Vie du campus

Maëlia Dufour, sous-direction Grands Comptes de COFACE

Maëlia Dufour, sous-directrice Grands Comptes chez Coface, a accepté de répondre à nos questions sur le statut des Sciences Po au sein du Groupe international d’assurance et de services aux entreprises.

A la tête de l’une des deux sous-directions Grands Comptes de la Direction des Garanties Publiques, mes responsabilités incluent les secteurs Énergie, Télécommunications, Spatial, Financement de projets, Ingénierie et BTP et biens d’équipements au plan mondial.

Quelle est l’organisation au sein de la Coface? Et la place du stagiaire?

Au sein de la sous-direction, il y a trois services opérationnels avec chacun un responsable, un adjoint et des chargés d’affaires qui traitent les demandes de garantie, ainsi qu’un service administratif et un secrétariat, soit une cinquantaine de personnes. La sous-direction est composée de CDI, parfois de CDD ou intérimaires et la sous-direction fait appel chaque année à des stagiaires.

L’an dernier, nous avons embauché 7 jeunes diplômés, dont 6 étaient d’anciens stagiaires. Lorsque nous avons un poste en CDI à pourvoir, nous regardons toujours si des possibilités de remplacement se trouvent parmi nos stagiaires. Nous investissons beaucoup dans nos stagiaires, auxquels nous dispensons une formation préalable. C’est pourquoi nous exigeons des stages de fin d’études, qui plus est d’une durée minimale de 6 mois. Les stagiaires traitent les mêmes dossiers que les chargés d’affaires. Ils sont associés à toutes les activités du service.

Recrutez-vous beaucoup de diplômés de Sciences Po ?

Oui, la moitié de nos stagiaires viennent de Sciences Po et de Dauphine, qui sont nos écoles-cibles. L’expérience a montré que ces profils correspondent parfaitement à nos besoins. Pour Sciences Po, nous préférons les étudiants du master Finance et Stratégie, et pour Dauphine, ceux du master 225. Nous sommes aussi intéressés par des étudiants de l’ESSEC (plutôt pour les financements de projets) ou de l’EM Lyon, et il nous arrive de considérer des candidats en provenance de l’IESEG ou de l’ESSCA.

Quels sont vos critères de recrutement ?

En premier lieu, le diplôme. Avoir Sciences Po sur son CV, a fortiori s’il s’agit du cursus sur cinq ans, est déjà un bon départ. Nous sommes également très attentifs à l’expérience professionnelle : stages longs et expériences à l’étranger. Avoir effectué un stage de plus de 6 mois à l’étranger donne une véritable valeur ajoutée aux étudiants qui, nous l’avons remarqué, sont souvent plus matures, plus curieux, ont une grande ouverture d’esprit et s’intègrent bien et rapidement aux équipes. Ils ont en outre une solide base linguistique, ce qui est essentiel pour travailler à l’international. Un anglais courant est d’ailleurs exigé. Nous portons donc un intérêt particulier à la dimension internationale de l’étudiant.

En outre, l’entreprise dans laquelle les stages ont été effectués est importante pour la cohérence du profil. Nous valorisons en particulier les stages en banque ou dans le département financier ou international d’une entreprise, voire dans l’audit ou en ambassades.

Quelles sont les forces et faiblesses du profil Sciences Po par rapport à d’autres formations ?

Nous avons une très bonne image des Sciences Po. Ils savent très bien rédiger et sont capables de faire des synthèses à partir d’un grand nombre de documents (avec de meilleurs résultats que leurs camarades issus d’écoles de commerce). De plus, ils ont un bon niveau en langue, sont sérieux, consciencieux et fiables.

Un Sciences Po a plus de bases qu’un autre en économie, en politique ou en droit. C’est pour cette polyvalence qu’il est recherché. Cependant, quand on recrute un Sciences Po, il y a toujours un doute sur ses capacités en finance et analyse financière, en comparaison notamment des étudiants de Dauphine qui sont très bons dans ce dernier domaine. Mais ils s’en sortent bien la plupart du temps.

Quel est le parcours type des Sciences Po recrutés chez Coface?

Il n’y a pas vraiment de parcours type : tout dépend vraiment de la personnalité, des qualités d’analyse, de synthèse, et de l’esprit d’équipe de chacun. Au sein de la Direction des garanties publiques par exemple, nous avons plusieurs Sciences Po en CDI et certains occupent des postes à responsabilité.

Quel salaire pour un Sciences Po ?

Par rapport à d’autres formations, Sciences Po est bien placé dans la grille des salaires. Le premier critère pour la rémunération reste l’école et le diplôme obtenu.

Un conseil final?

Il est toujours bénéfique de réaliser des stages longs et à l’étranger, ce sont des expériences nécessaires à l’apprentissage de la vie professionnelle. Les étudiants en provenance d’écoles de commerce développent particulièrement cet atout, autant en faire de même.

Illustration: Bretagne.cci.fr