Vie du campus

Le MJS peut il encore changer la vie ?

Le débat de vendredi, avec à l’affiche Michel Rocard et Pierre Larrouturou – même si le premier a annulé subitement en raison d’un « problème de famille »-, semble être le premier véritable évènement que les Jeunesses Socialistes de Sciences-Po nous proposent. A l’occasion de ce « retour », la Péniche vous éclaire sur cette association aux allures de parti politique.

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Un fond de parti, une pincée de think tank et une dose de syndicalisme, voilà la recette du Mouvement Jeunesses Socialistes. En effet et contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’association n’est pas un parti politique. Même s’il est organisé à l’échelon national, avec une structure hiérarchique, des subventions du PS, le MJS n’a aucun élu et ne cherche pas à en avoir.

L’indépendance, le mouvement la revendique, avec une position plus à gauche et méfiante vis à vis des « sociaux démocrates du PS » voire même, dans plusieurs courants, une attirance manifeste pour le Front de Gauche et les idées de décroissance du NPA. Malgré tout, avec une limite d’âge qui vire tous les camarades à 29 ans, le MJS prépare la relève d’un Parti Socialiste rempli d’éléphants. Car à choisir entre une soirée huitres en compagnie de Jack Lang et une tournée des bars avec la chef de section en jupette (Rappel : terme de chef interdit : tout le monde est égal), le choix est vite fait chez les jeunes et le PS n’a d’autre choix que de compter sur l’association pour assurer son renouvellement. Aussi, ce rassemblement conséquent a un poids certain dans les idées de la gauche et plusieurs propositions ont été portées par le mouvement national. Le RSA, les 35 heures ainsi qu’un quart des 20 propositions du programme Hollande viendrait des MJS.

Aujourd’hui, celles ci se veulent « le premier soutien et le premier critique du gouvernement » : un slogan plutôt paradoxal qui, dans la pratique, tend plutôt vers la gauche de la phrase que vers sa droite. C’est en effet uniquement sur certaines décisions libérales du gouvernement que le MJS émet un réel désaccord. De plus, sa voix reste essentiellement interne au parti à cause de l’absence de représentants élus et médiatiques. Ainsi, même si il reste un centre de réflexions indépendant au sein de la famille de gauche, le MJS doit passer par des interprètes liés aux partis comme Martine Aubry pour se faire entendre nationalement. C’est pourquoi il s’est développé depuis 1993 vers le local et la proximité avec les jeunes avec pour objectif principal leur politisation.

Mais alors, quel est l’intérêt des MJS à Sciences-Po ? L’étudiant est globalement plus politisé qu’ailleurs, le PS et le Front de Gauche sont bien implantés, organisent des soirées loin des cocktails de Solferino et permettent en plus de faire toute une carrière sans avoir à demander une nouvelle carte pour son anniversaire de 30 ans. Cette difficile percée est surement la cause de la disparition du mouvement pendant quatre ans avant qu’il ne soit reformé en 2011. Désormais, le mouvement communique à la fois les positions du bureau national, entretient le recrutement des adhérents et organise des conférences comme celle qui se tiendra ce soir.

Mais le recrutement reste toujours un problème après cette reformation, notamment à cause du raccourci possible entre MJS et PS. Ainsi, la plupart des inscrits étaient déjà membres d’une section locale. Cet engagement antérieur à Sciences-Po a certes favorisé la reconnaissance de la section auprès du mouvement national en enlevant l’étiquette « bourgeois » souvent appliquée à l’institution, mais elle montre aussi la difficulté face à la concurrence des partis qui semblent offrir plus de débouchés à leurs adhérents et qui ont plus de moyens.

Si le tractage agressif reste son arme de prédilection (politique oblige), le MJS Sciences-Po axe avant tout son combat sur le « démasquage du Front National ». Il s’agit de montrer l’anti-républicanisme du parti en déchiffrant le discours faussement réformateur de Marine Le Pen et d’empêcher la banalisation du nationalisme. Sur ce plan là, l’association est assez active et, après une campagne au sein de Sciences-Po, elle compte envoyer une pétition à Manuel Valls pour interdire le GUD.

Mais même reformé, le MJS Sciences-Po peine à s’imposer. S’il va au contact des étudiants tel une Rachida Dati serrant les mains au Basile, il lui manque les caméras (et le maquillage orange). C’est ainsi que, malgré plusieurs actions au cours de l’année, il reste peu visible et rares sont les sciences-pistes à connaître véritablement l’association et son combat et cela même au sein du PS. La conférence en présence de Michel Rocard saura-t-elle redonner de l’élan au mouvement ? Affaire à suivre…

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