Vie du campus

Un dimanche soir d’élection présidentielle à Sciences Po, avec France Culture

Comme l’avait annoncé notre confrère Le Monde, dimanche 22 avril 2007, Sciences Po a permis à quelques personnes de suivre la retransmission des résultats de l’élection présidentielle en direct du « Gymnase », surnom donné à notre humble cafétéria. Pendant plus de deux heures, Ali Baddou et Antoine Mercier de France Culture ont mené le débat entre des intervenants de taille, pour beaucoup professeurs à Sciences Po. On retrouvait ainsi les chroniqueurs Olivier Duhamel et Alain-Gérard Slama, aux côtés desquels intervenaient entre autres les politologues Sylvie Strudel, Gérard Grunberg et Alain Garrigou, l’historien Marc Lazar, l’économiste Jean-Paul Fitoussi et le sociologue Louis Chauvel. Retour sur un dimanche soir atypique.

Dès 19h la foule s’est amassée devant l’entrée du 27. Finalement, trouver une place au sein de la cafétéria ne s’est pas avérée difficile, même si la plupart des étudiants s’était regroupée dans l’amphithéâtre Emile Boutmy pour voir une retransmission vidéo. Les résultats sont rapidement arrivés à 20h et n’ont pas créé la surprise. Chacun des intervenants a eu l’occasion de se féliciter du taux record de participation (plus de 85%) avant d’analyser le clivage droite – gauche finalement retrouvé. Au fur et à mesure de l’émission, les déclarations officielles des candidats ont été relayées : d’abord N. Sarkozy, dont l’appel aux « malades » a provoqué des rires dans l’assemblée, J.M. Le Pen dont tout le monde (ou presque) a applaudi le faible score final puis F. Bayrou, rassemblant un petit groupe attentif dans le jardin et S. Royal, dont le discours « peu éloquent » selon les dires d’Olivier Duhamel, a aussi laissé sourire une partie du public et des intervenants (voir photos ci-après).

Entre deux verres de vin dans le jardin de Sciences Po, nous avons pu recueillir les impressions de sympathisants de divers camps.

Sergueï (photo de gauche), 24 ans, est entré en 1er cycle à Dijon après avoir étudié à Moscou. Il est désormais un élève du master Métiers de l’Europe et défend des idées très arrêtées sur l’élection présidentielle. « Ce ne sont pas les résultats que j’attendais. J’espérais plus un Sarkozy-Bayrou ou un Sarkozy-Le Pen au second tour. Ca fait cinq ans que la France refuse d’accepter les réalités. » Mais alors, comment expliquer un score si bas pour le Front National ? « Les votes FN ont été amassés par Nicolas Sarkozy. Mais ils seront toujours là aux élections européennes. » Sergueï, qui vit en banlieue parisienne depuis deux ans, pensait qu’un vote extrême à droite était justifié pour régler les problèmes du quotidien. Il était un des seuls à applaudir l’intervention de J.M. Le Pen en cafétéria.

Le verre vide, le centriste garde quand même le sourire ! Charles (photo de droite), 1A, sympathisant de l’UDF était un des rares « oranges » à avoir gardé ses couleurs dans le jardin de Sciences Po, les autres s’étant curieusement réduits à l’annonce des résultats. Ses impressions étaient mitigées : à la fois ravi du score de F. Bayrou, triplé depuis 2002 et faisant apparaître l’UDF comme une véritable force politique, Charles n’a pu s’empêcher d’être déçu puisqu’il attendait le candidat au second tour. Pour lui, une scission droite/gauche est à prévoir au sein de l’UDF, le vote à gauche dépendant de la capacité du PS à se renouveler et à apparaître comme une force sociale-démocrate.

Sourire royal (pardon) des jeunes sarkozystes Margaux, Laura et Geoffroy (photo de gauche), tous en 1A, ont quant à eux très vite savouré leur joie dans le jardin de Sciences Po. Ces trois jeunes soutiens à N. Sarkozy étaient à la fois contents du score réalisé par le candidat, tout en se félicitant de la chute des extrêmes. Seul Geoffroy s’est déclaré être « indécis jusqu’au dernier moment », hésitant aussi bien à voter N. Sarkozy que S. Royal ou D. Voynet. Finalement, il déclare avoir choisi le candidat UMP « par défaut » et s’attardera davantage sur les programmes des candidats au second tour pour se décider.

(à venir : les impressions d’Etienne, au PS)

En bref, une soirée électorale à Sciences Po, ça donne :

  • des appariteurs transformés en vigiles

  • … mais aussi en caméraman (2h c’est long !)

