Vie du campus

Pares Inter Pares : un vrai sujet

Pares Inter Pares
Ce lundi régnait dans l’amphithéâtre Chapsal une ambiance lourde et religieuse. Entre l’odeur du napalm et la cène du Christ. En effet la nouvelle équipe de Pares Inter Pares passait là son baptême du feu. Ce n’est pas le tout que d’amener quelques célébrités à Sciences Po, encore faut-il réussir à faire vivre une joute oratoire entre les élèves de la maison et leurs questions « toujours pertinentes », et des protagonistes intéressants, voir charismatiques (à l’image de notre directeur à tous, Busta Descoings)

Heureusement l’association « P.I.P » avait tout prévu : un pare terre d’experts, une affluence importante, mais surtout, ce dont nous garderons tous un souvenir impérissable, je veux parler bien sur de la belle plante trônant entre deux paires de juristes, tel le christ entre ses apôtres. Ajoutez à cela une présentation des invités plutôt élogieuse, et le tour était joué. Le personnel de l’association a fait feu de tout bois pour nous gâter et nous les en remercions.

Jean VeilLe mot d’ordre de la soirée n’était pas de parler d’actualité, mais de garder le débat autour des questions d’indépendance de la justice. Et si quelques journalistes troubles fêtes ont tenté par de basses irruptions de titiller nos invités, ils n’auront pas réussi à faire dévier les discussions. Et d’indépendance de la justice nous avons entendu parler. En des termes parfois philosophiques, parfois techniques. En effet après un premier tour d’échauffement où chaque invité a pu défendre sa vision de ce que devrait être la justice pour être indépendante, le débat a enfin pu démarrer. Il a été vif par moment et a fait la part belle à des insinuations perfides, qui n’ont pu que nous satisfaire. J’en veux pour exemple M. Vallini d’invectiver que « la droite n’a pas intérêt à ce que la justice soit efficace ! ».

Oui camarades, on nous promettait, du sang, des larmes, de la sueur, mais aussi de l’émotion, du rire et ce soir là tout y était. Comment rester insensible à l’écoute du poète M. Veil (avocat de J. Chirac) nous expliquer que l’indépendance était une question d’homme, d’éducation, d’intégrité, de caractère, de morale ! Très émouvant. A part cela et les quelques crêpages de chignons « droite-gauche », nous avons retenu un tour d’Europe des systèmes judicaires, avec leurs avantages et leurs inconvénients dont je ne saurais vous en reproduire une liste exhaustive.

Une véritable surprise en revanche a été finalement de voir que ces individus n’ont aucune information quant à l’évolution du poste de juge d’instruction. Un triolisme ou une suppression ? Les paris sont ouverts, et l’éclairage n’est pas venu de leurs lumières.

Van RuymbekeNos invités avaient également de l’humour, on retiendra par exemple l’idée de travailler avec un juge d’instruction « sénior » requalifié en « troisième âge » par Maitre Van Ruymbeke. On nous aura entre temps expliqué que la solution était d’avoir des juges élus, mais finalement non car ils seraient dépendants de leur électorat mais finalement oui, car nous sommes tous dépendants de quelqu’un, et puis encore non car messieurs revenez en a ce que je disais au début : c’est une question d’homme. Ainsi le débat était-il plié avant même d’avoir commencé : tout cela n’était finalement qu’une question d’Homme. Je passe sur la brillante démonstration de Me Veil et Me Vallini au sujet des hommes qui peuvent être méchants quand ils sont pas gentils, et réciproquement, j’avoue avoir été totalement convaincu par cette vision très originale :

– Les magistrats ne sont pas toujours indépendants !

– Les magistrats ne sont indépendants que s’ils veulent l’être !

– Oui le problème ce sont les hommes !

