Elections syndicales 2007 : Six questions à… InterZaide-Fac Verte et l’UNI (III)

Voici le troisième et dernier épisode de notre désormais célébrissime série. Et oui, snif, c’est déjà la fin. IZ-FV et l’UNI ferment le bal.

Bon maintenant, filez voter ! VOUS N’AVEZ PLUS AUCUNE EXCUSE.

PS : Pensez aussi à écouter les excellents débats organisés par RSP pour les élections syndicales.

Jean-Christophe DUNIN-WASOWICZ (5A, Affaires Publiques) pour InterZaide-Fac Verte, propos recueillis par Franck.

  • Quelle est votre position sur la nouvelle politique des langues ?

Notre démarche est d’abord constructive et concertée : avec les étudiants comme avec les enseignants dans notre établissement. Après avoir recueilli les remarques et les différents problèmes et grâce à un sondage à Paris comme dans les cycles de Nancy, Poitiers, Dijon et Menton, nous avons soulevé ces questions en Conseil de direction ainsi qu’en Commission paritaire et en groupe de travail. M. Bigorgne ainsi que M. Collins nous ont accordé des entretiens. Une première série de propositions concrètes a ainsi été soumise au printemps dernier (retrouvez tout le dossier sur notre site).

Nous sommes déterminés à défendre la recherche d’un équilibre entre les impératifs liés à la maîtrise de la langue anglaise et le développement du patrimoine linguistique de chacun. Il est aisément possible de concilier l’approfondissement de l’enseignement de l’anglais avec la promotion de parcours individualisés. Cette approche implique plus de souplesse de la part de l’administration et une responsabilisation accrue des étudiants. La connaissance d’une seconde, voire troisième langue est souvent une véritable valeur ajoutée. Le choix qu’un étudiant peut vouloir faire quant aux langues qu’il souhaite étudier est étroitement lié à son projet individuel ainsi qu’à sa personnalité. Donnons-lui ce choix ! De surcroît, nous invitons la direction à revenir sur sa position, en reconnaissant la pertinence de la diversité linguistique et en faisant confiance à ses étudiants.

  • Quel est votre avis sur la procédure d’admission actuelle ? Faut-il la réformer ?

Nous proposons de réformer la procédure d’admission pour rendre la sélection plus impartiale.

Réforme du contenu des épreuves : celles-ci devront être calquées exclusivement sur les enseignements du secondaire, afin de ne pas donner un avantage comparatif aux élèves issus des milieux les plus favorisés, qui peuvent bénéficier d’une préparation privée (payante). De plus, les épreuves pourront être différentes selon le profil d’origine du candidat..

Déplacement du calendrier des épreuves de septembre au printemps : dès lors, la sélection des candidats est faite avant qu’une partie d’entre eux puissent bénéficier des prépas d’été, accessibles uniquement aux familles les plus aisées. I l s’agit en effet de rapprocher l’admission à Sciences Po du programme des lycées, en n’exigeant que les connaissances issues du programme de Terminale tout en gardant l’objectif d’excellence : seuls les élèves les plus méritant en termes de connaissances, méthode et motivation réussiront. L’objectif de la réforme est de publier les admissibilités début juillet, faire passer les entretiens entre les 5 et 15 juillet et communiquer les admissions le 25 juillet au plus tard.

L’introduction d’un oral à la suite des épreuves écrites qui constitueront la base d’admissibilité : sachant que les biais sociaux de réussite à l’écrit sont plus prononcés, statistiquement parlant, qu’à l’oral, l’introduction de cette procédure supplémentaire permettrait de pallier les effets pervers du mécanisme actuel. L’oral permettrait de juger l’expression orale du candidat, la clarté de son propos et de son raisonnement, ainsi que sa motivation réelle (oral-entretien). Cette méthode, déjà employée au sein de la procédure internationale et à l’entrée de certains Masters, a largement fait ses preuves. Elle aboutira à une sélection beaucoup plus précise et équitable des étudiants.

  • Que pensez-vous de la récente réforme des troncs communs ?

Nous avons accueilli avec plaisir la marge étendue que ce nouveau système donne aux étudiants, ce qui concerne spécialement le master Affaires internationales où les options sont plus larges. Ce système prend également en compte le parcours antérieur des étudiants, par exemple ceux qui ont fait de l’économie au premier cycle ne sont pas obligés d’en refaire en master. Ceci dit, nous considérons que la récente réforme a atteint le seuil du minimum de troncs communs nécessaire pour assurer une valeur de diplôme partagée par tous les étudiants de Sciences Po, et il est hors de questions de réduire l’espace consacré aux troncs communs encore plus. A ce propos, nous voudrions bien souligner le fait que le regroupement des masters en écoles, que nous proposons, n’a rien à avoir avec une disparition du tronc commun, et d’ailleurs les quelques écoles envisagées (Sciences Po School of Government, Buisness School, Ecole de Communication) auraient la vertu de renforcer les liens et l’interaction entre les mentions voisines en les regroupant (ex: Affaires publiques avec Management public international, le MPA, le Mrech politique comparée etc.). Enfin, nous voudrions permettre aux étudiants de suivre plus de troncs communs s’ils le souhaitent (sur trois semestres ou même deux dans un seul semestre – avec des conditions permettant d’éviter la surcharge de certains troncs communs – i.e. par exemple l’inscription dans un deuxième seulement après la clôture des inscriptions régulières).

