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LE MAG – Il est 20 heures, Bercy s’éveille : les Vieilles Canailles sont là

Ils ont à eux trois 214 ans, et pourtant ils semblent avoir donné une nouvelle jeunesse à tout Bercy pendant 5 soirs d’affilée. Pour mon plus grand plaisir, je faisais partie, dimanche 9 novembre, des très rares moins-de-40-ans du public des Vieilles Canailles. En trio, en duo ou en solo, Johnny Hallyday, Eddy Mitchell et Jacques Dutronc reprenaient, pendant un peu moins de deux heures, les plus grands classiques de leurs répertoires et du rock américain.

 

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Johnny éclatant, Eddy charmant mais Jacques distant

Dès la première chanson, on se rend vite compte à l’applaudimètre que Johnny est le seul maître à bord. Une puissance vocale qui laisse toujours sans voix, un vibrato impressionnant et une présence sur scène inimitable font en effet de « l’idole des jeunes » (ça, c’était avant) un phénomène certes vieilli, mais que l’on aurait tort d’enterrer. En effet, Johnny, seul pour interpréter Gabrielle, a su faire oublier rhumatismes et lumbagos à l’assemblée, qui s’est levée comme un seul homme pour mieux vivre ce moment mémorable.

Et ce maître de cérémonies est là pour s’amuser avec ses « potes », allant parfois jusqu’à ricaner en chantant, ce qui ne fait qu’ajouter à la joie de vivre ce moment avec eux. Le premier de ses potes, l’acolyte de longue date, Eddy Mitchell, joue le crooner, son timbre si particulier est agréable à écouter en live. Dans La Chanson du Boogie-Boogie, son swing se rappelle à nous, et sa capacité à « envoyer » se manifeste bien sur les derniers refrains des Yeux Couleur Menthe à l’eau. En somme, Monsieur Eddy charmant, amusant même, lorsqu’il tente quelques pas de danse, les index fermement pointés vers le sol, comme votre père en soirée.

Enfin, Jacques Dutronc apparaît comme en retrait, dans une sobriété certaine, les yeux cachés derrières des lunettes aux verres noirs. La voix ne peut suivre toutes les envolées de deux autres, même si elle s’y essaie en vain à l’occasion. Il se rattrape heureusement quelque peu sur ses prestations seul, sur L’Opportuniste et La Fille du Père Noël.

 

20 musiciens au service des Canailles, et réciproquement

Mais au-delà des têtes d’affiche, Les Vieilles Canailles, c’était naturellement des musiciens. Sur ce plan, on dépasse de loin le classique guitare-basse-batterie du rock. Vingt musiciens, dont 12 cuivres sont présents pour donner des teintes Blues Brothers à ce concert, avec des parties instrumentales rythmées et chaudes pour les entrées et sorties des stars. Les Vieilles Canailles, ce furent aussi des solos instrumentaux géniaux.

Les guitares ont pleuré bien sur, mais les solos de saxophone, de piano et même de flûte traversière ont fait de ce concert une véritable expérience musicale.

Enfin, le nom que tout le public retiendra est celui de Greg Zlap, harmoniciste fou et déchainé, que rien ne semblait pouvoir arrêter. Une expérience ouvrant de nouvelles perspectives pour moi qui jusque là était fier de pouvoir jouer Vive le Vent avec ce minuscule instrument.

 

Maitres chanteurs complices

En somme, les Vieilles Canailles, c’était une expérience musicale à vivre. Une joie de vivre transmise par trois noms incontournables de la chanson française, à travers diverses chamailleries et blagues qui articulait l’enchainement des titres, et aussi un plaisir à chanter, en offrant des voix toujours de qualité sur des chansons que tout le monde connaissait.

Etait-ce trop cher ? Certes oui. Le public était-il jeune ? Certes non. Le public était-il homogène dans sa façon de profiter du concert ? Non plus, si bien que j’ai fini par demander à la sexagénaire surexcitée à côté de moi d’arrêter de chanter. Mais si vous étiez dans la salle ce soir là, vous ne pouviez rester indifférents au rock’n’roll et au blues qui émanait de la scène. Il en émanait toute la musique qu’on aime.

https://www.youtube.com/watch?v=u7sJggnpzWc

One Comment

  • les idoles

    Dommage que l’article ne soit pas à la hauteur du concert, était-ce seulement possible ? Pour compléter :

    Eddy, extra avec des trémolos sublimes dans la voix, Dutronc, la classe et l’élégance du vieille anar mais gentleman, et Johnny grand patron. Ça part en trio sur pas de boogie woogie, Et moi et moi, be pop a lula, j’aime les filles, toute la musique que j’aime. Duo Johnny Eddy sur excuse moi partenaire, duo Johnny Jacques sur j’ai oublié de vivre, solo Eddy sur couleur menthe à l’eau, solo dutronc sur l’opportuniste et solo Johnny sur les pénitenciers.

    Ils arrivent en smoking, à la Sinatra, démarrent sur les playboys de Dutronc et repartent sur toute la musique que j’aime, habillés d’un Perfecto cuir.

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