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Procédure de reconnaissance : le debriefing des assos qui ont souffert

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Quatre jours… Ce fut long, ce fut intense et ce fut parfois douloureux ! Si l’UMP, Politiqu’elles, Sciences Polémiques ou encore Révolte-toi Sciences Po n’ont pas tardé à obtenir les 120 voix requises, il n’en est pas de même pour toutes les associations. Retour sur celles qui ont connu des moments pénibles pendant cette longue fin de semaine de reconnaissance, l’occasion par ailleurs de s’interroger sur la procédure en général : est-elle pertinente ? 120 voix, n’est-ce pas trop ? Mobilise-t-elle suffisamment les étudiants ?

 

Les Ecolos s’interrogent sur la pertinence de la procédure

ecolos

Ceux qui pensaient pouvoir devancer le Modem ont peut-être pêché par excès d’ambition. Bien qu’ils aient devancé le Mouvement des Jeunes Socialistes à quatre voix près, échappant ainsi au titre de « lanterne rouge » des partis politiques sciences pistes, les Ecolos Sciences Po ont malgré tout peiné à se faire reconnaître.

En tous les cas, le résultat final reste meilleur que l’an dernier où EELV Sciences Po avait dû passer par la case « repêchage ». Aurélien Froissart et Lucas W., membres du bureau d’Ecolos, soulignent le manque de préparation de l’équipe précédente avec l’impression de 200 tracts la veille de la fin de la procédure de reconnaissance. « On a fait 5-6 permanences cette année et une réunion de rentrée. On a imprimé 1000 tracts et privilégié la communication sur Internet » détaillent les deux représentants de l’association.

Alors que l’UMP a pu en profiter pour atteindre le premier la barre fatidique des 120 voix, les Ecolos semblent avoir particulièrement souffert de l’éclatement de la gauche à Sciences Po et notamment de la concurrence directe de Nouvelle Donne.

Si la reconnaissance n’accorde pas facilement ses faveurs à Ecolos, l’association ne se montre pas non plus favorable à cette procédure. « C’est bizarre de demander aux associations politiques de passer par cette procédure car cela freine la dynamique associative pour les petites formations. » Au final, pour les deux membres d’Ecolos, ce n’est pas tant le nombre de voix – qu’ils qualifient d’ « arbitraire » – qui pose problème, c’est la démarche en elle-même qu’ils considèrent comme un frein au pluralisme.

 

Fight Club Sciences Po : l’uppercut de trop 

fightclub

Nicolas Fender, président et fondateur de l’association, l’avait annoncé d’emblée : « l’objectif n’est pas d’être reconnu mais bien d’être connu ; la reconnaissance, c’est un plus. » Fight Club Sciences Po, rebelle de la procédure ?

Celle-ci ne convient pas en tout cas au petit troll de cette rentrée associative, le nombre de voix en premier lieu. La barre des 120 voix demeure trop élevée pour Nicolas plaidant pour toutes les associations avec un projet innovant mais qui ne disposent pas de la base « militante » pour être élus.

En outre, la durée de la procédure lui disconvient également. Mais surtout, la guerre de la communication et les quatorze notifications quotidiennes sur Facebook ont tendance à l’agacer. Au contraire, Fight Club Sciences Po n’a pas voulu spamer. « Ce n’est en aucun cas un passage obligé dans la reconnaissance surtout si c’est pour réaliser des photomontages inutiles. Quand on s’implique dans une association, on privilégie le projet et non la qualité des photos » affirme Nicolas.

Pourquoi dès lors ne pas proposer d’interdire la communication sur les réseaux sociaux pendant la procédure ? Si le président de Fight Club trouve cette option trop radicale puisque la communication serait réduite à néant, il préconise une limitation du nombre de messages pour ne pas noyer les étudiants sous les annonces.

Au final, Nicolas n’est même pas certain que Fight Club Sciences Po ait réellement sa place dans le paysage associatif ; il a juste profité d’une procédure qui permet de monter une association facilement mais, comme il nous le confie, « ce n’est pas étonnant si les étudiants vont davantage voter Amnesty ; je les comprends ! » Dans tous les cas, il nous révèle que des 3A ont déjà le projet de lui succéder et de monter un fight club. Ce n’est donc que partie remise…

 

CLAP : the end 

clapinfo

L’association de courts métrages n’aura pas su se démarquer suffisamment de Close Up pour atteindre les 120 votes requis. Le fait que les étudiants confondent les deux rendait la reconnaissance de CLAP d’ores et déjà difficile comme le prédisait Nicolas Verdon, président de l’association, même s’il espérait franchir la barre des 100 voix et ainsi être repêché par l’administration.