  • Quel est votre avis sur le calendrier universitaire ?

Tout d’abord, nous serons probablement d’accord avec beaucoup d’autres à constater que le début tardif des enseignements à Sciences Po nuit à l’institution. Un représentant de la direction a d’ailleurs mentionné, lors d’un groupe de travail, le fait que cela fait perdre à Sciences Po de nombreuses opportunités d’échange avec des universités étrangères dont les étudiants seraient obligés de partir avant la fin du semestre. Ensuite, nous avons, pour dire le moins, des impressions mixtes en ce qui concerne la « semaine de réflexion » : elle tend à perturber le rythme du semestre et malgré le fait qu’elle n’a pas été conçue comme telle, elle surtout utilisée comme des vacances supplémentaires. A ceci, nous préférons un prolongement des vacances de Noël à deux semaines, aussi afin de permettre à ceux qui partent loin de pouvoir en profiter pleinement. Dans ce contexte, nous ne pouvons que critiquer la manière dont le calendrier de cette année a été changé après être déjà mis en ligne : ceci ne représente pas une attitude sérieuse envers les étudiants qui ont leurs plans, souvent même leurs billets d’avion à acheter ou leur travail à planifier. Nous allons ainsi soutenir un calendrier plus avancé, plus cohérent et, une fois publié, fiable.

  • Quelles réformes voudriez-vous apporter à l’aspect financier de Sciences Po (frais et bourses) ?

InterZaide-Fac Verte demande davantage d’efforts, une plus grande réactivité financière de Sciences Po en matière d’aide sociale, et d’aller vers une réelle égalité entre étudiants étrangers et français/communautaires.

Mieux prévenir les difficultés des étudiants boursiers : Actuellement, nombre d’étudiants boursiers touchent leur bourse en retard, victimes certaines années de reports de crédits au plan national ou de la lenteur administrative au CROUS. Une fois certains d’être boursiers (on reçoit une notification), ils devraient pourtant pouvoir toucher leur bourse tout de suite. InterZaide-Fac Verte propose qu’ils puissent, en cas de retard de versement de la part du CROUS, bénéficier d’un versement par avance de Sciences Po. Un fonds de réserve permettrait en effet à Sciences Po de compenser l’effet de retard des versements du CROUS. Sciences Po avancerait ainsi les bourses en retard, afin de garantir un calendrier de versement normal.

Augmenter l’aide sociale : Nous l’avons constaté : 1/7 seulement du produite de la 2e réforme des droits de scolarité a été affecté à l’aide sociale. Ce n’est pas suffisant. IZ-FV continue de réclamer l’amélioration des montants de l’aide versée aux étudiants.

Disposer d’un fonds d’urgence de prêts d’honneur : Le système des prêts est imparfait, et n’a pas vocation à remplacer l’aide sociale « gratuite » sous forme de bourses. Quelquefois cependant, il permet de venir en aide à des étudiants en grande difficulté ponctuelle contre un engagement de rembourser nettement plus favorable (0%) et plus souple (possibilité de décaler le paiement) que dans les banques. Bon nombre d’étudiants n’auraient de toute façon pas la possibilité de contracter un prêt, et il ne faut pas le leur souhaiter. Par conséquent, InterZaide-Fac Verte défend l’existence d’un fonds modeste, mais suffisant, destiné aux prêts d’honneur qui permettent de faire face à certaines situations d’urgence.

  • Quelles réformes voudriez-vous apporter aux conditions de travail des étudiants ?

Développer l’accessibilité des ressources de la bibliothèque : L’allongement des horaires de la bibliothèque et l’extension du fonds sont impératifs pour permettre à tous d’accéder dans de bonnes conditions aux ressources documentaires qui sont une pierre angulaire de la formation dispensée à Sciences Po.

Aménager des espaces de travail collectif et de détente pour les étudiants : De plus en plus de travaux doivent désormais être préparés et réalisés en groupe. Dans cette perspective, la création de lieux de travail collectif, qui font cruellement défaut aujourd’hui, est une nécessité chaque jour plus prégnante. Profitons des nouvelles acquisitions immobilières de Sciences Po pour créer des « salons » destinés aux étudiants, et leur permettre ainsi d’accéder à des espaces plus conviviaux.

Favoriser la vie associative : La richesse et la qualité de la vie associative sont l’un des piliers de Sciences Po et participent de sa réputation. C’est pourquoi nous souhaitons voir plus d’associations reconnues tout en tendant vers une qualité accrue des pratiques associatives, notamment en matière de communication (affichage et usage des NTIC).

