Vie du campus

Interview : Vincent Uher, 5A, président de la section Uni-Sciences Po

Notre équipe a choisi de rencontrer Vincent Uher, le nouveau président de l´Uni (Union nationale interuniversitaire) à Sciences Po. Franco-Allemand, titulaire d´un « Abibac » (Abitur allemand et baccalauréat ES français) passé à Grenoble, celui-ci est entré à Sciences Po en 1A et est actuellement en 5A, en Master Affaires publiques.

  • LaPeniche : Bonjour Vincent. Tu es le nouveau président de l´Uni-Sciences Po. Comment es-tu entré à l´Uni et pour quelles raisons as-tu choisi de reprendre la section cette année ?

Vincent Uher : En première année, j´avais des convictions politiques mais j´étais distant de la vie syndicale à Sciences Po car je ne connaissais pas les différents mouvements, ni leur rôle concret dans la défense des intérêts des élèves. J´ai intégré l´Uni en deuxième année. A l´époque, Jean-Baptiste Dabezies (diplômé 2005) en était le président. Cette année, je me suis proposé pour reprendre la section dans la mesure où je suis un des militants ayant le plus d´expérience ; par ailleurs, je suis assez disponible car j´ai déjà achevé mon stage de troisième semestre. Je peux ainsi mettre à profit mon temps pour servir les élèves et Sciences Po.

  • Quels seront les axes de campagne de l´Uni-Sciences Po cette année ?

Sans vouloir tout dévoiler, l´Uni a un positionnement national qui défend l´excellence et l´égalité des chances au niveau des universités comme des grandes écoles. La mission particulière de l´Uni à Sciences Po est de sauvegarder la position d´établissement privilégié de l´Institut d´études politiques de Paris et de développer sa reconnaissance tant en France qu´à l´étranger. Et cette ambition pour Sciences Po passe par la défense des élèves dans leur projet d´études et leur projet professionnel, mais aussi dans leur vie quotidienne à Sciences Po, que ce soit à Paris ou dans les premiers cycles délocalisés (cycle européen-Europe centrale et orientale à Dijon, cycle franco-allemand de Nancy, cycle Moyen-Orient-Méditerranée à Menton et cycle ibéro-américain à Poitiers), dans lesquels nous avons des représentants.

  • Penses-tu que l´Uni-Sciences Po soit suffisamment visible ? Pourquoi n´a-t-elle pas choisi de soutenir la bourse aux livres ?

L´Uni-Sciences Po a une visibilité indéniable – qui reste néanmoins à développer – en ce qu´elle représente les valeurs de la droite et du centre à Sciences Po, avec un élu dans chacun des trois conseils. Parmi les syndicats qui représentent les élèves, il est le seul à pouvoir apporter une voix discordante mais constructive face aux autres syndicats qui sont – malheureusement – traditionnellement à gauche. Pour autant, la cohabitation entre les différents mouvements présents à Sciences Po se passe bien et est beaucoup moins conflictuelle qu´ailleurs, notamment dans les facs. Par exemple, le partage du local syndical (situé près de l´escalier conduisant aux salles informatiques du 27, près du local associatif, de celui du BDA, de la salle des projets collectifs et de Sciences Po Conseil) ne pose pas de problèmes majeurs même si certains mouvements ont parfois tendance à s´étendre et à prendre leurs aises.

Concernant la bourse aux livres, l´Uni n´a pas choisi d´y participer car ce n´est pas forcément une activité qui doit être prise en charge par un mouvement représentatif étudiant. L´accueil des élèves et tout ce qui concerne l´organisation pratique des études relève de l´établissement ou du BDE et, dans le cas présent, je pense que la bibliothèque pourrait s´en charger. Pour l´Unef, il s´agit en fait surtout d´un produit d´appel.

  • Certaines rumeurs font état de la volonté de certains syndicats extérieurs de s´implanter à Sciences Po. Qu´en penses-tu ? Crois-tu que cela puisse permettre d´enrichir la vie syndicale à l´intérieur de l´Institut ?

