’on appelle le mérite.

    Je vois que vous répondez aux commentaires des électeurs, ce qui est tout à votre honneur, je le reconnais. J’espère avoir également une réponse.

    Merci.

  • Clément

    Pour être tout à fait honnête, la vérité doit se trouver quelque part entre deux fois par an et une fois par semaine (plus près du premier me semble-t-il). Jules, je suis ce qu’on pourrait appeler un rat de péniche, et je t’ai rencontré pendant la campagne pour la première fois.
    Sur la Confédération étudiante (je précise que je suis membre du MET), il faut savoir faire la part des choses : oui leur président est élu avec un score soviétique, c’est généralement le cas quand il n’y a qu’un seul candidat. Oui ils revendiquent beaucoup de choses déjà décidées, mais ils participent aussi à certaines négociations quand l’UNEF se mure dans une attitude de rejet systématique. Oui ils ont voté pour la sélection en M1 à l’université, dans un contexte entièrement différent de celui de Sciences Po, où la sélection à l’entrée est drastique. Oui ils ne sont là que rarement en péniche et sont occasionnellement absents aux conseils, c’est l’apanage des syndicats minoritaires en effectifs et en sièges.
    Le débat tendances/pas tendances, je vous le laisse, c’est un problème purement Cé/UNEF qui n’intéresse que les syndicalistes.
    Mon opinion sur la Cé, c’est que les étudiants de Sciences Po n’ont pas besoin d’un petit syndicat intercalé entre l’UNEF et le MET et qui prend alternativement les positions de l’un ou de l’autre. La discussion entre les deux grandes forces et la direction, en lien avec les étudiants eux-mêmes par exemple par la voie de l’enquête internet, peut à mon sens suffire à créer le débat et le compromis. La Cé balkanise inutilement le paysage syndical, affaiblissant la voix des étudiants, sans proposer de solutions radicalement différentes aux problèmes de la vie étudiante.

  • Jules Fournier

    Je réponds à tout ça demain avec plaisir, là, je dois sortir (mais je préférais vous envoyer ce court message pour que vous ne pensez pas que je fuis le débat 🙂 ).

  • Yann Lavil

    Je lis les deux commentaires, et je note: pas de réponse sur le score du président, ça fait très soviétique 99,57%…; le vote en CNESER, ça fait tâche, les revendications de trucs déjà décidés (et c’est vrai que les 75% étaient dans Scpo 2013).
    Après, sur l’idée des tendances internes, qu’on soit moins ‘contrôlé’ sans qu’avec, ça me paraît discutable. Car pas de structure pour ‘protéger’ celui qui serait minoritaire. De même, pas sûr que l’inscription en tendance sclérose le débat. Au PS, les débat existe, non? Les lignes bougent, il me semble… Si la Cé vient d’une tendance de l’UNEF (il me semble bien, wikipedia confirme^^), c’est que ses dirigeants reconnaissaient alors l’utilité des tendances, sinon ils n’en eurent pas constitué une alors. Et de plus, admettons que les tendances soient récupérées par des partis politiques (je ne sais pas sur ça), la Cé le raconte à longueur de temps mais j’attends les preuves, moi je ne trouve pas, vu de l’extérieur. Et comme tu milites au PS, si UNEF=PS, comme tu sembles le dire, pourquoi n’y es tu pas s’il y a identité politique entre les deux organisations? et puis si plusieurs tendances réunissent plusieurs partis, il n’y a de fait pas de contrôle politique puisque en interne le débat existerait en interne. Bref, l’argument anti-tendance je ne le comprends pas.

  • Jules Fournier

    Salut,

    Merci pour ces remarques : je trouve par contre dommage qu’une contribution relativement violente comme la tienne soit ponctuée d’une signature anonyme, car les écrits cachés sont généralement, à mon sens, peu porteurs de bonne foi.

    Je me permettrai de reprendre point par point tes commentaires.

    En premier lieu, nous sommes effectivement associés à la Cfdt, ce qui ne nous empêche pas de nous affirmer comme étant un syndicat indépendant.

    Cette association avec le premier syndicat de salariés de France est fondée sur une vision partagée du syndicalisme et un socle de valeurs identiques aux nôtres : démocratie, solidarité, construction européenne, Droits de l’Homme, justice sociale et… indépendance vis-à-vis des partis politiques, des confessions religieuses, de l’Etat,…

    En effet, vous semblez opposer notre indépendance à notre association avec la Cfdt ! Quelle drôle d’idée : ne nous méprenons pas, nous sommes indépendants des partis et des dogmes politiques, car les sphères syndicale et politique doivent, selon nous, rester indépendantes afin de préserver la force de frappe syndicale. Mais où est-il écrit que des syndicats ne pourraient pas être associés ? Nous sommes associés avec la Cfdt également parce que nous pensons l’insertion professionnelle comme l’un des enjeux majeurs de l’enseignement supérieur (un diplôme, c’est cool, mais sans emploi, c’est tout de suite moins intéressant !) et que cette association avec le premier syndicat de salariés de France nous permet de mener une réflexion commune entre étudiants et salariés. Pourquoi cloisonner ces deux mondes ?

    Quant à ton affirmation de discours écrits directement à la Cfdt, ça m’étonnerait beaucoup mais je n’oserai pas remettre en cause quelque chose dont je n’ai aucune certitude.

