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Élections Syndicales: Débat entre syndicats, quels objectifs pour 2011 ?

Elections_syndicales.jpgÀ la veille des élections syndicales, les syndicats candidats, la Confédération étudiante se présentant avec la FEDER, Interzaide, le Mét et l’UNEF présentent à LaPéniche leur bilan de l’année 2010, avec constats et échecs qui ont influencé leurs programme pour ces nouvelles élections syndicales, qui se dérouleront le 8 et le 9 janvier.

La réforme sur les frais de scolarité semble avoir marqué les représentants des 4 syndicats, mais n’est pas vue du même œil. Pour Paula Marghiloman, candidate pour le Conseil de Direction d’Interzaide, et Maxence Mély, président du Met Sciences Po, il s’agit d’une réussite, car davantage adapté à la situation des étudiants. Le dernier ajoute que cette décision protège les boursiers et les premières tranches de salaire et pourrait permettre une amélioration des services à Sciences Po. Cependant, Louisa Acciari, représentant l’UNEF, rappelle que cette réforme a une réussite limitée, car elle exclut les étudiants internationaux et les masters. Pour elle, une réussite serait la réforme du concours, un nombre record de candidats ayant été atteint cette année, elle est jointe dans cette idée par le Mét et la Cé-FEDER.

Sur le plan pédagogique des progrès restent à faire, même si Paula Marghiloman souligne que le fait d’avoir accès à l’avance aux horaires des conférences a beaucoup facilité la tâche des étudiants à la veille des inscriptions pédagogiques, le Mét et l’UNEF, ont été témoins du chaos régnant en Septembre. L’évolution de la maquette pédagogique de première année, avec l’introduction de la sociologie et de la science politique offre davantage de diversité dans les choix mais il faut faire attention à l’organisation des double-cursus, de nombreuses erreurs d’organisation ayant causé des problèmes notamment pour le double cursus avec Paris I. Simon Bacik, représentant de la Cé-FEDER y ajoute le constat d’incohérences au sein des maquettes pédagogiques mêmes, en Master, mais apprécie l’insertion de l’apprentissage et le développement des services aux étudiants, avec l’ouverture d’une nouvelle bibliothèque.

Lorsqu’il est question des bilans personnels, Interzaide semble avoir eu quelques problèmes d’organisation, en raison d’un changement d’équipe en cours d’année, mais se félicite d’avoir pu aider au dialogue entre étudiants et administration et d’avoir soutenu l’augmentation des bourses Emile Boutmy. La Cé, n’ayant pas d’élus en 2010, accuse les deux syndicats majoritaires (Mét et UNEF) de ne faire qu’une amélioration à la marge, en aidant individuellement les étudiants sans vraiment chercher des solutions collectives. L’UNEF se rappelle avoir pu faire les deux notamment contre la sélection en Master, avec des pétitions autant qu’en négociant un rappel pour les personnes refusées en École de la Communication, et en luttant pour l’assouplissement des conditions d’admission en École des Affaires Internationales. Dans leur bilan, ils comptent également l’ouverture de la Commission de Suivi Social permettant aux Internationaux de revoir leur situation pour les frais d’inscription, et l’ouverture de l’aide à la mobilité pour les Étudiants partant en stage. En bref, ils divisent leur action en aide individuelle via notamment les permanences mais disent avoir également permis d’aider de manière collective grâce notamment à la bourse aux livres annuelle mais aussi via le collectif Jeunes pour la Retraite, résultat d’une association avec plusieurs partis. Maxence Mély dit refuser au contraire une campagne idéologique et veut se concentrer sur les étudiants de Sciences Po. Dans leur bilan, leur plus grande fierté est de s’être opposé à la réforme du concours, et d’avoir voté pour la réforme des frais d’inscription conjointement avec Interzaide, ce qui a permis une augmentation de 5 points des bourses accordés aux étudiants internationaux.

Interzaide.jpgQuant aux propositions, la représentante d’Interzaide veut militer pour une augmentation des bourses pour les Étudiants internationaux et la possibilité d’adaptation des frais de scolarité aux situations spéciales. Indépendant et sans logique partisane, le syndicat se concentre sur les problématiques concernant l’école et exige davantage de transparence sur les décisions de l’administration. Dernièrement, se définissant dans son nom même comme éco-responsable, Interzaide a exigé davantage d’efforts dans ce domaine à Sciences Po, et a l’intention de distribuer des guides de recyclage prochainement.

UNEF.gifPrenant pour base l’autonomie et l’égalité entre les étudiants, l’UNEF exige que l’étudiant puisse faire ses choix en toute connaissance de cause et demande une modification de la charte pédagogique de sorte à avoir une cohérence entre les matières dans la charge de travail demandée. Marqués à leur manière par la réforme des frais d’inscription, ils veulent pouvoir inclure les étudiants étrangers dans ces réformes, et rappellent que les tranches intermédiaires payent le plus relativement à leurs revenus. Le syndicat demande également une meilleure articulation entre les bourses sur critères sociaux et bourses de mérite. Quant à la réforme du concours, des progrès restent encore à faire, comme par exemple l’organisation de sessions en province. Sur le plan pédagogique, ils rejoignent la mobilisation des étudiants en programme doctoral, demandant à ce que le programme devienne un diplôme d’État, ce qui offrirait plus de débouchés et d’autres possibilités aux personnes choisissant d’arrêter le parcours après la deuxième année de Master. Dernièrement, le syndicat exige que soient mises en pratique des méthodes pédagogiques favorisant la réflexion personnelle.

