Vie du campus

« Plus de riches en péniche ! »

20081004-_MG_6906.jpgLa hausse de 54% des frais d’inscription inscrite dans le projet de réforme de l’IEP provoque des remous rue Saint-Guillaume.

Le mercredi 7 janvier 2009 aura été bruyant à Sciences Po. A l’initiative du collectif « Sciences Po 2013, d’autres choix sont possibles », deux manifestations pour le moins insolites ont eu lieu en Péniche.

A leur sortie du cours d’Economie, les premières années ont d’abord eu droit à une manifestation anti frais d’inscriptions. Le message avait le mérite d’être simple : « Non non non aux frais d’inscription ! Oui oui oui à notre éducation ! » Mais à leur retour pour le cours d’Humanités scientifiques, les étudiants ont été surpris : cette fois fusaient des slogans tels que « Les frais de scolarité, c’est bon pour la santé », « Etranger, rentre chez toi, c’est trop cher pour toi », ou « Plus de riches en péniche » ! Le tout sous les yeux du directeur de l’école, sujet de diverses chansons qui ne lui ont pas enlevé le sourire.

Les organisateurs de la manif, l’UNEF, SUD Etudiants, ATTAC Sciences Po, Pavés, le Parti de Gauche et le PS, ont choisi une « action coup de poing » pour amener un maximum d’étudiants à l’assemblée générale du lendemain, en amphithéâtre Jean Moulin, jeudi 8 janvier à 14h45.

Dans un tract, ils proposent la signature d’une lettre à Monsieur Descoings. Considérant que « l’augmentation des frais d’inscription propose un modèle de financement qui nuit à la démocratisation », ils y dénoncent également la discrimination envers les étudiants étrangers, qui paieront la tranche maximale de 13 000 euros, ou encore la concurrence entre formations introduite par la différenciation faite entre Premier cycle et Master.

Jeudi devrait être tout aussi animé, au vu de la tribune de l’assemblée générale. Y seront représentés : l’UNEF, SUD Etudiants, le PS, et l’UMP.

Photo : Antoine Genel

4 Comments

  • Marion

    Surtout, montrer les limites du projet en lui même (au delà des frais d’inscription) permet de comprendre la logique de la réforme. D’abord, on lit et on se dit « Wow »: un IEP plus grand, plus écolo, avec plus de services et des compléments de bourses plus important …Comment dire non? Mais quand on regarde de près, on se rend compte que soit les projets sont déjà payés (types travaux de la bibli), soit impossible (exemple de la Cité U de Sciences Po, la mairie de Paris met son veto), soit pas souhaitable (pareil pour la Cité U, le projet = des chambres à au moins six cent euros). Le reste, c’est du flou. Comment, CONCRETEMENT, on augmente aussi rapidement que prévu le nombre d’handicapés et de boursiers? En aménageant les locaux et en rendant l’admission moins socialement discrimante? En mettant en place des procédures spéciales? On ne sait pas vraiment, rien n’est précisé, ce qui peut nous laisser penser que toutes ces idées très louables…servent surtout d’excuses pour faire passer la pilule des droits de scolarité.

  • Eve

    Je suis totalement d’accord que le probleme de cette reforme, c’est les frais d’inscription, et que les remarques que tu cites sont subsidiaires, mineures.
    Neanmoins nous avons tenu a en parler car il s’agit de 2 debats qui deviennent recurrents a l’IEP: les handicapes ont ils besoin d’une procedure de recrutement speciale sur le modele des ZEP(la direction s’achemine reellement vers ce schema, ce n’est pas une « petite » question mais un vrai debat a avoir); d’autre part la creation d’un cycle Afrique (il ne t’aura pas echappe que la creation d’un nouveaqu site deloc a deja fuite dans la presse ces derniers jours) merite egalement un debat sur le projet pedagogique de ce site: relations Nord Sud? Question de developpement? Relations sud-sud? Continent Africain en tant que tel? La direction s’acheminait plutot, dans nos dernieres discussions, sur ces 2 dernieres options, qui nous semblent plus interessantes, moins « glissantes ». Pourtant ce n’est pas ce qui ressort de Sciences Po 2013, d’ou une legere inquietude de notre part, que nous avons tenu a faire ressortir dans l’analyse en elle meme afin d’interpeller la direction et de lancer le debat chez les etudiants.

  • Pandi-Panda

    Votre analyse sur votre site (je parle de l’UNEF, hein, pas de cet article ci en fait) est ce qu’elle est, y’a du bon… mais y’a aussi l’impression que vous faites feu de tout bois : les remarques sur « L’Afrique méprisée », « les handicapés stigmatisés »… Franchement, l’aspect financier suffit amplement à contester, sans monter en épingle des élements qui n’y sont pas destinés. Y’a pas besoin de remplissage je pense, avec les énormités contenues dans le système financier proposé.

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