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Retour sur le concert de musique franco-italienne

Vendredi 25 mars dernier, à l’occasion du lancement des dialogues franco-italiens juniors pour l’Europe, s’est déroulé en Boutmy un concert de musique classique franco-italienne. Retour sur ce fabuleux moment de musique. 

Leurs répétitions ont résonné dans Sciences Po une partie de l’après-midi, comme pour donner un avant-goût de ce qui allait se produire. Sciences Polyphonies, la jeune association de musique classique, qui s’était déjà fait remarquer lors du concert en soutien aux femmes afghanes organisé en octobre dernier alors qu’elle venait d’être élue initiative étudiante, a encore une fois brillé sur scène. 

Avant leur prestation, Maximilien Picquart, le président de La Strada, association d’amitié franco-italienne à Sciences Po, et son homologue Carla Scalisi de Marianne, association franco-italienne de l’université LUISS Guido Carli de Rome, ont pris la parole pour présenter l’origine de ce concert, organisé en partenariat avec la section Italie des Alumni. Avec la signature du Traité du Quirinal en 2021 entre la France et l’Italie, un traité de coopération bilatérale renforcée visant à réaffirmer les valeurs communes des deux pays, favoriser la coopération au sein de l’Europe et mettre en avant la jeunesse, Sciences Po et l’Université LUISS ont renouvelé leur collaboration dans le projet des dialogues franco-italiens pour l’Europe. Ces deux universités phares dans la recherche sur les politiques publiques participent ainsi au développement d’une coopération politique, économique et culturelle entre ces deux pays. Consciente de l’importance de former des futures élites politiques à ces questions, les associations La Strada et Marianne ont fondé les dialogues franco-italiens juniors pour l’Europe. Ce concert inaugurait le lancement de la première édition. Quoi de mieux que la musique classique, d’une grande richesse dans ces deux pays, pour célébrer ces liens ? 

Marc Lazar, professeur d’histoire à Sciences Po et chercheur notamment en histoire et sociologie politique de l’Italie post-1945, est ensuite monté à la tribune pour affirmer sa joie de voir ce projet mis sur pied. Attaché à l’Italie et à la politique française et européenne par ses travaux, il a réaffirmé l’importance du traité de Quirinal, premier traité bilatéral signé par ce pays après la Seconde Guerre mondiale. Traité qui marque aussi une heureuse amélioration de relations franco-italiennes, après des fortes tensions en 2019 qui avaient amené au rapatriement de l’ambassadeur français, comme l’a rappelé Marc Lazar avant de conclure : « Viva la musica ! ». 

Enfin, l’ambassadeur de France en Italie Christian Masset, dans une vidéo préenregistrée, a souligné l’importance de la coopération franco-italienne et des échanges diplomatiques, au vu du contexte de guerre en Ukraine. En ce sens, Stefania Giannini, sous-directrice générale de l’UNESCO et dernière oratrice de la soirée, a affirmé la nécessité de promouvoir la culture et les échanges culturels, les seuls à même, par l’éducation, de lutter contre le bellicisme des hommes. 

Et puis, place à la musique. Sur l’estrade de l’amphithéâtre, un immense piano à queue – beaucoup, dont moi, se sont demandé comment était-il entré là. Nous n’étions plus en Boutmy à Sciences Po, mais dans une vraie salle de concert, tant la musique nous transportait. Du Cantique de Jean Racine de Gabriel Fauré au « Va Pensiero » de Verdi, en passant par le Cantabile de Nicolo Paganini, des chefs-d’œuvre de la musique classique des deux pays ont été interprétés avec brio. Les membres de Sciences Polyphonies ont épaté le public par leur talent pour le chant, le violon, l’alto le piano, la mandoline et le violoncelle. L’invité exceptionnel – et c’est peu dire – de la soirée, le soliste international Olivier Gardon, a interprété au piano les Préludes de Claude Debussy. Le retour brutal à la réalité concrète et matérielle de Sciences Po s’est fait à la fin du concert quand le président de Sciences Polyphonies a indiqué au micro que comme le concert avait pris un peu de retard, nous étions priés de nous dépêcher de sortir puisque le bâtiment fermait. Puis LA voix a mis le coup de grâce à l’impression du public d’être à l’opéra : « mesdames, messieurs, le bâtiment va fermer, veuillez évacuer les lieux. »

Notons aussi que les associations venues couvrir l’évènement ont relevé la gentillesse et la bienveillance des organisateurs. Un concert exceptionnel, pour une cause passionnante, monté par des équipes sympathiques, une seule conclusion : on attend avec impatience le prochain. 

Crédit image : ©SciencesPhotos, Lola Pinel, Marquise Akamba Mbono