Vie du campus

Stéphanie Raynaud, responsable Développement RH chez Euro RSCG C&O

« Euro RSCG C&O est une agence de conseil en communication corporate employant 360 personnes. Nous appartenons au Groupe Euro RSCG SA, lui-même filiale de Havas.

Notre structure, basée sur une offre globale, nous permet d’être performants et compétitifs : C&O intègre des spécialistes de l’ensemble des disciplines de la communication, de la publicité au design en passant par les relations presse, les public affairs, la communication interactive ou encore l’édition et la communication Management/RH.

Notre portefeuille d’activités nous permet d’embaucher dans tous les masters de Sciences Po, dont beaucoup d’élèves issus d’Affaires Publiques. »

Pouvez-vous décrire votre processus de recrutement ? Est-il conduit par des professionnels du recrutement ou par des opérationnels demandeurs ?

Pour les stagiaires, nous publions des offres en fonction de la demande en interne, avec un descriptif de la mission. Nous rédigeons le profil recherché et diffusons l’annonce sur les sites des écoles, dont celui de Sciences Po Avenir.

Pour les juniors, nous contactons Sciences Po Avenir pour cibler les sorties d’École. Nous rappelons également les anciens stagiaires dont le stage a été concluant.

Et pour les seniors, les candidats confirmés qui ont entre 5 et 7 ans d’expérience, nous avons 3 types de sourcing : notre vivier de CV, autrement dit les candidatures spontanées qui correspondent aux profils de l’agence ; les cabinets de chasseurs de tête ou/et des agences interim. Parfois nous passons une annonce, mais c’est plutôt rare.

Notre processus de recrutement est court : nous recevons les CV, les trions, puis, après sélection, organisons des rencontres avec l’opérationnel métier concerné et moi même. Pour les recrutements les plus stratégiques, nous présentons les candidats à Laurent Habib, PDG d’Euro RSCG C&O.

Y a-t-il des critères-types de recrutement ? Qu’est ce qui est « rédhibitoire » à la lecture d’un dossier ? Qu’est ce qui est apprécié/valorisé ?

Ce qui est très apprécié ce sont les lettres de motivations rédigées sans erreur sur les noms des destinataires ou de l’agence – il m’est arrivé de recevoir des lettres mentionnant l’envie de rejoindre l’un de nos concurrents ! – ni faute d’orthographe. Il faut que la lettre soit courte, synthétique, exprimant clairement motivation et projet professionnel; rédigée dans un bon style rédactionnel. Je confirme, nous les lisons et il faut les soigner.

Pour une demande de stage, il est impératif d’indiquer sa période de disponibilité et la mission recherchée dans le corps du mail. Il est fondamental d’orienter sa demande, nous avons à l’agence plusieurs expertises métiers et en cas de doute, spécifier que l’on est « ouvert à toute proposition ».

Dans un CV, l’enchaînement de plusieurs expériences courtes (6 mois) en stage, que l’étudiant qualifie « d’expériences professionnelles » est généralement mal interprété. Il est préférable de qualifier votre mission du mot « stage », sinon il ressort du CV une impression d’instabilité du postulant dans sa vie professionnelle. Nous savons que les stagiaires aujourd’hui sont très responsabilisés dans les entreprises, et qu’en général, ils réalisent des missions de junior. Nous-mêmes, à l’agence, consacrons beaucoup de temps à former nos nouvelles recrues : tutorat avec son consultant, signature d’engagement via la Charte des stagiaires, matinée d’intégration, etc. Alors, ne pensez pas que la mention « stage » soit négative !

Quelle image avez-vous de l’institution Sciences Po ?

Sciences Po a une très bonne image. C’est un vivier incontournable. Les étudiants ont « des têtes bien faites », sont opérationnels tout de suite sur tout l’aspect intellectuel du travail que nous demandons (rédaction de notes, de synthèse, cartographie), et ont une très bonne culture générale. Prendre un Sciences Po est une sécurité pour nous.

Recrutez-vous beaucoup de diplômés et stagiaires de Sciences Po ?

Oui, beaucoup de stagiaires, surtout au pôle Influence. En 2007, sur une centaine de stagiaires, nous avions 11 stagiaires Sciences Po.

Êtes-vous familier du cursus Sciences Po, de la nouvelle « formule Sciences Po »? Quels masters connaissez-vous le plus/le moins ?

