Vie du campus

Les conditions d’étude dans le campus délocalisé de Menton : le revers de la médaille

A l’occasion de la rentée solennelle à Paris, les conditions d’étude en campus délocalisés ont maintes fois été vantées par les différents intervenants et acteurs de cette journée-là, au 27 rue Saint-Guillaume.

Le fait est que des facteurs tels le cadre, les effectifs réduits et la forte implication géographique et culturelle sont indéniables, et font la force et la singularité de ces campus.

En mon nom et mon expérience personnelle, première année fraîchement parvenue au campus Moyen Orient Méditerranée de Menton, il serait toutefois plus juste de souligner ce qui se cache derrière cette photographie ensoleillée d’un foyer d’étudiants, pied de mer et entouré de palmiers accueillants.

La première chose qui me vient à l’esprit est le terme « visioconférence ». Non sans profiter pleinement des illustres professeurs qui nous enseignent des choses fort captivantes, leurs cours sont enregistrés directement du monumental amphithéâtre Boutmy, pour être rediffusés le lendemain, pendant le même créneau horaire, dans une salle qui n’en fait pas le dixième de la superficie. Suffisante pour nous contenir tous, certes, mais les choses se compliquent lorsqu’il s’agit d’un cours interactif, ou pour la simple opération post-magistrale, celle de poser des questions, pour essayer de comprendre le cours, par exemple. Impossible de ne pas citer les conférences d’actualité d’Olivier Duhamel, remarquablement passionnantes, celles-là même ou les étudiants de l’amphi s’échangent les réponses aux questions ou les résultats des sondages. A plus de 1100 km, le lendemain, à la même heure, vous comprendrez la frustration d’une trentaine d’étudiants qui, au mieux, se demandent en quoi cela pourrait bien les regarder, sauf pour les plus curieux d’entre eux, ou, au pis, bossent autre chose.

Je n’oserai même pas parler de la ville en soi, Menton, ville la plus « vieille » de France. Ca, c’est une externalité négative, ce n’est du ressort de personne. Car, en plus de ne pas avoir de Week-End d’Intégration − certes, nous avons été conviés par le BDE de Paris pour les accompagner jusqu’au château de Rouen, mais je me demande bien comment nous aurions pu nous téléporter vendredi soir jusqu’au bus à Paris pour ne pas rater les cours, une conférence du docteur émérite Gilles Kepel qui plus est. Je disais donc, en plus de ne pas avoir de WEI, ni de bourse aux livres, ni de BDA, et encore moins d’une AS digne de ce nom, tout ce qui s’ensuit – soirées et compagnie – se retrouve réduit à quelque chose approchant le néant. Là aussi, une des raisons intrinsèques n’est autre que l’étonnante vacuité mentonnaise en matière de divertissement et d’occupations djeunes.

Somme toute, avec une Italie à une centaine de mètres et un programme tout ce qu’il y a de plus intéressant, je ne pense pas être même de me plaindre. Après tout, et j’en suis fière, j’ai même rendu un papier en deux parties, qualité inhérente à tout étudiant Pipo qui se respecte.

3 Comments

  • Rémi

    Concernant la Bourse aux livres (l’ayant en partie organisé, je peux en répondre), ce n’est pas du tout par manque d’intérêt pour Menton que l’UNEF n’a pas pu l’organiser dans le campus délocalisé aussi mais simplement par manque de moyens militants.
    A Nancy où de nombreux étudiants ont rejoint cette année l’UNEF Sciences Po nous avons pu organiser un tel évènement qui s’il a été moins large que celui de Paris s’est très bien déroulé.

    Je propose donc à tous ceux qui sont intéressés de me contacter pour mettre en place une bourse aux livres à Menton ou plus généralement de s’investir dans la vie syndicale de Sciences Po pour obtenir des améliorations des conditions d’études à Menton et plus de lien entre les différents sites de Sciences po.
    Mon adresse mail est etarcos@gmail.com

    Si vous avez des questions n’hésitez pas à m’envoyer un mail.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.