Mais Close Up est loin d’être le seul concurrent de CLAP selon Nicolas : The Couch Potatoes, le Ciné-club du BDA et même La Péniche… « Cela fait beaucoup d’associations dans le même domaine (bien que The Couch Potatoes soit axé sur les séries) et c’est dommage car il vaudrait mieux se réunir. Au final, c’est plutôt La Péniche qui vient tout chambouler en créant de nouveaux pôles. » Nicolas prône par conséquent une évolution de la procédure vers plus de dialogue entre les associations qui se recoupent.

Pour poursuivre sur la reconnaissance en elle-même, le président de CLAP regrette lui aussi un peu cette guerre de la communication qui ne permet pas réellement de se démarquer et empêche d’avoir une vraie visibilité, surtout pour des associations qui se créent ex nihilo à l’image de CLAP. Réussir à s’implanter, convaincre et mobiliser les étudiants et notamment les 1A, c’est un défi majeur pour toute nouvelle association selon Nicolas. « Il faut aussi se mettre à la place d’un 1A. Tu débarques, tu ne connais pas bien les enjeux, tu n’es pas habitué au système ; le règlement, il faut aller le chercher. C’est à l’association de bien trouver comment les impliquer. » 

Le mot-clé reste donc la mobilisation. Ainsi, pour Nicolas, 120 voix ne serait pas un nombre trop élevé si tout le monde donnait ses voix et s’il n’existait pas une véritable crainte de « gâcher » son vote et donc de le garder en réserve, au risque de l’oublier par inadvertance…

 

 La reconnaissance, peut-on faire sans ?

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L’équipe de Stagiaires sans Frontières

Si 83 associations sont finalement reconnues cette année à Sciences Po, il y en a certaines, comme Bureau Suspendu ou Stagiaires sans frontières qui ont fait le choix délibéré de ne pas passer par la procédure de reconnaissance.

Délibéré, vraiment ? « En réalité, le président a oublié de s’inscrire. Il faisait un tour de France des jeunes entrepreneurs sociaux au moment où il fallait déposer sa candidature. Mais au final, cet oubli nous arrangeait bien » déclare Hubert, responsable de la communication de l’association.

En effet, Stagiaires sans frontières souhaite développer son activité en France, hors de Sciences Po, et notamment avec d’autres écoles telles que Polytechnique et Assas. Ce rapport plus libre avec l’IEP parisien n’est donc pas seulement le résultat d’un simple oubli de dépôt de candidature.

Pourtant, il existe certains désavantages à ne pas passer par la reconnaissance des associations. Ainsi, Terra Nova nous confiait son besoin absolu d’être reconnu afin de pouvoir disposer des locaux de Sciences Po et organiser ses conférences – avec des invités tels que Christiane Taubira, Enrico Letta ou encore Pierre Moscovici.

Hubert ne semble pas se soucier de ce qui pourrait passer pour des désavantages pour son association : « Financièrement, nous sommes indépendants et pour avoir des salles, il suffit très simplement de faire la demande. »

Mais ce contournement de la procédure peut-il être généralisé à d’autres associations ? « Attention, il faut une volonté de croissance si bien que Sciences Po apparaisse comme un projet parmi tant d’autres » prévient Hubert. En outre, être reconnu accorde une certaine légitimité et permet de faire vivre l’association puisqu’il s’agit d’un véritable vecteur de communication. En effet, « celles qui ne sont pas reconnues, on en entend pas parler. »

La reconnaissance n’est donc pas un passage obligé. Hubert donne ainsi l’exemple de CLAP : « Ils n’ont pas été reconnus mais vu que n’importe qui peut emprunter une caméra à Sciences Po, cela ne les empêchera pas de monter leurs projets malgré leur incapacité à avoir obtenu les 120 voix requises. » 

 

Il est maintenant  temps pour les associations d’honorer leurs différents engagements et de faire vivre la communauté étudiante avec conférences, cafés-débats, afterworks, visites, etc. C’est là toute la richesse de Sciences Po et les 83 associations reconnues cette année sont là pour le rappeler.

One Comment

  • Rigo

    « Pourquoi dès lors ne pas proposer d’interdire la communication sur les réseaux sociaux pendant la procédure ? Si le président de Fight Club trouve cette option trop radicale puisque la communication serait réduite à néant, il préconise une limitation du nombre de messages pour ne pas noyer les étudiants sous les annonces. »

    On est familier avec le droit français en matière de liberté d’expression à lapéniche?

    1. Cette mesure serait juridiquement impossible dans la mesure où les réseaux sociaux ne peuvent être censurés (même si les administrateurs des groupes sur facebook peuvent supprimer les messages qu’ils jugent inopportuns).

    2. Mais même si cela était le cas, la plupart des groupes sur facebook ne sont pas contrôlés pas Sciences Po. mais par des particuliers.

    Bonne chance;)

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