Sud-CNT était représenté il y a deux ans encore à Sciences Po, mais c´est un syndicat qui n´y a pas vraiment sa place dans la mesure où être révolutionnaire et élève de Sciences Po me paraît contradictoire. Par ailleurs, une autre association (Nouvelle donne) voudrait apparemment créer une autre « corpo » (syndicat spécifique à un établissement) en plus d´InterZaides-Fac verte. Je ne suis pas convaincu que ce mouvement puisse apporter quelque chose de positif puisque les mouvements déjà existants représentent l´ensemble du spectre politique des élèves. Néanmoins je me félicite de ce que l´intérêt de Sciences Po et des élèves mobilise de nouvelles bonnes volontés. Plus il y aura de syndicats, plus le débat sera riche, même si, sur le fond, les nouveaux mouvements qui voudraient s´implanter à Sciences Po ne me paraissent pas porteurs d´un véritable projet pour l´Institut et encore moins pour l´enseignement supérieur en général.

  • L’année 2006 a été marquée par la première promotion issue des CEP (Conventions éducation prioritaire, mises en place à la rentrée 2001). L’Uni-Sciences Po est-elle toujours opposée à cette voie de recrutement ?

Comme l´a exposé notre élu Dennis Petri à la dernière commission paritaire (dont le compte-rendu est disponible sur notre site), l´Uni se félicite de ce que les élèves entrés par le dispositif ZEP réussissent à Sciences Po – pour la majorité d´entre eux du moins. Mais cela fait cinq ans que cette expérimentation existe, et il est temps de s´interroger sur son avenir, puisqu´elle prendra fin en 2008.

A l’Uni, nous voyons deux solutions : la première, conclusion logique de l´expérimentation, est d´élargir le dispositif à tous les lycées ZEP sans augmenter le nombre de places ; la deuxième est de supprimer cet « examen d´entrée bis » en mettant en place les moyens nécessaires pour assurer l´égalité des chances, comme nous l´avons toujours proposé. Il s´agirait notamment d´avoir un enseignant-relais dans les lycées, qui se chargerait de la préparation de l´examen d´entrée (c´est un système qui existait dans mon lycée), et de développer des prépas publiques d´été pour accueillir les élèves de ZEP. Les prépas publiques, comme celle de Lakanal (que j´ai fréquentée), sont tout à fait demandeuses de collaboration avec l´IEP : il faut en profiter !

  • Quelle position l’Uni-Sciences Po a-t-elle vis-à-vis de la réforme des droits de scolarité ?

La réforme des droits de scolarité avait un but qui n´est pas en soi négatif : augmenter les ressources de Sciences Po, notamment pour développer sa visibilité internationale. L´Uni était d´avis que faire appel aux étudiants n´était pas la seule solution et M. Descoings nous avait d´ailleurs promis à l´époque de chercher d´autres moyens de financement, à savoir des financements privés. Mais, de ce côté-là, nous attendons toujours ! Par ailleurs, nous avions insisté sur la maîtrise des dépenses : il en est d´inutiles ! Je pense notamment aux les dépenses de prestige comme les écrans plasma ou le cachet de M. Michel Barnier avec son auditoire de 10 étudiants en cours magistral…

Aujourd´hui nous demandons d´abord des garanties sur le fait que les droits n´augmenteront plus : nous nous sommes ainsi opposés l´an dernier à la modification des règles de calcul, lorsque Sciences Po a instauré ses propres règles « fiscales ». L´IEP ne doit pas se mêler de lever l´impôt ! Nous demandons aussi à ce que les situations individuelles soient mieux prises en compte : faire payer 5000 € à tous les non ressortissants de l´Union européenne, quel que soit leur revenu, cela ne correspond pas vraiment à l´idée de justice sociale que prétend défendre la direction.

  • Enfin, pour conclure, comment vois-tu la création d´un webzine à Sciences Po ?

Je suis en faveur de tout ce qui peut faciliter les liens entre les élèves et permettre d´avoir une véritable vie de campus !

Merci Vincent.

15 Comments

  • De toutes façons...

