Actualités,  Sections et associations politiques,  Vie politique étudiante

Qui dirige les sections des partis politiques à SciencesPo ?

Rompez les rangs. La bataille pour la reconnaissance des associations est désormais terminée. Celle pour prendre la tête d’une des sections politiques sciencepistes, elle, ne s’est jamais vraiment arrêtée. Résumé des procédures propres aux quatre associations politiques reconnues le plus facilement : UDI, PS, UMP, Front de Gauche. Anecdotes au passage.

 

La petite famille UDI

udiorganigramme

La présidence de l’UDI Sciences Po est ouverte à toutes et à tous. Pas besoin donc d’être militant, ni même adhérent pour concourir. Les présidents et le bureau sont élus à l’occasion d’une grande assemblée générale, après la présentation des professions de foi des candidats et un débat.

En raison d’effectifs assez limités, la présidente Marine Denis fait part d’un dialogue plutôt facile et de candidatures « connues à l’avance ». Effectivement, un membre ayant maintenant terminé ses études à SciencesPo note qu’il « n’y a pas vraiment eu de concurrence. Tout était joué à l’avance. Marine Denis, d’ailleurs très douée, a ainsi été élue sans suspens. L’année prochaine sera en revanche un vrai test démocratique. Il y a en tout cas deux candidats potentiels donc on pourra pour la première fois voir ce qu’il en est, j’espère pour eux que ce ne sera pas de la cooptation pure et simple. »

 

Commission et section au PS Jean Zay

Contrairement aux autres sections sciencepistes, le PS Sciences Po est rattaché au PS national, et donc soumis aux mêmes impératifs. Il est aussi en relation avec d’autres sections territoriales, d’où des actions militantes collectives, à Paris et en proche banlieue.

La procédure d’élection du secrétaire de section (ou président) pourrait peut-être faire l’objet d’un paragraphe Tusseau style. Un appel à candidature est d’abord lancé auprès des adhérents, à jour de cotisation ou l’ayant été il y a moins de trois ans. Dans un délai de dix jours, les prétendants doivent se présenter publiquement, et individuellement, auprès du PS Sciences Po. Tous ceux à jour de cotisation votent ensuite à bulletin secret. Au terme de ce scrutin uninominal à un tour, un secrétaire de section est élu pour deux ans.

Dans les jours qui suivent, le nouveau secrétaire de section propose un bureau (neuf membres dont un trésorier). Pour prendre acte, la liste doit être votée par la « Commission Administrative ». Encore du jargon à faire pâlir un assureur chez AXA chargé de rédiger les conditions générales de vente. Mais en réalité, c’est assez simple :il s’agit d’une sorte de « parlement » de la section, dont les membres sont recrutés par le secrétaire de section sachant qu’il suffit de lui demander pour être accepté-e. Outre la ratification du bureau, la CA gère également les questions financières, dont le vote des dépenses de budget, le montant des cotisations…

Les effectifs du PS sont conséquents et l’envergure du parti pousse forcément certains militants à songer au poste en se rasant le matin dès la première journée du stage d’inté. Les confrontations d’ambitions ne manquent ainsi pas d’éclater et c’est pourquoi la primaire d’il y a deux ans, opposant Hugo Lucchino à Bastien Marguerite a été relativement chaotique. Divisé par la victoire d’Hugo Lucchino, le PS Sciences Po a mis plus d’un an à s’en remettre. David A., 2A au bureau, souligne d’ailleurs : « cette année, on ne voulait pas répéter ça. La candidature de Manon Chonavel a fait consensus ».

 

L’UMP, la section où il faut travailler plus pour gagner plus

ump

A l’UMP, les candidats doivent se déclarer. En mai, le bureau (un président en 4A et trois vice-présidents en 2A cette année) élabore une liste. Les militants l’approuvent ou non.  En dépit d’ambitions à la mesure de la centaine de membres actifs, le parti se félicite d’une procédure facile à organiser.

Pour figurer parmi les quatre heureux élus, il faut notamment s’être impliqué dans l’un des cinq groupes de travail, « avoir fait ses preuves, être régulièrement venu aux événements, avoir milité… », et ce dès la 1A. Bref, c’est le travail et non la tendance des concernés qui justifie leur place.

Charles-Henri Alloncle, président de l’UMP Sciences Po souligne d’ailleurs qu’« il y a une relation de confiance entre les membres. Il n’y a pas eu de contestation des militants sur le bureau l’année dernière. Personne n’a claqué la porte. Bien sûr, il y a eu quelques déçus, mais ils continuent quand même à militer. Ils ont constaté que le bureau faisait du bon boulot. »

Un membre toujours actif regrette : « Ce n’est pas digne d’un parti d’envergure nationale. C’est plus du copinage qu’une élection… Il faudrait plusieurs candidats ! La démocratie fait maintenant partie de l’ADN de la droite. Ce n’est pas normal de maintenir ce système qui ne permet plus de faire correctement le job.« 

 

Le Front de Gauche, uni dans la diversité

FDG SciencesPo

Au Front de Gauche Sciences Po, l’élection repose sur un vote uninominal à scrutin préférentiel. A la fin de l’année, les adhérents qui le souhaitent peuvent se présenter, individuellement, pour faire partie du bureau de l’année prochaine. Les quatre personnes qui regroupent le plus de voix sont élues. Il y a eu six candidats l’année dernière.