Sciences Po communique assez peu sur sa nouvelle formule et sur ses différents Masters. En termes de Master, je connais ceux qui nous concernent : Affaires Publiques pour le « pôle Influence », Marketing & Études pour le « Pôle Marque » et le planning stratégique. Et je connais bien l’École de la communication.

Quelles qualités recherchez-vous chez un Sciences Po ? Quelles sont selon vous les forces et les faiblesses du profil SciencesPo par rapport aux autres formations ?

Les qualités recherchées qui correspondent aux valeurs de l’agence : culture générale, qualités rédactionnelles, capacité d’analyse, de synthèse, de réflexion, bosseur.

Difficile de qualifier les forces et faiblesses, je n’aime pas les généralités, nous sommes dans des rapports humains ! Chaque personne nous apporte sa différence et c’est l’intérêt de travailler avec des étudiants. Je dirais que certains profils peuvent parfois être moins « terrain » et plus intellectuels et qu’il manque à certains la fibre commerciale. Globalement, nous sommes très contents de nos recrutements à Sciences Po.

Êtes-vous plutôt « Sciences Po » ou « École de commerce » ? Dans quels domaines de compétence ?

Tout dépend de la mission que nous proposons. En ce qui concerne le « Pôle influence », nous recrutons davantage de profils Sciences Po ; pour les poste plus « pub », nous recrutons en Écoles de commerce.

Qu’est ce qui pourrait pénaliser le Sciences Po dans sa vie professionnelle ?

Quand on sort de Sciences Po, on est quand même plutôt bien parti ! Cependant, un constat : on reçoit de plus en plus de CV de personnes ayant des doubles formations Sciences Po + École de commerce. Nous regardons ces CV avec la plus grande attention.

Combien de SciencesPo postulent chez vous ?

10% des CV reçus en candidatures spontanées sont de formation Sciences Po. Beaucoup arrivent par cooptation.

Comment les SciencesPo qui sont entrés chez Euro RSCG C&O ont-ils évolué ?

Nous ne faisons plus vraiment attention au CV d’une personne une fois qu’elle travaille chez nous. Nous évaluons plutôt les envies, la motivation, les compétences et la personnalité de chacun. Le fait d’être un Sciences Po n’a plus d’importance, car ce serait discriminatoire.

L’évolution classique est un passage du statut de « junior » à celui de « senior ». Nous augmentons les responsabilités de chacun en confiant des dossiers de plus en plus importants (en termes de marge, de dimension stratégique).

Quelles perspectives pour un SciencesPo ? Quel est le parcours type dans l’agence ?

Nous destinons plus particulièrement les Masters Affaires Publiques au « Pôle Influence», les Masters Marketing & Études au « Pôle marque » et au pôle « Management RH ». Au pôle « communication publique », nous n’avons que des Sciences Po. Les postes de planning stratégique vous conviennent aussi très bien. En général, cette affectation est en phase avec les demandes des Sciences Po.

Comment les Sciences Po s’adaptent-ils chez Euro RSCG C&O par rapport aux diplômés d’autres formations ?

Les Sciences Po s’intègrent aussi bien et aussi vite que les autres. Au fond, il s’agit plus d’une question de personnalité que de formation. La formation Sciences Po sur un CV, c’est la garantie d’embaucher une « tête bien faite », une personne qui sait analyser, rédiger et se soumettre à un rythme de travail soutenu.

Comment un SciencesPo peut-il se valoriser pour se différencier ? Que doit-il mettre en avant ?

Les qualités que nous recherchons dans notre agence sont : – rédactionnelles, – « commerciales », c’est-à-dire qu’il faut être convaincant face à un client, trouver les mots justes et les arguments pour vendre une idée, – la culture générale, – l’ouverture d’esprit, car les problématiques de nos clients sont très variées.

Comment définissez-vous le SciencesPo ? Pensez-vous que le profil SciencesPo soit un profil « hybride » ?

Pour nous, Sciences Po c’est Sciences Po. C’est un nom qui parle en soi. Sciences Po a une excellente image.

C’est à Sciences Po de communiquer sur ses changements s’il y en a. Cependant, cela ne modifiera pas fondamentalement le recrutement. Vous êtes de toute façon parmi les premiers auprès de qui nous diffusons les annonces. Encore une fois, votre formation correspond aux métiers de l’agence et à l’exigence des managers.

Faites-vous de la communication pour votre entreprise à Sciences Po ? Démarchez-vous les étudiants de SciencesPo ?

