Vie du campus

Tu ne tueras point. A moins que ce ne soit justifié.

LaPéniche vous soigne, LaPéniche vous aime, LaPéniche vous livre de bonnes petites séries qu’elle n’a pas dévoilées plus tôt pour éviter de vous pousser à la procrastination. Ce sens du devoir, tout de même. Voici donc Justified, pour les lecteurs fidèles qui viennent nous lire même après avoir quitté les bancs de Boutmy pour les trois prochains mois.

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Justified est une série américaine sortie en 2010 mais qui n’a pas encore réellement atteint le public français, hormis pour les abonnés qui se risqueraient à regarder Orange CinéChoc dans un élan d’aventurisme irréfréné face à leur écran géant. Cynisme facile, certes, il n’en reste pas moins que la série mériterait un peu plus d’attention, quelque soit le média utilisé pour l’atteindre. Adaptation au petit écran de Fire in the Hole d’Elmore Leonard, elle met effectivement en scène un Deputy US Marshall, tireur hors pair revenu dans son Kentucky natal pour y continuer son job: la traque aux hors-la-loi. Plutôt que la prison, ceux-ci risquent la mort si jamais cette dernière est justifiée par les évènements.

Dans un élan presque anachronique, le personnage principal est donc Raylan Givens (Timothy Oliphant, d’ailleurs reconnaissable pour avoir déjà joué le shérif dans Deadwood), chapeau de feutre vissé sur la tête et santiags aux pieds, comme redresseur de tort pourtant bien de notre époque. Le premier épisode dresse un tableau assez dynamique: muté à Lexington, sa ville natale, à cause de sa manière assez peu habituelle de travailler, la charge incombe au Marshall de résoudre une double affaire impliquant son ancien collègue Boyd Crowder soient le meurtre d’un néo-nazi et l’attentat contre une église de la ville.

Si la série présente la juste dose de combats, de dialogues apparemment amicaux tandis que les protagonistes se visent par dessous la table,et d’histoires d’amour un tant soit peu complexes parce que liées aux dossiers en cours d’instruction, il est certain que les deux épisodes suivants peuvent rebuter les moins intéressés. Ceux-ci semblent effectivement prévoir une succession d’affaires sans lien les unes entre les autres à cause de l’implication de nouveaux personnages aux rapports très lointains. Avec un peu d’assiduité toutefois, il est visible que le scénario reprend très vite la lignée annoncée par un pilote très bien ficelé et qui parvient donc à accrocher le spectateur.

Au delà de l‘aspect western des temps modernes doublé d’un thriller à moitié juridique, on apprécie finalement assez le fait que le scénario fouille l’aspect psychologique, notamment la question des rapports entre les différents personnages: étant donné que se croisent l’ami de jeunesse de Givens, dont il est séparé par la loi, son père, son ex-femme et autres symboles de sa jeunesse dans le Kentucky, celui-ci se doit d’assumer sa fonction de représentant de la loi, ainsi que le caractère criminel de la plupart des activités des personnes citées. Il entretient toutefois des relations tout à fait amicales avec eux, paradoxe à la fois compréhensible et étrange qui mène à se poser sans cesse la question d’une possible traîtrise. La qualité cinématographique se révèle ici notamment par la capacité de la caméra à rendre cette tension psychologique très fréquente, Givens cherchant à prendre de la distance avec les faits afin de préserver ses relations tout en ne perdant jamais son but, celui d’envoyer derrière les barreaux tout contrevenant à la loi fédérale.

C’est donc un assez bon divertissement (l’effet intellectuel science-piste est certes assez oublié avec cette série) qui nous est offert avec cette adaptation, et à propos de laquelle il faut noter le choix de générique aux accents de country et signé par Gangstagrass. Ce hip hop posé sur des notes de banjo et de guitare met directement le spectateur dans l’ambiance étrange que semble vouloir véhiculer le héros: chapeau de cow-boy et code d’honneur dignes d’un shérif sorti des livres d’Histoire doublés des sirènes de police et des trafics à hauteur internationale actuels.

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