    … on est toujours le fasciste de quelqu’un!
    Et ce d’autant plus que la moyenne tend vers la gauche (c’est tellement facile de lancer un "fasciste!" infondé…).

  • Pierre

    Aujourd’hui le plus grand tort de l’UNI c’est d’héberger en son sein des rédacteurs de tracts aussi bêtes et caricaturaux……enfin je dis ca mais je suis peut-être sans le savoir au service des anciens sbires du Politburo ou de la IVe Internationale qui gangrènent nos institutions démocratiques et libres….

  • Petite rectification

    Il est un peu faux de dire que le président actuel de l’UNI sc po était en 1ere année "encarté" au FN…en fait ce que tous les 5A vous diront c’est qu’il était….au MNR^^ Aujourd’hui je ne sais pas

  • framboise

    En effet, tous les 5A vous le diront, ce président soutenaient des propos terrifiants en 1ère année (2002-2003). Rien à ajouter, ce n’est ni un sondage ni une rumeur.

  • bruno

    Complètement hystérique…
    Si je faisais aussi ce genre d’amalgames, je dirai que Myriam est en master socio.
    Heureusement je ne les fais pas, loin de moi l’idée.

  • FR

    Au secours, ils sont partout! No pasaran! L’extrême droit envahit l’UNI et Sciences Po !

    Bon, Myriam, je sais bien que c’est TRES pratique d’avoir inventé le terme "fasciste" et de coller l’étiquette d’extrême droite à tout ce qui bouge, mais quand tu auras fini de voir du FN dans tout ce qui n’est pas en accord avec tes idées, on en reparlera, d’accord ?

    Pour informations, sur deux tentatives de diffamations, tu as deux échecs complets. Pas de chance, les sondages et la rumeur ne sont pas toujours fondées 🙂
    Sans rancune !
    FR.

  • Myriam

    Ce n’est pas parce qu’un mouvement est rattaché à un parti, que ce mouvement est le parti. A l’ump, il y a Gay Libre… ils sont contre le mariage homo… A l’ump, il y a Dupont Aignan, souverainiste… pas comme le reste de l’UMP. A l’ump, il y a l’UNI… pas comme le reste de l’ump.

    L’uni est franchement vachement à droite, pas comme ce qu’il cherche à montrer ! Faut etre honnete !

    Leurs prises de position dans leur dernier journal sont pour le pape, pour la super droite, et leur journal est écrit en rouge et blanc, le sang et le roi !

    Arrétez vos blagues. Et son chef est encarté au FN à scpo. Quoi qu’il en dise ! Il le cache mais tout le monde le sait. Faites un sondage en 5A, tout le monde vous le dira. Et F.R., 2A, idem !

  • On ne rattrape pas 18 ans de codes sociaux

    L’UNI doit aussi prendre en compte la part que prennent les codes sociaux dans les concours de type SC PO. Lorsqu’on grandit dans un milieu où la “ politique ” et “ l’actualité ” ne sont pas les sujets de prédilection à table, parce que papa et maman travaillent pour 8,24 euros de l’heure, et que les principaux sujets de conversation sont “ comment boucler la fin de moi ”, on peut se demander où est l’égalité à passer un concours où les connaissances demandées sont celles qu’on acquiert que dans certaines couches sociales favorisées. Rajoutons à ça un système scolaire qui joue à peine son rôle dans les banlieues, à cause d’un corps enseignant composé de jeunes titulaires du CAPES sans expériences (quand on a la chance de ne pas avoir pour profs des vacataires parvenus d‘ailleurs !). On peut continuer aussi, regardez juste le nombre d’agrégés à Louis Le Grand et le nombre d’agrégés au lycée Maurice Utrillo de Stains ou Paul Eluard de Saint Denis. Je crains que la répartition ne soit que quelque peu inégale…
    Et après cet échantillon, parlez moi d’égalité à maintenir pour des jeunes issus de banlieue un concours qui par sa nature même est discriminant.
    Avec tout le respect du à l’UNI est à ses membres, je pense que vous êtes un parti composé de jeunes ultra favorisés qui ont eus la chance de fréquenter les meilleurs lycées, d’avoir eu des parents qui dès la moindre lacune constatée pouvaient vous payer des cours particuliers, de n’avoir jamais eu à vous battre (physiquement) pour ne pas perdre la face dans un milieu où tout signe de faiblesse est sanctionné par le groupe…
    C’est peut être votre chance mais c’est aussi votre faiblesse. Car Est-ce que vous savez ce qu’est la France ? Vous connaissez peut être sa réalité économique à travers des chiffres, mais vous ne connaissez pas sa réalité sociale.
    Alors si demain un jeune qui sera passé par les CEP grimpe les marches de l’Élysée, ne vous étonnez pas ! Il aura cet avantage sur vous…

