Vie du campus

Sciences Po 2013 pour la Cé : pas de refus de principe, mais « ferme et exigeant. »

cÉDiego Melchior, pour la Confédération étudiante de Sciences Po, nous donne le point de vue de son syndicat sur Sciences Po 2013, ensemble de réformes proposé par Sciences Po et décrié à de nombreux points de vue. Entre négociations et accords de principe, la Cé nous donne ici quelques éléments pour mieux comprendre les discussions qui ont lieu en ce moment même entre représentants étudiants et administration.

Créée en 2003 et introduite à Sciences Po à la rentrée 2006, la Confédération étudiante se veut un syndicat non partisan, réformiste et ouvert aux étudiants de tous horizons. Pourquoi non partisane ? Selon Diego Melchior, il s’agit d’ « éviter à tout prix la récupération partisane qui fait toute l’implication du syndicalisme étudiant classique », pour le moins en France.

Un second principe de la Cé : la négociation et l’évitement dans la mesure du possible du refus systématique. Principe qui la mène à accepter de négocier, alors que d’autres syndicats s’y refusent dans la situation qui nous occupe – parti pris qui a ses détracteurs mais dont le fondement n’est pas inintéressant.

Tel qu’il l’explique, lorsque les syndicats ont été consultés par la direction au cours de l’élaboration de Sciences Po 2013, l’UNEF et SUD ont refusé de négocier le projet, tandis que d’autres syndicats ont eu une position non définie clairement. La Cé aurait, elle, décidé de ne pas opposer une résistance de principe, mais de négocier, donc, « avec fermeté et exigence ».

01052008_013__thb2.jpgBilan de la position du syndicat sur les différentes propositions du projet:

Un relatif flou des modes de financement.
L’interrogé tient à le préciser, le projet initial omettait largement de préciser les modes de financement préconisés. En clair, comment va s’organiser l’échelonnage des droits d’inscription et cela est-il faisable, quelles conséquences cela va-t-il avoir sur la vie des étudiants ? Un groupe de travail « demandé et obtenu par la Cé » avec J.P. Fitoussi, Louis Chauvel et Vincent Tiberj se tiendra jeudi matin pour préciser les modalités de financement du projet.

Les procédures d’admission… oubliées.
Sur la suggestion de l’ensemble des syndicats, une rubrique à ce propos va être ajoutée au projet. En particulier cela permettra de définir quel pourcentage sera admis sur dossier et sur concours et une comparaison des admis et du nombre de boursiers. La position de la Cé : le concours écrit pourrait être remplacé par une procédure sur dossier et un oral. Ils insistent sur le fait que le débat est largement ouvert sur cette question.

Les droits de scolarité augmentent.
La réponse de la Cé est la suivante : « toute augmentation des droits de scolarité doit se justifier et être modérée ». Leurs critères d’évaluation ? « De meilleures conditions d’études (locaux, services et administration) et une meilleure qualité de l’enseignement. » Reste à déterminer où le « meilleur » se situe et ce que l’on entend par « modéré ».

L’augmentation de l’insertion professionnelle.
La Cé répond à cette proposition très, très polémique par un oui de principe attendu. L’objectif étant, Diego nous le rappelle, « un placement immédiat de tous les étudiants avant même leur diplôme de fin d’études ».

Certaines questions demeurent. En effet, si la Cé nous parle beaucoup de l’importance de la négociation et du risque de l’opposition systématique pour les syndicats, quelle est leur réelle influence dans la négociation, justement ? Si même le président de la Confédération étudiante de Sciences Po admet que

même si tous les syndicats s’opposaient en bloc au projet, il pourrait tout de même passer, mais le directeur perdrait beaucoup en crédibilité auprès des étudiants.

Les négociations sur le projet, qui n’est qu’une ébauche, continuent. Justement, comment se déroulent ces négociations ?

Fin novembre, Richard Descoings a rencontré toutes les délégations syndicales pour leur annoncer le projet. Courant décembre ce sont trois groupes de travail qui ont eu lieu entre les représentants syndicaux, tous invités, et des représentants de l’administration.

Pour plus d’informations, reportez-vous aux procès-verbaux des conseils qui synthétisent le tout sur le site de Sciences Po.
Le site de la Confédération étudiante.
La Cé à Sciences Po.
Contact : sciences-po@confederation-etudiante.org

17 Comments

  • fétiche

    Mais toi qui veut comprendre l’intérêt des commentaires précédant, on peut savoir ce que tu fais à par les critiquer ?

    On peut créer une longue chaîne, comme ça, et faire le tour de la Terre. Et il n’y aura plus de guerre !

  • Ouf!

    « toute augmentation des droits de scolarité doit se justifier et être modérée ». Ok, donc puisque la Justification = leurs parents habitent à l’étranger et modérée: que 13 000 euros, on est tous rassurés. Heuresement que la Cé est là…

  • moi

    En l’occurence, le sujet n’est pas la CFDT, mais l’activité de la Cé à Sciences Po (même si le deuxième dépend du premier).
    Et une chose au moins est sûre, c’est que ce bilan est nul.
    Rien.

