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Création d’entreprise: Pierre Pigeon, agence de Communication INOCHI

Pierre Pigeon est Directeur Administratif de l’agence de Communication INOCHI qu’il a créée en 2007 avec deux associés.

Diplômé du Master Affaires Publiques, son parcours et son expérience d’entrepreneur montre qu’après Sciences Po, il n’y a pas de parcours prédéterminé et que tous les chemins sont possibles…

Est-ce que vous pouvez vous présenter en quelques mots : votre parcours, votre métier, votre entreprise ?

Je suis diplômé 2005 du Master Affaires Publiques de Sciences Po. Après le Master, j’ai fait un an de prépa ENA pour passer les concours administratifs, puis je me suis rendu compte que ce n’était pas vraiment ma voie.

Pendant mes études à Sciences Po, je m’étais beaucoup impliqué dans le domaine associatif, notamment au BDE. J’ai également été l’organisateur du Gala de ma promotion. Toutes ces expériences m’ont permis d’acquérir des connaissances en matière de gestion de projet (financement, gestion d’une équipe…). En 2007, j’ai donc décidé de créer une entreprise avec deux associés. Nous avons décidé de nous lancer ensemble dans cette aventure car nous avions des compétences complémentaires : gestion de projet en ce qui me concerne, graphisme, design (aspect technique de notre activité) pour l’un de mes associé et marketing pour le second. Je suis aujourd’hui le Directeur Administratif d’INOCHI.

Est-ce que vous pouvez nous en dire plus sur INOCHI ?

INOCHI signifie « force de vie » en Japonais. Nous avons choisi ce nom car nous étions au départ spécialisés dans la communication au sein du monde médical. Mais depuis sa création, l’entreprise a élargi son activité. Nous proposons des services de conseil (Etudes de marchés, créations de campagnes, création d’identité, conceptions d’outils) et en conception graphique (création d’identité visuelle, création de charte graphique, packaging). Pour l’instant, l’entreprise ne compte que trois salariés, mais nous travaillons avec un réseau de partenaires d’une vingtaine de personnes, ce qui nous permet d’offrir une large palette de services de qualité dans plusieurs domaines.

Avez-vous suivi une formation complémentaire à Sciences Po ? Si oui, pourquoi ? Que vous ont-elles apportées ?

J’ai intégré Sciences Po après une Maîtrise de Littérature. Auparavant, j’ai eu un parcours assez classique, avec un passage par une classe préparatoire littéraire. Mes études en prépa m’ont permis d’apprendre à gérer mon temps de travail et d’avoir une certaine capacité de travail. Je n’ai pas été très convaincu par mon passage par la Fac. La formation était très intéressante d’un point de vue intellectuel, mais j’avais largement conscience qu’elle était également très peu professionnalisante et m’offrait peu de perspectives sur le marché du travail. D’ailleurs, en m’inscrivant à l’Université, je savais déjà que je voulais passer le concours BAC+3 de Sciences Po.

Quels éléments de votre formation à Sciences Po vous sont particulièrement utiles dans votre travail actuel ?

Sciences Po est une formation très généraliste, mais de nombreux enseignements, surtout ceux de spécialisation, peuvent être valorisés sur le marché du travail. Je pense notamment aux cours de Droit Public et de Questions Européennes qui m’ont permis de me constituer un bagage dont je me sers encore aujourd’hui.

A première vue, votre expérience de création d’entreprise semble assez atypique pour un ancien étudiant du Master Affaires Publiques. Qu’est-ce qui vous a poussé à vous orienter dans cette voie ?

C’est d’abord l’aspect gestion de projet qui m’intéressait. Pendant ma 4e année d’étude à Sciences Po, j’ai travaillé en tant que coordinateur pour un programme d’échange privé américain. Ce programme offrait des services d’échanges universitaires entre des universités américaines et françaises. Mon rôle consistait à aider et guider les étudiants américains dans leur intégration au sein de leur établissement d’accueil et dans la société française en général, en mettant en place un suivi personnalisé (choix des enseignements, activités extrascolaires…).

