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Rhinocéros, le théâtre in & out Sciences Po

8124_1201819696087_1546437857_30537905_3223985_n.jpgDerrière la bête, le théâtre. Rhinocéros, montée l’année dernière, n’est pas un pachyderme virulent, mais bel et bien une troupe théâtrale et une association à part entière, visant à réunir des élèves de Sciences Po et d’ailleurs autour d’une passion commune : l’art dramatique.

Avant tout, Rhinocéros est une troupe de théâtre, créée dans le but de monter et de jouer à Paris et surtout au Festival Off d’Avignon « Blessures au visage » de l’auteur contemporain britannique Howard Barker. Ambitieux, Rhinocéros ? Certes. Mais l’enthousiasme et le succès sont au rendez-vous.

Cette année, la nouvelle équipe relance cette aventure avec « Othello, ou le Maure de Venise » de William Shakespeare, dans la version traduite par Yves Bonnefoy. La pièce a changé, mais l’exigence de l’objectif demeure ; et si Rhinocéros abandonne temporairement le théâtre contemporain, les personnages de Barker ont en commun avec les personnages shakespeariens la passion, la jalousie, la trahison et le sentiment d’exclusion.

Parallèlement aux représentations théâtrales, Rhinocéros organise d’autres activités, tout au long de l’année. Ainsi, l’association se déplacera dans en Seine Saint Denis (93) afin d’organiser en collaboration avec des lycées locaux et des Maisons de la Culture des ateliers d’initiation au théâtre et des masterclasses.

Rhinocéros a toujours plaidé sa non-appartenance à Sciences Po et sa quête de talents. Ainsi, l’an passé grâce au concours du Théâtre du Rond Point et de la Fondation Culture et Diversité, la troupe s’est formée de Sciencespistes et d’étudiants issus de zones d’éducation prioritaire. C’est dans cette optique de partage mutuel que Rhinocéros est allé jouer dans divers lycées d’EP en région parisienne afin de générer un dialogue intéressé autour du théâtre et de la pièce.

Toujours dans cette même logique, Rhinocéros organise des masterclasses. Au rythme de deux ou trois par ans, la troupe invite à Sciences Po et à l’extérieur une personnalité du monde du théâtre, afin de partager deux heures avec des élèves, membres de la troupe, passionnés de théâtre ou simples curieux. Le résultat est entre le cours, le débat, l’échange et la représentation autour de thème tels que la chorégraphie, l’improvisation, le corps du texte… L’année dernière sont venus Caroline Marcadet, chorégraphe à la Comédie Française, et Jacques Weber, que l’on ne présente plus !

Pour ceux convaincus par la bonne humeur et l’enthousiasme de l’association, des auditions auront lieu le 23 Octobre, dans les locaux que le BdA prête à l’association.

Rhinocéros est à la fois sur Facebook (Rhinocéros Sciences Po), sur son propre site : rhinoferoce.org et disponible via cette adresse mail rhinoceros.association@gmail.com.

4 Comments

  • Ambre SAUTAI.

    Rhinocéros n’a jamais eu la prétention de se présenter en tant qu’élèves de Sciences Po, bien au contraire, jamais cela n’a été stipulé dans le catalogue du Off, ni dans les informations que nous donnions aux spectateurs festivaliers (déjà, pour la simple et bonne raison que toute la troupe n’était pas issue de cette école, et que ce n’est pas grâce à Sciences Po et avec son concours que nous avons pu jouer).

