2/2 Avocat d’Affaires: M. Kyum C. LEE, cabinet Weil, Gotshal & Manges LLP

Suite de l’interview publiée en début de semaine.
M. Kyum C. Lee est diplômé du Master Droit Eco et avocat d’affaires pour le cabinet américain Weil, Gotman & Manges LLP.

Voir l’interview de Richard Descoings sur la nouvelle Ecole de Droit, publiée en novembre dernier.

-Malgré les réformes, certains diplômés en droit peuvent toujours être confrontés à un certain scepticisme au sujet de leur formation à Sciences Po.

Que conseillez-vous de mettre en avant pour asseoir sa crédibilité de juriste?

Sciences Po a beaucoup changé au cours de ces dernières années. Il y a notamment eu un réel effort du Master Droit Eco pour renforcer la dimension juridique de la formation (ndlr : depuis que les Masters Droit Economique et Carrières Judiciaires et Juridiques sont regroupés au sein de l’Ecole de Droit, le poids des enseignements juridiques a été renforcé).

Je pense qu’il faut également mettre en avant le fait que Sciences Po apprend vraiment à s’adapter à tout type de situation. Même si les étudiants n’ont pas baigné dans une culture juridique depuis la 1ère année, la formation intellectuelle est rigoureuse. Les étudiants ont une bonne capacité de travail, apprennent vite, et rédigent très bien, ce qui est une qualité essentielle pour les mémos et les recherches. De plus, dans un cabinet d’affaires, on n’a pas seulement besoin d’un bagage juridique : les notions comptables et financières servent également. Enfin, je pense qu’il faut mettre l’accent sur le fait qu’à Sciences Po on apprend à travailler en équipe.

-Quelles sont selon vous les qualités indispensables pour être un bon avocat d’affaires ?

La rigueur intellectuelle, être bien organisé, être logique et avoir le sens du travail en équipe. Je pense que le reste s’apprend avec le temps et l’expérience. Notamment la diplomatie, dont il faut savoir faire preuve lorsqu’on travaille avec des personnes très différentes : il faut pouvoir ménager la susceptibilité des autres pour que tout se passe bien.

-Vous est-il déjà arrivé de faire jouer le réseau Sciences Po pour obtenir un poste ?

Non, je n’ai pas encore eu l’occasion d’utiliser le réseau de Sciences Po depuis que je travaille. Mais je dois quand même dire que j’ai obtenu ma première collaboration au sein d’un cabinet d’avocat grâce à l’un de mes professeurs à Sciences Po.

-Expliquez-nous les différentes étapes de progression au sein d’un cabinet d’affaires:

Il a en général 4 niveaux de séniorité indicatifs, qui ont plus ou moins d’importance selon les cabinets. Plus on progresse dans les « échelons », plus l’implication dans les dossiers, le et le rapport direct avec le client rentrent en compte :

– Junior (moins de 3 ans d’expérience)

Mid Level (à partir de la 4e année)

– Senior (7 ans d’expérience)

– Associé

Attention, ces différents niveaux ne correspondent pas à une subdivision officielle, et la rapidité du passage d’un niveau de responsabilité à un autre peut dépendre de plusieurs facteurs. Il y a des avocats qui ne deviennent jamais associé dans un cabinet, ce n’est pas automatique.

-Quelles sont les principales différences entre les cabinets français et anglo-saxons ?

Il y a une différence dans l’organisation du cabinet qui tend toutefois à s’estomper. En général la rémunération est supérieure dans les cabinets anglo-saxons. Mais en fait, le principal critère qui permet de distinguer un cabinet d’un autre n’est pas tant sa « nationalité » et la culture de travail qu’elle implique que la taille du cabinet et celle des dossiers sur lesquels il travaille. Il est plus facile de passer d’un grand cabinet à un petit que l’inverse. En revanche, dans un petit cabinet, on est plus autonome. Dans les grands cabinets, la taille des équipes est beaucoup plus importante donc les tâches sont plus subdivisées. Par conséquent, on est en général amené à faire davantage de choses rébarbatives dans un grand cabinet quand on est au début de sa carrière ou stagiaire, c’est-à-dire en bout de chaîne.

-Dans votre cabinet, quelles sont les tâches attribuées aux stagiaires ?

Tout dépend de la période à laquelle le stagiaire arrive. Il y a encore quelques mois, on pouvait laisser beaucoup d’autonomie aux stagiaires, en fonction de leurs compétences, parce qu’il y avait beaucoup d’opérations. Aujourd’hui, ils sont moins impliqués dans les transactions et nous aident beaucoup pour les recherches ou les mémorandums.

-Comment avez-vous rebondi face à la baisse d’activité dans le domaine des fusions-acquisitions depuis le début de la crise ?

Auparavant nous travaillions surtout sur des acquisitions de type LBO. Aujourd’hui, nous avons su nous adapter en conservant un grand nombre de dossiers d’acquisition, mais aussi en nous repositionnant sur les procédures collectives ou encore les renégociations de dettes bancaires.

-Pour finir, quel conseil donneriez-vous à un étudiant de Sciences Po qui veut faire carrière dans la banque d’affaires ?

Faites des stages dans des domaines, des lieux et des équipes intéressantes, et surtout, réussissez bien vos stages. Il est très important de s’impliquer réellement dans son travail, même lorsqu’on n’est que stagiaire, d’essayer d’apprendre au maximum et de garder de bons contacts avec ses collègues.

Illustration: IGconseils

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