Cette expérience a été très enrichissante mais m’a également permis de me rendre compte que je ne souhaitais pas intégrer le marché du travail immédiatement après l’obtention de mon diplôme. Je voulais une activité qui m’offrait davantage d’indépendance. L’idée de la création d’entreprise s’est peu à peu affirmée grâce à différentes rencontres et INOCHI est née en 2007. Notre premier client a été l’Association du Master de Marketing médical de l’ESCP.

A quelles difficultés avez-vous été confronté pour faire aboutir votre projet ?

Je pensais – à tort – que ma formation en Affaires Publiques m’aiderait à gérer plus facilement tout l’aspect administratif dans le processus de création de notre entreprise. Mais je me suis très vite aperçu que le savoir acquis à Sciences Po était trop théorique et très peu pratique. Je m’en suis notamment rendu compte lorsqu’il a fallu remplir notre première déclaration de TVA, alors même que j’avais suivi des cours à ce sujet à Sciences Po.

A l’époque où j’y étais étudiant, la maquette pédagogique du Master Affaires Publiques était trop rigide et ne permettait pas par exemple de suivre des cours de gestion. Néanmoins, Sciences Po m’a permis d’être relativement familier avec le vocabulaire administratif. Je pense également que la possibilité actuellement offerte aux étudiants d’effectuer leur formation en alternance est une évolution qu’il faut saluer, car cela permet d’avoir une vision plus concrète du monde du travail et d’acquérir des compétences pratiques.

Vous est-il déjà arrivé de faire jouer le réseau des Anciens de Sciences Po dans le cadre de votre activité ? Si oui, a-t-il été efficace ? Est-ce que vous pensez qu’on peut parler d’une solidarité entre les anciens de Sciences Po ?

Il m’est arrivé de solliciter des anciens de Sciences Po à plusieurs reprises, notamment mes anciens camarades de promotion. Certain d’entre eux ont aujourd’hui des responsabilités professionnelles qui m’ont permis d’avoir accès à certaines missions de conseil. Je pense par exemple à la Chambre Syndicale BOCI dont nous assurons la communication. Faire appel au réseau ne nous garantit évidemment rien, et nous devons toujours faire nos preuves comme avec chacun de nos partenaires, mais il est vrai que la carte Sciences Po nous permet parfois d’être au moins reçu.

Je dirais donc que le réseau de Sciences Po n’est pas encore efficace dans tous les domaines, mais qu’il est de plus en plus structuré. Nous avons créé, avec quelques anciens de Sciences Po un club de promotion. En Octobre dernier, nous avons organisé une soirée de rencontre informelle au Sénat entre une centaine de diplômés de la promo 2005 et une centaine de diplômés de la promotion 1980. Il y a à mon sens une véritable volonté de la part des anciens de créer une solidarité intergénérationnelle, et elle mérite d’être davantage exploitée.

Quelles sont selon vous les qualités nécessaires pour réussir à monter une entreprise ?

Il faut d’abord être téméraire et croire en son projet, car aujourd’hui, l’apport de capital nécessaire pour créer une entreprise de services intellectuels est très faible. Il faut ensuite beaucoup d’énergie et de patience pour développer son projet, s’assurer que l’entreprise fonctionne. La formation généraliste de Sciences Po est un atout car elle apporte une culture générale qui permet d’appréhender des interlocuteurs très différents. Il faut savoir être réactif et faire preuve d’une certaine capacité d’adaptation. Dans mon domaine, l’aspect affectif est un élément essentiel dans la prise de décision des clients qui doivent choisir un logo ou une identité visuelle pour leur entreprise. Il faut donc savoir être à l’écoute du client.

Pour résumer, je dirais que selon moi, les qualités essentielles pour réussir à créer une entreprise dans le domaine des services intellectuels sont le dynamisme, la réactivité, la créativité, la capacité d’écoute et d’adaptation.

Quel conseil donneriez-vous à un étudiant qui sera bientôt diplômé de Sciences Po et qui ne sait pas encore vers quelle voie s’orienter ?

Je lui dirais qu’il ne faut jamais se fermer de portes, ne pas se dire que parce qu’on est dans tel ou tel Master, on doit nécessairement chercher un emploi dans un domaine bien particulier. Il faut savoir être à l’écoute de nos envies car Sciences Po offre une formation très valorisable et qui ouvre de nombreuses portes…

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