Ce.pngLa annonce vouloir travailler sur tout ce qui n’a pas été fait cette année, exigeant premièrement que l’on donne au Conseil scientifique le poids qu’il mérite. Se présentant comme une alternative, la Cé se lie avec la FEDER (UEJF, Ni Putes Ni Soumises et SOS Racisme) pour lutter contre les discriminations à Sciences Po et sur le marché du travail en publiant une liste commune des admis, les diplômés qui avaient été admis via la Convention Éducation Prioritaire ayant reporté des formes de discrimination sur le marché du travail. En Conseil de Direction, le travail sur les frais de scolarité n’est pas fini selon eux. La vie étudiante s’améliore également, mais les incohérences dans les maquettes pédagogiques devraient être révélées via une évaluation de celles-ci par les étudiants. Dernièrement, la Cé reprend quelques idées de son précédent programme qu’il n’avait pu réaliser, comme la transformation de la carte étudiante en Moneo et ISIC et une définition du statut de Bachelor.


Met.jpgLes 27 propositions du Mét mettent l’accent sur les frais d’inscription, qui ne peuvent selon eux pas être supprimés car cela empêcherait le développement de Sciences Po. Ils proposent un gel de l’augmentation de ceux-ci pour les classes moyennes, une diminution pendant le stage en Master, ainsi qu’un système de droits progressifs pour les Étudiants originaires de pays membres de l’OCDE. Pour améliorer les inscriptions pédagogiques, le syndicat lance l’idée de simulation de demandes pour un cours électif pour une meilleure adaptation de l’offre, une bourse officielle d’échange de cours et la possibilité de demander à changer de cours durant la première semaine. Les Professeurs de cours magistraux sont également invités à se déplacer en campus délocalisé plus souvent. Pour la troisième année, la priorité est mise sur une multiplication des bourses et l’augmentation du nombre de places aux États-Unis, le campus de Reims pouvant poser un problème dans les affectations dans cette région l’année prochaine. Enfin, il faudrait également pouvoir donner la possibilité de se spécialiser sur le campus de Paris. Sur le plan associatif, le seul syndicat à soutenir l’attribution des crédits aux responsables exige la mise en place du système et un assouplissement des règles de détournement de logo, une question qui a lancé un grand débat durant les réunions avec Cyril Delhay.

Les programmes de cette année présentent quatre syndicats aux programmes très divers, mais fortement influencés par deux événements de la fin d’année qui semblent avoir marqué la réflexion et qui sont présentés comme un travail incomplet: la réforme des frais de scolarité et la modification de la charte de la DAIE en vue de l’entrée du campus de Reims dans le système l’année prochaine.

9 Comments

  • Dave

    La question de Martin est plus que censée…

    Et bien d’autres mériteraient de se poser.

    L’UNEF a une très belle utopie. Mais l’UNEF est une association qui défend les étudiants (en l’occurrance : ceux de SciencesPo, et uniquement la petite bourgeoisie + les 26% de boursiers moins bourgeois SciencesPotes et pas les étudiants de Fac qui sont grands et se débrouillent pour faire valoir leurs droits et on les soutient depuis notre 7e arrondissement), pas plus.
    Donc plutôt que de formuler des souhaits pour un idéal dans lequel il n’y aurait plus d’établissements d’excellences et de filières poubelles, contentez-vous d’apporter votre petit cailloux à l’amélioration notre quotidien et de la vie estudiantine dans notre IEP chéri comme vous êtes censés le faire (et comme vous le faites avec l’accueil de 1A et la bourse aux livres etc) et ne vous lancez pas dans l’idée qu’on devrait tous parler la même langue sur Terre parce qu’on est tous frères et soeurs…

    Sinon on ne ferait plus rien. Vous avez la réputation de tout bloquer. Elle est fausse, on le sait si on s’intéresse à vous. Mais posez-vous la question : pourquoi vous l’avez ?
    Et c’est pas le Met et ses 12 adhérents (désolé pour le Met) qui vont vous imposer une sale image…

  • martin

    est-ce que quelqu’un d’UNEF pourrait m’expliquer, pourquoi ce syndicat défende-t-il une telle curiosité qu’est d’abroger l’obligation d’un niveau recquis d’anglais pour accéder au master affaires internationales? cette proposition est discriminatoire à l’égard des étudiants étrangers qui doivent justifier un niveau assez élevé pour ce master, mais surtout idiotique au vu des possibilité d’embauche: on fait comment une carrière liée à l’international sans parler anglais couramment?

  • Re

    J’ose espérer que Jacques n’est pas étudiant à SiencesPo.
    (Sur le plan de fond, si t’en est qu’il y en est un après son message:
    – les facs sont, à ton sens « bourgeoises » aussi: elles excluent tous ceux qui n’ont pas eu le Bac. Si tu me dis « ouais, mais euh, ce qui ont eu le Bac l’ont mérité ; bien vu, de même pour ceux à Sciences Po. Donc à logique identique: ouvrons l’université à TOUS
    – « pro-américain » ? Et alors, c’est mal ? C’est mauvais, ça mord ? Ah oui, tu penses aux « méchants américains nazis, fascites, racistes, 3 riches pour 300 millions de pauvres etc. C’est beau la nuance.
    – « décérébré »: argumenté, toujours aussi nuancé, intelligent.)

  • Jacques

    De toute façon, Sciences Po restera une putain d’institution bourgeoise tant que la scolarité coutera plus cher que celle d’une fac. On remarquera au passage le côté sympathiquement pro-américain et décérébré du MET.

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