– Oui …

Bref ça sentait fort la testostérone, jusqu’à ce que Me Vallini nous décrive la souffrance des magistrats victimes de leur statut, qui laisse planer le doute quant à leur indépendance, on a mal pour eux. A suivi la traditionnelle séance de pingpong / questions-réponses, posées par les étudiants. Vos questions étaient évidemment intéressantes, puisque finalement elles relançaient les protagonistes sur leurs propres propositions, auxquels ils finissaient par répondre qu’elles n’étaient pas possibles. Ce faisant, subrepticement, notre directeur à tous, Richard Mighty Descoings quittait la salle. Il s’était isolé, surveillant du coin de l’œil le bon déroulement des hostilités, mais visiblement avait mieux à faire. Ce n’est pas notre directeur pour rien.

ValliniAu même moment, le débat avançant de plus belle, voici que Me Vallini relançait une proposition arithmétique mais ô combien importante : le triolisme des juges d’instruction. Alors accrochez-vous, car Maitre Van Ruymbeke a une argumentation à toute épreuve à ce sujet. Sachant qu’il y a un juge d’instruction pour x affaires. Si l’on met 3 juges d’instruction par affaire, cela revient à x/3 = un seul juge qui bosse pendant que les autres sont au bistrot. Le débat s’est terminé autour d’un micro débat sur la liberté de la presse et le secret d’instruction. Pour résumer je vais vous donner la conclusion de Me Veil :« c’est un sujet très difficile, mais c’est un vrai sujet ! » On aura également appris que Me Veil est recruteur d’innocents. C’est même son critère pour défendre ses clients. Il ne prend que les innocents : « je suis trop fainéant alors je choisis mes affaires en fonction de l’innocence. ».

Alors face à cela qu’était censé faire votre dévoué reporter ? Pris dans cette spirale infernale de débat vigoureux, mais technique, enjoué, mais stérile, fallait-il tout de même rédiger un article long, ennuyeux, précis, bref professionnel ? Ou bien ne valait-il mieux pas se contenter de rapporter les petites phrases sur un ton résolument sarcastique et caricatural, bref, une couverture digne de Gala ? Je me suis longtemps posé la question, et j’en suis venu à la conclusion, que je souhaiterai partager avec vous : « C’est un sujet très difficile, mais c’est un vrai sujet ! »

One Comment

  • Robert

    Qu’est-ce que c’est que c’est article complètement mal foutu ? Pour quelqu’un qui n’a pas vu le débat, tout le début du papier est incompréhensible. Commencer par donner le titre du débat, le nom et la qualité de chaque invité aussi. Genre préciser que Veil est un truand fini, un de ces ténors du barreau qui trempent dans toutes les affaires tordues. Que Van Ryumbeke (qui n’est pas « Maître », il est magistrat, bordel !) est en ce moment sur le plus gros coup de sa carrière après avoir du jeter l’éponge pour Elf et les frégates de Taïwan, et qu’il sera peut-être de ceux qui feront la chute de la Sarkozye.

    Et puis si on s’intéresse vraiment au sujet, rien ne sert de parler du juge d’instruction sans parler du rôle du parquet à côté, tant du système de consignes que du système de nominations/promotions. Et aussi de la composition du CSM et de ses différentes formations. Si le sujet n’a pas été abordé lors de la conférence, que se soit souligné par l’article. On a vraiment l’impression que l’auteur a vu un spectacle, dont il n’a pas saisi l’enjeu, et dont le sujet ne l’intéressait pas avant, et ne intéressera pas après.

    Ah, et un dernier conseil : si on ouvre sur l’assoc’ qui organise, on laisse penser que ce sera le sujet de l’article. Dans ce cas-là, soit ouvrir sur les infos utiles (Quoi ? Qui ? Où ? Quand Pourquoi ? Comment ?) que nous n’avons pas eues, soit dans une dernière pirouette, conclure aussi sur l’assoc’.

    Mais sinon, c’est bien écrit. (Mieux que Gala, malgré tout. Il y a de l’espoir pour la suite. Continue camarade.)

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