Vie du campus

Interview-entretien avec Adala :

Qu’est-ce donc que cela, Adala ? Vous ne les connaissez pas -ou devrais-je dire, pas encore ? Sachez pour votre culture gé’ qu’Adala signifie à la fois « enrichissement par le débat » en turc et aussi égalité ou équité en arabe. Si vous ne cernez toujours pas le but de cette association, et bien ça sera chose faite dans quelques minutes, en lisant le compte-rendu de l’interview de trois membres de l’association, par un beau lundi après midi dans le jardin de notre bien aimé QG du 27 rue Saint-Guillaume. Lorraine Le Floch, Rafe Jabari et Anwar Attawna nous livrent, en exclusivité pour LaPeniche.net, le portrait de leur association.

  • LaPeniche.net : Bonjour à vous trois, alors tout d’abord qui êtes-vous donc ?

Lorraine : Bonjour, je suis Lorraine Le Floch, diplomée du master de Métiers de l’Europe depuis juillet 2007. C’est la rencontre de Rafe lors de notre conférence d’espace mondial qui m’a permise de rejoindre Adala, j’ai tout de suite accroché au projet, et je me suis de suite impliquée dans l’organisation d’une exposition. Ce qui me plaît avant tout dans cette association, c’est que tout le monde peut apporter sa pierre à l’édifice. J’occupe actuellement le poste de vice-présidente.

Rafe : Je m’appelle Rafe Jabari, double diplômé en master Affaires internationales et master de recherche du monde musulman, aussi depuis juillet 2007. Lorsque je suis arrivé au début de l’année 2006, Adala existait uniquement sous la forme d’un forum informel entre étudiants de Sciences Po. Nous avons donc pris tout ceci en main avec Gabriel Jimenez et Claire Petit, ce qui a donné l’association Adala, dont je suis le président.

Anwar : Bonjour, je suis Anwar Attawna, nouvel étudiant à Sciences Po, j’ai été admis en master communication, et ma présence ici est le fruit de la coopération entre l’Institut, Adala et l’université de Birzeit. Mon rôle sera cette année d’être un interlocuteur à Sciences Po avec les étudiants et toute l’équipe Adala.

  • LaPeniche.net : Rafe, pourquoi avoir créé cette association et quels en sont les buts ?

Rafe : Et bien, quand je suis venu à Sciences Po, j’étais, je pense, dans les premiers étudiants palestiniens à être présent et je me suis donc senti un peu seul ! De là m’est venue l’idée de tout mettre en oeuvre pour réaliser une coopération entre l’Institut et des universités palestiniennes, car l’éducation reste à mon sens le meilleur moyen de créer un état et de trouver enfin la paix. J’ai donc décidé de passer dans le concret, et au delà des conférences qui existent en grand nombre, d’aller sur le terrain. J’ai réalisé ceci toujours en consultation avec l’administration de Sciences Po. Nous voulions pouvoir organiser la venue d’étudiants de Birzeit et à terme quand ce sera possible, proposer à des élèves et à des professeurs ou chercheurs qui le désirent, un échange avec cette même université. Anwar est aujourd’hui un des exemples de la réussite de notre projet.

  • LaPeniche.net : Et l’an dernier a pour vous été une étape importante, beaucoup de choses vous sont arrivées ? Parlez-nous un peu de votre activité en 2007 !

Rafe : En effet, l’an dernier il y a eu pas mal de choses qui se sont passées. En novembre, nous avons commencé par l’organisation d’une conférence avec l’association Plateforme des ONG pour la Palestine, elle s’intitulait « Jérusalem, une ville pour tous », et ce fut l’occasion d’une rencontre des trois confessions monothéistes, réunies autour d’un message de paix. Bien entendu, nous avons assuré tout au long de l’année une présence aux débats organisés par l’IEP et nous concernant. Mais surtout l’an dernier, nous avons passé une semaine dans les territoires palestiniens pendant les vacances de février, et ce tout particulièrement grâce au soutien moral et financier de la direction de Sciences Po. Nous avons voyagé du nord au sud dans les cinq grandes villes de Cisjordanie (Naplouse, Ramallah, Abu Deis, Bethléem et Hébron). Dans chacune de ces villes, nous avons visité les universités et nous sommes allés à la rencontre des professeurs et des étudiants palestiniens. Ca a été un véritable moment d’échange et de partage, d’autant plus que nous étions logés chez l’habitant. Ce voyage nous a permis de fournir un rapport à Sciences Po, pour au final enfin réaliser notre projet d’échange. Ceci étant réalisé, Agathe Gondinet (trésorière et membre très active d’Adala) est partie dans les territoires palestiniens pour rencontrer les universitaires palestiniens et aider les éventuels candidats à l’échange à remplir les dossiers d’admission. Ce fut le cas d’Anwar, et Adala s’est occupée de tout l’accueil logistique (demande de bourse, logement, etc) et de tous les problèmes pouvant arriver à un étudiant international.

  • LaPeniche.net : Après une année bien chargée comme celle-là, quels sont vos projets 2007-2008 ?

Lorraine : Continuer… sur les mêmes principes, la confiance de l’IEP et de l’ensemble de la communauté éducative sont déjà de belles victoires pour nous, et aussi avoir su capter leur intérêt. Un grand projet en cours de réalisation est de refaire un voyage des étudiants d’Adala en Palestine pour les vacances d’avril. Il faut à cet effet s’occuper de la logistique, au moins les soutiens sur places sont déjà assurés. Nous prévoyons ce voyage pour une vingtaine d’étudiants, avec pour but de continuer à tisser des liens entre Sciences Po et les universités de Cisjordanie. Aussi, nous avons un site web en construction qui sera accessible très prochainement (avant la fin du mois). Ancrée dans le concret, l’association Adala reste aussi un espace de débat, d’ordre interne déjà, il nous faut trouver des consensus sur tout, et choisir l’intitulé exact d’une conférence peut parfois nous prendre plusieurs heures !

  • LaPeniche.net : A nous deux Anwar, parle nous un peu de ta venue à Sciences Po, tout se passe-t-il pour le mieux ?

Anwar : Et bien, j’ai 23 ans, et je suis originaire d’un petit village près de Hébron. Je suis donc le premier étudiant venu ici grâce à l’action d’Adala, et tout se passe très bien. C’est lors de la visite d’Agathe dans mon université d’origine (Birzeit) où nous avons parlé de la France, de Paris et de Sciences Po, elle m’a montré le site de l’IEP et c’était parti ! Ma candidature a été posée par Internet et quinze jours après, j’étais admis en master de communication. Je suis donc étudiant boursier ici pour deux ans et j’en profite pour faire un petit coucou aux trois étudiants palestiniens de Menton, qui sont venus grâce à l’appui de Jean-Pierre Fillu, qui soutient l’action d’Adala et assiste à ses réunions.

  • LaPeniche.net : Quel paramètre pourrait selon vous améliorer la situation actuelle à long terme ?

Rafe : Bien sûr, l’issue réside résolument dans la médiation et le dialogue entre les dirigeants, et surtout dans des conditions équitables. Bien entendu, nous sommes attachés à la formation d’une véritable entité palestinienne. L’urgence est néanmoins pour nous de former des cadres et des dirigeants palestiniens, ce qui manque actuellement de façon cruelle, et c’est par ce biais que nous entendons réaliser notre action, toujours avec l’aide de l’IEP.

  • LaPeniche.net : Et bien un grand merci à vous pour cet entretien et à bientôt pour des nouvelles de vos projets ! Pénichement votre !

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