Ecolos Sciences Po : un arbre qui prend racine

Visuel des Jeunes Ecolos.
Visuel de rentrée des Ecolos Sciences Po.

« J’ai un poster d’Eva Joly dans mes chiottes » avoue un écolo de 1A, le sourire en coin. Bien connus pour leur militantisme atypique, à l’image de leurs manifestants un poil dénudés, les Jeunes Ecolos font souvent preuve d’autodérision.

Liés par les idées et non par la structure, les Ecolos SciencesPo n’y échappent pas. Alors que l’association tient ce soir sa réunion de rentrée, à quand le flash-mob en maillot de bain contre le réchauffement climatique en Péniche ?

 

Une association indépendante d’EELV et des Jeunes Ecolos

L’association Écolos Sciences Po a été créée début septembre, laissant la flamme d’Europe Écologie les Verts dans notre école s’éteindre en paix. L’objectif était simple : rassembler les sympathisants d’EELV et des Jeunes Écolos dans une même association, inaugurer quelque chose d’inédit. Comme si, demain, il n’y avait qu’une, et non deux associations politiques socialistes à Sciences Po.

Ce mariage de raison a permis aux Écolos de Sciences Po de prendre un peu de distance avec le parti et sa branche la plus jeune. Ils en sont maintenant indépendants, ayant simplement rallié la charte des valeurs fondamentales d’EELV : l’écologie, la responsabilité, l’autonomie, la solidarité, la justice sociale… C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, parmi les sept membres du bureau, quatre ne sont ni adhérents aux Jeunes Écolos ni à EELV. Lucas W., militant en 2A, note qu’ «on est lié à eux par les idées et non par la structure ».

Un peu d’air frais ne faisant jamais de mal, plus de la moitié du bureau est en première année. On compte une petite trentaine de sympathisants écologistes venus du Collège, des Masters, français et internationaux. Pour des raisons logistiques, une procédure d’adhésion plus rigoureuse devrait voir le jour.

Les idées écolos ont longtemps été à l’avant-garde. Elles le sont moins aujourd’hui, et tant mieux, ça veut dire qu’elles ont été assimilées par la société" avait affirmé Noël Mamère dans un entretien à la Revue Charles.
« Les idées écolos ont longtemps été à l’avant-garde. Elles le sont moins aujourd’hui, et tant mieux, ça veut dire qu’elles ont été assimilées par la société » avait affirmé Noël Mamère dans un entretien à la Revue Charles.

Cinquante nuances de vert

Les opinions politiques au sein du mouvement sont loin d’être homogènes, entre « libéraux libertaires » (partisans de Daniel Cohn-Bendit, de Jean Vincent Placé… disposés à faire des alliances avec le PS), « environnementalistes » (militants uniquement pour la cause de l’environnement, ne se revendiquant ni de gauche ni de droite) et « gauchistes altermondialistes ».

En témoigneront quelques dissensions après le score assez décevant d’Eva Joly aux présidentielles de 2012. « La candidature était peut-être trop juridique » justifie Alex, 4A membre du bureau. Ou encore leur opinion face au pacte de responsabilité de l’actuel gouvernement, loin d’avoir fait l’unanimité. « Si je devais synthétiser la position des écolos en France sur le sujet, je dirais que nous sommes d’accord sur certains principes, comme la simplification, mais avec un fléchage pour les entreprises qui souffrent le plus de la crise » poursuit Alex.

L’écologie politique reste la priorité des membres d’Ecolos Sciences Po. Il faut faire vivre le débat et sensibiliser davantage les étudiants à ce thème. En effet, il ne fait toujours pas suffisamment partie des préoccupations de chacun, à en croire les réactions personnelles de quelques membres du bureau face aux éloquents propos de Noël Mamère dans  Charles : « l’écologie, c’est le contraire du productivisme, c’est une autre conception du développement. Les idées écolos ont longtemps été à l’avant-garde. Elles le sont moins aujourd’hui, et tant mieux, ça veut dire qu’elles ont été assimilées par la société ».

C’est ainsi que, pour Gabriel Livney, « il ne faut pas partir du principe que les gens ont accepté. L’écologie est une façon différente de faire de la politique« . Aurélien Froissart, pragmatique, ajoute que « c’est toujours à l’avant garde : l’écologie n’est pas ancrée dans la société. Pour être élu, il faut encore et toujours faire campagne sur le thème de la croissance ». « La transition ne peut pas se faire qu’à l’échelle individuelle. Il faut arrêter de croire qu’écologiser la gauche, c’est la peindre en vert et mettre un arbre dedans » conclut Lucas.

Pascal Canfin et Cécile Duflot à Sciences Po lors de la conférence organisée au premier semestre par les Jeunes Ecolos.
Pascal Canfin et Cécile Duflot à Sciences Po lors de la conférence organisée au premier semestre par les Jeunes Ecolos.

Auto-formations, partenariats, conférences…: un réel dynamisme

Depuis le début de l’année, plusieurs évènements sont à l’actif des Écolos, dont deux auto-formations (une sorte d’exposé préparé par un militant ou un sympathisant sur un sujet de l’écologie politique), une journée de militantisme conjoint avec le Front de Gauche en Péniche contre le TTIP, un débat avec le PS sur la loi de transition énergétique… « On est amené à confronter nos idées à ou faire cause commune avec d’autres formations à gauche. On préfère nos convergences plutôt que nos différences » explique Aurélien.

L’événement marquant du premier semestre reste la conférence avec les anciens ministres Cécile Duflot et Pascal Canfin, dont nous vous avions fait un (excellent) compte-rendu

Ce dynamisme se retrouve au niveau de leur communication : par rapport à l’année dernière, l’équipe s’est mobilisée au moment de la procédure de reconnaissance et a ouvert un compte Twitter. D’ailleurs, lors de la procédure de reconnaissance, tous les partis politiques avaient réuni moins de voix qu’en 2013 et qu’en 2012 au moment où les compteurs s’étaient arrêtés, à l’exception des EcolosOn fait des choses, autant en parler ». 

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