  • une cafet’ transformée en studio d’enregistrement ;

  • de la haute technologie avec écrans géants, diffusant les images de F2 ;

  • un Olivier Duhamel plus en forme que jamais, enchaînant les blagues aussi bien sur S. Royal que sur N. Sarkozy ;

  • des intervenants laissant fuser leurs rires à l’écoute des discours officiels ;

  • un passage obligé pour notre cher directeur, en tenue décontractée « jeans-chemise » du dimanche ;

  • un public varié mais attentif.

  • un cocktail très apprécié.

Réécoutez l’émission sur le site de France Culture.

Volna & Cécilia

23 Comments

  • ddfc

    France Culture n’a rien à faire à Sciences Po et vice versa, (du moins si c’est pour du bavardage), nous sommes donc d’accord. Je ne vois d’ailleurs aucun inconvénient à ce qu’il y ait encore plus de sympathique vacarme étudiant dimanche 6 pour qu’on en finisse

    Quant aux "journalistes" présents, il me semble que Slama est ancien de SPP et Duhamel et Baddou profs à Sciences Po. A propos de ce dernier, j’ai lu sur un forum SPP, qu’il avait la reputation pour ses cours d’arriver en retard, de partir en avance et d’accorder de longues pauses. Un sacré bosseur apparemment!

    Pour en revenir à ce genre de soirées et de bavardages politiques inutiles, ce qui interesse vraiment les français pourrait tenir en 3 minutes : l’annonce des résultats (30") et plus tard la composition du gouvernement (2’30").

  • margo

    je tiens à déplorer l’attitude scandaleuse de pseudos intellos se disant auditeurs de france culture qui se plaignaient du bruit dans l’amphi!! que ces vieilles peaux restent chez elles si elles veulent du calme, et surtout pas de jeunes autour d’elles!!
    la prochaine fois, prévenez les que dans une université, il y a une espèce particulière(ment bruyante); des jeunes

  • K

    Je comprends bien votre mécontentement, cher ddfc mais pourquoi venir et insulter les étudiants de Sciences Po qui n’y sont franchement pour rien si votre radio preferée est devenue l’équivalent de Skyrock ? Franchement !

    On y peut rien, on a pas demandé à ce que France Culture vienne, et pour dire la vérité, beaucoup d’étudiants sont très mécontents de cette soirée électorale, et l’amphi était presque vide environ 10 min après les résultats…

    Et je ne parlerai même pas des auditeurs de FC qui se sont comportés comme des porcs dans l’amphi, en faisant des remarques aux étudiants présents comme s’ils habitaient là… Alors que les étudiants étaient quand même chez eux… Donc très sincèrement, vous n’êtes pas contents, et bien nous non plus.

    Et ce n’est pas la peine de venir se la jouer grand sage et prendre les étudiants de haut ! Les journalistes qui étaient là et ont sappé toute l’émission étaient de FC, pas de Sciences Po, et bien des étudiants ont trouvé que le débat était resté au ras des pâquerettes.

  • ddfc

    << j’étais sûr qu’un des membres éminents de l’association de défense de France-Culture allait se dévoiler. Ce membre éminent est en fait une collaboratrice évincée pour manque de talent et qui maintenant crache dans la soupe !>>

    Mon Dieu, quelle manque de réflexion dans l’analyse! Il existe trois associations d’auditeurs de France Culture, dont une assez critique et deux très critiques : aafc.free.fr , ddfc.free.fr , raccfc.free.fr Et pour des raisons assez évidentes, aucune ne comprend bien sûr d’employés actuels ou passés de France Culture. Vu la précarité et la brutalité de ce milieu, aucun employé des médias ne peut en effet prendre le risque d’adhérer dans une association de critique de médias. Sans oublier bien sûr qu’il s’agit par statut d’associations d’auditeurs.

    En tant qu’étudiant, vous êtes sans doute trop jeune pour comprendre la liquidation de France Culture qui a débuté partiellement en 1997 puis carrément en 1999 sous le gouvernement Jospin et la direction de Laure Adler. Relisons Le monde du 7 novembre 1999 : << La situation est d’autant plus tendue que, pour la première fois, on licencie brutalement dans une entreprise traditionnellement feutrée et courtoise qui n’a jamais connu de telles méthodes de management>>.

    Pour situer l’ambiance de ces années de transition d’une radio érudite à une radio de bavardages, signalons le suicide en 1998 sur son lieu de travail du producteur de la tranche 12h-13h30.

    Il faut essayer d’imaginer une chaîne qui avant d’être saccagée proposait de la culture (histoire, musique, philo, littérature…) dès 7h du matin et non la soupe actuelle de pronostics politique à deux balles. Les pronostics, vous savez cette activité médiatique inculte qui consiste à prédire à l’antenne pendant 6 mois de bavardages un second tour Chirac-Jospin… A l’époque, il suffisait pourtant d’aller dans le pays réel pour sentir monter le profond mécontentement anti-Jospin. Ce n’est qu’un exemple.

