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Les projets de F. Mion, d’A. Wachtel et de J-M Blanquer

Projet de F. Mion, le Projet d’A. Wachtel, et le Projet de J-M Blanquer (ce dernier a été publié hier par Educpros)

Lapéniche.net vous présente dès ce soir les programmes des trois candidats auditionnés demain par le conseil de direction : Jean-Michel Blanquer, Frédéric Mion et Andrew Wachtel. Si le premier n’a pas été retenu ni re-retenu par le comité de recherche, il pourra malgré tout être entendu demain par les 26 membres du conseil de la salle Goguel. Cette étrangeté, si elle obscurcit davantage encore une procédure kafkaienne, s’explique par l’habileté sémantique d’Hervé Fradet. En effet, ce dernier a choisi lors du conseil fixant les modalités de la seconde procédure de traduire littéralement le terme anglais « search committee » par « comité de recherche » plutôt que par l’usuel « comité de sélection ». Un comité de recherche qui n’a donc pas la même légitimité pour déterminer une liste définitive de candidats. Ceci expliquant pourquoi Jean-Michel Blanquer, que nous avions rencontré lors de la précédente procédure, pourra défendre demain son projet et tenter d’influencer un auditoire qui comprend bien que le conseil d’administration se serait bien passé de cet intrusion de dernière minute.

Frédéric Mion est le grand favori pour la fonction de directeur. Suite au retrait surprise de Louis Vogel lundi matin en plein Conseil de Direction, l’horizon s’est subitement éclairci. Candidat du « clan Descoings » comme le titre L’Express, et de Nadia Marik, il bénéficie d’un casier académique pour le moins exemplaire : H4, Normal Sup, Sciences Po, Princeton, l’ENA dont il sort majeur en 1996, l’actuel secrétaire général de Canal+ suit la voie royale jusqu’au conseil d’Etat avant de rejoindre la chaine cryptée. Mais ce haut fonctionnaire ne peut se targuer d’aucune expérience de gestion universitaire, ce qui semble indispensable pour exercer une telle fonction.

Son programme est plutôt concis ; les propositions sont en fait des “orientations”. Comme les autres candidats, il encense les avancées de l’ère Descoings et préconise de les consolider. Il faut “poursuivre la transformation” et “adapter les structures de SciencesPo”. 
Il souhaite mettre un terme à l’augmentation des effectifs de l’école, “réexaminer” l’idée d’installer des campus à l’étranger, faire fusionner le campus franco-allemand et celui d’Europe Centrale et de l’Est ou encore renforcer les enseignements de culture générale (enseignements artistiques, humanités et les cours scientifiques).
Quant au cursus en lui-même, il propose de créer davantage d’écoles professionnelles en deuxième cycle (création d’une école de gouvernement par exemple) et de “doctorats professionnels”, qui correspondent à la demande croissante de doctorants dans les organisations internationales.
Plusieurs paragraphes sont ensuite consacrés au financement de l’école : après un long constat, les propositions sont peu concrètes: augmenter la formation continue, approfondir les dons d’entreprises et de particuliers, et faire en sorte que les ressources qui soutiennent la recherche soient de plus en plus nombreuses.
Enfin, sur la dualité IEP/FNSP, sa position est simple: il faut conserver cette spécificité qui fonctionne bien.

Andrew Wachtel est l’inconnu de la procédure. Président de l’American University of Central Asia à Bichkek, cet éminent universitaire américain possède une grande expérience universitaire. Mais sa candidature ne se compose que d’un CV et d’une lettre de motivation qui explique en quoi il correspond aux quatre critères recherchés par le conseil de direction. Il préconise cependant une campagne de développement “à l’américaine”.

On a donc affaire dans ces deux cas à des batailles de CV plus que de programmes, et c’est sur ce point que Jean-Michel Blanquer se détache particulièrement.

Le projet de J-M Blanquer, riche de 34 pages, adopte une ligne claire de « consolidation » toutefois innovante, ouvrant toujours plus Sciences Po à l’Europe et à l’international (antenne dans un pays émergent, partenariats avec des universités européennes pour une antenne commune extra-européenne), en phase avec les enjeux numériques du XXIème siècle: Sciences Po doit lancer les MOOCS (Massive Open Online Courses), des cours accessibles à tous et développer son offre numérique, à l’image des universités anglo-saxonnes.

Au-delà de l’internationalisation, J-M Blanquer veut davantage « professionnaliser » les cycles d’études (plus de stages en troisième année, remaniement du stage de terrain en première année). La consolidation des acquis, thème récurrent dans tous les rapports, prend toute sa dimension dans certaines idées basiques mais intuitives: la « politique du livre », encourageant l’editing, la numérisation des ouvrages, et un remaniement de l’organisation de la bibliothèque (aménagement de salles sans accès internet plus propices à la réflexion, gain de place…). 
Enfin, la pédagogie: l’accompagnement d’étudiants – plus de liens entre les étudiants de première année et les masters, de tutorats, de summer schools, une refonte des cours de langues, avec l’horizon d’une LV3…
Un projet qui révèle en somme la connaissance approfondie des enjeux par M. Blanquer, ainsi qu’une prise en compte des étudiants encourageante.

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