    En ce qui concerne la démocratie… La Cé est une scission de l’UNEF -elle en était auparavant, si je ne m’abuse, un courant. Créer des courants au sein d’un courant, c’eût été divisé assez profondément, non ? Toujours est-il que la Cé a décidé de ne pas fonctionner par courants, comme de nombreux partis politiques et syndicats français (d’où le sentiment de manipulation que je ressens envers tes comparaisons avec la Corée du Nord), et ce afin de préserver la liberté des adhérents, libres, sans contraintes de courants ou quoi que ce soit, d’influer directement sur la ligne. De plus, dans le monde syndicale, un fonctionnement par courants est évidemment facteur de division et d’influence politique, chaque courant ou parti politique pouvant être tenté « d’investir » le syndicat (Cf. UNEF). Je dis ça d’autant plus librement que je suis moi-même militant du Parti Socialiste.

    Certes, l’histoire des « coups de fils pour leur déconseiller fortement » est une honte et je m’engage, si je suis élu, à tout faire pour éradiquer la sélection en master -j’espère d’ailleurs pouvoir travailler en collaboration avec les élus UNEF sur ce sujet. Toutefois, tu conviendras que, aussi malhonnêtes puissent de telles pratiques être, un étudiant doit pouvoir résister à un coup de fil qui déconseille fortement s’il est véritablement convaincu de son choix et de ses ambitions.

    Concernant notre présence, je tiens d’abord à démentir ce que tu dis. Nous sommes beaucoup moins là que d’autres, ce n’est pas un secret -mais beaucoup plus que d’autres également. Toutefois, tu exagères lorsque tu dis « 2 jours par an » puisque nous tenons au minimum une table par semaine. Cependant, je ne cache pas du tout que nous avons beaucoup moins de militants que d’autres syndicats, ce qui rend une présence aussi régulière et massive plus compliquée. Mais notre blog, notre mail sont à la disposition des étudiants et j’inviterai également tous les étudiants, si je suis élu, à me contacter par mail dès lors qu’ils le souhaiteraient.

    Si tu attends les drapeaux de la Cé en première ligne devant la police iranienne, tu ne les trouveras malheureusement pas, de même que tu ne trouveras pas de drapeau de la Cé plantés sur le sol haïtien ou flottant dans les cieux africains ; cela nous empêche-t-il pourtant de marquer notre solidarité à l’égard des peuples de la planète ?

    Merci à toi d’avoir lancé ces débats intéressants,
    En espérant que tes prochains messages seront moins violents et, éventuellement, signés,
    Jules Fournier.

  • fils de cfdtiste

    Ah, la Cé….

    Syndicat indépendant.? Mon père est délégué syndical CFDT, et il connaît bien le Secretaire National de la CFDT qui écrivait les discours de Coudry, et a pris la suite avec Baki…

    Syndicat démoratique? Rigolons un peu: leur justification du stalinisme sur leur site internet http://www.confederation-etudiante…. pas de tendance, comprendre pas de droit à la minorité interne. Le parti juchéen de France (pro-Corée du Nord) a la même justification…
    Résultat? Baki Youssoufou élu président avec 99,57% des voix (http://fr.wikipedia.org/wiki/Baki_Y…)…
    Il n’y a que Kim Jong-Il qui fait mieux à l’heure actuelle!

    La Cé trouve que la sélection en master est un mythe? Les 10 mecs recalés de l’école de com’ cette été apprécieront, tout comme ceux qui reçoivent des coupsde fils pour leur « déconseiller fortement » de faire MAI (témoignages édifiants l’an dernier lors de la séance de doléance publique de Crès)…
    La Cé contre la sélection en master? Mais ce même Baki Youssoufou alors élu au CNESER, a voté en 2007 POUR la sélection en master 1 au niveau national…

    Petite phrase collector de Diego Melchior; élu Cé en CD, membre du BN de la Cé: « Les élus ce n’est pas si important que ça, ce qui compte c’est le rapport de force sur le terrain » (prononcée à Aix il y a 3 jours): Mais alors pourquoi on ne les voit que 2 jours par an hors période d’élection?

    Rappelons aussi, après l premier débat syndical, que la Cé est à ranger aux côtés de Solidarnosc (Walesa, Coudry, même combat, Julliard, Jarulewski même degré de méchanceté) et de la rébellion en Iran. On attend les drapeaux Cé en première ligne devant la police iranienne.

    Moi je prends un pari. L’UNEF a sorti il y a une semaine une capture d’écran du reglement de scolarité sur le site de Sciences-Po. Il y avait écrit que pour avoir son bachelor, il fallait justifier du niveau B2 en anglais. Le document, apparemment jamais voté en conseil, a été vite enlevé et Crès a dit que c’était un document de travail.
    Allez, parions que la Cé va proposer que les étudiants justifient d’un niveau B2 pour valider leur Bachelor. une grande victoire en perspective. Comme l’année dernière elle avait proposée une augmentation des compléments de bourses de 50 à 75%, et ce APRES la parution de Sciences-Po 2013 dans lequel c’était acté.

    La Cé, c’est un peu le syndicat Groucho Marx: « Voici mes principes. S’ils ne vous plaisent pas, j’en ai d’autres ». L’essentiel étant de pas trop faire de vagues…. http://vimeo.com/6606034

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