  • K

    oui euh alors moi je précise quand ùêùe que je suis de Sciences Po et tout hein… Mais en fait le truc c’est pas que les animateurs étaient pourris, au contraire. C’es juste que comme on les laissait pas parler, bah ils pouvaient rien dire, rien analyser.

  • fanche7515

    j’étais sûr qu’un des membres éminents de l’association de défense de France-Culture allait se dévoiler : il suffisait d’apâter :Ce membre éminent est en fait une collaboratrice évincée pour manque de talent et qui maintenant crache dans la soupe !bravo ! essayer au moins de faire mieux !
    là oû je vais rire , quand un autre baveur sera condamné très bientôt ! vous savez oû et quand ! quand à la "gourde" propos insultant , mais vous ne connaissez que la haine, je vous conseille vivement ,comme je l’ai fait pour ce facho de Serguei,que vous aimez tant ,de rejoindre les rangs de tous les aigris,les mal-baisés, de Le Pen ou de de Villiers

  • ddfc

    Ce débat a peut-être contenté les jeunes gens naïfs de Sciences Po mais les auditeurs cultivés de France Culture ont trouvé que c’était de la conversation de bistrot avec des raisonnements à la truelle. De la branlette sur machin qui a fait le plein des voix et blablabla et comment vont se répartir les voix de Bayrou et blablabla et c’est le retour de la démocratie parce que 85% de gens ont voté et blablabla et LePen s’effondre et blablabla

    Bref tous les problèmes de la France sont réglés et nous ne vivons plus dans une république bananière? C’est donc la démocratie d’avoir le choix entre un quasi facho et une gourde, dans un pays où les medias sont entierement verrouillés? D’avoir le choix entre deux partis qui traitent le pays comme une source infinie de prébendes?

    Dumamel, Badou, Slama… sont des gens qui produisent de la soupe radiophonique sur France Culture, vous devriez avoir honte de consommer sans réagir un tel lavage de cerveau.

    Les faits sont suffisants. Les commentateurs sont parasitaires.

    DDFC
    ddfc.free.fr/matins_fc.ht…

  • K

    Remarquable débat ? On a pas dû voir la même émission alors… Moi tout ce que j’ai vu c’étaient des analyses assez simples que beaucoup de gens auraient pu faire, et pleins de "on sait pas comment ça va se passer". Je ne parlerai pas du cadrage qui nous a offert le dos de Sylvie Strudel toute la soirée, ni des duplex pourris et inutiles en liaison avec les QG des partis, ni du mauvais rendu des déclarations des candidats.

    Et je ne mentionnerai pas du tout non plus que les étudiants de scpo ont parlé 1 min sur 2h d’émission, qu’on leur a parlé comme si c’étaient des enfants d’école maternelle alors que certains ont dit des choses qui étaient largement du niveau du débat proposé par les journalistes. Et sans commentaire non plus sur Ali Baddou qui s’ croit tellement qu’il s’evertue à faire des signes "tais-toi" dès quel quelqu’un commence sa phrase, pour être sûr que l’analyse ne sera pas trop profonde et qu’elle ne barbera pas les auditeurs…

  • fanche7515

    oh pardon! j’avais oublié ce "délicieux" Serguei à qui je conseille vivement de retourner très vite chez le boucher Poutine ! ce cher étudiant doit ètre nostalgique de l’autre boucher Staline !
    il est vrai que trois communistes sur cinq votent maintenant ( en France ) pour le Pen à qui Sarko a "piqué" beaucoup de voix ! la boucle est bouclée comme vous beau Serguei ( oui il est beau )

  • fanche 7515

    les personnes qui ne retiennent du remarquable débat , qu’une "clope" ou un verre de rouge, feraient bien de voter pour de Villiers ou pour le Pen ou adhérer à l’association des braiseurs d’endives ( c’est la saison) des Auditeurs de France Culture
    et bravo à tous les collaborateurs de cette chaine qui remonte bien son auditoire gràce à leurs belles émissions !
    cette chaine ,unique au monde , que beaucoup de réacs veulent supprimer !

  • K

    @ Anega : bah de toute façon la soirée était assez pourrie j’ai trouvé (et ya pas que mmoi) donc bon… Si c’est une analyse des résultats que tu voulais, il te suffit d’acheter le Monde.

  • Mère Poule

    N’oublie pas que Dudu est notre mascotte…nous nous inquiétons de sa santé. L’amphi sans lui serait d’une tristesse…. Cela dit, comment obtenir une telle voix sans les sacrosaintes Gauloises?

  • arf

    Cecilia : j’étais pas dans la cafèt mais je suis sûre et certaine de l’avoir vu revenir avec une clope allumée. Ca nous a d’ailleurs vachement choqué… pareil pour un des intervenants qui avait un verre de vin…

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