    Lorsque vous usez du terme de condescendance, permettez moi de m’élever. En quoi proposer un texte « difficile » (ou que vous même jugez « abscon ») est il condescendant ?
    Au delà de sa prétendue difficulté, c’est l’œuvre d’un artiste et auteur contemporain que nous avons voulu travailler et représenter, c’est son texte que nous voulu porter, dans la perspective d’une découverte théâtrale partagée à la fois entre la troupe et le spectateur. Et nous n’avons jamais menti sur cette ambition. Blessures au Visage fut un projet ambitieux car la pensée de l’auteur propose un véritable reconsidération des moeurs occidentales par le biais de la tragédie comme cri de la modernité, par ce qu’il appelle le « théâtre de la catastrophe ». Il faut saisir – aussi bien le spectateur que le comédien – à la fois la violence et la poésie, la douleur et la beauté. Mais vous ne m’avez pas demandé d’exprimer mon propre sentiment envers la pièce et l’auteur. Ainsi, notre « intention » n’était pas de « choquer », de « provoquer » le spectateur, ou de le faire lever, outré, de son siège durant les 1h10 de spectacle. Et quand bien même cela serait ce le cas, devons nous l’interpeller et le supplier de rester assis depuis la scène ?
    Devrais je ajouter aussi que nous proposions, après la pièce, toujours dans cette même optique de découverte et de recherche mutuelle, que les spectateurs et la troupe partagent un moment de dialogue autour de celle ci ?
    Et ce n’est pas de la condescendance que de demander comment la pièce a été reçue.
    Et ce n’est pas être condescendant que de proposer sa vision et sa compréhension de la pièce et de la confronter aux spectateurs.
    Et ce n’est pas faire preuve d’une humilité affectée et factice que de s’enquérir, pour acquérir une vraie justesse d’interprétation, des propositions et des critiques des spectateurs.

    Quant au manque de professionnalisme, quant à notre prétendue volonté de plagier le IN, quant au soit disant fossé d’intentions et de qualité entre le IN et le OFF, quant aux critiques factuelles de mise en scène, je préfère laisser le dernier mot aux spectateurs, qui ont rempli sur 14 jours une salle de 40 personnes. Et ce n’est pas de la fatuité, c’est un fait.

    J’espère aussi que nous avons appris de cette première expérience avignonnaise, et j’espère que vous profiterez de manière plus agréable et plus complète d’Othello.

  • Avignonnais anonyme

    Le problème est que ces raisons sont trop nombreuses. Déjà, il y a le choix de la pièce, un texte qu’on pourrait qualifier de « difficile ». Ou plus simplement « abscon ». J’ai entendu d’autres commentaires aussi, mais j’aimerais éviter d’user de vulgarités ici. Ensuite, il y a ce brin de condescendance que, malheureusement, les gens associent souvent à SciencesPo. On peut en effet dire qu’ils ont des raisons d’être confortés dans cette optique. Les recouvrir d’un tissu rouge et les faire passer pour un tableau honteux sur lequel le prétendu « roi » de la fable déchaîne toute sa haine, certains appelleront ça de l’Art. Moi j’appellerai cela du mauvais festival IN. Qui n’a pas sa place dans un théâtre intime. Et puis, dans ce cas, que tout soit à la mesure du festival IN : la scénographie, les décors, les lumières, le son! Qu’un comédien ne soit pas audible ou n’articule pas correctement, et le professionnalisme dont vous essayez de vous parer s’effondre! Peut-être que votre intention était de choquer. Grand bien vous en fasse, mais il existe d’autres méthodes. La vôtre a conduit certaines personnes à quitter la salle pendant le spectacle. Pas franchement une réussite! Enfin, d’une manière générale, peut-être eût-il fallu vous prendre pour ce que vous êtes, des étudiants de SciencesPo sensés être à Avignon pour jouer, avec leurs armes et leurs talents, et surtout pour échanger avec le public. Or, ce mur de suffisance et de satisfaction de soi a largement compromis des échanges constructifs. Espérons simplement que pour Othello, vous redécouvriez des ressorts plus essentiels du théâtre, et fassiez un travail sur vous-même afin de profiter d’une manière plus agréable et plus complète de l’expérience avignonnaise.

  • Ambre SAUTAI.

    Toute critique étant constructive, j’aurais aimé débattre avec cet avignonnais anonyme à qui la pièce a déplu – ce que j’aurais pu concevoir s’il en avait exposé les raisons.
    En espérant que cette requête sera entendue.

  • Un avignonnais

    Il manque un mot dans votre article, et il semble qu’il y ait également une erreur d’adjectif : « Le constat fait par les fondateurs, est certes insolent, mais pas totalement injustifié : toutes les pièces proposées au festival ne sont pas aussi complexes que celle proposée par la troupe »

    Si vous avez vu « Blessures au visage », alors vous vous accorderez plutôt sur cette phrase : « Le constat fait par les fondateurs, est certes insolent, mais pas totalement injustifié : toutes les pièces proposées au festival ne sont pas HEUREUSEMENT aussi RIDICULES que celle proposée par la troupe »

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