  • JBD

    Tout cela sans vouloir remonter trop loin dans l’histoire, bien entendu, parce qu’il serait injuste de juger l’UNI d’aujourd’hui par ses fondateurs de 1969.

  • JBD

    Sur l’UNI et l’extrême-droite, il ne s’agit pas seulement de "mythes", d’ "inventions" ou de "calomnies". Les liens de l’UNI avec le GUD, mouvement violent d’extrême-droite, étaient bien établis jusqu’à la dissolution du GUD dans les années 1990.
    L’association avec l’UMP, est bien effective, mais récente. Ainsi, les derniers militants du MNR et du Front National ont été purgés de l’UNI Sciences Po il y a deux ans, ce qui, accordons-nous au moins là-dessus, est une bonne chose, mais justifie la persistance des "mythes".
    J’espère que l’ancrage de l’UNI à droite (plutôt qu’à l’extrême-droite) est effectif et permanent. En ce qui concerne le "centrisme" de ses militants, la preuve reste à apporter…

  • Moi

    Une interview très instructive, à quand celle du président de l’UNEF ?

    Pour ce qui est des commentaires précédents, l’UNI est sans aucun doute affilié à l’UMP ; jusqu’à nouvel ordre ce parti n’est pas du centre ms de droite (pour ceux qui l’oublieraient, F.Bayrou ac l’UDF représente le centre-droit). Ce syndicat est donc bel et bien à droite. Et il serait de mauvaise foi d’oublier certaines de ses actions et de ses propos très… extrèmes. Le passé n’est pas une légende !

  • Un ancien du CPE

    Quand on est à Sciences Po et qu’on a la possibilité d’étudier sur le terrain en plus des bouquins la vie des mouvents politiques et syndicaux, c’est la moindre des choses de le faire. C’est pas trés digne de la part d’étudiants de propager des préjugés colportés et déformés depuis bien des années, sans même y avoir réfléchi.

    Avis aux étudiants, apprenez à connaître et investissez vous dans les mouvements politiques. On apprend beaucoup sur leur réalité.

    L’UNI est à droite autant que l’UNEF est à gauche. Je vous accorde que ce n’est pas forcément rassurant mais c’est moins con, que cette dictature de la bien pensance selon laquelle l’UNI est à l’extrême droite.

  • VU

    En réponse au précédent commentaire, je précise que l’UNI est un mouvement associé à l’UMP, qui est précisément le parti de la droite et du centre. Ses différentes tendances se retrouvent d’ailleurs dans notre section (même au-delà de l’UMP puisqu’un de nos membres est également actif à l’UDF): je t’invite à venir vérifier par toi-même. Tu verras que tu ne trouveras pas à étayer la légende selon laquelle l’UNI serait d’extrême-droite ou exclusivement composée de souverainistes.

  • Myriam

    Je voudrais poser une question : pourquoi le journaliste n’a t il pas demandé à l’UNI de préciser son propos : à entendre son Président, les propos de l’UNI serait ceux de la droite et du centre… (peut etre du centre de l’extreme droite, ou alors de la droite souverainiste). J’ai voté blanc l’an passé. Parce qu’aucune des syndicales ne me concernait. J’attends de voir ce que fais Nouvelle Donne, mais je pense qu’il reste de la place pour s’implanter. Je ne comprends pas cette crédulité là, dont fait part ce Monsieur UHER.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.