Vie du campus

WEI 2006 Premier Cycle à Rouen (II) : compte rendu d’Arthur

Où l’auteur, trépignant bruyamment face à son PC pendant le CM de droit, tente de faire partager ses impressions sur l’évènement majeur de l’année… du semestre, bon, du mois d’Octobre. OK, de la semaine du 15…

IEP DE PARIS Week-End d’Intégration Premier cycle Rouen

Certains pourront s’étonner que la jeunesse, c’est-à-dire la frange la plus parasitaire de la population, bénéficie sous nos climats d’attentions certaines qui confinent à la bigoterie. Une semaine après le Week-End d’Inté des Premier cycle, il apparaît très clairement que l’étudiant moyen de l’IEP de Paris est un privilégié rare : nanti, choyé, brossé, ciré, chouchouté, motorisé, transporté en carrosse jusqu’au c�ur de la campagne normande, dans un château du XVIème siècle, où il peut vomir en toute quiétude, entouré de ses semblables, le fruit de ses débordements éthyliques. Bref, il serait particulièrement mal venu de critiquer une pareille réussite ; certes, quand la brillante et gourmettée promo du départ revient en état de décomposition avancée, agonisants précoces, les cheveux et le foie teints en vert par les abus d’alcool et de fines herbes (Desproges), comme ce fut le cas, si je ne m’abuse, l’année précédente, il est possible de faire remarquer le caractère hautement pathétique d’une pareille orgie ayant la bénédiction sordide de l’intelligentsia crapoteuse qui se prétend notre aînée. A mon humble avis, ce WEI 2006 fut davantage marqué par une ambiance “ colonie de vacances ”, et ce pour plusieurs raisons.

Prenons le trajet en bus…Sa seule utilité, outre le fait secondaire d’emmener le groupe à destination, est de faire réviser toutes les chansons paillardes de la création. Certaines oreilles chastes ont certainement été choquées. D’où l’essence fondamentalement initiatrice du WEI… Autre moment hautement créateur de valeur ajoutée : les traditionnels questionnaires distribués par le staff. Que prouvent-ils ? Tout simplement que le WEI n’est pas prétexte au bizutage des petits nouveaux, puisque ceux-ci tendent à s’autoflageller dans la joie et la bonne humeur. Dans l’entourage géographique proche de votre humble serviteur lors de cette période, j’ai pu relever des intentions traduisant un état d’esprit étrange,si ce n’est saugrenu. Autant “ rouler une pelle à sa voisine ” ou “ passer sur le chauffeur ” ne surprend plus personne et est même caractéristique d’une assez grande paresse intellectuelle, autant vous avouerez quand même que “ manger une capote ”, “ mâcher son string ” ou “ sniffer sa gerbe ” ne sont pas des comportements courants ni sous nos tropiques civilisées, ni en Normandie. Bref, l’ambiance générale était à l’autodérision et à la blague bon enfant. Certains reprocheront le caractère lourdingue des activités proposées. S’ils n’ont pas le sens de l’humour, c’est foutrement dommage pour eux, car franchement, le passer de Marshmallow de bouche à bouche pendant une heure ou la lecture intégrale des questionnaires pendant 2h30 (dans un autre bus,le fameux Ricar Descoings, ), j’ai rarement vu quelque chose d’aussi transcendant depuis le dernier Bigard.

Passons maintenant à l’hébergement. Quand je vous aurai dit l’ampleur de ma dégoûtation pour les lois collectives et les marches forcées, quel bonheur cela ce fût-il que de découvrir le règlement de l’internat St Joseph. Je citerai au hasard des joyeusetés telles que “ lever à 6h30 ” ou “ extinction de la lumière à 22h ”. L’ambiance n’en fut que meilleure. Réveillonner joyeusement dans ces lieux sacrés, allumer la lumière dans de nombreuses chambres vers 7h (les auteurs de cette bonne blague se reconnaîtront dans ces lignes…) ou voler des traversins (en revanche je ne sais pas si le staff considère cela comme une “ bonne blague ”) furent parmi les activités de nombreux jeunes gens, dont l’élévation d’esprit peut surprendre.

Pour rassurer les pauvres malheureux qui ont été privés de sortie, et qui n’ont par conséquent pu témoigner d’une joie de vivre fébrile et quasi psychopathe à l’instar de leurs semblables, je vais tenter de leur décrire brièvement la manière par laquelle nous avons dépensé nos 154 800 secondes environ de récréation pure. Restons mesurés et écrivons que la plupart des participants se sont conduits avec désinvolture, mais dans les limites du bon goût. Il semble ainsi, qu’à quelques exceptions près, le BDE n’ait pas eu à adresser beaucoup de reproches au groupe, et ce fut réciproque : Je m’attendais personnellement à un encadrement digne de la fameuse semaine d’Inté de Pharma Marseille 2005, ce ne fut pas le cas. J’oserai même dire que le staff s’est dépassé pour nous offrir des activités autres que l’imbibation planifiée ou le zigounipiloupilage collectif, ce qui est tout à leur honneur. De même, l’immaturité éthylique extrême est restée sous forme de cas isolés et aucun effet de groupe n’a été à déplorer. Grâce à l’aide d’Emilie Barbette, accompagnatrice pour l’agence Golden Voyages, (qui nous a évité un(e) second(e) Jimi Hendrix) et aux efforts du BDE (qui dès le deuxième soir, a instauré un système réduisant la consommation d’alcool pour les mineurs), le WEI s’est presque transformé en séminaire des cadres de Conforama à la foire du Trône.

Stop. Depuis le début de ce best-seller, il me semble que je fais parfois du mauvais esprit, et il faut reconnaître que ce WEI était, à mes yeux, particulièrement réussi. La bonne surprise des Moustaks, – groupe séparatiste kazakh ayant choisi ce WEI comme tribune de revendications -, la sortie dans Rouen, les deux soirées assez réussies et le charme de l’endroit ont grandement contribué à ce qui restera sans doute longtemps comme un excellent souvenir. De nombreux 1A m’ont fait part de leur envie de recommencer cette expérience l’année prochaine, ce qui est une preuve encourageante de la qualité du Week-End d’Intégration 2006 de Sciences Po.

Pour conclure, je souhaiterais juste écrire qu’il existe des inventeurs lumineux, dont la gloire fracassante résonne longtemps après eux à travers les plaines infinies de la connaissance humaine. Parmi ceux-ci, un petit groupe de personnes dont je tairai l’identité, mais qui se reconnaîtra sûrement, a forgé un nouveau concept révolutionnaire : celui de voler de l’alcool pendant un open-bar.

Etonnant, non ?

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