Journaux : Alors que Sciences Po se veut un établissement résolument international, il nous semble primordial de diversifier les titres de journaux étrangers (en allemand et en espagnol) mis à disposition des étudiants, et de permettre la distribution gratuite de certains d’entre eux

Vincent UHER (5A, Affaires Publiques) pour l’UNI, propos recueillis par Franck.

  • Quelle est votre position sur la nouvelle politique des langues ?

L’UNI espère que la « nouvelle » politique des langues telle qu’elle avait été fixée pour la rentrée 06/07 pourra être considérée comme étant ancienne dès le prochain semestre. A la suite de demandes unanimes en ce sens de la part de l’UNI, l’UNEF et IZFV, certaines pratiques ont déjà été modifiées.

C’est néanmoins une révision formelle – mais non radicale – de la politique des langues que nous demandons sur 3 points :

– Pour l´obligation de suivre une 2ème langue sauf si l´on souhaite suivre une biclasse.
– Assouplir la restriction de l´accès à une 3ème langue.
– Améliorer la qualité de l´enseignement (2*1h dont 1h de labo sur 4).

  • Quel est votre avis sur la procédure d’admission actuelle ? Faut-il la réformer ?

A l´UNI, nous affirmons que Sciences Po ne serait pas une grande école sans un recrutement sélectif. Les différentes procédures d´admission ont ainsi pour objet de sélectionner les élèves qui sauront bénéficier au mieux de la formation à l´IEP, tant par leurs qualités scolaires que par leur volonté de donner le meilleur d´eux-mêmes.

Or l´actuel examen d´entrée en 1ère année assure précisément une sélection sur la base de l´excellence ouverte pour une minorité, et du mérite que représente la préparation de l´examen pour la majorité. C´est pourquoi l´UNI s´oppose en l´état au projet de réforme – et a été le seul mouvement à le faire –, tout en faisant d´autres propositions.

  • Que pensez-vous de la récente réforme des troncs communs ?

La réforme des tronc commun est globalement satisfaisante en ce qu´elle maintient la spécificité de la formation Sciences Po – son aspect culture générale – tout en offrant davantage de liberté aux élèves et en prenant en compte la scolarité en 1er cycle. Il est en effet tout sauf absurde de suivre des enseignements plus concrets et spécialisés plutôt que des matières parfois vagues dont peu ressort après 14 semaines de cours.

Certains problèmes regrettables sont néanmoins apparus, comme l´impossibilité de suivre parallèlement économie TC et introduction au droit en S1, mais la réorganisation de la scolarité en 1er cycle apportera les corrections nécessaires pour les prochaines promotions.

Par ailleurs, le tronc commun ne doit en aucun cas être un obstacle à la formation en alternance, que l´UNI souhaite étendre à d´autres masters.

  • Quel est votre avis sur le calendrier universitaire ?

Au sens strict, le calendrier universitaire est bien adapté à Sciences Po, sauf dans les sites délocalisés où il tend à décourager les doubles cursus avec les facultés locales. L´introduction de journées banalisées pour le travail est en soi une bonne chose, l´hypocrisie consistant à en faire un moyen de prolonger les vacances un peu moins.

Mais le point qui nous paraît le plus important à l´UNI est le maintien de la durée des vacances d´été (avec une rentrée début octobre) pour permettre à ceux qui le souhaitent d´en faire un « semestre d´été » (stage de master, préparation aux concours, etc.) ou tout simplement de travailler.

  • Quelles réformes voudriez-vous apporter à l’aspect financier de Sciences Po (frais et bourses) ?

Depuis la réforme des droits de scolarité, des avancées ont été réalisées au niveau de la diversification des sources de financement de la FNSP, la suggestion de l´UNI de lever des fonds parmi les Anciens Sciences Po ayant été retenue : une souscription a été lancée.

Mais concernant les droits de scolarité comme les aides sociales spécifiques à Sciences Po, l´UNI est hostile à ce que la FNSP développe une politique tant fiscale que sociale propre selon ses propres normes parfois arbitraires : il est en particulier inacceptable que le calcul des droits pénalise les familles du fait de règles différentes de celles ayant cours en France pour le calcul de l´impôt sur le revenu. Sciences Po n´a vocation à remplacer ni le Parlement, ni les CROUS !

  • Quelles réformes voudriez-vous apporter aux conditions de travail des étudiants ?

Le principal problème en matière de conditions de travail n´est pas tant le manque de jours de vacances, ni l´absence de travaux au 13 rue de l´Université pour créer une nouvelle cafèt CROUS, que le nombre toujours croissant d´élèves à Sciences Po, notamment sur le site de Paris (mais il en est de même à Nancy par exemple).

Ce problème, il se répercute partout (bibliothèque, places en amphi, places de travail, cafèt, toilettes, etc.) et tout le monde en est conscient. Pourtant seule l´UNI ose en tirer les conséquences : nous demandons la stabilisation voire la décrue des effectifs étudiants. Parallèlement, notre attachement à l´unité de la formation et du diplôme Sciences Po nous interdit d´envisager des moyens de croissance externe comme la délocalisation de certaines filières dans un nouvel IEP à Villetaneuse.

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