Nous postons des annonces auprès de Sciences Po Avenir, sommes présents sur le Forum Entreprises, et nous avons de nombreux consultants qui donnent des cours à l’École de la communication.

Quel salaire pour un Sciences Po ?

Nous avons établi une grille de salaires par postes et niveau d’expérience. Nous ne rémunérons pas en fonction de la formation, mais des responsabilités à prendre.

Un dernier conseil? D’autres remarques?

Sincèrement votre formation rassure les recruteurs, mais pour certains postes, il peut vous manquer une dimension « management projet » que nous trouvons dans des profils « Écoles de commerce ». Le « bi-cursus » avec une école de commerce vous ouvrira toujours davantage de portes.

Sinon, il est important de bien cibler les entreprises où vous souhaitez travailler. Il est fondamental d’être en accord avec l’entreprise en termes de métiers et de compétences. N’hésitez pas à appeler le responsable du recrutement pour lui poser des questions et lui demander conseil.

Dans la recherche de stage, les étudiants doivent absolument chercher à varier leurs expériences, leurs compétences et à capitaliser dessus. Il faut mettre en avant son « savoir-faire » mais également son « savoir-être », ses qualités personnelles.

Mais en tant que Sciences Po, sachez que vous bénéficiez d’une très bonne image et que vous représentez un vivier incontournable !

Illustration: www.ecs-paris.com

4 Comments

  • édouard

    tête bien faite ? c’est insultant pour les autres, Une bonne culture générale ne fait pas tout, mon cousin a fait science po et je trouve qu’il lui manque l’intelligence relationnelle (science po ne peut pas apprendre ça, c’est une qualité importante pour une entreprise) il lui manque aussi l’empathie et la sensibilité (qualités humaines que science po ne peut pas apprendre). Il lui manque la politesse (science po ne remplace pas les parents :)).

    Je ne connais pas science po mais je suppose que c’est une bonne école mais tout ça pour dire que ces écoles ne peuvent pas permettre d’acquérir toutes les qualités importantes pour l’entreprise et pour un bon esprit d’équipe. Par ailleurs, je suis d’accord avec vous pour les écoles de commerce, j’ai fait une grande école de commerce chère (que je ne peux pas citer) et si je devais recruter je ne recruterais pas une personne qui a fait cette école car trop déçu.

  • marie caroline

    De toute façon, quand on est obligé de payer très chere pour faire une école de commerce, pour moi c’est déjà très louche, c’est une sélection par l’argent donc c’est pas normal.

    Mon ami DRH m’a dit qu’il est las de ces profils clones et interchangeables donc je pense que ces écoles de commerce vont être has been très vite. C’est vrai que le recrutement doit être plus ouvert en france, c’est une richesse pour l’entreprise.

  • charles

    Tous les gens qui ont faits une école de commerce que je connais m’ont dit « je fais école de commerce car je ne sais pas ce que faire dans la vie » donc les DRH veulent des gens qui ne savaient pas ce que faire dans la vie ??? ça interroge.

    Je n’ai pas lu le livre critique sur les écoles de commerce « les nouveaux cons » mais je sais que comme appoline, les personnes que je connais qui ont faits cette formation sont déçus du contenu de leur formation et ne m’ont pas conseillé de faire leur école très appréciée des recruteurs. J’en connais même un qui n’a pas réussi sa période d’essai.

    Je trouve dommage que toutes ces entreprises ne s’ouvrent pas à des profils beaucoup plus atypiques, c’est drôle parce que les DRH souhaitent une bonne ouverture d’esprit des candidats. Pourtant, je trouve que le recrutement en france est totalement dénué d’ouverture d’esprit, totalement hermétique et fermé. Les recruteurs sont trop frileux, hyper fermés, ils devraient s’ouvrir à des profils plus atypiques qui seraient une force pour l’entreprise.

    Il faut vraiment que le recrutement change en france c’est urgent car il est trop fermé et n’a aucune ouverture d’esprit (qualité si recherchée) !!!

  • appoline

    Moi j’ai fait une grande école de commerce que je ne citerai pas mais qui est très prisée des recruteurs et je suis déçue de ma formation, je ne la conseille pas à mes frères et soeurs. Ma soeur a un BTS, je trouve qu’elle est plus « professionnelle » que moi, sa formation est meilleure selon moi. Je regrette de ne pas avoir fait un BTS au niveau contenu de formation, je me sentirai plus professionnelle et plus sûre de moi comme elle, je la sens plus armée que moi au niveau du contenu de sa formation.

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