Ici, pas de représentant unique. Par définition, c’est un groupement de partis, animé par une volonté de dépassement des clivages entre diverses sensibilités (marxistes, souverainistes de gauche, altermondialistes par exemple). Au risque,parfois, de manquer de coordination. L’année dernière, Sciences Po Environnement, qui avait prévu de réaliser un grand débat environnemental opposant différents membres des partis de l’école, a notamment du annuler l’événement à cause de leur incapacité à choisir un débatteur au Front de Gauche (et du manque de motivation d’autres partis…). Nicolas Nocti, membre en 3A, note que « Sur l’écologie, il y a bien sûr quelques divergences entre nos partis, mais elles ne nous empêchent pas d’avoir un programme clair pour le Front de Gauche. A Sciences Po, nous ne prenons pas de postures partisanes, mais individuellement, nos opinions peuvent diverger et s’enrichir. C’est la raison pour laquelle nous essayons d’en débattre régulièrement entre nous. »

 

Et puis le mot de la fin, celui du « journaliste » : tous les partis de l’école se défendent d’avoir une « procédure vraiment démocratique »… Espérons le, pour qu’il y ait, demain peut-être, de quoi mettre un terme aux scandales qui frappent souvent leurs aînés.

14 Comments

  • Tonton Jean Claude de sinistre mémoire

    C’est marrant le premier parti de France n’est pas mentionné.
    Finalement c’est une bonne chose.
    Cela permet de marquer la rupture avec votre Système.

  • Adrien Boulogne

    Désolé, je n’avais pas vu les commentaires précédents. Mais dans ce cas, dans la mesure où les deux partis centristes se talonnaient de très peu les deux années précédentes, auriez vous choisi de représenter un parti plutôt que l’autre ? N’est-ce-pas plutôt un simple parti pris d’avoir choisi de représenter uniquement l’UDI ? De plus, il y a deux ans, le Modem avait été reconnu largement avant le PS ( devant les deux associations représentant ce parti). De plus, cette même année, le nombre d’événements organisé était important. Auriez vous choisi de ne pas inclure le Modem, simplement du fait d’un jugement lié au nombre de voix ?
    En bref, ce message n’est pas du tout vindicatif; j’espère seulement que les autres partis, quels qu’ils soient, ne se verront plus représentés à Sciences Po comme ils le sont au niveau national, c’est à dire inégalement,

  • Adrien Boulogne

    Pourquoi d’autres antennes de partis reconnus n’ont pas eu le droit à leur paragraphe? Je pense à mon affiliation au Modem évidemment, mais plus généralement à un soucis d’égalité de représentation, ou même d’équité

  • Alex Baptiste Joubert

    Nous avons fait le choix de ne parler que des quatre partis reconnus le plus facilement : les autres présentent moins d’intérêt dans la mesure où ce sont de jeunes structures qui n’ont donc pas d’historique, de vécu autour de l’élection d’un bureau comme ça peut être le cas de la section Jean Zay. Pour autant, nous ne les oublions pas et Nouvelle Donne serait bien ingrat d’oublier qu’ils ont bénéficié d’une couverture exceptionnelle en pleine semaine de reconnaissance dans notre « Face à face ».

    • Lucie Lang

      quelque chose m’échappe dans ton argument historique: pourquoi choisir l’UDI pour représenter le centre, alors que le Modem Sciences po est né en 2009 et l’UDI Sciences po en 2012? (pour ne pas parler des partis nationaux, le modem étant créé en 2007 et l’autre en 2012).

      Je pense que les deux partis ont leur place dans ton article et ta justification me semble assez légère !

      • Alex Baptiste Joubert

        En terme de nombre d’adhérents, l’UDI est devant. En terme de nombre de voix récoltées lors de la procédure, l’UDI est devant depuis deux ans. En terme de nombre d’évènements organisés, l’UDI est devant.

  • Maï

    Bah alors, on oublie Nouvelle Donne ? L’article aurait été de meilleure qualité s’il avait présenté l’ensemble des factions reconnues cette année, notamment en parlant de la petite nouvelle, qui a fait une belle percée pour cette rentrée : Nouvelle Donne !

  • Camille Renault

    et sinon y a Nouvelle Donne Sciences Po, qui choisit ses dirigeants de façon originale et démocratique, qui se présentait pour la première fois à Sciences Po cette année et qui a aussi été reconnu! Nouvelle Donne c’est l’avenir les gars, et surtout c’est du renouveau dans le débat politique de Sciences Po!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.