    Ah, mais j’avais oublié leur programme électoral : reprendre point par point tout Sciences Po 2013, en y ajoutant l’insertion professionelle.

    C’est vrai que c’est dur de s’intégrer sur le marché de l’emploi en sortant de Pipo…
    Merci la Cé !

  • Hihihihi

    Cher « non-gaucho pipo »
    As tu un blog? Cet apercu brillant de ta prose fait de toi un candidat parfait pour la prochaine chronique de l’ambition ordinaire dans in vodka veritas. J’en parlerai aux redacteurs.
    Par ailleurs, en quoi preferer le « syndicalisme ancienne version » est « gauchiste »? En quoi preferer, disons, la CGT ou FO a la CFDT est gauchiste? Reste il encore des gens a convaincre du constat d’echec de la deuxieme gauche version CFDT? Reste il encore quelqu’un a convaincre que la CFDT a sur de nombreux dossiers abandone les salaries et leur interet? Ou bien defendre les salaries c’est etre « gauchiste » c’est ca que tu veux nous dire??? Les salaries, c’est a dire 80% de la population francaise…

  • non-Gaucho Pipo

    Les gauchistes de Sciences Po, c’est comme les mauvaises odeurs de la Péniche. On a beau rafraîchir avec un nouvel air, elles sont toujours là et elles se ruent sur le nouveau parfum.

  • Oumpa Loumpa

    La Cé: le courage de se mettre à plat ventre, comme la maison mère, la CFDT.
    « La Cé réinvente le syndicalisme » ? dans ce cas je vais rester à l’ancienne version, merci.

  • Badak

    Si ce qui est dit plus haut est vrai, ce n’est pas forcément un mal. La Cé est alors un syndicat qui représente les étudiants en accord avec la direction, et il y en a.
    Vive la diversité dans les élections !

  • La Cé n'a vraiment rien fait de l'année

    Chers amis,

    La Cé n’a rien fait, rien dit de l’année… Pas un projet abouti ou défendu, pas meme l’esquisse d’une présence.

    Cette année comme tous les ans, les revoici juste pour faire coucou… ah et aussi pour essayer de nous demander de voter pour eux. Non mais ! Sans Blague !!

  • SARKO

    Alors, Richard descoings a fermé son blog et il a meme disparu des tags du pôrtail de sc po… Sarko a sans doute demandé qu’il sopit fermé….
    je voulais me regaler dans les commentaires.. dommage

  • Edgar Vingtras

    « eviter à tout prix la récupération partisane qui fait toute l’implication du syndicalisme étudiant classique ».

    Oui, il faut surtout éviter d’avoir des idées, ça fait mal à la tête. Mieux vaut servir d’applicateur de vaseline à la solde de toutes les réformes antisociales. Ca, c’est du syndicalisme, coco.

    « la négociation et l’évitement dans la mesure du possible du refus systématique »
    Personne ne fait de refus systématique. Quand on trouve un projet mauvais, on le refuse, point. C’est aussi simple que ça. J’ai du mal à comprendre vos sempiternelles auto-flagellations. Il ne faut pas confondre compromis (souvent nécessaire) et compromission, voire soumission totale déguisée en pseudo-aménagement (qui est en fait un simple accompagnement de la direction).
    C’est chouette la démocratie étudiante : la direction n’a même plus à s’emmerder avec des opposants, il lui suffit d’avoir des interlocuteurs (docteurs ès « brosse à reluire ») comme vous pour mettre en place un fonctionnement prétendument démocratique, et le tour est joué. Pas étonnant que vous soyez leurs chouchous.

    Par ailleurs, comment arrivez-vous à suivre vos innombrables retournements de veste ? Vous devez vous y perdre vous-mêmes. Votre premier tract gobait les bottes de la direction. Il était même mieux présenté que le dossier original ! La direction devrait vous embaucher, la prochaine fois ! Maintenant que les autres syndicats ont fait leur boulot (eux), vous vous penchez enfin de plus près au texte et semblez découvrir d’un coup qu’on nage en plein flou artistique.
    On a eu droit au même coup en ce qui concerne les prêts étudiants. En deux phrases consécutives (véridique), vous avez réussi à dire qu’ils étaient inacceptables…puis qu’ils étaient nécessaires.

    « L’objectif étant, Diego nous le rappelle, « un placement immédiat de tous les étudiants avant même leur diplôme de fin d’études ». « 

    Quelle timide proposition ! On devrait optimiser le capital humain et garantir le placement professionnel des individus avant même qu’ils soient nés! Les foetus chez Coudry ! Les foetus chez Coudry !

    Cela étant dit, vous avez vu tout juste. Je vous critique, mais au fond je ne peux que saluer votre prestation. Vous serez le seul syndicat (avec ND) à paraître raisonnable. Vous, vous l’aurez votre boulot avant la fin de vos études : après cinq ans de brosse à reluire acharnée, je suis certain que la direction saura vous accueillir en son sein. Elle aime bien les idiots utiles, bêtes et disciplinés.

    Et puis vous représentez l’avenir du syndicalisme en France. Le syndicalisme pragmatiquedémocratecitoyenrépublicainhumaniste. Celui que la démocratie libérale et les patrons aiment tant.

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